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Traité Berakhot

11b

Étude de Berakhot 11b

Étude de la Guémara 11b

Guémara
« Qui forme la lumière et crée les ténèbres, qui fait la paix et crée le mal, Moi, l'Éternel, qui fais toutes ces choses » (Yechayahou 45, 7).
״יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ״.
Au sujet de cette formule de la berakha, la Guemara demande : qu'il dise plutôt la formule suivante : « Qui forme la lumière et crée la clarté », afin de ne pas mentionner les ténèbres, qui ont une connotation négative.
לֵימָא: ״יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא נוֹגַהּ״!
La Guemara répond : nous récitons la berakha telle que le verset est écrit dans le Tanakh, et nous ne modifions pas la formule qui figure dans le verset.
כְּדִכְתִיב קָאָמְרִינַן.
La Guemara objecte fortement : mais s'il en est ainsi, qu'en est-il de la suite du verset : « qui fait la paix et crée le mal » ? Récitons-nous cette berakha telle qu'elle est écrite dans le Tanakh ? Au contraire, il est écrit « le mal » et nous récitons par euphémisme dans la berakha « toutes choses » [hakol], afin d'éviter de mentionner le mal. Ici aussi, disons donc par euphémisme « la clarté » [noga] au lieu de « les ténèbres ».
אֶלָּא מֵעַתָּה ״עֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע״, מִי קָא אָמְרִינַן כְּדִכְתִיב?! אֶלָּא כְּתִיב ״רַע״ וְקָרֵינַן ״הַכֹּל״ לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא, הָכָא נָמֵי לֵימָא ״נוֹגַהּ״, לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא!
Au contraire, Rava dit : la raison pour laquelle nous récitons « qui crée les ténèbres » est afin de mentionner l'attribut du jour pendant la nuit et l'attribut de la nuit pendant le jour, unifiant ainsi le jour et la nuit comme les parties différentes d'une même entité.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: כְּדֵי לְהַזְכִּיר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם.
La Guemara poursuit et demande : soit, l'attribut de la nuit est mentionné pendant le jour, puisque nous disons « qui forme la lumière et crée les ténèbres » ; mais l'attribut du jour pendant la nuit, où le trouves-tu ? Dans la berakha sur les luminaires récitée la nuit, il n'est nullement question de « qui forme la lumière ».
בִּשְׁלָמָא מִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם כִּדְאָמְרִינַן: ״יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ״, אֶלָּא מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?
Abayé dit : néanmoins, l'attribut du jour est mentionné la nuit dans les mots : « qui fait rouler la lumière devant les ténèbres et les ténèbres devant la lumière ».
אָמַר אַבָּיֵי: ״גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ וְחֹשֶׁךְ מִפְּנֵי אוֹר״.
La Guemara demande : et quelle est la formule de l'autre berakha récitée avant le Chema ? Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : « Un amour abondant » [ahava rabba]. Et Rabbi Eléazar enseigna à son fils, Rabbi Pedat, de dire lui aussi : « Un amour abondant ».
וְאִידָּךְ מַאי הִיא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: ״אַהֲבָה רַבָּה״. וְכֵן אוֹרִי לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר לְרַבִּי פְּדָת בְּרֵיהּ, ״אַהֲבָה רַבָּה״.
Cela fut également enseigné dans une baraïta : on ne récite pas « Un amour éternel » [ahavat olam] ; on récite plutôt « Un amour abondant ». Et les Sages disent que l'on récite « Un amour éternel », et ainsi est-il dit : « Et d'un amour éternel je t'ai aimée, c'est pourquoi je t'ai attirée avec bonté » (Yirmeyahou 31, 3).
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אֵין אוֹמְרִים ״אַהֲבַת עוֹלָם״, אֶלָּא ״אַהֲבָה רַבָּה״. וְרַבָּנַן אָמְרִי אַהֲבַת עוֹלָם, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְאַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתִּיךְ עַל כֵּן מְשַׁכְתִּיךְ חָסֶד״.
La berakha « Un amour abondant » porte sur l'amour de D.ieu pour nous et comprend la louange pour le don de la Torah. C'est pourquoi Rav Yehouda dit que Chmouel a dit : celui qui se lève [tôt] pour étudier doit, tant qu'il n'a pas récité le Chema, réciter une berakha particulière sur la Torah [birkat haTorah]. S'il a déjà récité le Chema, il n'a pas besoin de réciter cette berakha, car il s'en est acquitté en récitant la berakha « Un amour abondant », laquelle inclut les éléments de la birkat haTorah.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הִשְׁכִּים לִשְׁנוֹת, עַד שֶׁלֹּא קָרָא קְרִיאַת שְׁמַע — צָרִיךְ לְבָרֵךְ. מִשֶּׁקָּרָא קְרִיאַת שְׁמַע — אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ, שֶׁכְּבָר נִפְטַר בְּ״אַהֲבָה רַבָּה״.
Ayant mentionné la berakha récitée sur la Torah, la Guemara se concentre sur une controverse portant sur ce qui constitue de la « Torah » au point d'exiger une berakha. Rav Houna dit : pour l'étude du Tanakh, on doit réciter une berakha, car c'est la parole de D.ieu ; mais pour le midrach halakhique — la dérivation des lois à partir des versets — on n'a pas besoin de réciter une berakha.
אָמַר רַב הוּנָא: לַמִּקְרָא צָרִיךְ לְבָרֵךְ, וְלַמִּדְרָשׁ — אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ.
Et Rabbi Eléazar dit : pour le Tanakh et le midrach — qui comprend les lois dérivées des versets eux-mêmes — on doit réciter une berakha ; pour la Michna, qui n'est composée que de décisions halakhiques émises par les Sages, on n'a pas besoin de réciter une berakha.
וְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: לַמִּקְרָא וְלַמִּדְרָשׁ צָרִיךְ לְבָרֵךְ, לַמִּשְׁנָה — אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ.
Berakhot 11b
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