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Traité Beitzah

25b

Étude de Beitzah 25b

Étude de la Mishna & Guémara 25b

…ne fait que nous enseigner une bonne conduite (derekh erets), bien qu'aucun interdit ne soit en jeu.
אוֹרַח אַרְעָא קָא מַשְׁמַע לַן.
§ Les Sages enseignent des manières convenables sans lien avec quelque interdit, comme il est enseigné dans une baraïta : une personne ne devrait pas manger l'ail ou l'oignon par le côté de sa tête — c'est-à-dire ses racines — mais par le côté de ses feuilles ; et si elle a mangé de cette manière, elle a l'air d'un glouton. De même, une personne ne devrait pas boire sa coupe de vin d'un seul trait, et si elle a bu de cette manière, elle a l'air d'un buveur avide. Les Sages enseignèrent à ce sujet : celui qui boit sa coupe d'un seul trait est un buveur avide ; en deux gorgées, c'est la bonne manière ; en trois gorgées, il est d'esprit hautain — car il se présente comme excessivement délicat et raffiné.
כִּדְתַנְיָא: לֹא יֹאכַל אָדָם שׁוּם וּבָצָל מֵרֹאשׁוֹ, אֶלָּא מֵעָלָיו. וְאִם אָכַל — הֲרֵי זֶה רְעַבְתָּן. כַּיּוֹצֵא בוֹ: לֹא יִשְׁתֶּה אָדָם כּוֹסוֹ בְּבַת אַחַת, וְאִם שָׁתָה — הֲרֵי זֶה גַּרְגְּרָן. תָּנוּ רַבָּנַן: הַשּׁוֹתֶה כּוֹסוֹ בְּבַת אַחַת — הֲרֵי זֶה גַּרְגְּרָן, שְׁנַיִם — דֶּרֶךְ אֶרֶץ, שְׁלֹשָׁה — מִגַּסֵּי הָרוּחַ.
À propos de la discussion précédente, la Guemara note que Rami bar Abba dit aussi : la scille (un végétal de la famille du lis, dont les racines plongent profondément dans le sol) tranchera les pieds des méchants à l'avenir, au Jour du Jugement. On avait coutume de planter des scilles aux lisières des champs comme bornes, parce que leurs racines descendent droit sans s'étaler. Ceux qui ont franchi les bornes et empiété sur le bien de leur prochain auraient dû s'arrêter à ces repères et s'en abstenir.
וְאָמַר רָמֵי בַּר אַבָּא: חֲצוּבָא — מְקַטַּע רַגְלֵיהוֹן דְּרַשִּׁיעַיָּא.
De même, les jeunes arbres trancheront les pieds des bouchers et de ceux qui ont des relations avec des femmes nidda. Après qu'un arbre est planté, on doit attendre trois ans avant d'en manger le fruit (orla). Cela devrait servir de leçon à ces bouchers qui se hâtent de manger de la viande de l'animal avant d'en ôter la peau, et à ceux qui ont des relations avec leurs épouses nidda sans attendre leur purification rituelle.
נְטִיעָה — מְקַטַּע רַגְלֵיהוֹן דְּקַצָּבַיָּא וּדְבוֹעֲלֵי נִדּוֹת.
Le lupin (tourmous), une légumineuse extrêmement amère qui n'est comestible qu'après un long traitement, tranchera les pieds des ennemis du peuple d'Israël — euphémisme pour le peuple d'Israël lui-même. Comme il est dit : « Et les enfants d'Israël continuèrent à faire le mal aux yeux de l'Éternel ; ils servirent les Baalim et les Astartés, les dieux d'Aram, les dieux de Sidon, les dieux de Moab, les dieux des fils d'Ammon et les dieux des Philistins ; et ils abandonnèrent l'Éternel et ne Le servirent point » (Juges 10, 6).
תּוֹרְמוֹסָא — מְקַטַּע רַגְלֵיהוֹן דְּשָׂנְאֵיהוֹן שֶׁל יִשְׂרָאֵל. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיּוֹסִיפוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לַעֲשׂוֹת הָרַע בְּעֵינֵי ה׳ וַיַּעַבְדוּ אֶת הַבְּעָלִים וְאֶת הָעַשְׁתָּרוֹת וְאֶת אֱלֹהֵי אֲרָם וְאֶת אֱלֹהֵי צִידוֹן וְאֵת אֱלֹהֵי מוֹאָב וְאֵת אֱלֹהֵי בְנֵי עַמּוֹן וְאֵת אֱלֹהֵי פְלִשְׁתִּים וַיַּעַזְבוּ אֶת ה׳ וְלֹא עֲבָדוּהוּ״.
Par déduction de ce qui est dit « et ils abandonnèrent l'Éternel », ne sais-je pas qu'ils ne Le servirent point ? À quoi bon, dès lors, les mots apparemment superflus « et ne Le servirent point » ? Rabbi Elazar dit : le Saint, béni soit-Il, a dit : Mes enfants ne M'ont pas même traité comme ce lupin, qui — étant immangeable tel quel — doit être cuit sept fois dans l'eau pour tempérer son amertume, et finit par être rendu si doux qu'on le mange en dessert après le repas. Eux ont servi les sept sortes d'idolâtrie énumérées dans le verset, et même après que Je les eus châtiés pour chacune d'elles, ils ont encore refusé de se repentir de leurs voies mauvaises ; ils sont demeurés rebelles et ne M'ont point servi.
מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיַּעַזְבוּ אֶת ה׳״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁלֹּא עֲבָדוּהוּ?! וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְלֹא עֲבָדוּהוּ״ — אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲפִילּוּ כַּתּוֹרְמוֹס הַזֶּה שֶׁשּׁוֹלְקִין אוֹתוֹ שֶׁבַע פְּעָמִים וְאוֹכְלִין אוֹתוֹ בְּקִנּוּחַ סְעוּדָה לֹא עֲשָׂאוּנִי בָּנַי.
La Guemara considère un autre aspect du caractère du peuple d'Israël. Il est enseigné dans une baraïta au nom de Rabbi Méir : pour quelle raison la Torah fut-elle donnée au peuple d'Israël ? Parce qu'ils sont impudents (azin), et que l'étude de la Torah les affaiblira et les humiliera. Un Sage de l'école de Rabbi Yichmaël enseigna ce qui suit au sujet du verset « De Sa droite, une loi de feu pour eux » (Devarim 33, 2) : le Saint, béni soit-Il, a dit : d'après leur nature et leur caractère, ces gens-là, les Juifs, sont faits pour qu'on leur donne une loi de feu — une foi dure et brûlante. D'aucuns rapportent une version différente : les voies et la nature de ces gens-là, les Juifs, sont comme le feu, car, n'était que la Torah a été donnée au peuple d'Israël — dont l'étude et l'observance les retiennent — nulle nation ni langue ne pourrait leur tenir tête.
תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי מֵאִיר: מִפְּנֵי מָה נִתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל — מִפְּנֵי שֶׁהֵן עַזִּין. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״מִימִינוֹ אֵשׁ דָּת לָמוֹ״. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רְאוּיִין הַלָּלוּ שֶׁתִּנָּתֵן לָהֶם דָּת אֵשׁ. אִיכָּא דְּאָמְרִי: דָּתֵיהֶם שֶׁל אֵלּוּ — אֵשׁ. שֶׁאִלְמָלֵא (לֹא) נִתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל — אֵין כׇּל אוּמָּה וְלָשׁוֹן יְכוֹלִין לַעֲמוֹד בִּפְנֵיהֶם.
Et c'est la même chose que ce qu'a dit Rabbi Chimon ben Lakich : il y a trois impudents — le peuple d'Israël parmi les nations, le chien parmi les animaux, et le coq parmi les oiseaux. Et d'aucuns disent : aussi la chèvre parmi le petit bétail. Et d'aucuns disent : aussi le câprier parmi les arbres.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, שְׁלֹשָׁה עַזִּין הֵן: יִשְׂרָאֵל בָּאוּמּוֹת, כֶּלֶב בַּחַיּוֹת, תַּרְנְגוֹל בָּעוֹפוֹת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף עֵז בִּבְהֵמָה דַּקָּה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף צָלָף בָּאִילָנוֹת.
§ Il est enseigné dans la MISHNA : si l'on a abattu un animal un jour de fête dans le champ, on ne peut le rapporter à la maison sur une perche, car cela paraît semblable à une activité de semaine. Les Sages enseignèrent dans une baraïta : un aveugle ne peut sortir un jour de fête avec sa canne, ni un berger avec sa besace. Et on ne peut sortir sur une chaise portée à bras par d'autres, ni homme ni femme. Toutes ces choses sont tenues pour des activités de semaine, dont l'accomplissement témoignerait d'un manque de respect pour la fête.
שְׁחָטָהּ בַּשָּׂדֶה — לֹא יְבִיאֶנָּה בַּמּוֹט. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין הַסּוֹמֵא יוֹצֵא בְּמַקְלוֹ, וְלֹא הָרוֹעֶה בְּתַרְמִילוֹ. וְאֵין יוֹצְאִין בְּכִסֵּא — אֶחָד הָאִישׁ וְאֶחָד הָאִשָּׁה.
La Guemara demande : en est-il ainsi ? Mais Rabbi Yaakov bar Idi n'a-t-il pas envoyé d'Erets Israël la halakha suivante : il y avait un vieillard dans notre voisinage qui sortait un jour de fête dans sa litière (guelodki), et on vint demander à Rabbi Yehochoua ben Lévi, l'autorité éminente du temps, si c'était permis. Et Rabbi Yehochoua ben Lévi leur dit : si beaucoup de gens ont besoin que cet homme vienne leur enseigner des matières de Torah, il est permis de le transporter ainsi à la maison d'étude.
אִינִי?! וְהָא שָׁלַח רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי: זָקֵן אֶחָד הָיָה בִּשְׁכוּנָתֵינוּ וְהָיָה יוֹצֵא בִּגְלוּדְקֵי שֶׁלּוֹ, וּבָאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, וְאָמַר: אִם רַבִּים צְרִיכִין לוֹ — מוּתָּר.
De même, nos Sages s'appuyèrent sur l'énoncé d'A'hi Chakkaya, qui dit : j'ai un jour transporté Rav Houna un jour de fête de la ville de Hiné à la ville de Chilé, et de Chilé à Hiné, sur une chaise de ce genre. Et Rav Na'hman bar Yits'hak dit : j'ai un jour transporté Mar Chmouel sur un tel siège un jour de fête, du soleil à l'ombre et de l'ombre au soleil. Tous ces faits indiquent qu'il est bel et bien permis d'user d'une telle chaise un jour de fête. La Guemara répond : ces cas ne font pas difficulté, car là, c'est conformément à la raison qu'a énoncée Rabbi Yehochoua ben Lévi : si beaucoup de gens ont besoin de lui, c'est permis. Mais celui dont le public n'a pas besoin ne peut sortir sur une telle chaise.
וְסָמְכוּ רַבּוֹתֵינוּ עַל דִּבְרֵי אַחַי שָׁקְיָא, דְּאָמַר: אֲנָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לְרַב הוּנָא מֵהִינֵי לְשִׁילֵי וּמִשִּׁילֵי לְהִינֵי. וְאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֲנָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לְמָר שְׁמוּאֵל מִשִּׁמְשָׁא לְטוּלָּא וּמִטּוּלָּא לְשִׁמְשָׁא! הָתָם כִּדְאָמַר טַעְמָא: אִם הָיוּ רַבִּים צְרִיכִין לוֹ — מוּתָּר.
Rav Na'hman dit à 'Hama bar Adda, émissaire des académies talmudiques de Sion, qui voyageait régulièrement d'Erets Israël à Babylonie et retour : quand tu monteras là-bas, en Erets Israël, prends un chemin détourné — c'est-à-dire ne voyage pas par la voie la plus courte — et va à l'Échelle de Tyr, et va trouver Rabbi Yaakov bar Idi, qui habite à Tyr, et soulève devant lui ce dilemme : que dis-tu d'une chaise portée à bras ; peut-on sortir sur une telle chaise un jour de fête ?
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְחָמָא בַּר אַדָּא שְׁלִיחַ צִיּוֹן: כִּי סָלְקַתְּ לְהָתָם, אַקֵּיף וְזִיל אַסּוּלָּמָא דְצוֹר, וְזִיל לְגַבֵּי דְּרַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי וּבְעִי מִינֵּיהּ: כִּסֵּא, מָה אַתּוּן בֵּיהּ?
Beitzah 25b
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ביצה כ״ה במַסֶּכֶת בֵּיצָה