Guémara
Or, nous savons qu'une nourriture préparée — c'est-à-dire propre — à la consommation humaine, qui s'est gâtée, n'est pas pour autant automatiquement tenue pour préparée pour les chiens. Comme nous l'avons appris dans une Michna (voir 2a) : on peut couper des courges devant un animal pour faciliter leur consommation, et de même on peut découper une carcasse — même d'un animal mort le Chabbat — devant des chiens. Rabbi Yehouda dit : si l'animal n'était pas déjà une carcasse — c'est-à-dire mort et propre aux chiens — avant le Chabbat, c'est interdit, car il n'entre pas dans la catégorie des choses préparées pour l'usage du Chabbat. Cela montre que, bien que cet animal fût propre à la consommation humaine de son vivant, il ne devient pas automatiquement préparé pour les chiens une fois mort. S'il en est ainsi, une nourriture préparée pour les chiens peut-elle être tenue pour préparée pour l'homme ?
הַשְׁתָּא מוּכָן לְאָדָם לָא הָוֵי מוּכָן לִכְלָבִים, דִּתְנַן: מְחַתְּכִין אֶת הַדִּלּוּעִין לִפְנֵי הַבְּהֵמָה, וְאֶת הַנְּבֵלָה לִפְנֵי הַכְּלָבִים. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם לֹא הָיְתָה נְבֵלָה מֵעֶרֶב שַׁבָּת — אֲסוּרָה, לְפִי שֶׁאֵינָהּ מִן הַמּוּכָן; מוּכָן לִכְלָבִים הָוֵי מוּכָן לְאָדָם?!
Il lui dit : oui. Il n'est pas surprenant qu'une chose préparée et propre à l'homme ne soit pas tenue pour propre et préparée aux chiens — car ce qui est propre à une personne, on ne le jette pas aux chiens, et il l'a donc écarté de son esprit. En revanche, une chose préparée pour les chiens est aussi tenue pour propre et préparée à l'homme, car l'esprit de l'homme se porte sur tout ce qui lui est mangeable : on n'écarte pas entièrement de son esprit même une nourriture destinée aux chiens, si elle est cachère et comestible. Par conséquent, on a à l'esprit la possibilité de manger le veau d'une vache téréfa une fois qu'il sera né — puisqu'à ce moment il sera cachère et comestible.
אֲמַר לֵיהּ: אִין, מוּכָן לְאָדָם — לָא הָוֵי מוּכָן לִכְלָבִים, דְּמַאי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ לָא שָׁדֵי לֵיהּ לִכְלָבִים. מוּכָן לִכְלָבִים — הָוֵי מוּכָן לְאָדָם, דְּדַעְתֵּיהּ דְּאִינִישׁ אַכׇּל מִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ.
Au sujet de la controverse elle-même, la Guemara remarque : il est enseigné une baraïta conforme à l'opinion de Rav, et il est enseigné une autre baraïta conforme à l'opinion de Chmouel — d'aucuns disent : conforme à Rabbi Yo'hanan.
תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב, תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן.
La Guemara développe : il est enseigné une baraïta conforme à Rav : un veau né un jour de fête est permis ; un poussin né un jour de fête est interdit. Et quelle est la différence entre ce cas et celui-là ? Celui-ci, le veau, est préparé en raison de sa mère par l'abattage ; et celui-là, le poussin, n'est pas préparé en raison de sa mère.
תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב: עֵגֶל שֶׁנּוֹלַד בְּיוֹם טוֹב — מוּתָּר, אֶפְרוֹחַ שֶׁנּוֹלַד בְּיוֹם טוֹב — אָסוּר, וּמָה הֶפְרֵשׁ בֵּין זֶה לָזֶה? זֶה מוּכָן אַגַּב אִמּוֹ בִּשְׁחִיטָה, וְזֶה אֵינוֹ מוּכָן אַגַּב אִמּוֹ.
La Guemara explique en outre : il est enseigné une baraïta conforme à Chmouel — d'aucuns disent : à Rabbi Yo'hanan : un veau né un jour de fête est permis, et un poussin né un jour de fête est pareillement permis. Quelle en est la raison ? Celui-ci, le veau, est préparé en raison de sa mère ; et celui-là, le poussin, est lui-même rendu permis par l'abattage.
תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן: עֵגֶל שֶׁנּוֹלַד בְּיוֹם טוֹב — מוּתָּר, וְאֶפְרוֹחַ שֶׁנּוֹלַד בְּיוֹם טוֹב — מוּתָּר, מַאי טַעְמָא: זֶה מוּכָן אַגַּב אִמּוֹ, וְזֶה מַתִּיר עַצְמוֹ בִּשְׁחִיטָה.
Les Sages enseignèrent dans une baraïta : un poussin né un jour de fête est interdit. Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : même un jour ordinaire, le poussin est interdit le jour où il a éclos, parce que ses yeux ne sont pas encore ouverts. Un poussin aussi jeune n'est pas encore tenu pour un oiseau propre à la consommation ; il s'apparente plutôt à une bête rampante (chérets).
תָּנוּ רַבָּנַן: אֶפְרוֹחַ שֶׁנּוֹלַד בְּיוֹם טוֹב — אָסוּר. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: אַף בַּחוֹל אָסוּר, לְפִי שֶׁלֹּא נִתְפַּתְּחוּ עֵינָיו.
La Guemara remarque : à quelle opinion se conforme ce qui est enseigné — « le verset “Tout ce qui rampe et grouille sur la terre, vous n'en mangerez pas, car c'est une abomination” (Vayikra 11, 42) vient inclure dans la liste des rampants interdits même les poussins qui n'ont pas encore ouvert les yeux » ? À l'opinion de Rabbi Eliézer ben Yaakov.
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא: ״לְכׇל הַשֶּׁרֶץ הַשֹּׁרֵץ עַל הָאָרֶץ״, לְרַבּוֹת אֶפְרוֹחִים שֶׁלֹּא נִתְפַּתְּחוּ עֵינֵיהֶם. כְּמַאן — כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב.
§ Rav Houna dit au nom de Rav : un œuf n'est achevé (« formé ») qu'à son émergence — c'est-à-dire qu'il n'est tenu pour un œuf qu'une fois pondu. La Guemara s'enquiert : que signifie l'énoncé « un œuf n'est formé qu'à son émergence » ? À quelle question Rav se réfère-t-il ? Si l'on dit qu'il entend : « un œuf n'est formé et appelé œuf qu'à son émergence, et à ce stade il est permis de le manger avec du lait » — cela indiquerait que, tant que l'œuf est encore dans sa mère, même entièrement formé, il est tenu pour de la viande et il est interdit de le manger avec du lait. Mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta : au sujet de celui qui abat une poule et y trouve des œufs entièrement formés, il est permis de les manger avec du lait ?
אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: בֵּיצָה, עִם יְצִיאָתָהּ נִגְמְרָה. מַאי ״עִם יְצִיאָתָהּ נִגְמְרָה״? אִילֵּימָא, עִם יְצִיאָתָהּ נִגְמְרָה וּמוּתֶּרֶת לְאׇכְלָה בְּחָלָב — הָא בִּמְעֵי אִמָּהּ אֲסוּרָה לְאׇכְלָה בְּחָלָב? וְהָתַנְיָא: הַשּׁוֹחֵט אֶת הַתַּרְנְגוֹלֶת וּמָצָא בָּהּ בֵּיצִים גְּמוּרוֹת — מוּתָּרוֹת לְאָכְלָן בְּחָלָב!
Plutôt, l'énoncé de Rav doit s'expliquer ainsi : « un œuf n'est achevé qu'à son émergence » en ce sens qu'il n'est permis de le manger un jour de fête que si l'œuf entier a émergé un jour profane. La Guemara s'étonne de cette affirmation : cela indique que si un œuf est trouvé à l'intérieur de sa mère, il est interdit de le manger un jour de fête. Mais n'est-il pas enseigné : au sujet de celui qui abat une poule et y trouve des œufs entièrement formés, il est permis de les manger un jour de fête ?
אֶלָּא: עִם יְצִיאָתָהּ נִגְמְרָה — וּמוּתֶּרֶת לְאוֹכְלָהּ בְּיוֹם טוֹב. הָא בִּמְעֵי אִמָּהּ אֲסוּרָה לְאׇכְלָה בְּיוֹם טוֹב? וְהָא תַּנְיָא: הַשּׁוֹחֵט אֶת הַתַּרְנְגוֹלֶת וּמָצָא בָּהּ בֵּיצִים גְּמוּרוֹת — מוּתָּרוֹת לְאָכְלָן בְּיוֹם טוֹב!
Et si tu dis : la baraïta nous enseigne ce que la Michna ne nous a pas enseigné explicitement, et Rav a tranché en conséquence — or cela, nous l'avons déjà appris dans la Michna ici, qui dit : « au sujet d'un œuf pondu un jour de fête, Beit Chammaï disent qu'il peut être mangé, et Beit Hillel disent qu'il ne peut pas l'être. » Et Beit Chammaï et Beit Hillel ne divergent qu'au sujet d'un œuf déjà pondu ; mais quant aux œufs à l'intérieur de leur mère, tous s'accordent à dire qu'ils sont permis.
וְכִי תֵּימָא: קָא מַשְׁמַע לַן בְּבָרַיְיתָא מַאי דְּלָא אַשְׁמְעִינַן בְּמַתְנִיתִין, הָא נָמֵי תְּנֵינָא: בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: תֵּאָכֵל, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: לֹא תֵּאָכֵל. וְעַד כָּאן לָא פְּלִיגִי בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל אֶלָּא בְּנוֹלְדָה, אֲבָל בִּמְעֵי אִמָּן — דִּבְרֵי הַכֹּל שַׁרְיָין.
Et si tu dis que la Michna doit s'expliquer en sens inverse — Beit Hillel interdisant aussi les œufs à l'intérieur de leur mère, et le fait que la Michna enseigne « pondu » visant à faire connaître la portée extrême de l'opinion de Beit Chammaï (qui permettent même un œuf déjà pondu) — considère néanmoins ce qui est enseigné dans la baraïta susdite : « celui qui abat une poule et y trouve des œufs entièrement formés, il est permis de les manger un jour de fête. » À quelle opinion se conforme cette baraïta ? Ni à celle de Beit Chammaï, ni à celle de Beit Hillel !
וְכִי תֵּימָא בֵּית הִלֵּל אֲפִילּוּ בִּמְעֵי אִמָּן נָמֵי אָסְרִי, וְהַאי דְּקָתָנֵי ״נוֹלְדָה״ — לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחָן דְּבֵית שַׁמַּאי דַּאֲפִילּוּ נוֹלְדָה נָמֵי שָׁרוּ, אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא: הַשּׁוֹחֵט אֶת הַתַּרְנְגוֹלֶת וּמָצָא בָּהּ בֵּיצִים גְּמוּרוֹת — מוּתָּרוֹת לְאָכְלָן בְּיוֹם טוֹב, מַנִּי? לָא בֵּית שַׁמַּאי וְלָא בֵּית הִלֵּל!
Plutôt, Rav n'a assurément pas interdit un œuf non encore pondu. Son énoncé doit donc s'expliquer ainsi : « un œuf n'est achevé qu'à son émergence, et il produit des poussins » — c'est-à-dire qu'un œuf pondu de la manière ordinaire peut être couvé et un poussin en éclora, tandis qu'un œuf resté à l'intérieur de sa mère ne peut produire de poussin. La Guemara demande : quelle est la portée halakhique pratique de cette observation ? La Guemara répond : elle vaut pour l'achat et la vente. Autrement dit, la différence entre les types d'œufs a des incidences sur les termes du commerce. Ainsi de cet incident où un certain individu disait à la cantonade : « Des œufs…
אֶלָּא: עִם יְצִיאָתָהּ, נִגְמְרָה — וּמְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחִים, בִּמְעֵי אִמָּהּ — אֵינָהּ מְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחִים. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִקָּח וּמִמְכָּר. כִּי הָהוּא דַּאֲמַר לְהוּ: בֵּיעֵי
Rachi
מוכן לאדם לא הוי מוכן לכלבים - למאן דאית ליה מוקצה דהא נתנבלה בשבת לר' יהודה אתמול בין השמשות היתה עומדת לאדם וקא חשיב ליה מוקצה בהא לגבי כלבים:
אכל מידי דחזי ליה - ועובר שבמעי טרפה ראוי לו לכשיולד הלכך מאתמול דעתיה עלויה אם יולד יאכלנו:
לפי שלא נתפתחו עיניו - ואתרבי לאסורא מכל השרץ השורץ על הארץ כדלקמן:
עם יציאתה נגמרה - כשיצאה נגמרה ברייתה אבל מקמי הכי לא חשיבא ביצה גמורה ולקמיה מפרש ואזיל למאי הלכתא:,לאכלה בחלב - דהשתא הוה ביצה ולא בשר אבל הנמצאת במעי אמה אינה ביצה ואסורה לאכלה בחלב:,ביצים גמורות - ואפילו בלא קליפה לבנה אלא שהחלמון לבדו גמור ואע"פ שמעורה עדיין בגידין שריא כדלקמן מדפליג ר' יעקב עליה ואמר אם היו מעורות בגידין אסורות:
בי"ט - וה"ק יצתה ודאי מבעוד יום מותר כי ודאי הוא דנגמרה בחול אבל לא יצתה לא נגמרה בחול ואסורה משום הכנה דרבה:
וכי תימא - אין הלכה כברייתא זו דאשמועינן בה מאי דלא אשמעינן במתני' ובשום משנה לא סתם לן רבי הכי ואם רבי לא שנה רבי חייא מנין לו:
אלא הא דתניא כו' - הך ברייתא דלעיל מאן קתני לה:,לא בית שמאי ולא ב"ה - לא ב"ש דמאי אריא במעי אמה אפילו נולדה בי"ט שריא ולא ב"ה דאפילו במעי אמן אסירי:
ומגדלת אפרוחים - ולענין דין מקח וממכר אתמר דאם נולדה נגמר בשולה וראויה לגדל ממנה אפרוחים אבל נמצאת במעי אמה אינה מגדלת אפרוחים ואם תבעוהו למכור ביצים לגדל אפרוחים אם מכר אלו הוי מקח טעות ובטל מקח:
Tossafot
השתא מוכן לאדם לא הוי מוכן לבהמה דתנן מחתכין וכו' ר' יהודה כו' לפי שאינו מוכן. ותימה היכי הוי מוכן לאדם אדרבה לא הוי מוכן לאדם דבין השמשות לא מצי שחיט לה דשמא הוא שבת והיכי מוכח מהכא דמוכן לאדם לא הוי מוכן לכלבים על כן נראה להרר"י דגרס אם לא היתה נבלה מעיו"ט ולא נראה דהא בהדיא אמרינן לעיל דגבי שבת מתניא דקאמר. גבי שבת דסתם לן תנא כר"ש וכו' ומייתי הך משנה וי"ל דשפיר מיירי בשבת ומייתי מן היתור דאי לא אשמועינן כי אם גבי שבת לתני רבי יהודה אומר אם לא היתה נבלה מערב שבת אסורה ותו לא והייתי יודע דאסורה משום מוקצה ואמאי היה צריך למיתני לפי שאינו מן המוכן אם אינו ענין לשבת דהא שמעינן ליה תנהו ענין ליו"ט ואפילו הכי אסור ואע"ג דהוה מוכן לאדם בין השמשות משום דמוכן לאדם לא הוי מוכן לכלבים ותימה הא דתנן בשבת (דף מב: ושם) אין נותנין כלי תחת הנר בשבת לקבל בו שמן ואם נתנו מבעוד יום מותר ואין נאותין הימנו לפי שאינו מן המוכן והתם מאי דרשינן מן היתור ולא שייך לרבות י"ט וי"ל דהתם נמי מרבי' מן היתור אע"פ שכבה הנר כבר אסור אחרי כן לפי שאינו מן המוכן והר"ר יעקב מקורביי"ל תירץ דשפיר מיירי דוקא לענין שבת ואעפ"כ מוכח שפיר דמוכן לאדם לא הוי מוכן לכלבים דאי ס"ד מוכן לאדם הוי מוכן לכלבים א"כ בע"ש מבעוד יום אם היה מוכן לאדם היה כמו כן מוכן לכלבים לפי דבריו דמוכן לאדם הוי מוכן לכלבים א"כ כשהחשיך וקדש היום אע"ג דנסתלקה הכנה דאדם שאינה ראויה לאדם עכשיו מ"מ היתה מוכנת לכלבים מבעוד יום וכיון שהיתה מוכנת להם ההכנה לא נסתלקה בקדוש היום:
מוכן לכלבים הוי מוכן לאדם דדעתיה דאיניש אכל מידי דחזי ליה. וקשה דא"כ אפרוח נמי יהא מותר שמוכן לכלבים וי"ל דבעינן מוכן ועומד וזה אינו עומד לכלבים:
עגל שנולד בי"ט מותר. ותימה מ"מ הוי אסור משום נולד כמו ביצה וי"ל דהא דאמר דשייך למיסר נולד היינו דוקא בדבר מאכל דומיא דפירות הנושרין ומשקין שזבו אבל בעלי חיים לא:
ביצים גמורות מותרות לאכלן בחלב. וקשה דהא אמרינן בעדיות (פ"ה מ"א) ביצת נבלה כל. שכמוה נמכרת בשוק ב"ש מתירין וב"ה אוסרין והכא היכי מותר לאכלן בחלב וי"ל דטעמא משום דבשר עוף בחלב מדרבנן ואפילו ב"ה מודו וקשה דאמרינין בעירובין (דף סב: ושם) אפילו ביעתא בכותחא לא לשרי איניש במקום רביה מאי קמ"ל פשיטא והאיכא בסמוך ר' יעקב דאסר וי"ל דכ"ע מודו דביצים. גמורות מותרות לאכלן בחלב וטעמא דב"ה דאסרי ביצת נבלה היינו משום דגזרינן אטו ביצת טרפה כדאמרינן בעדיות ומודים בביצת טרפה שהיא אסורה מפני שהיא גדילה באיסור: [וע"ע תוס' עירובין סב: ד"ה אפילו ובכתובות ס: ד"ה אפילו ובב"ק מז. ד"ה מ"ט ובחולין נח. ד"ה ושוין]:
וכי תימא קא משמע לן בברייתא מאי דלא אשמעינן במשנה. פירש רש"י וגילה לנו רבי הואיל ולא סתם לן במשנה הכי דהברייתא משובשת דרבי לא שנאה ר' חייא מנין ליה ותימה אם כן מאי פריך הא נולדה אסורה לא בית שמאי ולא ב"ה ואמאי דחיק נפשיה לאוקומה אליבא דתנאי הואיל ומשובשת היא על כן צריך לפרש הכי וכי תימא קא משמע לן בברייתא מאי דלא אשמעינן במתניתין כלומר מאי ששייר במתני' קתני הברייתא דאי לא תנא אלא מתניתין הייתי אומר שמתירין בית שמאי דוקא כשנולדה אבל במעי אמה היו מודים דאסור ופריך תנינא דאדרבה נולדה חמורה יותר מבמעי אמה ואתיא נמי כבית הלל וכו' דבמעי אמה דברי הכל שריא:
מני לא כב"ש ולא כב"ה. ואינו יכול לפרש דקתני בברייתא מה ששייר במתניתין דהא ס"ד עכשיו שנולדה חמורה מבמעי אמה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.