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Traité Berakhot

31b

Étude de Berakhot 31b

Étude de la Guémara 31b

Guémara
[… celui qui voit chez autrui] une chose inconvenante doit le réprimander. « Et 'Hanna répondit et dit : Non, mon seigneur ; je suis une femme à l'esprit affligé, je n'ai bu ni vin ni boisson forte, mais j'épanche mon âme devant l'Éternel » (I Chmouel 1, 15). Au sujet des mots « Non, mon seigneur », Oulla — et certains disent Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina — enseigna qu'elle lui dit, par allusion : En cette affaire, tu n'es pas un maître (adone), et l'esprit divin (roua'h hakodéch) ne repose pas sur toi, puisque tu me soupçonnes faussement de cela.
דָּבָר שֶׁאֵינוֹ הָגוּן, צָרִיךְ לְהוֹכִיחוֹ. ״וַתַּעַן חַנָּה וַתֹּאמֶר לֹא אֲדוֹנִי״. אָמַר עוּלָּא וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: אֲמַרָה לֵיהּ: לֹא אָדוֹן אַתָּה בְּדָבָר זֶה, וְלֹא רוּחַ הַקּוֹדֶשׁ שׁוֹרָה עָלֶיךָ, שֶׁאַתָּה חוֹשְׁדֵנִי בְּדָבָר זֶה.
Certains rapportent une autre version de sa réponse. Elle lui dit, sous forme de question : N'es-tu pas un maître ? La Présence divine (Chékhina) et l'esprit divin (roua'h hakodéch) ne sont-ils pas avec toi — toi qui m'as jugée coupable et ne m'as pas jugée innocente ? Ne savais-tu pas que je suis une femme à l'esprit accablé ?
אִיכָּא דְאָמְרִי, הָכִי אֲמַרָה לֵיהּ: לֹא אָדוֹן אַתָּה? לָאו אִיכָּא שְׁכִינָה וְרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ גַּבָּךְ, שֶׁדַּנְתַּנִי לְכַף חוֹבָה וְלֹא דַּנְתַּנִי לְכַף זְכוּת? מִי לָא יָדְעַתְּ דְּאִשָּׁה קְשַׁת רוּחַ אָנוֹכִי?!
Au sujet de l'explication de 'Hanna : « je n'ai bu ni vin ni boisson forte », Rabbi Élazar dit : De là se déduit la halakha que celui qui est soupçonné d'une chose dont il n'est pas coupable ne peut se contenter de connaître lui-même son innocence ; il doit informer celui qui le soupçonne qu'il est innocent et se laver du soupçon.
״וְיַיִן וְשֵׁכָר לֹא שָׁתִיתִי״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן לַנֶּחְשָׁד בְּדָבָר שֶׁאֵין בּוֹ, שֶׁצָּרִיךְ לְהוֹדִיעוֹ.
« Ne prends pas ta servante pour une femme de néant [bat béliyaal], car c'est par l'excès de ma plainte et de mon chagrin que j'ai parlé jusqu'à présent » (I Chmouel 1, 16). Rabbi Élazar dit : De là se déduit la halakha que, lorsqu'une personne ivre prie, c'est comme si elle se livrait à l'idolâtrie ; car il est écrit ici que 'Hanna, soupçonnée d'avoir prié en état d'ivresse, se défend en disant : « Ne prends pas ta servante pour une bat béliyaal » ; et il est écrit là-bas, au sujet d'une ville entraînée à l'idolâtrie : « Des hommes de néant [béné béliyaal] sont sortis du milieu de toi et ont égaré les habitants de leur ville, disant : Allons et servons d'autres dieux que vous n'avez pas connus » (Devarim 13, 14). Par cette analogie verbale (guézéra chava) on déduit : de même que là-bas, dans le cas de la ville idolâtre, le terme « béliyaal » désigne l'idolâtrie, de même ici, dans le cas de celui qui prie ivre, « béliyaal » désigne l'idolâtrie.
״אַל תִּתֵּן אֶת אֲמָתְךָ לִפְנֵי בַּת בְּלִיָּעַל״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן לְשִׁכּוֹר שֶׁמִּתְפַּלֵּל, כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה. כְּתִיב הָכָא: ״לִפְנֵי בַּת בְּלִיַּעַל״, וּכְתִיב הָתָם: ״יָצְאוּ אֲנָשִׁים בְּנֵי בְלִיַּעַל מִקִּרְבֶּךָ״. מַה לְּהַלָּן עֲבוֹדָה זָרָה, אַף כָּאן עֲבוֹדָה זָרָה.
Le verset poursuit : « Et Éli répondit et dit : Va en paix » (I Chmouel 1, 17). Rabbi Élazar dit : De là se déduit la halakha que celui qui soupçonne autrui d'une chose qu'il n'a pas faite doit l'apaiser. Bien plus, celui qui l'a soupçonné doit le bénir, car Éli enchaîna et offrit à 'Hanna une bénédiction, ainsi qu'il est dit : « Et que le D.ieu d'Israël t'accorde la demande que tu Lui as adressée » (I Chmouel 1, 17).
״וַיַּעַן עֵלִי וַיֹּאמֶר לְכִי לְשָׁלוֹם״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן לַחוֹשֵׁד אֶת חֲבֵרוֹ בְּדָבָר שֶׁאֵין בּוֹ, שֶׁצָּרִיךְ לְפַיְּיסוֹ. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁצָּרִיךְ לְבָרְכוֹ. שֶׁנֶּאֱמַר ״וֵאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל יִתֵּן אֶת שֵׁלָתֵךְ״.
« Et elle fit un vœu et dit : Éternel des armées [Tsévaot] » (I Chmouel 1, 11). Rabbi Élazar dit : Depuis le jour où le Saint, béni soit-Il, créa Son monde, nul homme n'avait appelé le Saint, béni soit-Il, « Tsévaot » (Éternel des armées), jusqu'à ce que vînt 'Hanna et qu'elle L'appelât « Tsévaot ». C'est la première fois dans la Bible que D.ieu est désigné par ce nom.
״וַתִּדֹּר נֶדֶר וַתֹּאמַר ה׳ צְבָאוֹת״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִיּוֹם שֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת עוֹלָמוֹ, לֹא הָיָה אָדָם שֶׁקְּרָאוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא ״צְבָאוֹת״, עַד שֶׁבָּאתָה חַנָּה וּקְרָאַתּוּ ״צְבָאוֹת״.
Rabbi Élazar explique que 'Hanna dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l'univers, n'es-Tu pas l'Éternel des armées ? Et de toutes les armées et armées de créatures que Tu as créées dans Ton monde, est-il difficile à Tes yeux de m'accorder un seul fils ?
אָמְרָה חַנָּה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִכׇּל צִבְאֵי צְבָאוֹת שֶׁבָּרָאתָ בְּעוֹלָמְךָ קָשֶׁה בְּעֵינֶיךָ שֶׁתִּתֵּן לִי בֵּן אֶחָד?
La Guemara propose une parabole : À quoi cela ressemble-t-il ? À un roi de chair et de sang qui fit un festin pour ses serviteurs. Un pauvre vint et se tint à la porte. Il leur dit : Donnez-moi une seule tranche de pain ! Et ils ne firent pas attention à lui. Il se fraya un passage et entra devant le roi. Il lui dit : Mon seigneur le roi, de tout ce festin que tu as préparé, est-il difficile à tes yeux de me donner une seule tranche de pain ?
מָשָׁל לַמָּה הַדָּבָר דּוֹמֶה — לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁעָשָׂה סְעוּדָה לַעֲבָדָיו. בָּא עָנִי אֶחָד וְעָמַד עַל הַפֶּתַח, אָמַר לָהֶם: תְּנוּ לִי פְּרוּסָה אַחַת! וְלֹא הִשְׁגִּיחוּ עָלָיו. דָּחַק וְנִכְנַס אֵצֶל הַמֶּלֶךְ. אָמַר לוֹ: אֲדוֹנִי הַמֶּלֶךְ, מִכׇּל סְעוּדָה שֶׁעָשִׂיתָ קָשֶׁה בְּעֵינֶיךָ לִיתֵּן לִי פְּרוּסָה אֶחָת?!
Quant au double langage du verset, « si Tu daignes regarder [im rao tiré] », Rabbi Élazar dit : 'Hanna dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l'univers, si Tu me regardes [rao] maintenant, fort bien ; et sinon, de toute façon Tu verras [tiré].
״אִם רָאֹה תִרְאֶה״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָמְרָה חַנָּה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, ״אִם רָאֹה״ — מוּטָב, וְאִם לָאו — ״תִּרְאֶה״.
Que menaçait de faire 'Hanna ? Elle dit : J'irai et je m'isolerai avec un autre homme devant Elkana, mon mari. Puisque je me serai isolée, on me fera boire les eaux de la sota afin d'établir si j'ai ou non commis l'adultère. Je serai reconnue innocente, et puisque Tu ne rendras pas Ta Torah mensongère [pelaster], j'enfanterai des enfants. Au sujet d'une femme faussement soupçonnée d'adultère et qui a bu les eaux de la sota, la Torah dit : « Et si la femme ne s'est pas souillée, mais qu'elle est pure, alors elle sera quitte et elle concevra une descendance » (Bamidbar 5, 28).
אֵלֵךְ וְאֶסְתַּתֵּר בִּפְנֵי אֶלְקָנָה בַּעֲלִי, וְכֵיוָן דְּמִסְתַּתַּרְנָא מַשְׁקוּ לִי מֵי סוֹטָה, וְאִי אַתָּה עוֹשֶׂה תּוֹרָתְךָ פְּלַסְתֵּר, שֶׁנֶּאֱמַר ״וְנִקְּתָה וְנִזְרְעָה זָרַע״.
Cela convient bien selon celui qui dit que le verset signifie : si elle était stérile, elle sera visitée [par D.ieu] et obtiendra des enfants. Cela tombe bien. Mais selon celui qui dit que le verset signifie que l'enfantement sera plus aisé et plus heureux — c'est-à-dire que si elle accouchait auparavant dans la douleur, elle accouche désormais avec aisance ; ou que si elle enfantait des filles, elle enfante désormais des garçons ; ou que si elle enfantait des enfants noirs, tenus pour disgracieux, elle enfante désormais des enfants clairs ; ou que si elle enfantait des enfants petits et chétifs, elle enfante désormais des enfants grands et vigoureux —, que peut-on dire ?
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר: אִם הָיְתָה עֲקָרָה — נִפְקֶדֶת, שַׁפִּיר, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר, אִם הָיְתָה יוֹלֶדֶת בְּצַעַר יוֹלֶדֶת בְּרֶיוַח, נְקֵבוֹת יוֹלֶדֶת זְכָרִים שְׁחוֹרִים יוֹלֶדֶת לְבָנִים קְצָרִים יוֹלֶדֶת אֲרוּכִּים, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Car il fut enseigné dans une baraïta où les tannaïm disputèrent de l'interprétation du verset de Bamidbar : « alors elle sera quitte et elle concevra une descendance » enseigne que, si elle était stérile, elle sera visitée par D.ieu et obtiendra des enfants ; telles sont les paroles de Rabbi Yichmaël. Rabbi Akiva lui dit : S'il en est ainsi, toutes les femmes stériles iront s'isoler avec des hommes qui ne sont pas leurs maris, et celle qui n'aura pas commis le péché d'adultère sera visitée par D.ieu et obtiendra des enfants. En réalité, le verset enseigne qu'il s'agit seulement d'une promesse de plus grande aisance dans l'enfantement : si elle accouchait auparavant dans la douleur, elle accouche désormais avec aisance ; si elle enfantait des enfants petits, elle enfante des enfants grands ; si elle enfantait des enfants noirs, elle enfante désormais des enfants clairs ; si elle enfantait un seul enfant, elle enfante désormais deux enfants.
דְּתַנְיָא: ״וְנִקְּתָה וְנִזְרְעָה זָרַע״ — מְלַמֵּד שֶׁאִם הָיְתָה עֲקָרָה — נִפְקֶדֶת, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. אָמַר לֵיהּ רַבִּי עֲקִיבָא: אִם כֵּן, יֵלְכוּ כׇּל הָעֲקָרוֹת כּוּלָּן וְיִסְתַּתְּרוּ, וְזוֹ שֶׁלֹּא קִלְקְלָה — נִפְקֶדֶת. אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁאִם הָיְתָה יוֹלֶדֶת בְּצַעַר — יוֹלֶדֶת בְּרֶיוַח, קְצָרִים — יוֹלֶדֶת אֲרוּכִּים, שְׁחוֹרִים — יוֹלֶדֶת לְבָנִים, אֶחָד — יוֹלֶדֶת שְׁנַיִם.
Berakhot 31b
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ברכות ל״א במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת