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Traité Berakhot

10a

Étude de Berakhot 10a

Étude de la Guémara 10a

Guémara
Tout chapitre [des Tehilim] qui était cher à David, il l'ouvrait par « heureux » et le concluait par « heureux ». Il l'ouvrit par « heureux », comme il est écrit : « Heureux l'homme qui n'a pas marché dans le conseil des méchants, ni ne s'est tenu sur le chemin des pécheurs, ni ne s'est assis dans la demeure des moqueurs » (Tehilim 1, 1). Et il le conclut par « heureux », comme il est écrit à la fin du chapitre : « Rendez hommage en pureté, de peur qu'Il ne s'irrite et que vous ne périssiez en chemin lorsque Sa colère s'enflammera soudain. Heureux tous ceux qui se réfugient en Lui » (Tehilim 2, 12). Nous voyons que ces deux chapitres ne constituent en réalité qu'un seul et même chapitre.
כָּל פָּרָשָׁה שֶׁהָיְתָה חֲבִיבָה עַל דָּוִד, פָּתַח בָּהּ בְּ״אַשְׁרֵי״ וְסִייֵּם בָּהּ בְּ״אַשְׁרֵי״. פָּתַח בְּ״אַשְׁרֵי״, דִּכְתִיב: ״אַשְׁרֵי הָאִישׁ״. וְסִייֵּם בְּ״אַשְׁרֵי״, דִּכְתִיב: ״אַשְׁרֵי כָּל חוֹסֵי בוֹ״.
À propos de l'enseignement de Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Chimon ben Pazi, selon lequel David ne dit « Halelouya » qu'après avoir vu la chute des méchants, la Guemara rapporte : Il y avait dans le voisinage de Rabbi Meïr des voyous qui lui causaient beaucoup de tourment. Rabbi Meïr pria D.ieu d'avoir pitié d'eux — qu'ils meurent. Beroúria, l'épouse de Rabbi Meïr, lui dit : Quel est ton raisonnement ? Sur quoi te fondes-tu pour prier la mort de ces voyous ? Te bases-tu sur le verset, comme il est écrit : « Que les péchés (hataïm) cessent de la terre » (Tehilim 104, 35), que tu interprètes comme signifiant que le monde irait mieux si les méchants étaient anéantis ? Mais est-il écrit : « que les pécheurs (hotim) cessent » ? C'est « que les péchés (hataïm) cessent » qui est écrit. Il faut prier pour la fin de leurs fautes, non pour la disparition des fauteurs eux-mêmes.
הָנְהוּ בִּרְיוֹנֵי דַּהֲווֹ בְּשִׁבָבוּתֵיהּ דְּרַבִּי מֵאִיר וַהֲווֹ קָא מְצַעֲרוּ לֵיהּ טוּבָא. הֲוָה קָא בָּעֵי רַבִּי מֵאִיר רַחֲמֵי עִלָּוַיְהוּ כִּי הֵיכִי דְּלֵימוּתוּ. אָמְרָה לֵיהּ בְּרוּרְיָא דְּבֵיתְהוּ: מַאי דַּעְתָּךְ — מִשּׁוּם דִּכְתִיב ״יִתַּמּוּ חַטָּאִים״, מִי כְּתִיב ״חוֹטְאִים״? ״חַטָּאִים״ כְּתִיב.
De plus, va jusqu'à la fin du verset, où il est dit : « Et les méchants ne seront plus. » Si, comme tu le suggères, « que les péchés cessent » désignait la disparition des malfaiteurs, comment serait-il possible que « les méchants ne soient plus », c'est-à-dire qu'ils ne soient plus méchants ? Prie plutôt D.ieu d'avoir pitié d'eux — qu'ils fassent téchouva, car s'ils font téchouva, alors « les méchants ne seront plus », puisqu'ils se seront repentis.
וְעוֹד, שְׁפֵיל לְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא ״וּרְשָׁעִים עוֹד אֵינָם״, כֵּיוָן דְּ״יִתַּמּוּ חַטָּאִים״ ״וּרְשָׁעִים עוֹד אֵינָם״? אֶלָּא בְּעִי רַחֲמֵי עִלָּוַיְהוּ דְּלַהְדְּרוּ בִּתְשׁוּבָה, ״וּרְשָׁעִים עוֹד אֵינָם״.
Rabbi Meïr vit que Beroúria avait raison, et il pria D.ieu d'avoir pitié d'eux, et ils firent téchouva.
בְּעָא רַחֲמֵי עִלָּוַיְהוּ, וַהֲדַרוּ בִּתְשׁוּבָה.
La Guemara rapporte un autre exemple de la perspicacité pénétrante de Beroúria : Un certain hérétique dit à Beroúria : Il est écrit : « Chante, femme stérile qui n'a pas enfanté, éclate en chants et en cris d'allégresse, toi qui n'as pas connu les douleurs, car les enfants de la délaissée sont plus nombreux que les enfants de l'épousée, dit D.ieu » (Yechayahou 54, 1). Parce qu'elle n'a pas enfanté, elle devrait chanter et se réjouir ?
אֲמַר לַהּ הַהוּא מִינָא לִבְרוּרְיָא: כְּתִיב ״רָנִּי עֲקָרָה לֹא יָלָדָה״, מִשּׁוּם דְּלֹא יָלָדָה — רָנִּי?
Beroúria répondit à la moquerie de cet hérétique et dit : Insensé ! Va jusqu'à la fin du verset, où il est écrit : « Car les enfants de la délaissée seront plus nombreux que les enfants de l'épousée, dit D.ieu. »
אֲמַרָה לֵיהּ: שָׁטְיָא, שְׁפֵיל לְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא, דִּכְתִיב: ״כִּי רַבִּים בְּנֵי שׁוֹמֵמָה מִבְּנֵי בְעוּלָה אָמַר ה׳״.
Mais alors, que signifie « Chante, femme stérile qui n'a pas enfanté » ? Cela veut dire : Chante, communauté d'Israël (Knesset Israël), qui est semblable à une femme stérile n'ayant pas enfanté de fils destinés à la Géhenne comme les vôtres.
אֶלָּא מַאי ״עֲקָרָה לֹא יָלָדָה״ — רָנִּי כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל שֶׁדּוֹמָה לְאִשָּׁה עֲקָרָה שֶׁלֹּא יָלְדָה בָּנִים לְגֵיהִנָּם כְּוָתַיְיכוּ.
En expliquant des passages des Tehilim, la Guemara rapporte une autre réponse faite à la question d'un hérétique : Un certain hérétique dit à Rabbi Abahou : Il est écrit : « Psaume de David, lorsqu'il fuyait devant son fils Avchalom » (Tehilim 3, 1), et de même il est dit : « Au maître de chant, al tachhet, mikhtam de David, lorsqu'il fuyait devant Chaoul dans la grotte » (Tehilim 57, 1). Quel événement eut lieu en premier ? Puisque l'épisode de Chaoul se produisit d'abord, il aurait convenu de l'écrire en premier.
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא לְרַבִּי אֲבָהוּ, כְּתִיב: ״מִזְמוֹר לְדָוִד בְּבָרְחוֹ מִפְּנֵי אַבְשָׁלוֹם בְּנוֹ״, וּכְתִיב: ״לְדָוִד מִכְתָּם בְּבָרְחוֹ מִפְּנֵי שָׁאוּל בַּמְּעָרָה״. הֵי מַעֲשֶׂה הֲוָה בְּרֵישָׁא? מִכְּדִי מַעֲשֵׂה שָׁאוּל הֲוָה בְּרֵישָׁא, לִכְתּוֹב בְּרֵישָׁא.
Rabbi Abahou lui dit : Pour vous, qui n'employez pas la méthode homilétique de la juxtaposition des versets, c'est une difficulté. Mais pour nous, qui employons la méthode homilétique de la juxtaposition des versets, ce n'est pas une difficulté, car les Sages déduisent couramment des lois et des leçons morales de la juxtaposition de deux versets.
אֲמַר לֵיהּ: אַתּוּן דְּלָא דָּרְשִׁיתוּן סְמוּכִין — קַשְׁיָא לְכוּ, אֲנַן דְּדָרְשִׁינַן סְמוּכִים — לָא קַשְׁיָא לַן.
À propos de la juxtaposition des versets, Rabbi Yo'hanan dit : D'où, dans l'Écriture, déduit-on que l'on peut tirer des inférences homilétiques de la juxtaposition des versets ? Comme il est dit : « Les œuvres de Ses mains sont vérité et justice, tous Ses commandements sont sûrs. Ils sont accolés (semoukhim) à jamais et pour toujours, faits en vérité et en droiture » (Tehilim 111, 7-8). Conclus de là qu'il convient de tirer des inférences de la juxtaposition des commandements de D.ieu. Ainsi, la fuite de David devant Avchalom est placée là où elle est afin de la juxtaposer au chapitre suivant, qui mentionne la guerre de Gog et Magog ; le second chapitre des Tehilim s'ouvre par : « Pourquoi les nations s'agitent-elles ? »
דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: סְמוּכִין מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִן — שֶׁנֶּאֱמַר: ״סְמוּכִים לָעַד לְעוֹלָם עֲשׂוּיִם בֶּאֱמֶת וְיָשָׁר״.
Pourquoi le chapitre d'Avchalom fut-il juxtaposé au chapitre de Gog et Magog ? Ils sont juxtaposés afin que, si quelqu'un te disait — exprimant un doute sur la prophétie de la guerre de Gog et Magog « contre D.ieu et contre Son oint » — : Existe-t-il un esclave qui se rebelle contre son maître ? Quelqu'un est-il capable de se rebeller contre D.ieu ? Toi aussi, dis-lui : Existe-t-il un fils qui se rebelle contre son père et rompt le lien avec celui qui l'a mis au monde et l'a élevé ? Or, néanmoins, il y eut un tel fils, Avchalom, et de même il peut survenir une situation où des gens chercheront à se rebeller contre D.ieu.
לָמָּה נִסְמְכָה פָּרָשַׁת אַבְשָׁלוֹם לְפָרָשַׁת גּוֹג וּמָגוֹג — שֶׁאִם יֹאמַר לְךָ אָדָם: כְּלוּם יֵשׁ עֶבֶד שֶׁמּוֹרֵד בְּרַבּוֹ?! אַף אַתָּה אֱמוֹר לוֹ: כְּלוּם יֵשׁ בֵּן שֶׁמּוֹרֵד בְּאָבִיו? אֶלָּא הֲוָה, הָכָא נָמֵי הֲוָה.
Rabbi Yo'hanan dit, au nom de Rabbi Chimon ben Yo'haï, des explications d'autres versets : Que signifie ce qui est écrit : « Elle ouvre sa bouche avec sagesse, et l'enseignement de la bonté (hessed) est sur sa langue » (Michlé 31, 26) ? Les Sages expliquent que ce chapitre traite de la sagesse de la Torah et de ceux qui s'y adonnent. À propos de qui Chelomo dit-il donc ce verset ? Il ne le dit au sujet de nul autre que de son père David, qui fut l'exemple le plus éclatant de celui qui ouvre sa bouche avec sagesse, et qui résida dans cinq mondes — cinq étapes de la vie — et dont l'âme prononça un chant de louange correspondant à chacune d'elles. Cinq fois David dit : « Bénis D.ieu, ô mon âme », chaque fois correspondant à une étape différente de la vie.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי. מַאי דִּכְתִיב, ״פִּיהָ פָּתְחָה בְחָכְמָה וְתוֹרַת חֶסֶד עַל לְשׁוֹנָהּ״. כְּנֶגֶד מִי אָמַר שְׁלֹמֹה מִקְרָא זֶה? — לֹא אֲמָרוֹ אֶלָּא כְּנֶגֶד דָּוִד אָבִיו, שֶׁדָּר בַּחֲמִשָּׁה עוֹלָמִים, וְאָמַר שִׁירָה.
Berakhot 10a
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ברכות י׳ אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת