AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Berakhot

24b

Étude de Berakhot 24b

Étude de la Guémara 24b

Guémara
… et, s'il était piqué par un pou, il pouvait le chercher et l'ôter au moyen de son vêtement ; mais il ne se réenveloppait pas dans son taliss s'il était tombé pendant la prière. Et lorsqu'il bâillait, il plaçait sa main sur son menton, afin que sa bouche ouverte ne fût pas visible.
וּמְמַשְׁמֵשׁ בְּבִגְדוֹ, אֲבָל לֹא הָיָה מִתְעַטֵּף. וּכְשֶׁהוּא מְפַהֵק הָיָה מַנִּיחַ יָדוֹ עַל סַנְטֵרוֹ.
La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta : celui qui fait entendre sa voix pendant sa prière [la Amida] est de ceux qui ont peu de foi, car il semble croire que le Seigneur ne peut entendre sa prière lorsqu'elle est dite en silence. Celui qui élève la voix pendant sa prière est tenu pour l'un des faux prophètes, car eux aussi avaient coutume de crier et de hurler vers leurs idoles.
מֵיתִיבִי: הַמַּשְׁמִיעַ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ — הֲרֵי זֶה מִקְּטַנֵּי אֲמָנָה. הַמַּגְבִּיהַּ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ הֲרֵי זֶה מִנְּבִיאֵי הַשֶּׁקֶר.
De plus, celui qui éructe et bâille pendant qu'il prie est assurément de ceux qui manquent de tenue [les grossiers]. Celui qui éternue pendant sa prière, c'est pour lui un mauvais présage. Et certains disent : il est manifeste qu'il est repoussant. De même, celui qui crache pendant la prière, c'est comme s'il crachait à la face du roi. À la lumière de tout cela, comment Rabbi [Yehouda haNassi] a-t-il pu faire tout cela en priant ?
מְגַהֵק וּמְפַהֵק — הֲרֵי זֶה מִגַּסֵּי הָרוּחַ. הַמִּתְעַטֵּשׁ בִּתְפִלָּתוֹ — סִימָן רַע לוֹ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: נִיכָּר שֶׁהוּא מְכוֹעָר. הָרָק בִּתְפִלָּתוֹ — כְּאִילּוּ רָק בִּפְנֵי הַמֶּלֶךְ.
La Guemara explique : admettons, s'agissant de celui qui éructe et bâille, ce n'est pas difficile : ici — dans le cas où Rabbi l'a fait — c'était involontaire et donc permis ; là — où c'est tenu pour un manque de tenue — c'est un cas où c'est délibéré. Mais la contradiction entre l'éternuement dans le cas où Rabbi l'a fait et l'éternuement tenu pour un mauvais présage est difficile.
בִּשְׁלָמָא מְגַהֵק וּמְפַהֵק לָא קַשְׁיָא: כָּאן לְאוֹנְסוֹ, כָּאן לִרְצוֹנוֹ. אֶלָּא מִתְעַטֵּשׁ אַמִּתְעַטֵּשׁ קַשְׁיָא!
La Guemara répond : la contradiction entre l'éternuement dans un cas et l'éternuement dans l'autre n'est pas non plus difficile : ici — dans le cas de Rabbi — il s'agit d'un éternuement par le haut, le nez ; là — où c'est un mauvais présage — il s'agit d'un « éternuement » par le bas, un vent. Comme l'a dit Rav Zéra : à l'école de Rav Hamnouna, j'ai recueilli au passage cet enseignement, et il vaut pour moi tout le reste de mon étude : celui qui éternue au milieu de sa prière, c'est pour lui un bon présage ; de même que l'éternuement le soulage en lui procurant un apaisement par le bas, de même est-ce le signe qu'on lui procure pareillement un apaisement d'En haut. [Comme Rav Zéra éternuait souvent, il fut extrêmement heureux d'entendre cela.]
מִתְעַטֵּשׁ אַמִּתְעַטֵּשׁ נָמֵי לָא קַשְׁיָא, כָּאן מִלְּמַעְלָה, כָּאן מִלְּמַטָּה. דְּאָמַר רַב זֵירָא: הָא מִילְּתָא אִבַּלְעָא לִי בֵּי רַב הַמְנוּנָא וּתְקִילָא לִי כִּי כּוּלֵּי תַּלְמוּדַאי: הַמִּתְעַטֵּשׁ בִּתְפִלָּתוֹ סִימָן יָפֶה לוֹ, כְּשֵׁם שֶׁעוֹשִׂים לוֹ נַחַת רוּחַ מִלְּמַטָּה, כָּךְ עוֹשִׂים לוֹ נַחַת רוּחַ מִלְּמַעְלָה.
Mais la contradiction entre le crachat dans le cas où Rabbi l'a fait et le crachat tenu pour équivalent à cracher à la face du roi est difficile. La Guemara répond : la contradiction entre le crachat dans un cas et le crachat dans l'autre n'est pas non plus difficile, car on peut la résoudre conformément à l'opinion de Rav Yehouda. Car Rav Yehouda dit : celui qui se tenait en prière et à qui de la salive venait à s'accumuler dans la bouche, l'absorbe dans son vêtement. Et si c'était un beau vêtement [qu'il ne veut pas salir], il peut la dissimuler dans son couvre-chef [apraksouto] ; ainsi est-il permis de cracher. La Guemara rapporte : Ravina se tenait derrière Rav Achi pendant la prière, lorsque de la salive vint à s'accumuler dans sa bouche ; il la projeta derrière lui. Rav Achi lui dit : le Maître ne tient-il pas cette parole de Rav Yehouda selon laquelle on l'absorbe dans son couvre-chef ? Il lui dit : je suis de constitution délicate [et le seul fait de savoir qu'il y a de la salive dans mon couvre-chef troublerait ma prière].
אֶלָּא רָק אַרָק קַשְׁיָא! רָק אַרָק נָמֵי לָא קַשְׁיָא, אֶפְשָׁר כִּדְרַב יְהוּדָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִילָּה וְנִזְדַּמֵּן לוֹ רוֹק — מַבְלִיעוֹ בְּטַלִּיתוֹ. וְאִם טַלִּית נָאֶה הוּא — מַבְלִיעוֹ בַּאֲפַרְקְסוּתוֹ. רָבִינָא הֲוָה קָאֵי אֲחוֹרֵי רַב אָשֵׁי, נִזְדַּמֵּן לוֹ רוֹק, פַּתְקֵיהּ לַאֲחוֹרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר לְהָא דְּרַב יְהוּדָה מַבְלִיעוֹ בַּאֲפַרְקְסוּתוֹ? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא אֲנִינָא דַּעְתַּאי.
« Celui qui fait entendre sa voix pendant sa prière est de ceux qui ont peu de foi. » Rav Houna dit : cela n'a été enseigné que dans le cas où l'on est capable de concentrer son cœur en priant à voix basse ; mais si l'on n'est pas capable de concentrer son cœur en priant à voix basse, il est permis de faire entendre sa voix. Et cela ne vaut que pour celui qui prie seul ; mais lorsqu'il prie au sein d'une assemblée, sa voix en viendrait à troubler l'assemblée, et c'est interdit.
הַמַּשְׁמִיעַ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ הֲרֵי זֶה מִקְּטַנֵּי אֲמָנָה. אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ, אֶלָּא שֶׁיָּכוֹל לְכַוֵּון אֶת לִבּוֹ בְּלַחַשׁ, אֲבָל אֵין יָכוֹל לְכַוֵּון אֶת לִבּוֹ בְּלַחַשׁ — מוּתָּר. וְהָנֵי מִילֵּי, בְּיָחִיד, אֲבָל בְּצִיבּוּר — אָתֵי לְמִיטְרַד צִיבּוּרָא.
La Guemara rapporte que Rabbi Abba se dérobait à son maître Rav Yehouda, car Rabbi Abba cherchait à monter en Erets Israël et son maître le désapprouvait, car Rav Yehouda disait : quiconque monte de Babylonie en Erets Israël transgresse un commandement positif, ainsi qu'il est dit : « Ils seront emmenés à Babylone et y demeureront jusqu'au jour où Je les rappellerai, dit le Seigneur » (Yirmeya 27, 22). Rabbi Abba ne voulait pas discuter de son désir d'émigrer avec Rav Yehouda. Néanmoins, il dit : j'irai entendre de lui quelque enseignement à la salle où les Sages se réunissent [sans être vu], puis je quitterai Babylonie.
רַבִּי אַבָּא הֲוָה קָא מִשְׁתְּמִיט מִינֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה דַּהֲוָה קָא בָּעֵי לְמִיסַּק לְאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: כׇּל הָעוֹלֶה מִבָּבֶל לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל — עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּבֶלָה יוּבָאוּ וְשָׁמָּה יִהְיוּ עַד יוֹם פׇּקְדִי אוֹתָם נְאֻם ה׳״. אָמַר: אֵיזִיל וְאֶשְׁמַע מִינֵּיהּ מִילְּתָא מִבֵּית וַועֲדָא, וַהֲדַר אֶפֹּיק.
Il y alla et trouva le tana — celui qui récite les sources tannaïtiques devant la maison d'étude — en train de réciter la baraïta suivante devant Rav Yehouda : celui qui se tenait en prière et a éternué par le bas attend que l'odeur se dissipe, puis reprend sa prière. Certains disent : celui qui se tenait en prière et a éprouvé le besoin d'éternuer par le bas s'éloigne de quatre coudées vers l'arrière, éternue, attend que l'odeur se dissipe, puis reprend sa prière, en disant : « Maître de l'univers, Tu nous as formés avec quantité d'orifices et de cavités ; notre honte et notre confusion durant notre vie sont manifestes et connues devant Toi, comme l'est notre destin de proie aux vermisseaux et aux vers [— aussi ne devrions-nous pas être jugés avec rigueur]. » Et il reprend sa prière là où il s'était arrêté.
אֲזַל, אַשְׁכְּחֵיהּ לְתַנָּא דְּקָתָנֵי קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וְנִתְעַטֵּשׁ — מַמְתִּין עַד שֶׁיִּכְלֶה הָרוּחַ וְחוֹזֵר וּמִתְפַּלֵּל. אִיכָּא דְאָמְרִי: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וּבִיקֵּשׁ לְהִתְעַטֵּשׁ — מַרְחִיק לְאַחֲרָיו אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמִתְעַטֵּשׁ, וּמַמְתִּין עַד שֶׁיִּכְלֶה הָרוּחַ, וְחוֹזֵר וּמִתְפַּלֵּל, וְאוֹמֵר: ״רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, יְצַרְתָּנוּ נְקָבִים נְקָבִים חֲלוּלִים חֲלוּלִים, גָּלוּי וְיָדוּעַ לְפָנֶיךָ חֶרְפָּתֵנוּ וּכְלִימָּתֵנוּ בְּחַיֵּינוּ וּבְאַחֲרִיתֵנוּ רִמָּה וְתוֹלֵעָה״, וּמַתְחִיל מִמָּקוֹם שֶׁפָּסַק.
Rabbi Abba lui dit : ne fussé-je venu à l'assemblée des Sages que pour entendre cet enseignement, cela m'aurait suffi.
אֲמַר לֵיהּ: אִילּוּ לֹא בָּאתִי אֶלָּא לִשְׁמוֹעַ דָּבָר זֶה — דַּיִּי.
Les Sages ont enseigné [dans une baraïta] : celui qui dormait dévêtu, mais couvert de son vêtement, et qui ne peut sortir la tête de sous le vêtement à cause du froid, peut faire une séparation au moyen de son vêtement au niveau de son cou et réciter le Chéma [au lit]. Et certains disent : il doit faire une séparation au moyen de son vêtement au niveau de son cœur.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָיָה יָשֵׁן בְּטַלִּיתוֹ, וְאֵינוֹ יָכוֹל לְהוֹצִיא אֶת רֹאשׁוֹ מִפְּנֵי הַצִּנָּה — חוֹצֵץ בְּטַלִּיתוֹ עַל צַוָּארוֹ, וְקוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: עַל לִבּוֹ.
La Guemara demande : et selon le premier tana, ne devrait-il pas lui être interdit de réciter le Chéma, puisque son cœur voit sa nudité, faute de séparation entre eux ? La Guemara répond : en effet, le premier tana tient que lorsque le cœur voit la nudité, il est permis de réciter le Chéma ; une séparation n'est requise que pour séparer entre sa bouche et sa nudité.
וְתַנָּא קַמָּא הֲרֵי לִבּוֹ רוֹאֶה אֶת הָעֶרְוָה! קָסָבַר לִבּוֹ רוֹאֶה אֶת הָעֶרְוָה — מוּתָּר.
Berakhot 24b
100%
ברכות כ״ד במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת