[… à Oucha eut lieu un fait :] ce problème fut soulevé dans la chambre de Rav Ochaaya, et l'on vint interroger Rav Assi. Il leur dit : on n'a énoncé l'obligation de verser de l'eau sur celui qui est impur du fait d'une émission séminale qu'à l'égard d'un malade qui a connu une émission séminale normale ; mais un malade qui a connu une émission séminale involontaire est manifestement exempt de tout, et n'a besoin d'aucune immersion. Rav Yossef dit : en ce cas, la cruche de Rav Nahman est ressoudée — c'est-à-dire qu'elle est de nouveau utile pour la purification.
בְּקִילְעָא דְּרַב אוֹשַׁעְיָא, אֲתוֹ וּשְׁאִלוּ לְרַב אַסִּי. אֲמַר לְהוּ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל, אֲבָל לְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ פָּטוּר מִכְּלוּם. אָמַר רַב יוֹסֵף: אִצְטְמִיד חַצְבֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן.
Jusqu'ici, la discussion a porté sur divers problèmes touchant aux lois de l'immersion pour celui dont l'impureté est due à une émission séminale. La Guemara demande : puisque tous les Amoraïm et les Tannaïm divergent au sujet du décret d'Ezra, examinons donc comment Ezra a institué cette ordonnance — car ce n'est pas là une circonstance rare, et nous pouvons voir comment ils se comportaient.
מִכְּדֵי כּוּלְּהוּ אָמוֹרָאֵי וְתַנָּאֵי בִּדְעֶזְרָא קָמִיפַּלְגִי, וְנֶחְזֵי עֶזְרָא הֵיכִי תַּקֵּן.
Abayé dit : Ezra n'a pas institué une ordonnance générale visant tous les cas de celui qui a connu une émission séminale ; il a seulement institué qu'un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale normale est tenu de s'immerger dans quarante séa, tandis que pour un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale involontaire, neuf kav suffisent. Et les Amoraïm vinrent diverger au sujet d'un malade. Un Sage tenait qu'un malade qui a connu une émission séminale normale est assimilé à un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale normale, tandis qu'un malade qui a connu une émission séminale involontaire est assimilé à un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale involontaire. Mais un autre Sage soutenait qu'un malade qui a connu une émission séminale normale est assimilé à un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale involontaire — et ne requiert donc que le versement de neuf kav — tandis qu'un malade qui a connu une émission séminale involontaire est exempt de tout.
אָמַר אַבָּיֵי: עֶזְרָא תַּקֵּן לְבָרִיא הַמַּרְגִּיל אַרְבָּעִים סְאָה, וּבָרִיא לְאוֹנְסוֹ תִּשְׁעָה קַבִּין. וַאֲתוֹ אָמוֹרָאֵי וּפְלִיגִי בְּחוֹלֶה. מָר סָבַר חוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא הַמַּרְגִּיל וְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ כְּבָרִיא לְאוֹנְסוֹ. וּמַר סָבַר חוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא לְאוֹנְסוֹ, וְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ פָּטוּר מִכְּלוּם.
Rava dit : bien qu'Ezra ait institué l'immersion pour celui qui a connu une émission séminale, a-t-il institué le versement de neuf kav ? Le Maître n'a-t-il pas dit que nous avons une tradition selon laquelle Ezra n'institua que l'immersion pour ceux qui ont connu une émission séminale ? Bien plutôt, Rava dit : il faut expliquer que les diverses opinions se sont développées après le décret d'Ezra. Ezra lui-même n'institua l'immersion dans quarante séa que pour un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale normale. Et les Sages vinrent instituer qu'un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale involontaire se ferait verser neuf kav. Puis les Amoraïm vinrent diverger au sujet d'un malade ; un Sage tenait qu'un malade qui a connu une émission séminale normale est assimilé à un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale normale, tandis qu'un malade qui a connu une émission séminale involontaire est assimilé à un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale involontaire ; un autre Sage soutenait que seul un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale normale est tenu de s'immerger dans quarante séa, tandis qu'un malade qui a connu une émission séminale normale est assimilé à un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale involontaire, ne requérant que neuf kav. Mais un malade qui a connu une émission séminale involontaire est exempt de tout.
אָמַר רָבָא: נְהִי דְּתַקֵּן עֶזְרָא טְבִילָה, נְתִינָה מִי תַּקֵּן?! וְהָאָמַר מָר עֶזְרָא תִּקֵּן טְבִילָה לְבַעֲלֵי קְרָיִין. אֶלָּא אָמַר רָבָא: עֶזְרָא תַּקֵּן טְבִילָה לְבָרִיא הַמַּרְגִּיל אַרְבָּעִים סְאָה. וַאֲתוֹ רַבָּנַן וְהַתְקִינוּ לְבָרִיא לְאוֹנְסוֹ תִּשְׁעָה קַבִּין. וַאֲתוֹ אָמוֹרָאֵי וְקָא מִיפַּלְגִי בְּחוֹלֶה, מָר סָבַר חוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא הַמַּרְגִּיל, וְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ — כְּבָרִיא לְאוֹנְסוֹ, וּמַר סָבַר לְבָרִיא הַמַּרְגִּיל אַרְבָּעִים סְאָה, וְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא לְאוֹנְסוֹ — תִּשְׁעָה קַבִּין. אֲבָל לְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ פָּטוּר מִכְּלוּם.
Rava énonça que la décision halakhique suit la première opinion : un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale normale et un malade qui a connu une émission séminale normale requièrent quarante séa, tandis qu'un homme en bonne santé qui a connu une émission séminale involontaire se contente de neuf kav. Mais un malade qui a connu une émission séminale involontaire est exempt de tout rite de purification.
אָמַר רָבָא הִלְכְתָא: בָּרִיא הַמַּרְגִּיל וְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל — אַרְבָּעִים סְאָה. וּבָרִיא לְאוֹנְסוֹ — תִּשְׁעָה קַבִּין. אֲבָל לְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ — פָּטוּר מִכְּלוּם.
Les Sages ont enseigné dans une Tossefta : celui qui a connu une émission séminale et sur qui l'on a versé neuf kav d'eau puisée est pur. Dans quel cas cela est-il dit ? Dans un cas touchant à l'étude de la Torah pour lui-même ; mais afin de se purifier pour enseigner la Torah à autrui, il doit s'immerger dans quarante séa. Rabbi Yehouda dit : quarante séa sont requis pour la purification en tout cas.
תָּנוּ רַבָּנַן: בַּעַל קֶרִי שֶׁנָּתְנוּ עָלָיו תִּשְׁעָה קַבִּין מַיִם — טָהוֹר. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — לְעַצְמוֹ, אֲבָל לַאֲחֵרִים אַרְבָּעִים סְאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַרְבָּעִים סְאָה מִכׇּל מָקוֹם.
À propos de cette question, une controverse s'éleva entre Rabbi Yohanan et Rabbi Yehochoua ben Lévi, d'une part, et Rabbi Elazar et Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina, d'autre part. Un membre de l'une des paires et un membre de l'autre divergèrent quant à la première clause de la Tossefta. L'un dit : ce que tu as énoncé — « dans quel cas cela est-il dit ? Dans un cas touchant à l'étude de la Torah pour lui-même ; mais afin de se purifier pour enseigner la Torah à autrui, il doit s'immerger dans quarante séa » — n'a été enseigné qu'à l'égard d'un malade qui a connu une émission séminale normale ; mais pour un malade qui a connu une émission séminale involontaire, neuf kav suffisent même pour enseigner à autrui. Et l'autre dit : quiconque enseigne à autrui, même s'il était malade et a connu une émission séminale involontaire, n'est pas réputé pur tant qu'il n'y a pas quarante séa.
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי וְרַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא. חַד מֵהַאי זוּגָא וְחַד מֵהַאי זוּגָא אַרֵישָׁא, חַד אָמַר: הָא דְּאָמְרַתְּ בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים לְעַצְמוֹ, אֲבָל לַאֲחֵרִים אַרְבָּעִים סְאָה, לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל, אֲבָל לְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ תִּשְׁעָה קַבִּין. וְחַד אָמַר: כׇּל לַאֲחֵרִים, אֲפִילּוּ חוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ עַד דְּאִיכָּא אַרְבָּעִים סְאָה.
Et un membre de l'une des paires et un membre de l'autre divergèrent quant à la dernière clause de la Tossefta. L'un dit : ce qu'a dit Rabbi Yehouda — « quarante séa en tout cas » — n'a été enseigné que lorsque l'eau est dans le sol, conformément à la loi de la Torah sur le bain rituel, mais non si elle a été recueillie dans des récipients. Et l'autre dit : même quarante séa recueillis dans des récipients suffisent à la purification.
וְחַד מֵהַאי זוּגָא וְחַד מֵהַאי זוּגָא אַסֵּיפָא. חַד אָמַר: הָא דְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה אַרְבָּעִים סְאָה מִכׇּל מָקוֹם — לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּקַרְקַע, אֲבָל בְּכֵלִים — לֹא. וְחַד אָמַר: אֲפִילּוּ בְּכֵלִים נָמֵי.
La Guemara élucide ce problème : soit, selon celui qui dit que quarante séa purifient même dans des récipients — c'est pourquoi la Tossefta enseigne : Rabbi Yehouda dit : quarante séa en tout cas. Mais selon celui qui dit que l'opinion de Rabbi Yehouda est que dans le sol, oui, quarante séa purifient, mais que dans des récipients, non — qu'est-ce donc que l'expression « en tout cas » vient inclure ?
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר אֲפִילּוּ בְּכֵלִים — הַיְינוּ דְּקָתָנֵי רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: ״אַרְבָּעִים סְאָה מִכׇּל מָקוֹם״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בְּקַרְקַע — אִין, בְּכֵלִים — לָא, ״מִכׇּל מָקוֹם״ לְאֵתוּיֵי מַאי?
La Guemara explique : « en tout cas » vient inclure l'eau puisée — car Rabbi Yehouda permet l'immersion dans quarante séa d'eau recueillis dans le sol même si l'eau a été puisée de main d'homme.
לְאֵתוּיֵי מַיִם שְׁאוּבִין.
La Guemara rapporte que Rav Papa, Rav Houna fils de Rav Yehochoua et Rava bar Chmouel mangèrent du pain ensemble. Rav Papa leur dit : laissez-moi réciter le Birkat haMazone pour le groupe, car je suis pur du fait que neuf kav d'eau sont tombés sur moi — autrement dit, il se les était versés. Rava bar Chmouel leur dit : nous avons appris « dans quel cas cela est-il dit » — que neuf kav purifient — « dans un cas touchant à l'étude de la Torah pour lui-même ; mais afin de se purifier pour enseigner la Torah à autrui », et par extension pour acquitter autrui de son obligation, « il doit s'immerger dans quarante séa ». Bien plutôt, laissez-moi réciter le Birkat haMazone pour le groupe, car quarante séa d'eau sont tombés sur moi — autrement dit, je me suis immergé dans un bain rituel. Rav Houna leur dit : laissez-moi réciter le Birkat haMazone pour le groupe, car je n'ai eu sur moi ni ceci ni cela, étant demeuré pur.
רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ וְרָבָא בְּרַבִּי בַּר שְׁמוּאֵל כְּרִיכוּ רִיפְתָּא בַּהֲדֵי הֲדָדֵי. אֲמַר לְהוּ רַב פָּפָּא: הַבוּ לִי לְדִידִי לִבְרוֹךְ, דִּנְפוּל עִילָּוַאי תִּשְׁעָה קַבִּין. אֲמַר לְהוּ רָבָא בְּרַבִּי בַּר שְׁמוּאֵל: תְּנֵינָא, בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — לְעַצְמוֹ, אֲבָל לַאֲחֵרִים — אַרְבָּעִים סְאָה. אֶלָּא, הַבוּ לִי לְדִידִי לִבְרוֹךְ, דִּנְפוּל עִילָּוַאי אַרְבָּעִים סְאָה. אֲמַר לְהוּ רַב הוּנָא: הַבוּ לִי לְדִידִי לִבְרוֹךְ, דְּלֵיכָּא עִילָּוַאי לָא הַאי וְלָא הַאי.
Il est dit également que Rav Hama s'immergeait à la veille de Pessah afin d'acquitter de leur obligation les foules. Toutefois la Guemara conclut : la halakha ne suit pas son opinion, qui distingue entre la purification pour soi-même et la purification pour autrui.
רַב חָמָא טָבֵיל בְּמַעֲלֵי יוֹמָא דְפִסְחָא לְהוֹצִיא רַבִּים יְדֵי חוֹבָתָן. וְלֵית הִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ.