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Traité Berakhot

23a

Étude de Berakhot 23a

Étude de la Guémara 23a

Guémara
[… disons qu'ils divergent sur ceci :] un Sage tenait que, en règle générale, si l'on a interrompu sa prière et tardé à la poursuivre durant un laps de temps suffisant pour achever toute la prière, on revient au début de la prière. Et un Sage tenait : il revient à l'endroit de la prière où il s'était arrêté.
מָר סָבַר: אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ — חוֹזֵר לָרֹאשׁ. וּמַר סָבַר: לְמָקוֹם שֶׁפָּסַק.
Écartant cette possibilité, Rav Achi dit : si tel était le cœur de leur controverse, ils auraient dû discuter de l'élément « s'il a tardé » et « s'il n'a pas tardé ». Or nulle part dans leur controverse ils ne mentionnent la durée du délai. Bien plutôt, tout le monde — et Rav Hisda et Rav Hamnouna — convient que si l'on a tardé à poursuivre sa prière durant un laps de temps suffisant pour achever toute la prière, on revient au début de la prière. Et là, dans la controverse en discussion, ils divergent au sujet de celui qui n'a pas tardé aussi longtemps. La controverse porte sur le statut de l'orant en ce cas précis. Car un Sage tient que, puisqu'il avait manifestement besoin d'uriner avant d'entamer sa prière, c'est un homme qui était disqualifié et impropre à la prière, et sa prière n'est pas une prière valable ; il doit donc la répéter en entier. Et un Sage tient que c'est un homme qui était apte à la prière, et que sa prière est une prière valable.
אָמַר רַב אָשֵׁי: הַאי ״אִם שָׁהָה״, אִם לֹא שָׁהָה מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ — חוֹזֵר לָרֹאשׁ, וְהָתָם בִּדְלֹא שָׁהָה קָמִיפַּלְגִי, דְּמָר סָבַר גַּבְרָא דְחוּיָא הוּא, וְאֵין רָאוּי, וְאֵין תְּפִלָּתוֹ תְּפִלָּה. וּמַר סָבַר גַּבְרָא חַזְיָא הוּא, וּתְפִלָּתוֹ תְּפִלָּה.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : celui qui a besoin de se soulager [d'aller à la selle ou d'uriner] ne doit pas prier ; et s'il a prié, sa prière est une abomination. Rav Zévid, et certains disent Rav Yehouda, dit, en nuançant cette déclaration : on n'a enseigné cette halakha que dans un cas où l'on ne peut se retenir. Mais si l'on peut se retenir, sa prière est une prière valable, car il n'est pas entaché par son besoin de se soulager.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַנִּצְרָךְ לִנְקָבָיו — אַל יִתְפַּלֵּל, וְאִם הִתְפַּלֵּל — תְּפִלָּתוֹ תּוֹעֵבָה. אָמַר רַב זְבִיד וְאִיתֵּימָא רַב יְהוּדָה: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִשְׁהוֹת בְּעַצְמוֹ, אֲבָל אִם יָכוֹל לִשְׁהוֹת בְּעַצְמוֹ — תְּפִלָּתוֹ תְּפִלָּה.
La Guemara demande : et durant combien de temps doit-il être capable de se retenir ? Rav Chéchet dit : aussi longtemps qu'il faut pour parcourir une parsa. Certains enseignent cette halakha directement sur ce qui a été enseigné dans la baraïta : dans quel cas cela est-il dit ? Là où il ne peut se retenir ; mais s'il peut se retenir, sa prière est une prière valable. Et durant combien de temps ? Rav Zévid dit : aussi longtemps qu'il faut pour parcourir une parsa.
וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: עַד פַּרְסָה. אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַמַּתְנִיתָא: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — כְּשֶׁאֵין יָכוֹל לַעֲמוֹד עַל עַצְמוֹ. אֲבָל אִם יָכוֹל לַעֲמוֹד עַל עַצְמוֹ — תְּפִלָּתוֹ תְּפִלָּה. וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַב זְבִיד: עַד פַּרְסָה.
Rabbi Chmouel bar Nahmani dit que Rabbi Yonatan dit : celui qui a besoin de se soulager ne doit pas prier, car il est dit « Prépare-toi à aller au-devant de ton D.ieu, ô Israël » (Amos 4, 12) — et l'on doit débarrasser son esprit de toute distraction pour se préparer à recevoir l'Éternel durant la prière.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: הַנִּצְרָךְ לִנְקָבָיו — הֲרֵי זֶה לֹא יִתְפַּלֵּל, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִכּוֹן לִקְרַאת אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל״.
À ce propos, la Guemara cite un énoncé supplémentaire, que Rabbi Chmouel bar Nahmani dit au nom de Rabbi Yonatan : quel est le sens de ce qui est écrit « Garde ton pied lorsque tu vas à la maison de D.ieu, et approche-toi pour écouter ; cela vaut mieux que lorsque les insensés offrent des sacrifices, car ils ne savent pas qu'ils font le mal » (Kohélet 4, 17) ? Cela signifie : lorsque tu entres dans la maison de l'Éternel, garde-toi de la transgression, et si tu commets une transgression, apporte un sacrifice devant Moi en expiation. Le verset poursuit : « Et approche-toi pour écouter les paroles des Sages. » Rava dit : sois prêt à prêter l'oreille aux paroles des Sages qui, s'ils commettent une transgression, apportent un sacrifice et se repentent. Il interprète la suite du verset : « cela vaut mieux que lorsque les insensés offrent des sacrifices » — on ne doit pas agir comme les insensés qui commettent une transgression et apportent un sacrifice, mais ne se repentent pas.
וְאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: מַאי דִּכְתִיב: ״שְׁמוֹר רַגְלְךָ כַּאֲשֶׁר תֵּלֵךְ אֶל בֵּית הָאֱלֹהִים״? שְׁמוֹר עַצְמְךָ שֶׁלֹּא תֶּחְטָא, וְאִם תֶּחְטָא — הָבֵא קׇרְבָּן לְפָנַי. ״וְקָרוֹב לִשְׁמֹעַ דִּבְרֵי חֲכָמִים״, אָמַר רָבָא: הֱוֵי קָרוֹב לִשְׁמוֹעַ דִּבְרֵי חֲכָמִים, שֶׁאִם חוֹטְאִים מְבִיאִים קׇרְבָּן וְעוֹשִׂים תְּשׁוּבָה. ״מִתֵּת הַכְּסִילִים זָבַח״ — אַל תְּהִי כַּכְּסִילִים שֶׁחוֹטְאִים וּמְבִיאִים קׇרְבָּן, וְאֵין עוֹשִׂים תְּשׁוּבָה.
Quant à la fin du verset « car ils ne savent pas qu'ils font le mal », la Guemara demande : s'il en est ainsi, ce sont des justes ! Bien plutôt, il faut comprendre : ne sois pas comme les insensés qui commettent une transgression et apportent un sacrifice, mais ignorent s'ils l'apportent comme offrande de reconnaissance pour le bien, ou comme offrande d'expiation pour le mal. Tel est le sens du verset « car ils ne savent pas qu'ils font le mal » : ils ne savent pas si et quand leurs actes sont mauvais. À l'égard de ces individus, le Saint, béni soit-Il, dit : ils ne savent pas distinguer entre le bien et le mal, et pourtant ils apportent un sacrifice devant Moi ?!
״כִּי אֵינָם יוֹדְעִים לַעֲשׂוֹת רָע״ אִי הָכִי צַדִּיקִים נִינְהוּ! אֶלָּא, אַל תְּהִי כַּכְּסִילִים שֶׁחוֹטְאִים וּמְבִיאִים קׇרְבָּן, וְאֵינָם יוֹדְעִים אִם עַל הַטּוֹבָה הֵם מְבִיאִים, אִם עַל הָרָעָה הֵם מְבִיאִים. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: בֵּין טוֹב לְרַע אֵינָן מַבְחִינִים, וְהֵם מְבִיאִים קׇרְבָּן לְפָנַי?!
Rav Achi, et certains disent Rabbi Hanina bar Papa, dit : veille sur tes orifices à l'heure où tu te tiens devant Moi en prière.
רַב אָשֵׁי וְאִיתֵּימָא רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא אָמַר: שְׁמוֹר נְקָבֶיךָ בְּשָׁעָה שֶׁאַתָּה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה לְפָנַי.
Les Sages ont enseigné : celui qui entre dans des toilettes [beit hakissé] doit ôter ses téfiline à une distance de quatre coudées, puis entrer. Rav Aha bar Rav Houna dit que Rav Chéchet dit : on n'a enseigné cela qu'à l'égard de celui qui entre dans des toilettes permanentes ; mais celui qui entre dans des toilettes de fortune peut ôter ses téfiline et se soulager aussitôt. En revanche, lorsqu'il sort de toilettes de fortune, il doit s'écarter de quatre coudées avant de remettre ses téfiline, car il a désormais fait de ce lieu des toilettes permanentes.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַנִּכְנָס לְבֵית הַכִּסֵּא, חוֹלֵץ תְּפִילָּיו בְּרִחוּק אַרְבַּע אַמּוֹת, וְנִכְנָס. אָמַר רַב אַחָא בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בֵּית הַכִּסֵּא קָבוּעַ, אֲבָל בֵּית הַכִּסֵּא עֲרַאי — חוֹלֵץ, וְנִפְנֶה לְאַלְתַּר. וּכְשֶׁהוּא יוֹצֵא — מַרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמַנִּיחָן, מִפְּנֵי שֶׁעֲשָׂאוֹ בֵּית הַכִּסֵּא קָבוּעַ.
Une question fut posée aux Sages de la yéchiva : quelle est la halakha — peut-on entrer dans des toilettes permanentes en portant ses téfiline afin d'uriner ? Les Sages divergèrent : Ravina le permettait, tandis que Rav Adda bar Matna l'interdisait. Ils vinrent interroger là-dessus Rava. Il leur dit : c'est interdit, car nous craignons qu'il n'en vienne à aller à la selle alors qu'il les porte encore. Et d'autres disent que cette halakha tient à ce que nous craignons que, se trouvant déjà aux toilettes, il n'oublie que ses téfiline sont sur sa tête et ne vente alors qu'il les porte encore.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ שֶׁיִּכָּנֵס אָדָם בִּתְפִילִּין לְבֵית הַכִּסֵּא קָבוּעַ לְהַשְׁתִּין מַיִם? רָבִינָא שָׁרֵי, רַב אַדָּא בַּר מַתְנָא אָסַר. אֲתוֹ שַׁיְילוּהּ לְרָבָא, אָמַר לְהוּ: אָסוּר — חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא יִפָּנֶה בָּהֶן. וְאָמְרִי לַהּ, שֶׁמָּא יָפִיחַ בָּהֶן.
Il a été enseigné dans une autre baraïta : celui qui entre dans des toilettes permanentes doit ôter ses téfiline à une distance de quatre coudées, les placer dans la fenêtre du mur des toilettes attenante au domaine public, puis entrer. Et lorsqu'il sort, il doit s'écarter de quatre coudées avant de les remettre. Telle est la déclaration de Beit Chammaï. Beit Hillel disent : il doit ôter ses téfiline, mais il les tient en sa main et entre. Rabbi Akiva dit : il les tient dans son vêtement et entre.
תַּנְיָא אִידַּךְ: הַנִּכְנָס לְבֵית הַכִּסֵּא קָבוּעַ חוֹלֵץ תְּפִילָּיו בְּרִחוּק אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמַנִּיחָן בַּחַלּוֹן הַסָּמוּךְ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, וְנִכְנָס. וּכְשֶׁהוּא יוֹצֵא — מַרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמַנִּיחָן, דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אוֹחֲזָן בְּיָדוֹ, וְנִכְנָס. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אוֹחֲזָן בְּבִגְדוֹ, וְנִכְנָס.
La Guemara s'étonne : te viendrait-il à l'esprit de dire « dans son vêtement » ? Il y a là matière à inquiétude, car il lui arrive de les oublier et elles tombent. Bien plutôt, dis : il les tient avec son vêtement et en sa main, et entre aux toilettes — il tient les téfiline en sa main et la recouvre du vêtement.
בְּבִגְדוֹ סָלְקָא דַעְתָּךְ?! זִימְנִין מִישְׁתְּלֵי לְהוּ וְנָפְלִי! אֶלָּא אֵימָא: אוֹחֲזָן בְּבִגְדוֹ וּבְיָדוֹ, וְנִכְנָס.
Berakhot 23a
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ברכות כ״ג אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת