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Traité Berakhot

2b

Étude de Berakhot 2b

Étude de la Guémara 2b

Guémara
Peut-être l'expression « et le soleil se couche, et il devient pur » désigne-t-elle le tout début du coucher du soleil, le déclin de la lumière du soleil. Selon cette explication, que signifie l'expression « et il devient pur » ? Elle signifie que la personne deviendra pure : après s'être immergée, [le Cohen] attendra jusqu'au début du coucher du soleil, et alors seulement il pourra consommer sa téroumah (Tossefot).
דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טְהַר גַּבְרָא?!
Rabba bar Rav Cheïla dit : s'il en était ainsi — si « et il devient pur » signifiait que le Cohen va se purifier — alors que le verset dise sans ambiguïté « et il sera purifié ». Puisque la Torah n'emploie pas cette tournure, la conclusion est la suivante : que signifie l'expression « et il devient pur » ? Cela veut dire que le jour est pur, qu'il ne subsiste aucun reste du jour, comme les gens le disent dans le langage courant : « Le soleil s'est couché et le jour s'est purifié. »
אָמַר רַבָּהּ בַּר רַב שֵׁילָא: אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא: ״וְיִטְהָר״, מַאי ״וְטָהֵר״ — טְהַר יוֹמָא, כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי: ״אִיעֲרַב שִׁמְשָׁא וְאִדַּכִּי יוֹמָא״.
En Occident — c'est-à-dire en Terre d'Israël —, on n'avait pas entendu cette explication donnée par Rabba bar Rav Cheïla. On y souleva donc la question : l'expression « et le soleil se couche » désigne-t-elle le coucher effectif du soleil, et « et il devient pur » signifie-t-il que le jour se retire ? Ou peut-être désigne-t-elle le déclin de sa lumière au coucher du soleil, auquel cas que signifie « et il devient pur » ? Cela renverrait à la purification de la personne. Autrement dit, en Terre d'Israël, on chercha à trancher la halakha à partir du passage biblique, mais sans y parvenir.
בְּמַעֲרָבָא, הָא דְּרַבָּהּ בַּר רַב שֵׁילָא לָא שְׁמִיעַ לְהוּ, וּבְעוֹ לַהּ מִיבַּעְיָא: הַאי ״וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ״ בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טְהַר יוֹמָא, אוֹ דִילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טְהַר גַּבְרָא.
Finalement, on résolut cette question à partir d'une baraïta. Il a été enseigné dans une baraïta que le temps de la récitation du Chéma du soir correspond au temps où les Cohanim sont autorisés à consommer leur téroumah, dont le signe est la sortie des étoiles. On en déduit donc que « et le soleil se couche » désigne le coucher complet du soleil, et que l'expression « et il devient pur » signifie que le jour se retire, comme l'ont conclu les Sages de Babylonie.
וַהֲדַר פָּשְׁטוּ לַהּ מִבָּרַיְיתָא. מִדְּקָתָנֵי בְּבָרַיְיתָא, סִימָן לַדָּבָר — צֵאת הַכּוֹכָבִים. שְׁמַע מִינַּהּ — בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טְהַר יוֹמָא.
Dans notre Michna, le Maître a dit : le début du temps de la récitation du Chéma du soir est « à partir de l'heure où les Cohanim rentrent consommer leur téroumah ». La Guemara soulève une contradiction contre cette opinion à partir d'une baraïta qui énonce que le temps de la récitation du Chéma du soir est « à partir du moment où le pauvre rentre manger son pain avec du sel, jusqu'à l'heure où il se lève de son repas ».
אָמַר מָר מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן. וּרְמִינְהוּ: מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בָּעֲרָבִין — מִשֶּׁהֶעָנִי נִכְנָס לֶאֱכוֹל פִּתּוֹ בְּמֶלַח, עַד שָׁעָה שֶׁעוֹמֵד לִיפָּטֵר מִתּוֹךְ סְעוּדָּתוֹ.
La Guemara commence son analyse en clarifiant s'il y a ici une véritable contradiction, ou si différentes expressions sont employées pour décrire le même moment. La clause finale de la baraïta — qui établit que le temps de la récitation du Chéma du soir s'achève lorsque le pauvre se lève de son repas — contredit assurément notre Michna. Puisque le pauvre ne continue manifestement pas à manger jusqu'à la fin de la première veille, cette baraïta contredit certainement notre Michna. Quant à la première clause de la baraïta, en revanche, qui établit le début du temps de la récitation du Chéma du soir, dirons-nous qu'elle est en désaccord avec notre Michna ?
סֵיפָא, וַדַּאי פְּלִיגָא אַמַּתְנִיתִין. רֵישָׁא, מִי לֵימָא פְּלִיגִי אַמַּתְנִיתִין?
La Guemara rejette aussitôt cette idée : non, le moment où le pauvre mange et le moment où le Cohen est purifié et autorisé à consommer sa téroumah sont un seul et même moment.
לָא, עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁיעוּרָא הוּא.
La Guemara soulève une contradiction à partir de la Tossefta : à partir de quand commence-t-on à réciter le Chéma le soir ? À partir de l'heure où les gens rentrent manger leur pain la veille de Chabbat. Telle est l'opinion de Rabbi Méïr. Comme dans notre Michna, les Sages disent : à partir de l'heure où les Cohanim sont autorisés à consommer leur téroumah, dont le signe est la sortie des étoiles. Et bien qu'il n'y ait pas de preuve explicite que la sortie des étoiles marque le moment où l'on peut commencer à réciter le Chéma du soir, il y a une allusion, dans le livre de Néhémie, au fait que la sortie des étoiles est généralement considérée comme le début de la nuit. Ainsi qu'il est dit, à propos de la construction des murailles de Jérusalem : « Et nous faisions l'ouvrage, et la moitié d'entre eux tenaient les lances depuis le lever de l'aurore jusqu'à la sortie des étoiles » (Néhémie 4, 15). Et il dit : « Afin que la nuit ils nous servent de garde, et le jour de travailleurs » (Néhémie 4, 16). De là nous établissons que le jour s'achève à la sortie des étoiles.
וּרְמִינְהוּ: מֵאֵימָתַי מַתְחִילִין לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע בְּעַרְבִית — מִשָּׁעָה שֶׁבְּנֵי אָדָם נִכְנָסִין לֶאֱכוֹל פִּתָּן בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים זַכָּאִין לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן. סִימָן לַדָּבָר: צֵאת הַכּוֹכָבִים. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲנַחְנוּ עֹשִׂים בַּמְּלָאכָה וְחֶצְיָם מַחֲזִיקִים בָּרְמָחִים מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים״, וְאוֹמֵר: ״וְהָיוּ לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה״.
Avant même d'analyser ces sources, la Guemara cherche à éclaircir un élément déroutant de la Tossefta. Dans leur preuve biblique, les Sages ne se contentent pas d'un seul verset, mais ils disent : « Et il dit… » et ils citent un verset supplémentaire. Qu'ajoute cet emploi de « et il dit » ? Cela semble superflu, puisque toute la preuve figure déjà dans le premier verset.
מַאי ״וְאוֹמֵר״?
La Guemara répond que le premier verset n'était pas suffisant. En effet, si tu disais que la nuit commence au coucher du soleil, [on pourrait objecter] que les ouvriers restaient tard et arrivaient tôt — c'est-à-dire qu'en raison de l'importance de leur tâche ils travaillaient jusque dans la nuit. En prévision de cette objection, le second verset fut cité pour enseigner : viens et entends, ainsi qu'il est dit : « Afin que la nuit ils nous servent de garde, et le jour de travailleurs » — le temps situé entre l'aube et la sortie des étoiles est explicitement appelé « jour », ce qui prouve que la nuit commence à la sortie des étoiles.
וְכִי תֵּימָא מִכִּי עָרְבָא שִׁמְשָׁא, לֵילְיָא הוּא, וְאִינְהוּ דְּמַחְשְׁכִי וּמַקְדְּמִי, תָּא שְׁמַע ״וְהָיוּ לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה״.
En analysant les trois opinions concernant le début du temps de la récitation du Chéma du soir, la Guemara part de la supposition suivante : il pourrait te venir à l'esprit de dire que le moment où le pauvre prend habituellement son repas et le moment où les gens ordinaires prennent leur repas du soir de Chabbat sont un seul et même moment — puisque, dans les deux cas, ceux qui mangent chercheraient à commencer leur repas le plus tôt possible, car, pour des raisons différentes, ils ne peuvent allumer de lumières supplémentaires pour éclairer leur repas. Et si tu dis que le moment du repas du pauvre et le moment où le Cohen est purifié et autorisé à consommer sa téroumah sont un seul et même moment, alors l'opinion des Sages est identique à celle de Rabbi Méïr. En quoi divergent-ils donc ?
קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ דְּעָנִי וּבְנֵי אָדָם חַד שִׁעוּרָא הוּא. וְאִי אָמְרַתְּ עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, חֲכָמִים הַיְינוּ רַבִּי מֵאִיר?
Il faut donc rejeter ce que nous avons dit précédemment, et plutôt déduire de ceci qu'il y a un temps distinct pour le pauvre et un temps distinct pour le Cohen. Toutefois, cette conclusion repose sur l'hypothèse que le temps du pauvre et le temps des gens sont identiques. Cela aussi peut être rejeté en affirmant que, non, le temps du pauvre et celui du Cohen sont un seul et même moment, tandis que le temps du pauvre et celui des gens ne sont pas identiques. En conséquence, l'opinion exprimée par le Tana de notre baraïta est identique à celle des autres Tanaïm, et seul Rabbi Méïr est en désaccord avec eux.
אֶלָּא, שְׁמַע מִינַּהּ עָנִי שִׁעוּרָא לְחוּד וְכֹהֵן שִׁעוּרָא לְחוּד. לָא, עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, וְעָנִי וּבְנֵי אָדָם לָאו חַד שִׁעוּרָא הוּא.
Berakhot 2b
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ברכות ב׳ במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת