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Traité Berakhot

29a

Étude de Berakhot 29a

Étude de la Guémara 29a

Guémara
…et il la scruta, s'efforçant de se rappeler la bénédiction durant deux ou trois heures, et ils ne le démirent pas de sa fonction d'officiant (chelia'h tsibour).
וְהִשְׁקִיף בָּהּ שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ שָׁעוֹת, וְלֹא הֶעֱלוּהוּ.
La Guemara demande : Pourquoi ne le démirent-ils pas ? Rav Yéhouda n'a-t-il pas dit au nom de Rav : Celui qui officiait devant l'assemblée et se trompa dans la récitation de l'une quelconque des bénédictions, on ne le démet pas de sa fonction d'officiant ; mais celui qui se trompa en récitant la bénédiction des hérétiques (birkat haminim), on le démet, car nous soupçonnons qu'il est peut-être lui-même un hérétique et qu'il a omis la bénédiction à dessein, pour éviter de se maudire lui-même. Pourquoi donc ne démit-on pas Chmouel HaKatan ?
אַמַּאי לֹא הֶעֱלוּהוּ? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: טָעָה בְּכָל הַבְּרָכוֹת כֻּלָּן — אֵין מַעֲלִין אוֹתוֹ, בְּבִרְכַּת הַמִּינִים — מַעֲלִין אוֹתוֹ. חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא מִין הוּא?
La Guemara répond : Chmouel HaKatan fait exception, parce que c'est lui qui institua cette bénédiction, et qu'il n'y a donc aucun soupçon à son égard.
שָׁאנֵי שְׁמוּאֵל הַקָּטָן דְּאִיהוּ תַּקְּנַהּ.
La Guemara poursuit : Soupçonnons donc qu'il s'est peut-être ravisé et que, tout juste qu'il ait été, son cœur a changé. Abayé dit : Nous avons appris par tradition qu'un homme bon ne devient pas mauvais.
וְנֵיחוּשׁ דִּלְמָא הֲדַר בֵּיהּ. אָמַר אַבָּיֵי: גְּמִירִי, טָבָא לָא הָוֵי בִּישָׁא.
La Guemara objecte : Vraiment, ne le devient-il pas ? N'est-il pas explicitement écrit : « Et lorsque le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, à l'image de toutes les abominations que commet le méchant, vivra-t-il ? Toutes les œuvres justes qu'il a faites ne seront pas rappelées, à cause de la trahison qu'il a perpétrée et du péché qu'il a commis ; pour ceux-là il mourra » (Yé'hezkel 18, 24) ? Abayé répond : Ce verset vise un juste qui était initialement méchant et qui fit téchouva, mais finit par retourner à ses voies mauvaises. En revanche, celui qui est juste dès l'origine ne devient pas méchant.
וְלָא?! וְהָכְתִיב: ״וּבְשׁוּב צַדִּיק מִצִּדְקָתוֹ וְעָשָׂה עָוֶל״. הָהוּא רָשָׁע מֵעִיקָּרוֹ, אֲבָל צַדִּיק מֵעִיקָּרוֹ — לָא.
La Guemara demande : Vraiment, ne le devient-il pas ? N'avons-nous pas appris dans une michna : Ne te fie pas à toi-même jusqu'au jour de ta mort, car Yo'hanan le Cohen Gadol exerça le souverain sacerdoce quatre-vingts ans, et finit par devenir sadducéen ? Même un homme remarquable par sa justice peut donc devenir hérétique.
וְלָא?! וְהָא תְּנַן: אַל תַּאֲמִין בְּעַצְמְךָ עַד יוֹם מוֹתְךָ, שֶׁהֲרֵי יוֹחָנָן כֹּהֵן גָּדוֹל שִׁמֵּשׁ בִּכְהוּנָּה גְּדוֹלָה שְׁמֹנִים שָׁנָה וּלְבַסּוֹף נַעֲשָׂה צָדוֹקִי.
Abayé répondit : Yannaï et Yo'hanan ne font qu'un. Autrement dit, dès son origine, toute la dynastie hasmonéenne eut la même attitude favorable envers les Sadducéens, et il n'y avait pas de distinction entre Yo'hanan Hyrcan et Alexandre Yannaï : Yo'hanan le Cohen Gadol avait des penchants sadducéens dès le départ. Rava dit : Yannaï est distinct et Yo'hanan est distinct ; ils ne partageaient pas la même position à cet égard. Yannaï était méchant dès l'origine, et Yo'hanan était juste dès l'origine. S'il en est ainsi, cela se comprend bien selon l'avis d'Abayé ; mais selon l'avis de Rava, c'est difficile : comment Yo'hanan, un juste, a-t-il pu changer et devenir méchant ?
אָמַר אַבָּיֵי: הוּא יַנַּאי, הוּא יוֹחָנָן. רָבָא אָמַר: יַנַּאי לְחוּד וְיוֹחָנָן לְחוּד, יַנַּאי — רָשָׁע מֵעִיקָּרוֹ, וְיוֹחָנָן — צַדִּיק מֵעִיקָּרוֹ. הַנִּיחָא לְאַבָּיֵי, אֶלָּא לְרָבָא קַשְׁיָא.
La Guemara répond : Rava aurait pu te dire : Même de celui qui est juste dès l'origine, on peut craindre qu'il ne se ravise et ne devienne méchant, comme ce fut le cas de Yo'hanan le Cohen Gadol. S'il en est ainsi, la question initiale demeure difficile : pourquoi ne démit-on pas Chmouel HaKatan de sa fonction d'officiant ?
אָמַר לָךְ רָבָא: צַדִּיק מֵעִיקָּרוֹ נָמֵי דִּלְמָא הָדַר בֵּיהּ. אִי הָכִי, אַמַּאי לָא אַסְּקוּהוּ?
La Guemara répond : Le cas de Chmouel HaKatan fait exception, car il avait commencé à réciter la bénédiction des hérétiques et, tout en la récitant, il s'était troublé et avait oublié la fin de la bénédiction ; aussi ne fut-il pas soupçonné de penchants hérétiques. En effet, Rav Yéhouda a dit au nom de Rav — et certains disent au nom de Rabbi Yéhochoua ben Lévi : On n'a enseigné qu'on démet celui qui se trompe en récitant la bénédiction des hérétiques que dans le cas où il ne l'avait pas commencée ; mais s'il l'avait commencée, alors on le laisse reprendre ses esprits et l'achever.
שָׁאנֵי שְׁמוּאֵל הַקָּטָן דְּאַתְחֵיל בַּהּ. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לֹא שָׁנוּ, אֶלָּא שֶׁלֹּא הִתְחִיל בָּהּ, אֲבָל הִתְחִיל בָּהּ — גּוֹמְרָהּ.
Jusqu'ici, la Guemara a traité des allusions aux dix-neuf bénédictions qui constituent la Amida des jours de semaine. La Guemara demande : À quoi correspondent ces sept bénédictions de la Amida du Chabbat ? La Guemara répond : Rabbi 'Halafta ben Chaoul a dit : Elles correspondent aux sept « voix » que David mentionna au sujet des eaux ; autrement dit, les sept fois où « la voix de D.ieu » est mentionnée dans le psaume 29, qui servit de source à la prière des jours de semaine.
הָנֵי שֶׁבַע דְּשַׁבְּתָא כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַבִּי חֲלַפְתָּא בֶּן שָׁאוּל: כְּנֶגֶד שִׁבְעָה ״קוֹלוֹת״ שֶׁאָמַר דָּוִד עַל הַמַּיִם.
La Guemara demande encore : À quoi correspondent ces neuf bénédictions de la prière additionnelle (Moussaf) de Roch Hachana ? Rabbi Yits'hak de Kartignin a dit : Elles correspondent aux neuf mentions du Nom de D.ieu que 'Hanna prononça dans sa prière (Chmouel I 2, 10). Le lien entre la prière de 'Hanna et Roch Hachana repose sur ce qu'a dit le Maître : À Roch Hachana, Sarah, Ra'hel et 'Hanna furent visitées par le souvenir divin, et le décret céleste qu'elles concevraient leurs fils fut promulgué.
הָנֵי תֵּשַׁע דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַבִּי יִצְחָק דְּמִן קַרְטִיגְנִין: כְּנֶגֶד תִּשְׁעָה אַזְכָּרוֹת שֶׁאָמְרָה חַנָּה בִּתְפִלָּתָהּ, דְּאָמַר מָר: בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה נִפְקְדָה שָׂרָה רָחֵל וְחַנָּה.
La Guemara poursuit : À quoi correspondent ces vingt-quatre bénédictions de la Amida des jours de jeûne ? Rabbi 'Helbo a dit : Elles correspondent aux vingt-quatre « chants » que Salomon prononça lorsqu'il fit entrer l'arche dans le Saint des Saints, lors de la dédicace du Temple — car il y a là vingt-quatre expressions de chant, de prière et de supplication (Mélakhim I 8). La Guemara demande : S'il en est ainsi, récitons donc ces vingt-quatre bénédictions chaque jour. La Guemara répond : Quand Salomon les prononça-t-il ? En un jour de supplication pour la miséricorde. Nous aussi, c'est en un jour de supplication pour la miséricorde que nous les récitons.
הָנֵי עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע דְּתַעֲנִיתָא כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ: כְּנֶגֶד עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע ״רְנָנוֹת״ שֶׁאָמַר שְׁלֹמֹה בְּשָׁעָה שֶׁהִכְנִיס אָרוֹן לְבֵית קׇדְשֵׁי הַקׇּדָשִׁים: אִי הָכִי, כׇּל יוֹמָא נָמֵי נֵמְרִינְהוּ! אֵימַת אַמְרִינְהוּ שְׁלֹמֹה — בְּיוֹמָא דְרַחֲמֵי, אֲנַן נָמֵי בְּיוֹמָא דְרַחֲמֵי אָמְרִינַן לְהוּ.
Berakhot 29a
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ברכות כ״ט אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת