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Traité Beitzah

29a

Étude de Beitzah 29a

Étude de la Mishna & Guémara 29a

On disait à Soura : donne-moi ce morceau de viande appelé tarta, ou une demi-tarta, sans nommer de prix. À Néréch, on disait, en référence à ces mêmes portions : une part ou une demi-part. À Poumbedita, on disait : une ouzya ou une demi-ouzya. À Néhar Pekod et à Mata Me'hassya, on disait : donne-moi un quart ou un demi-quart — établissant ainsi la taille de la portion sans en mentionner le prix.
דִּבְסוּרָא אָמְרִי: תַּרְטָא וּפַלְגוּ תַּרְטָא. בְּנַרֶשׁ אָמְרִי: חֶלְקָא וּפַלְגוּ חֶלְקָא. בְּפוּמְבְּדִיתָא אָמְרִי: אוּזְיָא וּפַלְגוּ אוּזְיָא. בִּנְהַר פְּקוֹד וּבְמָתָא מַחְסֵיָא אָמְרִי: רִבְעָא וּפַלְגוּ רִבְעָא.
Mishna 1
MICHNA : une personne peut dire à une autre un jour de fête : remplis-moi ce récipient, et je t'en rendrai le contenu ou te rembourserai après la fête ; mais elle ne peut lui demander de remplir le récipient selon une mesure particulière. Rabbi Yehouda dit : si c'était un ustensile de mesure, il ne peut le remplir. Il y eut un fait touchant Abba Chaoul ben Botnit, un Sage qui était aussi épicier, qui remplissait ses mesures la veille d'une fête et les donnait à ses clients le jour de fête. Ainsi savait-il exactement combien il avait donné à chacun, sans procéder à aucune mesure le jour de fête lui-même.
מַתְנִי׳ אוֹמֵר אָדָם לַחֲבֵרוֹ: מַלֵּא לִי כְּלִי זֶה, אֲבָל לֹא בְּמִדָּה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הָיָה כְּלִי שֶׁל מִדָּה — לֹא יְמַלְּאֶנּוּ. מַעֲשֶׂה בְּאַבָּא שָׁאוּל בֶּן בָּטְנִית, שֶׁהָיָה מְמַלֵּא מִדּוֹתָיו מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב וְנוֹתְנָן לַלָּקוֹחוֹת בְּיוֹם טוֹב.(משנה)
Abba Chaoul — un Sage distinct d'Abba Chaoul ben Botnit — dit : il faisait cela même durant les jours intermédiaires d'une fête, à cause de la « clarté des mesures » — c'est-à-dire afin de préciser exactement combien il fallait donner à chaque client, la mesure étant plus précise une fois la mousse du liquide retombée. Et les Sages disent : même un jour de semaine il convient de le faire, à cause de « l'écoulement des mesures » — cette méthode permettant à tout le liquide de s'écouler entièrement hors de l'ustensile de mesure du vendeur, de sorte que la quantité soit exacte.
אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: אַף בַּמּוֹעֵד עוֹשֶׂה כֵּן, מִפְּנֵי בֵּרוּרֵי הַמִּדּוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אַף בַּחוֹל עוֹשֶׂה כֵּן, מִפְּנֵי מִצּוּי הַמִּדּוֹת.
Guémara
GUEMARA : la Guemara demande : que signifie l'expression « mais non selon une mesure » ? Rav Yehouda dit que Chmouel dit : mais non avec un ustensile désigné pour mesurer ; cependant, dans le cas d'un ustensile qui peut servir à mesurer mais n'a pas encore été utilisé à cette fin, il peut le remplir. Selon cela, Rabbi Yehouda vient diverger et dire qu'il ne peut remplir même un ustensile qui peut servir à mesurer.
גְּמָ׳ מַאי ״אֲבָל לֹא בְּמִדָּה״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲבָל לֹא בִּכְלִי הַמְיוּחָד לְמִדָּה. אֲבָל כְּלִי הָעוֹמֵד לְמִדָּה — יְמַלְּאֶנּוּ. וַאֲתָא רַבִּי יְהוּדָה לְמֵימַר אֲפִילּוּ כְּלִי הָעוֹמֵד לְמִדָּה לֹא יְמַלְּאֶנּוּ.
La Guemara demande : apparemment, Rabbi Yehouda est rigoureux quant à la joie de la fête, en ce qu'il interdit l'usage de tout ustensile de mesure, tandis que les Sages sont indulgents. Mais ne les avons-nous pas entendus énoncer l'inverse, comme nous avons appris dans une Michna antérieure (28a) que Rabbi Yehouda dit : celui qui vend de la viande un jour de fête peut peser la viande contre un ustensile ou contre un couperet, et les Sages disent : on ne peut regarder du tout les plateaux d'une balance ? Apparemment, ici, l'opinion de Rabbi Yehouda est indulgente, tandis que celle des Sages est rigoureuse. Il y a donc une contradiction entre un énoncé de Rabbi Yehouda et l'autre énoncé de Rabbi Yehouda, ainsi qu'entre un énoncé des Sages et l'autre énoncé des Sages.
אַלְמָא גַּבֵּי שִׂמְחַת יוֹם טוֹב רַבִּי יְהוּדָה לְחוּמְרָא וְרַבָּנַן לְקוּלָּא? וְהָא אִפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ! דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שׁוֹקֵל אָדָם בָּשָׂר כְּנֶגֶד הַכְּלִי וּכְנֶגֶד הַקּוֹפִיץ, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין מַשְׁגִּיחִין בְּכַף מֹאזְנַיִם כׇּל עִיקָּר. אַלְמָא רַבִּי יְהוּדָה לְקוּלָּא וְרַבָּנַן לְחוּמְרָא. קַשְׁיָא דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה, קַשְׁיָא דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן!
La Guemara répond : quant à la contradiction entre un enseignement de Rabbi Yehouda et l'autre, ce n'est pas difficile. Là, où il est indulgent, il traite d'un ustensile qui ne peut servir à mesurer régulièrement du tout ; tandis qu'ici, il vise un ustensile qui peut servir à mesurer, et il est donc rigoureux même si l'ustensile n'a pas encore été effectivement utilisé en cette capacité.
דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קַשְׁיָא: הָתָם בְּשֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד לְמִדָּה, הָכָא בְּעוֹמֵד לְמִדָּה.
Quant à la contradiction entre un énoncé des Sages et l'autre, ce n'est pas difficile non plus. Là, il agit à la manière de semaine, et ils interdisent par conséquent la pesée ; tandis qu'ici, il n'agit pas à la manière de semaine, l'ustensile n'étant pas un instrument de mesure, et ils lui permettent par conséquent de s'en servir. Ainsi s'achève l'examen par la Guemara de l'explication de la Michna par Chmouel.
דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן נָמֵי לָא קַשְׁיָא: הָתָם קָא עָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל, הָכָא לָא קָא עָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל.
La Guemara propose une seconde explication de la Michna. Rava dit : que signifie l'expression « mais non selon une mesure » ? Cela signifie qu'il ne peut lui mentionner le nom de la mesure. Par exemple, il ne peut dire : remplis-moi un kav, ou deux kav. Cependant, il peut remplir un récipient même s'il est désigné pour mesurer. Et Rabbi Yehouda vient dire : il ne peut remplir un récipient désigné pour mesurer, même s'il ne stipule pas de mesure particulière.
רָבָא אָמַר: מַאי ״אֲבָל לֹא בְּמִדָּה״ — שֶׁלֹּא יִזְכּוֹר לוֹ שֵׁם מִדָּה, אֲבָל כְּלִי הַמְיוּחָד לְמִדָּה — יְמַלְּאֶנּוּ. וַאֲתָא רַבִּי יְהוּדָה לְמֵימַר: כְּלִי הַמְיוּחָד לְמִדָּה — לֹא יְמַלְּאֶנּוּ.
La Guemara demande : apparemment, quant à la joie de la fête, Rabbi Yehouda est rigoureux, et les Sages indulgents. Mais ne les avons-nous pas entendus énoncer l'inverse (28a) — Rabbi Yehouda : une personne peut peser la viande contre un ustensile ou un couperet, et les Sages l'interdisent et disent : on ne peut regarder du tout les plateaux d'une balance ? Apparemment, Rabbi Yehouda est indulgent, et les Sages rigoureux. Il y a donc contradiction entre un énoncé de Rabbi Yehouda et l'autre, et entre un énoncé des Sages et l'autre.
אַלְמָא גַּבֵּי שִׂמְחַת יוֹם טוֹב רַבִּי יְהוּדָה לְחוּמְרָא וְרַבָּנַן לְקוּלָּא? וְהָא אִפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ! דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שׁוֹקֵל אָדָם בָּשָׂר כְּנֶגֶד הַכְּלִי וּכְנֶגֶד הַקּוֹפִיץ, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין מַשְׁגִּיחִין בְּכַף מֹאזְנַיִם כׇּל עִיקָּר. אַלְמָא רַבִּי יְהוּדָה לְקוּלָּא וְרַבָּנַן לְחוּמְרָא. קַשְׁיָא דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה, קַשְׁיָא דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן!
La Guemara répond : quant à la contradiction entre un enseignement de Rabbi Yehouda et l'autre, ce n'est pas difficile. Là, au sujet de peser la viande contre un ustensile, il traite d'un ustensile qui n'est pas désigné pour mesurer, et il est donc indulgent ; tandis qu'ici, il vise un ustensile désigné pour mesurer, à l'égard duquel il est rigoureux. Quant à la contradiction entre un énoncé des Sages et l'autre, ce n'est pas difficile non plus. Là, il agit à la manière de semaine, et ils interdisent par conséquent la pesée ; tandis qu'ici, il n'agit pas à la manière de semaine, car les gens ont coutume d'offrir du vin à leurs amis dans un ustensile de mesure et de boire. Puisque l'usage d'un tel ustensile n'est pas exclusif aux transactions commerciales, les Sages l'ont permis ici aussi.
דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קַשְׁיָא: הָתָם בְּשֶׁאֵינוֹ מְיוּחָד לְמִדָּה, הָכָא מְיוּחָד לְמִדָּה. דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן נָמֵי לָא קַשְׁיָא: הָתָם קָא עָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל, הָכָא לָא קָעָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל, דְּעָבְדִי אִינָשֵׁי דִּמְקָרְבִי חַמְרָא בְּמָנָא דְכִילָא וְשָׁתוּ.
§ La Michna a rapporté un fait touchant Abba Chaoul ben Botnit, un Sage qui était aussi épicier, qui remplissait ses mesures la veille d'une fête et les donnait à ses clients le jour de fête. Un tanna enseigna dans une baraïta : il faisait cela même durant les jours intermédiaires d'une fête, afin d'éviter le délaissement de l'étude de la Torah à la maison d'étude. Comme il voulait passer le plus clair de sa journée à la maison d'étude et n'avait pas à interrompre son étude pour procéder à des mesures, il mesurait pour ses clients la nuit, quand ce n'était pas un temps d'étude.
מַעֲשֶׂה בְּאַבָּא שָׁאוּל בֶּן בָּטְנִית. תָּנָא: אַף בַּמּוֹעֵד עוֹשֶׂה כֵּן מִפְּנֵי בִּטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ.
Les Sages enseignèrent dans une baraïta : Abba Chaoul ben Botnit recueillit trois cents cruches de terre cuite de vin, auxquelles il pensait n'avoir pas droit en raison de la « clarté des mesures » — pensant avoir indûment profité de la mousse au sommet du liquide qu'il mesurait. Et ses collègues, épiciers également craignant Dieu, recueillirent trois cents cruches d'huile, qu'ils pensaient n'être pas légitimement les leurs en raison de « l'écoulement des mesures » : ils craignaient que, ayant mesuré pour leurs clients avec leurs propres récipients, ils n'eussent pas vidé toute la mesure de leurs contenants dans ceux des clients. Et ils apportèrent ces cruches de vin et d'huile à Jérusalem, devant les trésoriers du Temple, ne voulant pas tirer profit de biens peut-être volés.
תָּנוּ רַבָּנַן: הוּא כָּנַס שְׁלֹשׁ מֵאוֹת גַּרְבֵי יַיִן מִבֵּרוּרֵי הַמִּדּוֹת, וַחֲבֵרָיו כָּנְסוּ שְׁלֹשׁ מֵאוֹת גַּרְבֵי שֶׁמֶן מִמִּצּוּי הַמִּדּוֹת, וֶהֱבִיאוּם לִפְנֵי הַגִּזְבָּרִים לִירוּשָׁלַיִם.
Beitzah 29a
100%
ביצה כ״ט אמַסֶּכֶת בֵּיצָה
מִשְׁנָה דִּבְסוּרָא אָמְרִי: תַּרְטָא וּפַלְגוּ תַּרְטָא. בְּנַרֶשׁ אָמְרִי: חֶלְקָא וּפַלְגוּ חֶלְקָא. בְּפוּמְבְּדִיתָא אָמְרִי: אוּזְיָא וּפַלְגוּ אוּזְיָא. בִּנְהַר פְּקוֹד וּבְמָתָא מַחְסֵיָא אָמְרִי: רִבְעָא וּפַלְגוּ רִבְעָא. מַתְנִי׳ אוֹמֵר אָדָם לַחֲבֵרוֹ: מַלֵּא לִי כְּלִי זֶה, אֲבָל לֹא בְּמִדָּה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הָיָה כְּלִי שֶׁל מִדָּה — לֹא יְמַלְּאֶנּוּ. מַעֲשֶׂה בְּאַבָּא שָׁאוּל בֶּן בָּטְנִית, שֶׁהָיָה מְמַלֵּא מִדּוֹתָיו מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב וְנוֹתְנָן לַלָּקוֹחוֹת בְּיוֹם טוֹב. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: אַף בַּמּוֹעֵד עוֹשֶׂה כֵּן, מִפְּנֵי בֵּרוּרֵי הַמִּדּוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אַף בַּחוֹל עוֹשֶׂה כֵּן, מִפְּנֵי מִצּוּי הַמִּדּוֹת. גְּמָרָא גְּמָ׳ מַאי ״אֲבָל לֹא בְּמִדָּה״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲבָל לֹא בִּכְלִי הַמְיוּחָד לְמִדָּה. אֲבָל כְּלִי הָעוֹמֵד לְמִדָּה — יְמַלְּאֶנּוּ. וַאֲתָא רַבִּי יְהוּדָה לְמֵימַר אֲפִילּוּ כְּלִי הָעוֹמֵד לְמִדָּה לֹא יְמַלְּאֶנּוּ. אַלְמָא גַּבֵּי שִׂמְחַת יוֹם טוֹב רַבִּי יְהוּדָה לְחוּמְרָא וְרַבָּנַן לְקוּלָּא? וְהָא אִפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ! דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שׁוֹקֵל אָדָם בָּשָׂר כְּנֶגֶד הַכְּלִי וּכְנֶגֶד הַקּוֹפִיץ, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין מַשְׁגִּיחִין בְּכַף מֹאזְנַיִם כׇּל עִיקָּר. אַלְמָא רַבִּי יְהוּדָה לְקוּלָּא וְרַבָּנַן לְחוּמְרָא. קַשְׁיָא דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה, קַשְׁיָא דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן! דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קַשְׁיָא: הָתָם בְּשֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד לְמִדָּה, הָכָא בְּעוֹמֵד לְמִדָּה. דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן נָמֵי לָא קַשְׁיָא: הָתָם קָא עָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל, הָכָא לָא קָא עָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל. רָבָא אָמַר: מַאי ״אֲבָל לֹא בְּמִדָּה״ — שֶׁלֹּא יִזְכּוֹר לוֹ שֵׁם מִדָּה, אֲבָל כְּלִי הַמְיוּחָד לְמִדָּה — יְמַלְּאֶנּוּ. וַאֲתָא רַבִּי יְהוּדָה לְמֵימַר: כְּלִי הַמְיוּחָד לְמִדָּה — לֹא יְמַלְּאֶנּוּ. אַלְמָא גַּבֵּי שִׂמְחַת יוֹם טוֹב רַבִּי יְהוּדָה לְחוּמְרָא וְרַבָּנַן לְקוּלָּא? וְהָא אִפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ! דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שׁוֹקֵל אָדָם בָּשָׂר כְּנֶגֶד הַכְּלִי וּכְנֶגֶד הַקּוֹפִיץ, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין מַשְׁגִּיחִין בְּכַף מֹאזְנַיִם כׇּל עִיקָּר. אַלְמָא רַבִּי יְהוּדָה לְקוּלָּא וְרַבָּנַן לְחוּמְרָא. קַשְׁיָא דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה, קַשְׁיָא דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן! דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קַשְׁיָא: הָתָם בְּשֶׁאֵינוֹ מְיוּחָד לְמִדָּה, הָכָא מְיוּחָד לְמִדָּה. דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן נָמֵי לָא קַשְׁיָא: הָתָם קָא עָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל, הָכָא לָא קָעָבֵיד כִּדְעָבְדִין בְּחוֹל, דְּעָבְדִי אִינָשֵׁי דִּמְקָרְבִי חַמְרָא בְּמָנָא דְכִילָא וְשָׁתוּ. מַעֲשֶׂה בְּאַבָּא שָׁאוּל בֶּן בָּטְנִית. תָּנָא: אַף בַּמּוֹעֵד עוֹשֶׂה כֵּן מִפְּנֵי בִּטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ. תָּנוּ רַבָּנַן: הוּא כָּנַס שְׁלֹשׁ מֵאוֹת גַּרְבֵי יַיִן מִבֵּרוּרֵי הַמִּדּוֹת, וַחֲבֵרָיו כָּנְסוּ שְׁלֹשׁ מֵאוֹת גַּרְבֵי שֶׁמֶן מִמִּצּוּי הַמִּדּוֹת, וֶהֱבִיאוּם לִפְנֵי הַגִּזְבָּרִים לִירוּשָׁלַיִם. אָמְרוּ לָהֶם: אִי אַתֶּם זְקוּקִים לְכָךְ. אָמְרוּ לָהֶם: אַף אָנוּ אֵין רְצוֹנֵנוּ בְּכָךְ. אָמְרוּ לָהֶם: הוֹאִיל וְהֶחְמַרְתֶּם עַל עַצְמְכֶם — עֲשׂוּ מֵהֶם צׇרְכֵי רַבִּים. דְּתַנְיָא: גָּזַל וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ מִמִּי גָּזַל — יַעֲשֶׂה בָּהֶם צׇרְכֵי רַבִּים. מַאי נִינְהוּ? אָמַר רַב חִסְדָּא: בּוֹרוֹת, שִׁיחִין וּמְעָרוֹת. אַדְבְּרֵיהּ רַב חִסְדָּא לְרַבָּנָא עוּקְבָא, וּדְרַשׁ: לֹא יִמְדּוֹד אָדָם שְׂעוֹרִים וְיִתֵּן לִפְנֵי בְּהֶמְתּוֹ בְּיוֹם טוֹב, אֲבָל קוֹדֵר הוּא קַב אוֹ קַבִּים וְנוֹתֵן לִפְנֵי בְּהֶמְתּוֹ, וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. וְהַנַּחְתּוֹם מוֹדֵד תַּבְלִין וְנוֹתֵן לְתוֹךְ קְדֵרָתוֹ, כְּדֵי שֶׁלֹּא יַקְדִּיחַ תַּבְשִׁילוֹ. אָמַר רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַב: מוֹדֶדֶת אִשָּׁה קֶמַח בְּיוֹם טוֹב וְנוֹתֶנֶת לְתוֹךְ עִיסָּתָהּ כְּדֵי שֶׁתִּטּוֹל חַלָּה בְּעַיִן יָפָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אָסוּר. וְהָא תָּנָא דְּבֵי שְׁמוּאֵל, מוּתָּר! אָמַר אַבָּיֵי: הַשְׁתָּא דְּאָמַר שְׁמוּאֵל אָסוּר, וְתָנָא דְּבֵי שְׁמוּאֵל מוּתָּר,