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Traité Berakhot

14a

Étude de Berakhot 14a

Étude de la Guémara 14a

Guémara
Et aux coupures entre les paragraphes, on peut saluer par égard pour l'honneur et rendre le salut à toute personne. Et s'il en est ainsi, la Michna ne fait plus difficulté.
וּבַפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וּמֵשִׁיב שָׁלוֹם לְכׇל אָדָם.
La Guemara remarque : cette version de la controverse fut également enseignée dans une baraïta. Celui qui récite le Chema et rencontre son maître, ou quelqu'un de plus grand que lui : aux coupures entre les paragraphes, il peut le saluer par égard pour l'honneur et, à plus forte raison, il peut répondre. Et au milieu de chaque paragraphe, il peut saluer quelqu'un par crainte et, à plus forte raison, il peut répondre. Telle est l'opinion de Rabbi Méir. Rabbi Yehouda dit : au milieu de chaque paragraphe, on peut saluer par crainte et répondre par égard pour l'honneur ; et aux coupures entre les paragraphes, on peut saluer par égard pour l'honneur et rendre le salut à toute personne. Les ajouts proposés à la Michna figurent dans la version de la controverse citée dans la baraïta.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וּפָגַע בּוֹ רַבּוֹ אוֹ גָּדוֹל הֵימֶנּוּ, בַּפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁהוּא מֵשִׁיב, וּבָאֶמְצַע — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁהוּא מֵשִׁיב. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בָּאֶמְצַע — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וּמֵשִׁיב מִפְּנֵי הַכָּבוֹד, וּבַפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וּמֵשִׁיב שָׁלוֹם לְכׇל אָדָם.
A'haï, le Tanna qui récitait les michnayot à l'école de Rabbi 'Hiyya, posa une question à Rabbi 'Hiyya : pendant le Hallel et pendant [la lecture de] la Méguila — celle d'Esther —, peut-on interrompre pour saluer quelqu'un ? Disons-nous qu'il y a un raisonnement a fortiori (kal va'homer) : si, au milieu du Chema — qui est une obligation de la Torah —, on peut interrompre pour saluer quelqu'un, à plus forte raison au milieu du Hallel, qui est une obligation rabbinique, on peut interrompre ? Ou bien, peut-être, la publication du miracle (pirsoumé nissa) l'emporte-t-elle, de sorte qu'on ne peut interrompre ni le Hallel ni la Méguila du tout ?
בְּעָא מִינֵּיהּ אַחַי תַּנָּא דְבֵי רַבִּי חִיָּיא מֵרַבִּי חִיָּיא: בְּהַלֵּל וּבַמְגִילָּה מַהוּ שֶׁיַּפְסִיק? אָמְרִינַן קַל וָחוֹמֶר: קְרִיאַת שְׁמַע דְּאוֹרָיְיתָא — פּוֹסֵק, הַלֵּל דְּרַבָּנַן מִבַּעְיָא?! אוֹ דִלְמָא פַּרְסוֹמֵי נִיסָּא עֲדִיף.
Rabbi 'Hiyya lui dit : on interrompt, et il n'y a là rien de répréhensible. Rabba dit : les jours où l'on achève le Hallel entier — c'est-à-dire les jours où il y a une obligation rabbinique de réciter le Hallel —, on peut interrompre entre un paragraphe et un autre, mais on ne doit pas interrompre au milieu d'un paragraphe. Et les jours où l'on n'achève pas le Hallel entier — c'est-à-dire les jours où la récitation du Hallel n'est qu'une coutume, et non une obligation rabbinique —, on peut interrompre même au milieu d'un paragraphe.
אֲמַר לֵיהּ: פּוֹסֵק, וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם. אָמַר רַבָּה: יָמִים שֶׁהַיָּחִיד גּוֹמֵר בָּהֶן אֶת הַהַלֵּל, בֵּין פֶּרֶק לְפֶרֶק פּוֹסֵק, בְּאֶמְצַע הַפֶּרֶק — אֵינוֹ פּוֹסֵק, וְיָמִים שֶׁאֵין הַיָּחִיד גּוֹמֵר בָּהֶן אֶת הַהַלֵּל — אֲפִילּוּ בְּאֶמְצַע הַפֶּרֶק פּוֹסֵק.
La Guemara s'en étonne : en est-il vraiment ainsi ? Rav bar Chaba ne se trouva-t-il pas un jour devant Ravina, un des jours où l'on n'achève pas le Hallel entier, sans que Ravina interrompît sa récitation du Hallel pour le saluer ?
אִינִי?! וְהָא רַב בַּר שְׁבָא אִיקְּלַע לְגַבֵּיהּ דְּרָבִינָא, וְיָמִים שֶׁאֵין הַיָּחִיד גּוֹמֵר אֶת הַהַלֵּל הֲוָה, וְלָא פְּסֵיק לֵיהּ!
La Guemara répond : le cas de Rav bar Chaba est différent, car Rav bar Chaba n'était pas considéré comme important aux yeux de Ravina. C'est la raison pour laquelle il n'interrompit pas sa récitation du Hallel pour le saluer.
שָׁאנֵי רַב בַּר שְׁבָא דְּלָא חֲשִׁיב עֲלֵיהּ דְּרָבִינָא.
La Guemara cite que Achyan, le Tanna qui récitait les michnayot à l'école de Rabbi Ami, posa une question à Rabbi Ami : celui qui jeûne peut-il goûter l'aliment qu'il prépare, pour vérifier s'il est correctement assaisonné ? A-t-il accepté sur lui de s'abstenir de manger et de boire — et ce n'est là ni manger ni boire, mais seulement goûter ? Ou bien, peut-être, a-t-il accepté sur lui de s'abstenir de tirer du plaisir de la nourriture — et c'est là un plaisir, lorsqu'il goûte ?
בְּעָא מִינֵּיהּ אַשְׁיָאן תַּנָּא דְבֵי רַבִּי אַמֵּי מֵרַבִּי אַמֵּי: הַשָּׁרוּי בְּתַעֲנִית מַהוּ שֶׁיִּטְעוֹם? אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה קַבֵּיל עֲלֵיהּ — וְהָא לֵיכָּא. אוֹ דִילְמָא: הֲנָאָה קַבֵּיל עֲלֵיהּ — וְהָא אִיכָּא.
Rabbi Ami lui dit : il goûte, et il n'y a là rien de répréhensible. Cela fut également enseigné dans une baraïta : goûter un mets ne requiert pas de berakha au préalable, et celui qui jeûne peut goûter, et il n'y a là rien de répréhensible.
אָמַר לֵיהּ: טוֹעֵם וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מַטְעֶמֶת אֵינָהּ טְעוּנָה בְּרָכָה, וְהַשָּׁרוּי בְּתַעֲנִית טוֹעֵם וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם.
La Guemara demande : jusqu'à quelle quantité celui qui jeûne peut-il goûter ?
עַד כַּמָּה?
La Guemara répond : lorsque Rabbi Ami et Rabbi Assi jeûnaient, ils goûtaient jusqu'à la mesure d'un quart de log (révi'it).
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי טָעֲמִי עַד שִׁיעוּר רְבִיעֲתָא.
Rav dit : quiconque salue son prochain avant d'avoir prié, c'est comme s'il en avait fait un autel [pour l'idolâtrie], ainsi qu'il est dit : « Cessez de vous fier à l'homme, dont le souffle est dans les narines, car à quoi [bameh] est-il estimé ? » (Yéchayahou 2, 22). Lorsque l'âme de l'homme lui est insufflée par les narines, le matin (Gueonim), il ne doit se tourner vers nul autre que D.ieu. Et ne lis pas, comme c'est écrit, « bameh », « à quoi » ; mais lis « bama », « autel ».
אָמַר רַב: כָּל הַנּוֹתֵן שָׁלוֹם לַחֲבֵירוֹ קוֹדֶם שֶׁיִּתְפַּלֵּל כְּאִילּוּ עֲשָׂאוֹ בָּמָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״חִדְלוּ לָכֶם מִן הָאָדָם אֲשֶׁר נְשָׁמָה בְּאַפּוֹ כִּי בַמֶּה נֶחְשָׁב הוּא״. אַל תִּקְרֵי, ״בַּמֶּה״ אֶלָּא ״בָּמָה״.
Et Chemouel dit : le mot « bameh » ne doit pas être pris autrement que dans son sens littéral. Le verset doit donc se comprendre ainsi : à quoi [bameh] l'as-tu estimé si important, que tu lui as donné la priorité, et non à D.ieu ? Assurément, tu aurais dû honorer D.ieu en premier.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בַּמֶּה חֲשַׁבְתּוֹ לָזֶה וְלֹא לָאֱלוֹהַּ?
Berakhot 14a
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ברכות י״ד אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת