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Traité Berakhot

22a

Étude de Berakhot 22a

Étude de la Guémara 22a

Guémara
[Dirait-on alors] qu'une femme qui a eu des rapports conjugaux puis a vu du sang de nidda [menstruel] n'est pas tenue de s'immerger, tandis que celui qui a connu une seule émission séminale, sans aucune autre impureté concomitante, est, lui, tenu de le faire ? S'il en est ainsi, il faut interpréter la déclaration de Rabbi Yehouda dans la Michna — selon laquelle on récite une bénédiction et avant et après — de la manière suivante : ne dis pas qu'on récite une bénédiction de vive voix, mais bien plutôt qu'il médite ces bénédictions en son cœur.
מְשַׁמֶּשֶׁת וְרָאֲתָה נִדָּה — אֵינָהּ צְרִיכָה טְבִילָה, אֲבָל בַּעַל קֶרִי גְּרֵידָא — מְחַיַּיב. לָא תֵּימָא ״מְבָרֵךְ״, אֶלָּא מְהַרְהֵר.
La Guemara conteste cette explication : et Rabbi Yehouda tient-il donc pour valable le fait de méditer en son cœur ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : celui qui a connu une émission séminale et qui n'a pas d'eau pour s'immerger et se purifier récite le Chéma, et ne récite ni les bénédictions du Chéma qui le précèdent ni celles qui le suivent ? Et lorsqu'il mange son pain, il récite la bénédiction qui suit — le Birkat haMazone — mais ne récite pas, avant, la bénédiction « Qui fait sortir le pain de la terre ». Toutefois, dans les cas où il ne peut réciter la bénédiction, il la médite en son cœur plutôt que de la prononcer de ses lèvres : telle est la déclaration de Rabbi Méir. Mais Rabbi Yehouda dit : dans un cas comme dans l'autre, il prononce toutes les bénédictions de ses lèvres. Rabbi Yehouda ne considère pas la méditation des bénédictions en son cœur comme une solution, et en permet la récitation.
וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה הִרְהוּר? וְהָתַנְיָא: בַּעַל קֶרִי שֶׁאֵין לוֹ מַיִם לִטְבּוֹל — קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע, וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ, לֹא לְפָנֶיהָ וְלֹא לְאַחֲרֶיהָ. וְאוֹכֵל פִּתּוֹ וּמְבָרֵךְ לְאַחֲרֶיהָ, וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ. אֲבָל מְהַרְהֵר בְּלִבּוֹ וְאֵינוֹ מוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ מוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו.
Rav Nahman bar Yitshak dit : la déclaration de Rabbi Yehouda dans la Michna doit s'interpréter autrement. Rabbi Yehouda a assimilé les bénédictions aux Hilkhot Dérekh Erets [les lois de bonne conduite], lesquelles, selon certains Sages, n'étaient pas rangées dans la même catégorie que les autres matières de Torah ; c'est pourquoi il est permis d'en faire l'étude même après avoir connu une émission séminale.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: עֲשָׂאָן רַבִּי יְהוּדָה כְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ.
Comme il a été enseigné dans une baraïta : il est écrit « Et tu les feras connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants » (Devarim 4, 9), et il est écrit ensuite « le jour où tu te tins debout devant l'Éternel ton D.ieu au Horeb » (Devarim 4, 10). De même que là-bas, la Révélation au Sinaï se fit dans la crainte, l'effroi, le tremblement et le frisson, de même ici, à chaque génération, la Torah doit être étudiée avec un sentiment de crainte, d'effroi, de tremblement et de frisson.
דְּתַנְיָא: ״וְהוֹדַעְתָּם לְבָנֶיךָ וְלִבְנֵי בָנֶיךָ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ ״יוֹם אֲשֶׁר עָמַדְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ בְּחוֹרֵב״, מָה לְהַלָּן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ, אַף כָּאן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ.
De là les Sages ont dit : les zavim [hommes atteints d'un flux impur], les lépreux et ceux qui ont eu des rapports avec des femmes nidda, malgré leur grave impureté, ont le droit de lire la Torah, les Prophètes [Neviim] et les Écrits [Ketouvim], et d'étudier la Michna, la Guemara, les halakhot et les aggadot. Toutefois, ceux qui ont connu une émission séminale en sont interdits. La raison de cette distinction est que les cas d'impureté grave sont causés par une maladie ou par d'autres circonstances qui échappent à la volonté, et n'excluent donc pas nécessairement un sentiment de crainte et de révérence pendant l'étude de la Torah. Il n'en va pas de même de l'impureté résultant d'une émission séminale, laquelle survient d'ordinaire par légèreté et par manque de crainte et de révérence. C'est pourquoi il est inconvenant que celui qui connaît une émission séminale s'occupe de matières de Torah.
מִכָּאן אָמְרוּ: הַזָּבִים וְהַמְצֹרָעִים וּבָאִין עַל נִדּוֹת — מוּתָּרִים לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה וּבַנְּבִיאִים וּבַכְּתוּבִים, לִשְׁנוֹת בַּמִּשְׁנָה וּגְמָרָא וּבָהֲלָכוֹת וּבָאַגָּדוֹת. אֲבָל בַּעֲלֵי קְרָיִין אֲסוּרִים.
Toutefois, les opinions sont nombreuses quant aux contours précis des matières de Torah interdites par ce décret. Rabbi Yossi dit : celui qui connaît une émission séminale étudie les michnayot qu'il a coutume d'étudier, pourvu qu'il n'expose pas une michna nouvelle pour l'approfondir. Rabbi Yonatan ben Yossef dit : il expose la Michna, mais il n'expose pas la Guemara, qui est l'analyse approfondie de la Torah. Rabbi Natan ben Avichalom dit : il peut même exposer la Guemara, pourvu qu'il n'en prononce pas les mentions du Nom de D.ieu. Rabbi Yohanan le Cordonnier, élève de Rabbi Akiva, dit au nom de Rabbi Akiva : il ne doit aucunement entrer dans l'interprétation homilétique [midrach] des versets. Et certains rapportent qu'il dit : il ne doit aucunement entrer dans la maison d'étude [beit hamidrach]. Rabbi Yehouda dit : il ne peut étudier que les Hilkhot Dérekh Erets. Quant au problème soulevé plus haut, il appert que Rabbi Yehouda tient le statut légal des bénédictions pour parallèle à celui des Hilkhot Dérekh Erets, et qu'on peut donc les prononcer de vive voix.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שׁוֹנֶה הוּא בָּרְגִילִיּוֹת, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה. רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן יוֹסֵף אוֹמֵר: מַצִּיעַ הוּא אֶת הַמִּשְׁנָה, וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. רַבִּי נָתָן בֶּן אֲבִישָׁלוֹם אוֹמֵר: אַף מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֹאמַר אַזְכָּרוֹת שֶׁבּוֹ. רַבִּי יוֹחָנָן הַסַּנְדְּלָר תַּלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי עֲקִיבָא מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא יִכָּנֵס לַמִּדְרָשׁ כׇּל עִיקָּר. וְאָמְרִי לַהּ: לֹא יִכָּנֵס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ כׇּל עִיקָּר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שׁוֹנֶה הוּא בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ.
La Guemara rapporte un fait survenu avec Rabbi Yehouda lui-même, qui connut une émission séminale et marchait le long de la berge du fleuve avec ses disciples. Ses disciples lui dirent : Rabbi, enseigne-nous un chapitre des Hilkhot Dérekh Erets — car il tenait que cela est permis même en état d'impureté. Il descendit, s'immergea dans le fleuve, et leur enseigna les Hilkhot Dérekh Erets. Ils lui dirent : ne nous as-tu pas enseigné, notre maître, qu'il peut étudier les Hilkhot Dérekh Erets ? Il leur dit : bien que je sois indulgent envers les autres, et que je leur permette de l'étudier sans immersion, je suis rigoureux envers moi-même.
מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁרָאָה קֶרִי, וְהָיָה מְהַלֵּךְ עַל גַּב הַנָּהָר. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבֵּינוּ, שְׁנֵה לָנוּ פֶּרֶק אֶחָד בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ. יָרַד וְטָבַל וְשָׁנָה לָהֶם. אָמְרוּ לוֹ: לֹא כָּךְ לִמַּדְתָּנוּ רַבֵּינוּ, שׁוֹנֶה הוּא בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ?! אָמַר לָהֶם: אַף עַל פִּי שֶׁמֵּיקֵל אֲנִי עַל אֲחֵרִים, מַחְמִיר אֲנִי עַל עַצְמִי.
Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Yehouda ben Betéra avait coutume de dire : les matières de Torah ne contractent pas l'impureté [toumea] ; aussi celui qui est impur a-t-il le droit de s'occuper d'étude de la Torah. Il appliqua cette halakha en pratique. La Guemara rapporte un fait survenu avec un élève qui récitait michnayot et baraïtot de manière hésitante devant la maison d'étude de Rabbi Yehouda ben Betéra. L'élève avait connu une émission séminale et, lorsqu'on lui demanda de réciter, il le fit de façon précipitée et inégale, car il ne voulait pas prononcer explicitement les paroles de Torah. Rabbi Yehouda lui dit : mon fils, ouvre ta bouche et que tes paroles resplendissent, car les matières de Torah ne contractent pas l'impureté, ainsi qu'il est dit : « Ma parole n'est-elle pas comme le feu, dit l'Éternel » (Yirmeyahou 23, 29). De même que le feu ne contracte pas l'impureté, de même les matières de Torah ne contractent pas l'impureté.
תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא הָיָה אוֹמֵר: אֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה. מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁהָיָה מְגַמְגֵּם לְמַעְלָה מֵרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא. אָמַר לֵיהּ: בְּנִי, פְּתַח פִּיךָ וְיָאִירוּ דְבָרֶיךָ, שֶׁאֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ נְאֻם ה׳״, מָה אֵשׁ אֵינוֹ מְקַבֵּל טוּמְאָה אַף דִּבְרֵי תוֹרָה אֵינָן מְקַבְּלִין טוּמְאָה.
Dans cette baraïta, le Maître a dit que celui qui est impur du fait d'une émission séminale expose la Michna mais n'expose pas la Guemara. La Guemara note : cette déclaration appuie l'opinion de Rabbi Ilaï, car Rabbi Ilaï a dit que Rabbi Aha bar Yaakov a dit au nom de Rabbénou, Rav : la halakha est que celui qui a connu une émission séminale peut exposer la Michna mais ne peut exposer la Guemara. Cette controverse est parallèle à une controverse tannaïtique, car il a été enseigné : celui qui a connu une émission séminale expose la Michna mais n'expose pas la Guemara ; telle est la déclaration de Rabbi Méir. Rabbi Yehouda ben Gamliel dit au nom de Rabbi Hanina ben Gamliel : et l'une et l'autre sont interdites. Et certains rapportent qu'il a dit : et l'une et l'autre sont permises.
אָמַר מָר. מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי אִלְעַאי, דְּאָמַר רַבִּי אִלְעַאי אָמַר רַבִּי אַחָא בַּר יַעֲקֹב מִשּׁוּם רַבֵּינוּ: הֲלָכָה, מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. כְּתַנָּאֵי: מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל: זֶה וָזֶה אָסוּר. וְאָמְרִי לַהּ: זֶה וָזֶה מוּתָּר.
En comparant ces opinions : celui qui a dit que l'une et l'autre sont interdites tient comme l'opinion de Rabbi Yohanan le Cordonnier ; celui qui a dit que l'une et l'autre sont permises tient comme l'opinion de Rabbi Yehouda ben Betéra.
מַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה אָסוּר — כְּרַבִּי יוֹחָנָן הַסַּנְדְּלָר, מַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה מוּתָּר — כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא.
Résumant la halakha, Rav Nahman bar Yitshak dit : l'usage universellement admis suit les opinions de ces trois anciens : comme l'opinion de Rabbi Ilaï quant aux halakhot de la première tonte, comme l'opinion de Rabbi Yochiya quant aux lois des mélanges interdits [kilayim], et comme l'opinion de Rabbi Yehouda ben Betéra quant aux matières de Torah.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: נְהוּג עָלְמָא כְּהָנֵי תְּלָת סָבֵי — כְּרַבִּי אִלְעַאי בְּרֵאשִׁית הַגֵּז, כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה בְּכִלְאַיִם, כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה.
La Guemara précise : comme l'opinion de Rabbi Ilaï quant à la première tonte, car il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Ilaï dit : l'obligation de prélever la première tonte du troupeau pour le Cohen ne se pratique qu'en Erets Israël et non en diaspora — et tel est l'usage admis.
כְּרַבִּי אִלְעַאי בְּרֵאשִׁית הַגֵּז — דְּתַנְיָא, רַבִּי אִלְעַאי אוֹמֵר: רֵאשִׁית הַגֵּז אֵינוֹ נוֹהֵג אֶלָּא בָּאָרֶץ.
Berakhot 22a
100%
ברכות כ״ב אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת
גְּמָרָא מְשַׁמֶּשֶׁת וְרָאֲתָה נִדָּה — אֵינָהּ צְרִיכָה טְבִילָה, אֲבָל בַּעַל קֶרִי גְּרֵידָא — מְחַיַּיב. לָא תֵּימָא ״מְבָרֵךְ״, אֶלָּא מְהַרְהֵר. וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה הִרְהוּר? וְהָתַנְיָא: בַּעַל קֶרִי שֶׁאֵין לוֹ מַיִם לִטְבּוֹל — קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע, וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ, לֹא לְפָנֶיהָ וְלֹא לְאַחֲרֶיהָ. וְאוֹכֵל פִּתּוֹ וּמְבָרֵךְ לְאַחֲרֶיהָ, וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ. אֲבָל מְהַרְהֵר בְּלִבּוֹ וְאֵינוֹ מוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ מוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: עֲשָׂאָן רַבִּי יְהוּדָה כְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ. דְּתַנְיָא: ״וְהוֹדַעְתָּם לְבָנֶיךָ וְלִבְנֵי בָנֶיךָ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ ״יוֹם אֲשֶׁר עָמַדְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ בְּחוֹרֵב״, מָה לְהַלָּן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ, אַף כָּאן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ. מִכָּאן אָמְרוּ: הַזָּבִים וְהַמְצֹרָעִים וּבָאִין עַל נִדּוֹת — מוּתָּרִים לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה וּבַנְּבִיאִים וּבַכְּתוּבִים, לִשְׁנוֹת בַּמִּשְׁנָה וּגְמָרָא וּבָהֲלָכוֹת וּבָאַגָּדוֹת. אֲבָל בַּעֲלֵי קְרָיִין אֲסוּרִים. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שׁוֹנֶה הוּא בָּרְגִילִיּוֹת, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה. רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן יוֹסֵף אוֹמֵר: מַצִּיעַ הוּא אֶת הַמִּשְׁנָה, וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. רַבִּי נָתָן בֶּן אֲבִישָׁלוֹם אוֹמֵר: אַף מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֹאמַר אַזְכָּרוֹת שֶׁבּוֹ. רַבִּי יוֹחָנָן הַסַּנְדְּלָר תַּלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי עֲקִיבָא מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא יִכָּנֵס לַמִּדְרָשׁ כׇּל עִיקָּר. וְאָמְרִי לַהּ: לֹא יִכָּנֵס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ כׇּל עִיקָּר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שׁוֹנֶה הוּא בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ. מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁרָאָה קֶרִי, וְהָיָה מְהַלֵּךְ עַל גַּב הַנָּהָר. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבֵּינוּ, שְׁנֵה לָנוּ פֶּרֶק אֶחָד בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ. יָרַד וְטָבַל וְשָׁנָה לָהֶם. אָמְרוּ לוֹ: לֹא כָּךְ לִמַּדְתָּנוּ רַבֵּינוּ, שׁוֹנֶה הוּא בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ?! אָמַר לָהֶם: אַף עַל פִּי שֶׁמֵּיקֵל אֲנִי עַל אֲחֵרִים, מַחְמִיר אֲנִי עַל עַצְמִי. תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא הָיָה אוֹמֵר: אֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה. מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁהָיָה מְגַמְגֵּם לְמַעְלָה מֵרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא. אָמַר לֵיהּ: בְּנִי, פְּתַח פִּיךָ וְיָאִירוּ דְבָרֶיךָ, שֶׁאֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ נְאֻם ה׳״, מָה אֵשׁ אֵינוֹ מְקַבֵּל טוּמְאָה אַף דִּבְרֵי תוֹרָה אֵינָן מְקַבְּלִין טוּמְאָה. אָמַר מָר. מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי אִלְעַאי, דְּאָמַר רַבִּי אִלְעַאי אָמַר רַבִּי אַחָא בַּר יַעֲקֹב מִשּׁוּם רַבֵּינוּ: הֲלָכָה, מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. כְּתַנָּאֵי: מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל: זֶה וָזֶה אָסוּר. וְאָמְרִי לַהּ: זֶה וָזֶה מוּתָּר. מַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה אָסוּר — כְּרַבִּי יוֹחָנָן הַסַּנְדְּלָר, מַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה מוּתָּר — כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: נְהוּג עָלְמָא כְּהָנֵי תְּלָת סָבֵי — כְּרַבִּי אִלְעַאי בְּרֵאשִׁית הַגֵּז, כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה בְּכִלְאַיִם, כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה. כְּרַבִּי אִלְעַאי בְּרֵאשִׁית הַגֵּז — דְּתַנְיָא, רַבִּי אִלְעַאי אוֹמֵר: רֵאשִׁית הַגֵּז אֵינוֹ נוֹהֵג אֶלָּא בָּאָרֶץ. כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה בְּכִלְאַיִם, כְּדִכְתִיב: ״לֹא תִזְרַע כַּרְמְךָ כִּלְאָיִם״, רַבִּי יֹאשִׁיָּה אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּזְרַע חִטָּה וּשְׂעוֹרָה וְחַרְצָן בְּמַפּוֹלֶת יָד. כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה, דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: אֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה. כִּי אֲתָא זְעֵירִי, אֲמַר: בַּטְּלוּהָ לִטְבִילוּתָא. וְאָמְרִי לַהּ: בַּטְּלוּהָ לִנְטִילוּתָא. מַאן דְּאָמַר בַּטְּלוּהָ לִטְבִילוּתָא — כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא. מַאן דְּאָמַר בַּטְּלוּהָ לִנְטִילוּתָא — כִּי הָא דְּרַב חִסְדָּא לָיֵיט אַמַּאן דִּמְהַדַּר אַמַּיָּא בְּעִידָּן צְלוֹתָא. תָּנוּ רַבָּנַן: בַּעַל קֶרִי שֶׁנָּתְנוּ עָלָיו תִּשְׁעָה קַבִּין מַיִם — טָהוֹר. נַחוּם אִישׁ גַּם זוֹ לְחָשָׁהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא, וְרַבִּי עֲקִיבָא לְחָשָׁהּ לְבֶן עַזַּאי, וּבֶן עַזַּאי יָצָא וּשְׁנָאָהּ לְתַלְמִידָיו בְּשׁוּק. פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי בְּמַעְרְבָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר זְבִידָא. חַד תָּנֵי: שְׁנָאָהּ, וְחַד תָּנֵי: לְחָשָׁהּ. מַאן דְּתָנֵי שְׁנָאָהּ, מִשּׁוּם בִּטּוּל תּוֹרָה וּמִשּׁוּם בִּטּוּל פְּרִיָּה וּרְבִיָּה. וּמַאן דְּתָנֵי לְחָשָׁהּ — שֶׁלֹּא יְהוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מְצוּיִים אֵצֶל נְשׁוֹתֵיהֶם כְּתַרְנְגוֹלִים. אָמַר רַבִּי יַנַּאי: שָׁמַעְתִּי שֶׁמְּקִילִּין בָּהּ וְשָׁמַעְתִּי שֶׁמַּחֲמִירִין בָּהּ, וְכׇל הַמַּחֲמִיר בָּהּ עַל עַצְמוֹ מַאֲרִיכִין לוֹ יָמָיו וּשְׁנוֹתָיו. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַה טִּיבָן שֶׁל טוֹבְלֵי שְׁחָרִין? מַה טִּיבָן?! הָא אִיהוּ דְּאָמַר בַּעַל קֶרִי אָסוּר בְּדִבְרֵי תּוֹרָה. הָכִי קָאָמַר: מַה טִּיבָן בְּאַרְבָּעִים סְאָה, אֶפְשָׁר בְּתִשְׁעָה קַבִּין. מַה טִּיבָן בִּטְבִילָה, אֶפְשָׁר בִּנְתִינָה. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: גָּדֵר גָּדוֹל גָּדְרוּ בָּהּ. דְּתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁתָּבַע אִשָּׁה לִדְבַר עֲבֵירָה. אָמְרָה לוֹ: רֵיקָא! יֵשׁ לְךָ אַרְבָּעִים סְאָה שֶׁאַתָּה טוֹבֵל בָּהֶן? מִיָּד פֵּירַשׁ. אֲמַר לְהוּ רַב הוּנָא לְרַבָּנָן: רַבּוֹתַי, מִפְּנֵי מָה אַתֶּם מְזַלְזְלִין בִּטְבִילָה זוֹ: אִי מִשּׁוּם צִינָּה, אֶפְשָׁר בְּמֶרְחֲצָאוֹת. אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: וְכִי יֵשׁ טְבִילָה בְּחַמִּין? אֲמַר לֵיהּ: רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה קָאֵי כְּווֹתָךְ. רַבִּי זֵירָא הֲוָה יָתֵיב בְּאַגָּנָא דְמַיָּא בֵּי מַסּוּתָא, אֲמַר לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ: זִיל וְאַיְיתִי לִי תִּשְׁעָה קַבִּין וּשְׁדִי עִלָּוַאי. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: לְמָה לֵיהּ לְמָר כּוּלֵּי הַאי? וְהָא יָתֵיב בְּגַוַּויְיהוּ! אֲמַר לֵיהּ: כְּאַרְבָּעִים סְאָה, מָה אַרְבָּעִים סְאָה, בִּטְבִילָה וְלֹא בִּנְתִינָה — אַף תִּשְׁעָה קַבִּין בִּנְתִינָה וְלֹא בִּטְבִילָה. רַב נַחְמָן תַּקֵּן חַצְבָּא בַּת תִּשְׁעָה קַבִּין. כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אֲמַר רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יְהוּדָה גְּלוֹסְטְרָא אָמְרוּ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ. אֲבָל לְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל, אַרְבָּעִים סְאָה. אֲמַר רַב יוֹסֵף: אִתְּבַר חַצְבֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן. כִּי אֲתָא רָבִין אֲמַר בְּאוּשָׁא הֲוָה עוֹבָדָא