AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Berakhot

30b

Étude de Berakhot 30b

Étude de la Mishna & Guémara 30b

[de toute ma vie, je n'ai jamais récité la prière de Moussaf en tant qu'individu] à Neharde'a, où il y a toujours un quorum de prière — sauf le jour où l'armée du roi [poulmoussa] arriva dans la ville : les Sages furent alors préoccupés et ne prièrent pas en communauté ; je priai donc en tant qu'individu, et je fus un individu qui ne priait pas au sein d'un quorum. La conduite de Chmouel était, en cela, conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda.
בִּנְהַרְדְּעָא, לְבַר מֵהָהוּא יוֹמָא דַּאֲתָא פּוּלְמוּסָא דְמַלְכָּא לְמָתָא, וְאִטְּרִידוּ רַבָּנַן וְלָא צַלּוֹ, וְצַלִּי לִי בְּיָחִיד, וַהֲוַאי יָחִיד שֶׁלֹּא בְּחֶבֶר עִיר.
Pourtant, cette opinion ne fut pas universellement admise. La Guemara rapporte : Rabbi Hanina Kara, l'expert en Écriture, siégeait devant Rabbi Yannaï, et il était assis et disait : la halakha suit l'opinion de Rabbi Yehouda, qui l'a énoncée au nom de Rabbi Elazar ben Azarya. Rabbi Yannaï lui dit : va lire tes versets dehors — car cette halakha n'est pas admise par les Sages dans la maison d'étude, et elle est bonne pour le dehors —, car la halakha ne suit pas l'opinion de Rabbi Yehouda, qui l'a énoncée au nom de Rabbi Elazar ben Azarya.
יָתֵיב רַבִּי חֲנִינָא קָרָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. אֲמַר לֵיהּ: פּוּק קְרֵא קְרָאָיךְ לְבָרָא, דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.
Rabbi Yohanan a dit : j'ai vu Rabbi Yannaï prier, puis prier de nouveau. Vraisemblablement, sa première prière était celle du matin [Chaharit] et sa seconde celle de Moussaf ; il ne tient donc apparemment pas comme Rabbi Elazar ben Azarya, mais tient au contraire que, même sans faire partie d'un quorum, l'individu doit réciter la prière de Moussaf. Plus tard, lorsqu'on rapporta ce récit dans la maison d'étude, Rabbi Yirmeya dit à son maître Rabbi Zéira : quelle preuve y a-t-il que la seconde prière était celle de Moussaf ? Peut-être qu'au départ il n'avait pas concentré son esprit sur sa prière, et qu'à la fin il l'a concentré — c'est-à-dire qu'il a répété la prière du matin afin de la dire avec la concentration voulue. Rabbi Zéira lui répondit : regarde quel grand homme témoigne à son sujet [Rabbi Yohanan a certainement bien observé avant de rapporter ce qu'il a vu].
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲנִי רָאִיתִי אֶת רַבִּי יַנַּאי דְּצַלִּי וַהֲדַר צַלִּי. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: וְדִילְמָא מֵעִיקָּרָא לָא כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ וּלְבַסּוֹף כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי מַאן גַּבְרָא רַבָּה דְּקָמַסְהֵיד עֲלֵיהּ.
À propos des prières des Sages, la Guemara rapporte encore que, bien qu'il y eût treize synagogues à Tibériade, Rabbi Ami et Rabbi Assi ne priaient qu'entre les colonnes où ils étudiaient — car la prière est précieuse aux yeux de D.ieu tout particulièrement dans un lieu de Torah.
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי אַף עַל גַּב דַּהֲווֹ לְהוּ תְּלֵיסַר בֵּי כְנִישְׁתָּא בִּטְבֶרְיָא לָא הֲווֹ מְצַלּוּ אֶלָּא בֵּינֵי עַמּוּדֵי, הֵיכָא דַּהֲווֹ גָּרְסִי.
Il a été enseigné : Rav Yits'hak bar Avdimi, au nom de Rabbénou [Rav], a dit : la halakha suit l'opinion de Rabbi Yehouda, qui l'a énoncée au nom de Rabbi Elazar ben Azarya. La Guemara rapporte : Rabbi Hiyya bar Abba pria, puis pria de nouveau. Rav Zéira lui dit : pourquoi le Maître a-t-il fait ainsi ? Si tu dis que c'est parce que le Maître n'avait pas concentré son esprit la première fois — Rabbi Éliézer n'a-t-il pas dit : l'homme doit toujours s'évaluer lui-même avant de prier ; s'il est capable de concentrer son cœur sur la prière, qu'il prie ; sinon, qu'il ne prie pas ? Ce n'était donc apparemment pas là la raison. C'était plutôt parce que mon Maître n'avait pas mentionné Roch Hodech dans sa prière, et qu'il pria donc de nouveau.
אִיתְּמַר, רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי מִשּׁוּם רַבֵּינוּ אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא צַלִּי וַהֲדַר צַלִּי. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא: מַאי טַעְמָא עָבֵיד מָר הָכִי? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּלָא כַּוֵּון מָר דַּעְתֵּיהּ, וְהָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: לְעוֹלָם יָמוֹד אָדָם אֶת עַצְמוֹ, אִם יָכוֹל לְכַוֵּין אֶת לִבּוֹ — יִתְפַּלֵּל, וְאִם לָאו — אַל יִתְפַּלֵּל. אֶלָּא דְּלָא אַדְכַּר מָר דְּרֵישׁ יַרְחָא.
La Guemara demande : n'a-t-il pas été enseigné dans une braïta ? Celui qui s'est trompé et n'a pas mentionné Roch Hodech à la prière du soir [Arvit], on ne le fait pas revenir au début de la prière pour la recommencer, parce qu'il peut le mentionner à la prière du matin [Chaharit]. Celui qui s'est trompé et n'a pas mentionné Roch Hodech à la prière du matin, on ne le fait pas revenir, parce qu'il peut le mentionner à la prière de Moussaf. Celui qui s'est trompé et n'a pas mentionné Roch Hodech à la prière de Moussaf, on ne le fait pas revenir, parce qu'il peut le mentionner à la prière de l'après-midi [Minha]. Ainsi, l'omission de Roch Hodech n'oblige pas à recommencer la Téfila ; ce n'était donc pas là la raison pour laquelle Rabbi Hiyya bar Abba pria une seconde fois.
וְהָתַנְיָא טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ, בְּעַרְבִית — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּשַׁחֲרִית. בְּשַׁחֲרִית — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּמוּסָפִין. בְּמוּסָפִין — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּמִנְחָה.
Rabbi Hiyya bar Abba lui dit : n'a-t-il pas été énoncé à ce sujet, au nom de Rabbi Yohanan, que cette braïta a été enseignée spécifiquement à propos de la prière dans un cadre communautaire ? En revanche, l'individu qui omet de mentionner Roch Hodech est tenu de prier de nouveau — et c'est pourquoi Rabbi Hiyya bar Abba pria deux fois.
אֲמַר לֵיהּ: לָאו אִיתְּמַר עֲלַהּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בְּצִבּוּר שָׁנוּ.
Découlant de la discussion sur les individus qui récitent deux prières consécutives, la Guemara demande : combien de temps doit-on attendre entre la première et la seconde prière ? Rav Houna et Rav Hisda s'accordaient sur le principe, mais formulaient leurs opinions différemment [Rachi]. L'un dit : assez longtemps pour que son esprit se mette en mode de supplication [« tithonen »], lui permettant de réciter la seconde prière comme une supplication. L'autre dit : assez longtemps pour que son esprit se mette en mode d'imploration [« titholel »], lui permettant d'implorer D.ieu dans sa seconde prière.
כַּמָּה יִשְׁהֶה בֵּין תְּפִלָּה לִתְפִלָּה? רַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא. חַד אָמַר: כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹנֵן דַּעְתּוֹ עָלָיו, וְחַד אָמַר: כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹלֵל דַּעְתּוֹ עָלָיו.
La Guemara souligne que Rav Houna et Rav Hisda fondaient tous deux leurs positions sur les prières de Moché. Celui qui dit « assez longtemps pour que son esprit se mette en mode de supplication [tithonen] » s'appuie sur ce qui est écrit : « Et je suppliai [va'ethanan] D.ieu » (Devarim 3, 23). Et celui qui dit « assez longtemps pour que son esprit se mette en mode d'imploration [titholel] » s'appuie sur ce qui est écrit : « Et Moché implora [vayehal] D.ieu » (Chemot 32, 11).
מַאן דְּאָמַר ״כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹנֵן דַּעְתּוֹ עָלָיו״, דִּכְתִיב: ״וָאֶתְחַנַּן אֶל ה׳״. וּמַאן דְּאָמַר ״כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹלֵל דַּעְתּוֹ עָלָיו״, דִּכְתִיב: ״וַיְחַל מֹשֶׁה״.
La Guemara reprend la discussion ci-dessus concernant l'omission de Roch Hodech dans la Téfila. Rav Anan a dit au nom de Rav : celui qui s'est trompé et n'a pas mentionné Roch Hodech à la prière du soir [Arvit], on ne le fait pas revenir au début de la prière pour la recommencer, parce que le tribunal [beth din] ne sanctifie le nouveau mois que de jour — et la prière de Roch Hodech, qui correspond à la sanctification du nouveau mois par le tribunal, relève de la prière diurne.
אָמַר רַב עָנָן אָמַר רַב: טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ עַרְבִית — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, לְפִי שֶׁאֵין בֵּית דִּין מְקַדְּשִׁין אֶת הַחֹדֶשׁ אֶלָּא בַּיּוֹם.
Amémar a dit : la parole de Rav est raisonnable pour un mois plein [hodech malé] — c'est-à-dire un mois comportant deux jours possibles de Roch Hodech : le trentième jour du mois précédent et le premier jour du nouveau mois. Si l'on a négligé de mentionner Roch Hodech la nuit du trentième, on ne le fait pas revenir, parce qu'il peut le mentionner la nuit suivante, qui est la nuit du premier du nouveau mois — jour principal de Roch Hodech. Mais dans un mois défectueux [hodech hassér] de vingt-neuf jours, suivi d'un seul jour de Roch Hodech, on le fait revenir au début de la prière pour la recommencer, même à la prière du soir.
אָמַר אַמֵּימָר: מִסְתַּבְּרָא מִילְּתָא דְּרַב בְּחֹדֶשׁ מָלֵא. אֲבָל בְּחֹדֶשׁ חָסֵר — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ.
Rav Achi dit à Amémar : puisque Rav énonce une raison à sa parole — [que le tribunal ne sanctifie le mois que de jour] —, qu'est-ce que cela me fait que le mois soit défectueux ou qu'il soit plein ?! Au contraire, il n'y a pas de différence : la raison de Rav repose sur le parallèle entre la sanctification du mois et la mention de Roch Hodech dans la Téfila, et la sanctification du mois n'a pas lieu de nuit.
אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְאַמֵּימָר: מִכְּדֵי רַב טַעְמָא קָאָמַר, מָה לִי חָסֵר וּמָה לִי מָלֵא?! אֶלָּא לָא שְׁנָא.
Berakhot 30b
100%
ברכות ל׳ במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת