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Traité Berakhot

12a

Étude de Berakhot 12a

Étude de la Guémara 12a

Guémara
En revanche, si tu dis qu'ils omettaient « qui crée la lumière » et récitaient « Un amour abondant », sur quelle base conclurais-tu que l'omission de l'une des berakhot récitées avant le Chema n'empêche pas de réciter l'autre ? Dans ce cas, on pourrait avancer une autre raison pour laquelle une seule berakha est récitée. Peut-être que le fait qu'ils ne récitaient pas « qui crée la lumière » tenait à ce que le temps de « qui crée la lumière » n'était pas encore arrivé, le soleil ne s'étant pas encore levé — les berakhot de la garde sacerdotale sont récitées aux toutes premières heures du matin, bien avant le lever du soleil ; mais ensuite, lorsque le temps de réciter « qui crée la lumière » arrivait, ils la récitaient. De la conclusion tirée par Rabbi Chimon ben Lakich — selon laquelle l'omission de l'une des berakhot avant le Chema n'empêche pas de réciter l'autre — il est clair que la berakha récitée par les membres de la garde sacerdotale était « qui crée la lumière ».
אֶלָּא, אִי אָמְרַתְּ ״אַהֲבָה רַבָּה״ הֲווֹ אָמְרִי, מַאי בְּרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ? דִּלְמָא הַאי דְּלָא אָמְרִי ״יוֹצֵר אוֹר״ מִשּׁוּם דְּלָא מְטָא זְמַן ״יוֹצֵר אוֹר״, וְכִי מְטָא זְמַן ״יוֹצֵר אוֹר״ הֲווֹ אָמְרִי.
Comme ce raisonnement déductif paraît cohérent et convaincant, la Guemara demande : et si cette halakha repose sur une déduction, et non sur un énoncé explicite, qu'importe ? Il ne semble pas y avoir d'autre façon d'interpréter l'énoncé de Rabbi Chimon ben Lakich.
וְאִי מִכְּלָלָא מַאי?
La Guemara répond : si cette conclusion reposait sur une déduction, on pourrait dire qu'en réalité ils récitaient « Un amour abondant », et que lorsque le temps de réciter « qui crée la lumière » arrivait, ils la récitaient. Dans ce cas, quel est le sens de « l'omission de l'une des berakhot récitées avant le Chema n'empêche pas de réciter l'autre » ? Rabbi Chimon ben Lakich voulait dire que le non-respect de l'ordre correct des berakhot n'empêche pas d'accomplir son obligation. Même si l'on récite « Un amour abondant » avant « qui crée la lumière », on s'acquitte de son obligation. Rabbi Chimon ben Lakich ne faisait pas référence à un cas où une seule des berakhot était récitée. Par conséquent, on ne peut pas déduire de son énoncé son opinion quant à l'identité de la « seule berakha ».
דְּאִי מִכְּלָלָא, לְעוֹלָם ״אַהֲבָה רַבָּה״ הֲווֹ אָמְרִי. וְכִי מְטָא זְמַן ״יוֹצֵר אוֹר״ הֲווֹ אָמְרִי לֵיהּ. וּמַאי ״בְּרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ״ — סֵדֶר בְּרָכוֹת.
La Guemara a rapporté plus haut que les Cohanim au Temple lisaient l'Aséret haDibrot (le Décalogue), ainsi que les sections du Chema, VeHaya im Chamoa, Vayomer, Emet veYatsiv, Avoda, et la birkat Cohanim.
וְקוֹרִין עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת ״שְׁמַע״, ״וְהָיָה אִם שָׁמוֹעַ״, ״וַיֹּאמֶר״, ״אֱמֶת וְיַצִּיב״, וַעֲבוֹדָה, וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים.
Rav Yehouda dit que Chmouel a dit : même dans les régions périphériques, hors du Temple, on cherchait à réciter chaque jour l'Aséret haDibrot de cette manière, car elles sont le fondement de la Torah (Rambam) ; mais on avait déjà aboli la récitation de l'Aséret haDibrot à cause de la récrimination des hérétiques [minim], qui prétendaient que toute la Torah, à l'exception de l'Aséret haDibrot, n'émanait pas de D.ieu (Talmud de Jérusalem). Si l'Aséret haDibrot était récitée quotidiennement, cela accréditerait leur prétention ; aussi leur récitation fut-elle retranchée des prières quotidiennes.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אַף בִּגְבוּלִין בִּקְּשׁוּ לִקְרוֹת כֵּן, אֶלָּא שֶׁכְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.
Cela fut également enseigné dans une baraïta où Rabbi Natan dit : dans les régions périphériques, on cherchait à réciter l'Aséret haDibrot de cette manière, mais on avait déjà aboli leur récitation à cause de la récrimination des hérétiques.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: בִּגְבוּלִין בִּקְּשׁוּ לִקְרוֹת כֵּן, אֶלָּא שֶׁכְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.
La Guemara rapporte que plusieurs Sages cherchèrent à rétablir la récitation de l'Aséret haDibrot : ainsi Rabba bar bar 'Hana songea à l'instaurer dans la ville de Soura, mais Rav 'Hisda lui dit : on les a déjà abolies à cause de la récrimination des hérétiques.
רַבָּה בַּר בַּר חַנָּה סְבַר לְמִקְבְּעִינְהוּ בְּסוּרָא, אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: כְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.
De même, Amémar songea à l'instaurer dans la ville de Neharde'a. Rav Achi, le plus éminent des Sages de cette génération, lui dit : on les a déjà abolies à cause de la récrimination des hérétiques.
אֲמֵימַר סְבַר לְמִקְבְּעִינְהוּ בִּנְהַרְדְּעָא, אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי: כְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.
Nous avons appris dans une michna du traité Tamid que, le Chabbat, on ajoute une seule berakha pour bénir la garde sacerdotale sortante. La Guemara demande : quelle est cette seule berakha ? Rabbi 'Helbo dit : lorsqu'ils achevaient leur service, la garde sacerdotale sortante disait à la garde sacerdotale entrante : « Que Celui qui a fait demeurer Son Nom dans cette maison fasse demeurer parmi vous amour et fraternité, paix et camaraderie. »
וּבְשַׁבָּת מוֹסִיפִין בְּרָכָה אַחַת לַמִּשְׁמָר הַיּוֹצֵא. מַאי בְּרָכָה אַחַת? אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ: מִשְׁמָר הַיּוֹצֵא אוֹמֵר לַמִּשְׁמָר הַנִּכְנָס: ״מִי שֶׁשִּׁכֵּן אֶת שְׁמוֹ בַּבַּיִת הַזֶּה, הוּא יַשְׁכִּין בֵּינֵיכֶם אַהֲבָה וְאַחְוָה וְשָׁלוֹם וְרֵיעוּת״.
Nous avons appris dans la michna : là où les Sages ont dit de réciter une berakha longue, on ne peut pas l'abréger, et inversement. La Guemara aborde un problème particulier né des conclusions tirées de cette michna. Mais avant d'aborder le problème principal, une question secondaire plus simple est soulevée : il est évident que dans un cas où quelqu'un a pris une coupe de vin en main en pensant que c'était de la bière, et a commencé à réciter la berakha en pensant que c'était de la bière — c'est-à-dire qu'il avait l'intention de réciter la berakha appropriée pour la bière : « par la parole de qui tout est venu à l'être » [chéhakol] — puis, réalisant que c'était du vin, a conclu la berakha par celle que l'on récite sur le vin : « qui crée le fruit de la vigne », il s'est acquitté de son obligation. Dans ce cas, même s'il avait récité « par la parole de qui tout est venu à l'être », comme il en avait l'intention au départ, il se serait acquitté de son obligation, car nous avons appris dans une michna : si l'on a récité la berakha générale « par la parole de qui tout est venu à l'être » sur n'importe quel aliment, on s'est acquitté de son obligation a posteriori, même si a priori une autre berakha a été instituée pour cet aliment. Par conséquent, s'il s'est ravisé et a conclu la berakha par la conclusion de la berakha sur le vin, il s'est acquitté de son obligation.
מָקוֹם שֶׁאָמְרוּ לְהַאֲרִיךְ. פְּשִׁיטָא הֵיכָא דְּקָא נָקֵיט כָּסָא דְחַמְרָא בִּידֵיהּ וְקָסָבַר דְּשִׁכְרָא הוּא, וּפָתַח וּמְבָרֵךְ אַדַּעְתָּא דְשִׁכְרָא, וְסַיֵּים בִּדְחַמְרָא — יָצָא. דְּאִי נָמֵי אִם אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ — יָצָא. דְּהָא תְּנַן: עַל כּוּלָּם אִם אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ — יָצָא.
En revanche, dans un cas où quelqu'un a pris une coupe de bière en main en pensant que c'était du vin, et a commencé à réciter la berakha en pensant que c'était du vin — c'est-à-dire qu'il avait l'intention de réciter « qui crée le fruit de la vigne » — puis, réalisant que c'était de la bière, a conclu la berakha par celle que l'on récite sur la bière : « par la parole de qui tout est venu à l'être », quelle est la halakha ?
אֶלָּא הֵיכָא דְּקָא נָקֵיט כָּסָא דְשִׁכְרָא בִּידֵיהּ וְקָסָבַר דְּחַמְרָא הוּא, פְּתַח וּבָרֵיךְ אַדַּעְתָּא דְחַמְרָא, וְסַיֵּים בִּדְשִׁכְרָא, מַאי?
A priori, cette berakha est composée de deux parties. La première partie, pendant laquelle il avait l'intention de réciter « qui crée le fruit de la vigne », ne peut pas l'acquitter de son obligation, car c'est une berakha inappropriée à réciter sur la bière. Cependant, dans la seconde partie, il a récité « par la parole de qui tout est venu à l'être », la berakha appropriée. Le dilemme est donc le suivant : suit-on l'essence de la berakha, la première partie, ou suit-on la conclusion de la berakha ?
בָּתַר עִיקַּר בְּרָכָה אָזְלִינַן, אוֹ בָּתַר חֲתִימָה אָזְלִינַן?
Berakhot 12a
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ברכות י״ב אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת