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Traité Berakhot

24a

Étude de Berakhot 24a

Étude de la Guémara 24a

Guémara
… parce que tout ce qui offre une meilleure protection est préférable, fût-ce au prix d'un certain manque d'égards. Et où, sous sa tête, les place-t-il ? Rabbi Yirmeya dit : il les place entre l'oreiller et le matelas, non pas directement dans l'axe de sa tête, mais un peu sur le côté.
כֹּל לְנַטּוֹרִינְהוּ טְפֵי עֲדִיף. וְהֵיכָא מַנַּח לְהוּ? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: בֵּין כַּר לְכֶסֶת, שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד רֹאשׁוֹ.
La Guemara demande : Rabbi Hiya n'a-t-il pas enseigné dans une baraïta que, en pareil cas, on les place dans une bourse à téfiline, directement sous sa tête ? La Guemara répond : il fait en sorte que le renflement de la bourse, là où se trouvent les téfiline, dépasse vers l'extérieur et ne soit pas sous sa tête.
וְהָא תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: מַנִּיחָן בְּכוֹבַע, תַּחַת מְרַאֲשׁוֹתָיו! דְּמַפֵּיק לֵיהּ לְמוּרְשָׁא דְכוֹבַע לְבַר.
À ce propos, la Guemara rapporte que Bar Kappara les nouait dans les rideaux de son lit et en faisait dépasser le renflement vers l'extérieur. Rav Chicha, fils de Rav Idi, les posait sur un banc et étendait un linge par-dessus.
בַּר קַפָּרָא צָיַיר לְהוּ בְּכִילְּתָא, וּמַפִּיק לְמוּרְשְׁהוֹן לְבַר. רַב שִׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידֵּי מַנַּח לְהוּ אַשַּׁרְשִׁיפָא, וּפָרֵיס סוּדָרָא עִילָּוַיְיהוּ.
Rav Hamnouna, fils de Rav Yossef, dit : une fois, je me tenais devant Rava, et il me dit : « Va me chercher mes téfiline. » Je les trouvai dans son lit, entre le matelas et l'oreiller, non dans l'axe de sa tête. Or je savais que c'était le jour de l'immersion de sa femme [au mikvé, pour sa purification de l'impureté de la nidah] ; il avait donc certainement eu des relations conjugales afin d'accomplir la mitsva, et s'il agit ainsi — en m'envoyant lui chercher ses téfiline — c'était pour nous enseigner la halakha pratique en pareil cas.
אָמַר רַב הַמְנוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף: זִימְנָא חֲדָא הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרָבָא, וַאֲמַר לִי: זִיל אַיְיתִי לִי תְּפִילִּין. וְאַשְׁכַּחְתִּינְהוּ בֵּין כַּר לְכֶסֶת, שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד רֹאשׁוֹ. וַהֲוָה יָדַעְנָא דְּיוֹם טְבִילָה הֲוָה, וּלְאַגְמוֹרַן הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה הוּא דַּעֲבַד.
Rav Yossef, fils de Rav Nehounya — celui qui posa la question ci-dessus — posa une question à Rav Yehouda : deux personnes qui dorment dans un même lit [étant entendu qu'il était d'usage de dormir sans vêtements], quelle est la halakha — est-il permis que celle-ci détourne la tête de côté et récite le Chéma, et que celle-là détourne la tête et récite le Chéma ? Ou bien est-ce interdit, parce qu'elles sont dévêtues et donc réputées inaptes à réciter le Chéma, quoiqu'elles soient couvertes d'une couverture ? Il lui dit : voici ce qu'a dit Chemouel — c'est permis, même si sa femme est au lit avec lui.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַב נְחוּנְיָא מֵרַב יְהוּדָה: שְׁנַיִם שֶׁיְּשֵׁנִים בְּמִטָּה אַחַת, מַהוּ שֶׁזֶּה יַחֲזִיר פָּנָיו וְיִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע, וְזֶה יַחֲזִיר פָּנָיו וְיִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר שְׁמוּאֵל: וַאֲפִילּוּ אִשְׁתּוֹ עִמּוֹ.
Rav Yossef objecte vigoureusement à cette réponse : tu dis qu'il est permis de réciter le Chéma au lit avec sa femme, et à plus forte raison est-ce permis lorsqu'il est au lit avec une autre personne ? Au contraire ! Puisque sa femme est comme sa propre chair et qu'il n'aura pas de pensées lascives à son égard, c'est permis ; mais une autre personne n'est pas comme sa propre chair, et c'est interdit.
מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: אִשְׁתּוֹ וְלָא מִיבַּעְיָא אַחֵר?! אַדְּרַבָּה, אִשְׁתּוֹ כְּגוּפוֹ, אַחֵר לָאו כְּגוּפוֹ.
La Guemara soulève une objection à cela en résolvant une contradiction apparente entre deux baraïtot. Il a été enseigné dans une baraïta : deux personnes dévêtues qui dorment dans un même lit, celle-ci détourne la tête de côté et récite le Chéma, et celle-là détourne la tête de côté et récite le Chéma. Et il a été enseigné dans une autre baraïta : celui qui dort dans son lit, alors que ses enfants et les gens de sa maison dévêtus sont à ses côtés, ne récitera pas le Chéma à moins qu'un vêtement ne les sépare. Mais si ses enfants et les gens de sa maison étaient en bas âge, il est permis de réciter le Chéma même sans qu'un vêtement ne les sépare.
מֵיתִיבִי: שְׁנַיִם שֶׁיְּשֵׁנִים בְּמִטָּה אַחַת — זֶה מַחֲזִיר פָּנָיו וְקוֹרֵא, וְזֶה מַחֲזִיר פָּנָיו וְקוֹרֵא. וְתַנְיָא אַחֲרִיתִי: הַיָּשֵׁן בַּמִּטָּה, וּבָנָיו וּבְנֵי בֵיתוֹ בְּצִדּוֹ, הֲרֵי זֶה לֹא יִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע, אֶלָּא אִם כֵּן הָיְתָה טַלִּית מַפְסֶקֶת בֵּינֵיהֶן. וְאִם הָיוּ בָּנָיו וּבְנֵי בֵיתוֹ קְטַנִּים — מוּתָּר.
Admettons : selon Rav Yossef, la contradiction apparente entre les deux baraïtot n'est pas difficile, car cette baraïta vise un cas où sa femme est au lit avec lui, tandis que cette autre baraïta vise un cas où une autre personne est au lit avec lui, et l'on craint qu'il n'ait des pensées lascives. Mais selon Chemouel, qui permet de réciter le Chéma quelle que soit la personne qui est au lit avec lui, c'est bel et bien difficile : comment interpréterait-il la baraïta qui interdit ?
בִּשְׁלָמָא לְרַב יוֹסֵף לָא קַשְׁיָא, הָא אִשְׁתּוֹ, וְהָא בְּאַחֵר. אֶלָּא לִשְׁמוּאֵל קַשְׁיָא?
La Guemara répond : Chemouel pourrait te dire — et selon l'opinion de Rav Yossef, cela tient-il debout ? N'a-t-il pas été enseigné dans cette même baraïta que celui qui dort dans son lit, alors que ses enfants et les gens de sa maison sont à ses côtés, ne récitera pas le Chéma à moins qu'un vêtement ne les sépare ? Rav Yossef ne tient-il pas que sa femme est comme sa propre chair et qu'aucune séparation n'est nécessaire ? Au contraire, que peux-tu donc répondre ? Rav Yossef tient qu'il y a, dans le cas de l'épouse, une controverse entre Tanaïm ; moi aussi je tiens qu'il s'agit d'une controverse entre Tanaïm, et j'adopte la décision de l'une des baraïtot.
אָמַר לְךָ שְׁמוּאֵל: לְרַב יוֹסֵף מִי נִיחָא? וְהָתַנְיָא הָיָה יָשֵׁן בַּמִּטָּה, וּבָנָיו וּבְנֵי בֵיתוֹ בַּמִּטָּה — לֹא יִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע אֶלָּא אִם כֵּן הָיְתָה טַלִּיתוֹ מַפְסֶקֶת בֵּינֵיהֶן. אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר — אִשְׁתּוֹ לְרַב יוֹסֵף תַּנָּאֵי הִיא, לְדִידִי נָמֵי תַּנָּאֵי הִיא.
Le Maître a dit dans une baraïta : « Celle-ci détourne la tête de côté et récite le Chéma. » La Guemara relève une difficulté : n'y a-t-il pas là les fesses dénudées [qui se touchent] ? Cela vient à l'appui de l'opinion de Rav Houna, car Rav Houna dit : les fesses ne constituent pas une nudité [erva]. Disons que la michna suivante vient à l'appui de l'opinion de Rav Houna : une femme s'assoit et prélève sa hallah nue — bien qu'elle doive réciter une bénédiction sur ce prélèvement — parce qu'elle peut couvrir sa « face » [euphémisme désignant ses parties intimes] contre le sol ; mais non un homme [dont les parties intimes ne sont pas couvertes lorsqu'il est assis], qui ne peut le faire. La michna enseigne ainsi que des fesses dénudées ne constituent pas une nudité.
אָמַר מָר: זֶה מַחֲזִיר פָּנָיו וְקוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע. וְהָא אִיכָּא עֲגָבוֹת! מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַב הוּנָא, דְּאָמַר רַב הוּנָא: עֲגָבוֹת אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם עֶרְוָה. לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַב הוּנָא: הָאִשָּׁה יוֹשֶׁבֶת, וְקוֹצָה לָהּ חַלָּתָהּ עֲרוּמָּה, מִפְּנֵי שֶׁיְּכוֹלָה לְכַסּוֹת פָּנֶיהָ בְּקַרְקַע, אֲבָל לֹא הָאִישׁ.
Rav Nahman bar Yits'hak interpréta la michna comme se référant à un cas où sa « face » [ses parties intimes] était entièrement plaquée contre le sol, de sorte que son derrière était lui aussi couvert par le sol. Dès lors, on ne peut tirer de cette michna aucune preuve à l'appui de l'opinion de Rav Houna.
תַּרְגְּמַהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: כְּגוֹן שֶׁהָיוּ פָּנֶיהָ טוּחוֹת בַּקַּרְקַע.
Le Maître a dit dans une baraïta : si ses enfants et les gens de sa maison étaient en bas âge — quoiqu'ils soient dévêtus — il est permis de réciter le Chéma même sans qu'un vêtement ne les sépare. La Guemara demande : jusqu'à quel âge est-on encore considéré comme un enfant en bas âge ? Rav Hisda dit : une fillette jusqu'à trois ans et un jour, et un garçon jusqu'à neuf ans et un jour, car ce sont les âges à partir desquels un acte charnel auquel ils participent est tenu pour un acte charnel. Certains disent : une fillette de onze ans et un jour, et un garçon de douze ans et un jour, car c'est l'âge auquel ils sont, à cet égard, considérés comme adultes. Cet âge n'est qu'approximatif, car l'âge de la majorité, pour l'un — le garçon — comme pour l'autre — la fillette —, correspond à l'apparition de la puberté, conformément au verset : « Tes seins se sont formés et ta pilosité a poussé » (Yehézkel 16, 7).
אָמַר מָר: אִם הָיוּ בָּנָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ קְטַנִּים, מוּתָּר: וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַב חִסְדָּא: תִּינוֹקֶת בַּת שָׁלֹשׁ שָׁנִים וְיוֹם אֶחָד, וְתִינוֹק בֶּן תֵּשַׁע שָׁנִים וְיוֹם אֶחָד. אִיכָּא דְאָמְרִי: תִּינוֹקֶת בַּת אַחַת עֶשְׂרֵה שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד, וְתִינוֹק בֶּן שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד. אִידֵּי וְאִידֵּי עַד כְּדַי ״שָׁדַיִם נָכֹנוּ וּשְׂעָרֵךְ צִמֵּחַ״.
Berakhot 24a
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ברכות כ״ד אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת