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Traité Berakhot

15a

Étude de Berakhot 15a

Étude de la Mishna & Guémara 15a

…doit faire ses besoins, se laver les mains, mettre les téfiline, réciter le Chema et prier ; et cela constitue l'acceptation du joug complet du royaume des Cieux.
יִפָּנֶה, וְיִטּוֹל יָדָיו, וְיַנִּיחַ תְּפִילִּין, וְיִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע, וְיִתְפַּלֵּל, וְזוֹ הִיא מַלְכוּת שָׁמַיִם שְׁלֵמָה.
Dans le même sens, Rabbi 'Hiyya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : quiconque fait ses besoins, se lave les mains, met les téfiline, récite le Chema et prie, le verset lui en tient compte comme s'il avait bâti un autel et offert dessus un sacrifice, ainsi qu'il est écrit : « Je laverai mes mains dans la pureté, et je ferai le tour de Ton autel, ô Éternel » (Tehilim 26, 6). Rava lui dit : ne tiens-tu pas, Maître, que celui qui agit ainsi, c'est comme s'il avait immergé tout son corps, puisqu'il est écrit : « Je laverai dans la pureté », et qu'il n'est pas écrit : « Je laverai mes mains » ?
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַנִּפְנֶה, וְנוֹטֵל יָדָיו, וּמַנִּיחַ תְּפִילִּין, וְקוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע, וּמִתְפַּלֵּל — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ בָּנָה מִזְבֵּחַ וְהִקְרִיב עָלָיו קׇרְבָּן, דִּכְתִיב: ״אֶרְחַץ בְּנִקָּיוֹן כַּפָּי וַאֲסוֹבְבָה אֶת מִזְבַּחֲךָ ה׳״. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: לָא סָבַר לַהּ מָר כְּאִילּוּ טָבַל, דִּכְתִיב: ״אֶרְחַץ [בְּנִקָּיוֹן]״ — וְלָא כָּתַב ״אַרְחִיץ [כַּפָּי]״.
Ravina dit à Rava : mon Maître, vois donc ce jeune érudit [tsourva mérabbanan] qui est venu d'Erets Israël et a dit une chose étonnante : celui qui n'a pas d'eau pour se laver les mains, il lui suffit d'essuyer ses mains avec de la terre, une pierre ou un éclat de bois.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרָבָא: חֲזִי מָר הַאי צוּרְבָּא מֵרַבָּנָן דַּאֲתָא מִמַּעְרְבָא וְאָמַר: מִי שֶׁאֵין לוֹ מַיִם לִרְחוֹץ יָדָיו — מְקַנֵּחַ יָדָיו בְּעָפָר וּבִצְרוֹר וּבְקִסְמִית.
Rava répondit à Ravina : il a bien parlé. Car est-il écrit : « Je laverai avec de l'eau » ? « Dans la pureté » est écrit, ce qui renvoie à tout ce qui nettoie — d'ailleurs Rav 'Hisda maudissait celui qui faisait un détour pour chercher de l'eau au moment de la prière.
אֲמַר לֵיהּ: שַׁפִּיר קָאָמַר, מִי כְּתִיב ״אֶרְחַץ בְּמַיִם״? ״בְּנִקָּיוֹן״ כְּתִיב — כֹּל מִידֵּי דִּמְנַקֵּי, דְּהָא רַב חִסְדָּא לָיֵיט אַמַּאן דִּמְהַדַּר אַמַּיָּא בְּעִידָּן צְלוֹתָא.
Au sujet de la recherche d'eau, la Guemara précise : cela ne vaut que pour la récitation du Chema, dont le temps est limité, de sorte que si l'on part chercher de l'eau, on risque d'en laisser passer le moment. En revanche, pour la prière, qui peut se réciter toute la journée, on doit faire un détour pour chercher de l'eau. Et jusqu'où doit-on faire un détour pour chercher de l'eau ? Jusqu'à une parsa (parasange). Et cela, une parsa, ne vaut que devant soi ; mais derrière soi, on n'a pas à revenir, fût-ce d'un mil. On en déduit que c'est d'un mil qu'on n'a pas à revenir, mais que de moins d'un mil, on doit revenir.
וְהָנֵי מִילֵּי לִקְרִיאַת שְׁמַע, אֲבָל לִתְפִלָּה מְהַדַּר. וְעַד כַּמָּה? — עַד פַּרְסָה. וְהָנֵי מִילֵּי לְקַמֵּיהּ, אֲבָל לַאֲחוֹרֵיהּ — אֲפִילּוּ מִיל אֵינוֹ חוֹזֵר. [וּמִינַּהּ] מִיל הוּא דְּאֵינוֹ חוֹזֵר, הָא פָּחוֹת מִמִּיל — חוֹזֵר.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui récite le Chema sans le rendre audible à sa propre oreille — soit qu'il l'ait lu de façon inaudible, soit qu'il soit sourd — s'est acquitté de son obligation. Rabbi Yossi dit : il ne s'est pas acquitté de son obligation.
מַתְנִי׳ הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וְלֹא הִשְׁמִיעַ לְאׇזְנוֹ — יָצָא. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לֹא יָצָא.(משנה)
Celui qui a récité le Chema sans être suffisamment précis dans l'articulation de ses lettres : Rabbi Yossi dit qu'il s'est acquitté de son obligation ; Rabbi Yehouda dit qu'il ne s'est pas acquitté de son obligation.
קָרָא וְלֹא דִּקְדֵּק בְּאוֹתִיּוֹתֶיהָ, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יָצָא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא יָצָא.
Celui qui a récité le Chema à rebours, c'est-à-dire sans lire les versets dans l'ordre, ne s'est pas acquitté de son obligation. Celui qui l'a récité et s'est trompé doit retourner à l'endroit du Chema où il s'est trompé.
הַקּוֹרֵא לְמַפְרֵעַ — לֹא יָצָא. קָרָא וְטָעָה — יַחְזוֹר לִמְקוֹם שֶׁטָּעָה.
Guémara
GUEMARA : La discussion de notre Michna portait sur la question de savoir si celui qui récite le Chema sans l'entendre s'est ou non acquitté de son obligation. La Guemara clarifie les opinions citées dans la MISHNA : quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Yossi, selon laquelle on doit réciter le Chema de façon audible à sa propre oreille ? Parce qu'il est écrit : « Chema » (« Écoute »), et Rabbi Yossi tient qu'il faut le comprendre au sens littéral : fais entendre à tes oreilles ce que profère ta bouche. Le premier Tana, qui tient qu'on s'acquitte de son obligation même sans entendre sa récitation du Chema, tient que « Chema », « Écoute », vient enseigner autre chose : on peut réciter le Chema dans toute langue que l'on peut entendre et comprendre, et il n'est pas requis de le réciter spécifiquement en hébreu.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי? מִשּׁוּם דִּכְתִיב ״שְׁמַע״ — הַשְׁמַע לְאׇזְנְךָ מָה שֶׁאַתָּה מוֹצִיא מִפִּיךָ. וְתַנָּא קַמָּא סָבַר, ״שְׁמַע״ — בְּכָל לָשׁוֹן שֶׁאַתָּה שׁוֹמֵעַ.
Et Rabbi Yossi est d'accord avec le principe que le premier Tana déduit du mot « Chema » ; toutefois Rabbi Yossi tient : déduis deux halakhot du mot « Chema » — premièrement, on peut réciter le Chema dans toute langue ; et deuxièmement, on doit le réciter de façon audible à ses propres oreilles.
וְרַבִּי יוֹסֵי, תַּרְתֵּי שְׁמַע מִינַּהּ.
Nous avons appris là-bas, dans une Michna relative aux lois du prélèvement des dîmes : un sourd qui parle mais n'entend pas ne doit pas prélever la téroumah a priori (lekhat'hila), car il doit réciter une berakha sur le prélèvement de la téroumah et il est incapable d'entendre cette berakha. Mais a posteriori (bedi'avad), s'il l'a prélevée, sa téroumah est une téroumah valide.
תְּנַן הָתָם: חֵרֵשׁ הַמְדַבֵּר וְאֵינוֹ שׁוֹמֵעַ — לֹא יִתְרוֹם. וְאִם תָּרַם — תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה.
La Guemara demande : qui est ce Tana qui tient que, si un sourd parlant mais n'entendant pas prélève la téroumah, c'est une téroumah a posteriori, mais qu'a priori il ne peut le faire ?
מַאן תְּנָא חֵרֵשׁ הַמְדַבֵּר וְאֵינוֹ שׁוֹמֵעַ דִּיעֲבַד — אִין, לְכַתְּחִלָּה — לָא?
Berakhot 15a
100%
ברכות ט״ו אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת