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Traité Beitzah

9b

Étude de Beitzah 9b

Étude de la Guémara 9b

Guémara
§ Au sujet de la Michna elle-même, la Guemara remarque : la Michna n'est pas conforme à l'opinion de ce tanna, car il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon ben Elazar a dit que Beit Chammaï et Beit Hillel s'accordent qu'on peut transporter une échelle d'un colombier à un autre pour y prendre des pigeons ; ils ne divergent qu'après qu'on a fini au second colombier, sur la question de savoir s'il est permis de remettre l'échelle à sa place d'origine, au premier colombier — Beit Chammaï disant : on ne peut la remettre, et Beit Hillel disant : on peut même la remettre.
מַתְנִיתִין דְּלָא כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: מוֹדִים בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל שֶׁמּוֹלִיכִין אֶת הַסּוּלָּם מִשּׁוֹבָךְ לְשׁוֹבָךְ. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא לְהַחְזִיר, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין מַחְזִירִין, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחְזִירִין.
Rabbi Yehouda dit : dans quel cas cela est-il dit ? Au sujet d'une échelle de colombier, qui sert clairement à prendre des pigeons. Mais dans le cas d'une échelle de grenier, qui a des usages variés, tous s'accordent que c'est interdit, car cela éveillerait les soupçons. Rabbi Dossa dit : on peut l'incliner d'une lucarne à une autre dans le même colombier. A'hérim disent au nom de Rabbi Dossa : on peut même déplacer l'échelle d'un endroit à un autre en faisant glisser ses pieds.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּסוּלָּם שֶׁל שׁוֹבָךְ, אֲבָל בְּסוּלָּם שֶׁל עֲלִיָּה — דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר. רַבִּי דּוֹסָא אוֹמֵר: מַטֵּהוּ מֵחַלּוֹן לְחַלּוֹן. אֲחֵרִים אוֹמְרִים מִשּׁוּם רַבִּי דּוֹסָא: אַף מְדַדִּין בּוֹ.
La Guemara rapporte : les fils de Rabbi 'Hiyya sortirent dans les villages pour leurs affaires. À leur retour, leur père leur dit : un incident requérant une décision halakhique est-il venu à votre connaissance ? Ils lui dirent : la question de porter une échelle de grenier vers un colombier est venue à notre connaissance, et nous l'avons permise. Rabbi 'Hiyya leur dit : sortez et interdisez ce que vous avez permis.
בְּנֵי רַבִּי חִיָּיא נְפוּק לְקִרְיָיתָא. כִּי אֲתוֹ, אֲמַר לְהוּ אֲבוּהוֹן: כְּלוּם מַעֲשֶׂה בָּא לְיֶדְכֶם? אָמְרוּ לוֹ: סוּלָּם בָּא לְיָדֵינוּ, וְהִתַּרְנוּהוּ. אָמַר לָהֶם: צְאוּ וְאִסְרוּ מַה שֶּׁהִתַּרְתֶּם.
La Guemara explique : les fils de Rabbi 'Hiyya pensaient que, du fait que Rabbi Yehouda a dit que Beit Chammaï et Beit Hillel ne divergent pas au sujet d'une échelle de grenier, on infère que le premier tanna tient qu'ils divergent. Par conséquent, ils pensaient que, selon le premier tanna, Beit Hillel permettent même l'usage d'une échelle de grenier, et ils tranchèrent ainsi. Mais il n'en est pas ainsi : Rabbi Yehouda ne diverge pas de lui, mais explique la raison du premier tanna.
אִינְהוּ סְבוּר: מִדְּקָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בְּסוּלָּם שֶׁל עֲלִיָּה לָא פְּלִיגִי, מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר פְּלִיגִי. וְלָא הִיא, רַבִּי יְהוּדָה טַעְמֵיהּ דְּתַנָּא קַמָּא קָא מְפָרֵשׁ.
D'où cela peut-il s'inférer ? Du fait que le premier tanna enseigne : « on peut porter une échelle d'un colombier à un autre. » Or s'il te venait à l'esprit que Beit Chammaï et Beit Hillel divergent au sujet d'une échelle de grenier, alors cette formule « d'un colombier à un autre » serait imprécise — il aurait dû dire « on peut porter une échelle vers un colombier ». Plutôt, n'est-ce pas ce que le tanna a voulu dire : au sujet d'une échelle de colombier, oui, il est permis de la déplacer ; mais dans le cas d'une échelle de grenier, non, on ne peut s'en servir ?
מִמַּאי, מִדְּקָתָנֵי: מוֹלִיכִין אֶת הַסּוּלָּם מִשּׁוֹבָךְ לְשׁוֹבָךְ, וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּסוּלָּם שֶׁל עֲלִיָּה פְּלִיגִי, הַאי ״מוֹלִיכִין אֶת הַסּוּלָּם מִשּׁוֹבָךְ לְשׁוֹבָךְ״, ״מוֹלִיכִין אֶת הַסּוּלָּם לְשׁוֹבָךְ״ מִבְּעֵי לֵיהּ. אֶלָּא לָאו הָכִי קָאָמַר: שֶׁל שׁוֹבָךְ — אִין, שֶׁל עֲלִיָּה — לָא.
La Guemara demande : et les autres — les fils de Rabbi 'Hiyya — quel est leur raisonnement ? La Guemara répond qu'ils répliqueraient : est-il enseigné « une échelle de colombier » ? Il est enseigné « d'un colombier à un autre » — ce qui signifie simplement qu'il est permis de le faire même au regard de plusieurs colombiers.
וְאִידַּךְ: מִי קָתָנֵי ״סוּלָּם שֶׁל שׁוֹבָךְ״? ״מִשּׁוֹבָךְ לְשׁוֹבָךְ״ קָתָנֵי, וַאֲפִילּוּ לְכַמָּה שׁוֹבָכִין.
D'aucuns rapportent une version légèrement différente de cet incident. Les fils de Rabbi 'Hiyya lui dirent : l'inclinaison d'une échelle de grenier est venue à notre connaissance, et nous l'avons permise. [On nous a demandé si une échelle de grenier placée près d'un colombier avant la fête pouvait être déplacée d'une lucarne à une autre dans le même colombier, et nous l'avons autorisé.] Rabbi 'Hiyya leur dit : sortez et interdisez ce que vous avez permis. La Guemara explique qu'ils pensaient : ce que le premier tanna interdit — déplacer une échelle de grenier — Rabbi Dossa le permet, c'est-à-dire que Rabbi Dossa serait plus indulgent et permettrait de déplacer même une échelle de grenier d'une lucarne à une autre. Et il n'en est pas ainsi. Plutôt : ce que le premier tanna permet — déplacer une échelle de colombier — Rabbi Dossa l'interdit : il est plus rigoureux et tient que même une échelle de colombier ne peut être déplacée qu'en l'inclinant, et non de la manière ordinaire.
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמְרוּ לוֹ: הִטּוּי סוּלָּם שֶׁל עֲלִיָּה בָּא לְיָדֵינוּ וְהִתַּרְנוּהוּ. אָמַר לָהֶם: צְאוּ וְאִסְרוּ מַה שֶּׁהִתַּרְתֶּם. אִינְהוּ סְבוּר: מַאי דְּקָא אָסַר תַּנָּא קַמָּא, קָא שָׁרֵי רַבִּי דּוֹסָא. וְלָא הִיא, מַאי דְּקָא שָׁרֵי תַּנָּא קַמָּא, קָא אָסַר רַבִּי דּוֹסָא.
§ La Michna enseigne : « cependant, tous s'accordent qu'on peut incliner une échelle de colombier d'une lucarne à une autre dans le même colombier. » La Guemara infère : apparemment, au regard de la joie de la fête, l'opinion de Beit Chammaï est rigoureuse et celle de Beit Hillel indulgente.
אֲבָל מַטֵּהוּ מֵחַלּוֹן לְחַלּוֹן וְכוּ׳. אַלְמָא, גַּבֵּי שִׂמְחַת יוֹם טוֹב בֵּית שַׁמַּאי לְחוּמְרָא וּבֵית הִלֵּל לְקוּלָּא.
Et la Guemara soulève une contradiction à partir de la première Michna du traité (2a) : au sujet de celui qui abat un animal sauvage ou une volaille un jour de fête, Beit Chammaï disent : il peut creuser de la terre à la bêche et recouvrir le sang ; et Beit Hillel disent : il ne peut abattre un animal sauvage ou une volaille que s'il avait de la terre préparée à cet effet tant qu'il faisait encore jour. Cela indique que ce sont Beit Chammaï qui se soucient de l'honneur et de la joie de la fête, et qui sont donc indulgents quant au recouvrement du sang ; tandis que Beit Hillel ne partagent pas ce souci et sont rigoureux sur le recouvrement, bien que leur décision puisse nuire à la joie de la fête.
וּרְמִינְהִי: הַשּׁוֹחֵט חַיָּה וָעוֹף בְּיוֹם טוֹב, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: יַחְפּוֹר בַּדָּקָר וִיכַסֶּה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: לֹא יִשְׁחוֹט אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה לוֹ עָפָר מוּכָן מִבְּעוֹד יוֹם.
Rabbi Yo'hanan dit : l'attribution des opinions des tannaïm est inversée — l'opinion attribuée à Beit Hillel est en réalité celle de Beit Chammaï, et inversement. La Guemara rejette la réponse de Rabbi Yo'hanan : d'où infères-tu que cette conclusion extrême s'impose nécessairement ? Une autre explication est possible : peut-être Beit Chammaï n'énoncent-ils leur opinion — qu'il est permis de recouvrir le sang — que là, où il y a déjà une bêche fichée en terre, prête à cet effet, et où il y a donc matière à une décision indulgente ; mais là où il n'y a pas de bêche fichée, ils ne l'ont pas permis.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מוּחְלֶפֶת הַשִּׁיטָה. מִמַּאי: דִּלְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמְרִי בֵּית שַׁמַּאי הָתָם, אֶלָּא הֵיכָא דְּאִיכָּא דָּקָר נָעוּץ, אֲבָל הֵיכָא דְּלֵיכָּא דָּקָר נָעוּץ — לָא.
Ou bien l'on peut dire que Beit Hillel n'énoncent leur opinion — qu'un acte est permis en faveur de la joie de la fête — qu'ici, où son colombier (le lieu où il finit par placer l'échelle) témoigne à son sujet qu'il entendait user de son échelle à une fin permise ; mais là, où il n'y a pas de preuve équivalente, ils n'ont pas été indulgents. Cela montre qu'il n'y a pas de contradiction nette entre les décisions des deux cas.
וְאִי נָמֵי: עַד כָּאן לָא קָאָמְרִי בֵּית הִלֵּל הָכָא, אֶלָּא דְּשׁוֹבָכוֹ מוֹכִיחַ עָלָיו, אֲבָל הָתָם — לָא.
Plutôt, la Guemara se rétracte de la version précédente et suggère que Rabbi Yo'hanan a énoncé sa parole au sujet d'une autre question : si la controverse entre Beit Chammaï et Beit Hillel fait difficulté, voici ce qui fait difficulté. Il a été enseigné dans une autre Michna (10a) : Beit Chammaï disent : on ne peut prendre de jeunes pigeons un jour de fête à moins de les avoir secoués (en guise d'acte de préparation) tant qu'il faisait encore jour. Et Beit Hillel disent : il faut certes accomplir quelque acte de préparation pour permettre de prendre les jeunes pigeons un jour de fête, mais cela n'a pas à se faire en les secouant ; il suffit qu'on se tienne la veille et qu'on dise : « je prendrai ce pigeon-ci et celui-là. »
אֶלָּא, אִי קַשְׁיָא — הָא קַשְׁיָא: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֹא יִטּוֹל אֶלָּא אִם כֵּן נִעְנַע מִבְּעוֹד יוֹם, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: עוֹמֵד וְאוֹמֵר זֶה וְזֶה אֲנִי נוֹטֵל.
Beitzah 9b
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ביצה ט׳ במַסֶּכֶת בֵּיצָה