Au sujet de l'inclination, la Guemara rapporte : lorsque Rav Chéchet s'inclinait, il s'inclinait d'un seul coup, comme une canne, sans délai. Lorsqu'il se redressait, il se redressait comme un serpent, se relevant lentement, montrant que la crainte de D.ieu était sur lui dans la manière dont il s'inclinait et se redressait (HaBoné).
רַב שֵׁשֶׁת, כִּי כָּרַע — כָּרַע כְּחִיזְרָא. כִּי קָא זָקֵיף — זָקֵיף כְּחִיוְיָא.
Et, au sujet de la formulation des berakhot, Rabba bar 'Hinnana Sava dit au nom de Rav : toute l'année, on prie et l'on conclut la troisième berakha de la Téfila de la Amida par « le D.ieu saint », et l'on conclut la berakha relative au rétablissement de la justice en Israël par « Roi qui aime la justice et le droit », à l'exception des dix jours qui séparent Roch haChana de Yom Kippour, les Dix jours de pénitence. Ces jours comprennent Roch haChana, Yom Kippour et les sept jours intermédiaires, durant lesquels on met l'accent sur la royauté de D.ieu ; aussi, lorsqu'on prie, conclut-on ces berakhot par « le Roi saint » et « le Roi de justice », c'est-à-dire le Roi qui se révèle par la justice.
וְאָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב כָּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ אָדָם מִתְפַּלֵּל ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״, ״מֶלֶךְ אוֹהֵב צְדָקָה וּמִשְׁפָּט״, חוּץ מֵעֲשָׂרָה יָמִים שֶׁבֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים, שֶׁמִּתְפַּלֵּל ״הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ״, וְ״הַמֶּלֶךְ הַמִּשְׁפָּט״.
En revanche, Rabbi Eléazar dit qu'il n'est pas nécessaire d'être rigoureux, et que même si l'on a dit « le D.ieu saint » durant ces dix jours, on s'est acquitté de son obligation, ainsi qu'il est dit : « Et l'Éternel Tsevaot est exalté par la justice, et le D.ieu saint est sanctifié par le droit » (Yechayahou 5, 16). La Guemara explique : quand convient-il de décrire D.ieu par des termes tels que « et l'Éternel Tsevaot est exalté par la justice » ? Cela convient lorsque D.ieu se révèle par la justice, durant les dix jours entre Roch haChana et Yom Kippour ; or le verset dit pourtant « le D.ieu saint ». Cette appellation souligne suffisamment la transcendance de D.ieu, et il n'est nul besoin de modifier la formule habituelle.
וְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר אֲפִילּוּ אָמַר ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״ — יָצָא. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּגְבַּה ה׳ צְבָאוֹת בַּמִּשְׁפָּט וְהָאֵל הַקָּדוֹשׁ נִקְדָּשׁ בִּצְדָקָה״. אֵימָתַי ״וַיִּגְבַּה ה׳ צְבָאוֹת בַּמִּשְׁפָּט״ — אֵלּוּ עֲשָׂרָה יָמִים שֶׁמֵּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד יוֹם הַכִּפּוּרִים, וְקָאָמַר ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״.
La Guemara demande : quelle est la conclusion à laquelle on est parvenu au sujet de cette halakha ?
מַאי הֲוָה עֲלַהּ?
Là aussi, les avis divergent : Rav Yossef dit, conformément à l'opinion de Rabbi Eléazar : il n'est nul besoin de modifier la formule habituelle « le D.ieu saint » et « Roi qui aime la justice et le droit ». Rabba dit, conformément à l'opinion de Rav : « le Roi saint » et « le Roi de justice ». La Guemara conclut : la halakha est conforme à l'opinion de Rabba.
אָמַר רַב יוֹסֵף: ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״ וּ״מֶלֶךְ אוֹהֵב צְדָקָה וּמִשְׁפָּט״. רַבָּה אָמַר: ״הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ״ וְ״הַמֶּלֶךְ הַמִּשְׁפָּט״. וְהִלְכְתָא כְּרַבָּה.
Et Rabba bar 'Hinnana Sava dit au nom de Rav : quiconque a la possibilité de demander miséricorde pour son prochain et ne le fait pas est appelé « pécheur », ainsi qu'il est dit, à la suite de la réprimande adressée par Chmouel au peuple : « Quant à moi, loin de moi de pécher contre l'Éternel en cessant de prier pour vous ; mais je vous enseignerai le bon et le droit chemin » (Chmouel I 12, 23). Si Chmouel s'était abstenu de prier, il aurait commis une faute.
וְאָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כֹּל שֶׁאֶפְשָׁר לוֹ לְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל חֲבֵירוֹ וְאֵינוֹ מְבַקֵּשׁ — נִקְרָא ״חוֹטֵא״. שֶׁנֶּאֱמַר: ״גַּם אָנֹכִי חָלִילָה לִּי מֵחֲטֹא לַה׳ מֵחֲדֹל לְהִתְפַּלֵּל בַּעַדְכֶם״.
Rava dit : si celui qui a besoin de miséricorde est un talmid 'hakham (érudit en Torah), il ne suffit pas de prier pour lui. Il faut au contraire se rendre soi-même malade d'inquiétude à son sujet.
אָמַר רָבָא: אִם תַּלְמִיד חָכָם הוּא, צָרִיךְ שֶׁיַּחֲלֶה עַצְמוֹ עָלָיו.
La Guemara cherche à préciser la source de cette halakha. Quelle est la raison pour laquelle on doit se rendre malade au sujet d'un talmid 'hakham qui a besoin de miséricorde ? Si tu dis que c'est à cause de ce que Chaoul dit à ses hommes, ainsi qu'il est écrit : « Et il n'y a personne parmi vous qui soit malade à mon sujet ni qui me le révèle » (Chmouel I 22, 8) — ce qui signifie que, Chaoul étant un talmid 'hakham, il aurait convenu que des gens se rendent malades d'inquiétude à son sujet — ce n'est pas une preuve absolue. Peut-être qu'un roi est différent, et qu'un souci excessif convient dans ce cas. Au contraire, la preuve que l'on doit se rendre malade au sujet d'un talmid 'hakham qui a besoin de miséricorde vient d'ici : lorsque David parle de ses ennemis, Doëg et A'hitophel, qui étaient des talmidei 'hakhamim, il dit : « Mais moi, quand ils étaient malades, mon vêtement était un sac, j'affligeais mon âme par le jeûne » (Tehilim 35, 13). On doit s'inquiéter au point de se vêtir d'un sac et de jeûner pour le rétablissement d'un talmid 'hakham.
מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״וְאֵין חֹלֶה מִכֶּם עָלַי וְאֵין גּוֹלֶה אֶת אָזְנִי״ — דִּילְמָא מֶלֶךְ שָׁאנֵי. אֶלָּא מֵהָכָא: ״וַאֲנִי בַּחֲלוֹתָם לְבוּשִׁי וְגוֹ׳״.
Et Rabba bar 'Hinnana Sava dit au nom de Rav : quiconque commet un acte de transgression et en a honte, toutes ses fautes lui sont pardonnées. La honte est le signe que l'on méprise vraiment ses transgressions, et cette honte a le pouvoir d'expier ses actes (Rabbi Yochiyahou Pinto), ainsi qu'il est dit : « Afin que tu te souviennes, et que tu aies honte, et que tu n'ouvres plus jamais la bouche à cause de ta confusion, quand Je t'aurai pardonné tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, D.ieu » (Ye'hezkel 16, 63).
וְאָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כָּל הָעוֹשֶׂה דְּבַר עֲבֵירָה וּמִתְבַּיֵּישׁ בּוֹ — מוֹחֲלִין לוֹ עַל כָּל עֲוֹנוֹתָיו. שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְמַעַן תִּזְכְּרִי וָבֹשְׁתְּ וְלֹא יִהְיֶה לָּךְ עוֹד פִּתְחוֹן פֶּה מִפְּנֵי כְּלִמָּתֵךְ בְּכַפְּרִי לָךְ לְכָל אֲשֶׁר עָשִׂית נְאֻם ה׳ אֱלֹהִים״.
Peut-être qu'une communauté est différente, car une communauté est pardonnée plus aisément qu'un individu. Au contraire, la preuve qu'un individu qui a honte de ses actes est pardonné de ses transgressions est citée d'ici, lorsque le roi Chaoul consulta Chmouel par l'intermédiaire d'une nécromancienne avant son dernier combat contre les Pelichtim : « Et Chmouel dit à Chaoul : Pourquoi m'as-tu troublé en me faisant monter ? Et Chaoul dit : Je suis dans une grande détresse ; les Pelichtim me font la guerre, et D.ieu s'est retiré de moi et ne me répond plus, ni par les prophètes ni par les songes. Et je t'ai appelé pour me faire savoir ce que je dois faire » (Chmouel I 28, 15). Chaoul dit qu'il a consulté les prophètes et les songes, mais il ne dit pas qu'il a consulté les Ourim veToumim.
דִּילְמָא צִבּוּר שָׁאנֵי. אֶלָּא מֵהָכָא: ״וַיֹּאמֶר שְׁמוּאֵל אֶל שָׁאוּל לָמָּה הִרְגַּזְתַּנִי לְהַעֲלוֹת אֹתִי וַיֹּאמֶר שָׁאוּל צַר לִי מְאֹד וּפְלִשְׁתִּים נִלְחָמִים בִּי וַה׳ סָר מֵעָלַי וְלֹא עָנָנִי עוֹד גַּם בְּיַד הַנְּבִיאִים גַּם בַּחֲלֹמוֹת וָאֶקְרָאֶה לְךָ לְהוֹדִיעֵנִי מָה אֶעֱשֶׂה״. וְאִילּוּ ״אוּרִים וְתֻמִּים״ לָא קָאָמַר.
La raison en est qu'il avait tué tous les habitants de Nov, la ville des Cohanim, et qu'à cause de cette transgression Chaoul avait honte de consulter les Ourim veToumim, ce qui s'accomplissait par l'intermédiaire d'un Cohen.
מִשּׁוּם דְּקַטְלֵיהּ לְנוֹב עִיר הַכֹּהֲנִים.
Et d'où déduit-on qu'il fut pardonné depuis le Ciel ? Ainsi qu'il est dit : « Et Chmouel dit à Chaoul : Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi » (Chmouel I 28, 19). Et Rabbi Yo'hanan dit : « avec moi » ne signifie pas seulement qu'ils mourront, mais signifie aussi — en un propos qui contient un aspect de consolation — qu'ils seront en ma compagnie, parmi les justes au Ciel, car Chaoul fut pardonné de ses transgressions.
וּמִנַּיִן דְּאַחִילוּ לֵיהּ מִן שְׁמַיָּא — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר שְׁמוּאֵל אֶל שָׁאוּל (מָחָר) [וּמָחָר] אַתָּה וּבָנֶיךָ עִמִּי״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן ״עִמִּי״ — בִּמְחִיצָתִי.