Cependant, les placer sur un tesson de terre cuite brûlant est permis, car il n'y a là pas de souci d'éteindre ou d'allumer.
עַל גַּבֵּי חֶרֶס — מוּתָּר.
Et Rabba dit : placer les épices sur un tesson de terre cuite chaud est aussi interdit, parce que cela produit une senteur nouvelle dans le tesson, et qu'on ne peut créer de choses nouvelles un jour de fête. La Guemara note que, de même, Rabba et Rav Yossef ont dit tous deux : il est interdit de renverser une coupe contenant du parfum sur des vêtements de soie un jour de fête. Quelle est la raison de cet interdit ? C'est parce que cela produit une senteur nouvelle dans le vêtement.
וְרַבָּה אָמַר: עַל גַּבֵּי חֶרֶס נָמֵי אָסוּר, מִשּׁוּם דְּקָא מוֹלֵיד רֵיחָא. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: סַחוֹפֵי כָּסָא אַשִּׁירָאֵי בְּיוֹמָא טָבָא — אָסוּר, מַאי טַעְמָא — מִשּׁוּם דְּקָמוֹלֵיד רֵיחָא.
La Guemara demande : et en quoi ce cas diffère-t-il de celui dont traite la baraïta suivante : on peut presser un morceau de bois aromatique entre ses doigts et le sentir, et on peut aussi en couper un éclat afin d'en libérer le parfum et le sentir ? En ces cas aussi on produit une senteur ! La Guemara répond : là, la senteur existe de toute façon, et l'on ne fait qu'ajouter au parfum — car presser ou couper fait que l'odeur est plus forte. Ici, en revanche, où l'on renverse une coupe de parfum sur un vêtement, on produit une senteur nouvelle. Rava, cependant, dit : il est même permis de saupoudrer les épices aromatiques sur les braises elles-mêmes, tout comme il est permis de placer de la viande sur des braises pour la rôtir.
וּמַאי שְׁנָא מִמּוֹלְלוֹ וּמֵרִיחַ בּוֹ וְקוֹטְמוֹ וּמֵרֵיחַ בּוֹ? הָתָם — רֵיחָא מִיהָא אִיתָא, וְאוֹסוֹפֵי הוּא דְּקָא מוֹסִיף רֵיחָא. הָכָא — אוֹלוֹדֵי הוּא דְּקָמוֹלֵיד רֵיחָא. רָבָא אָמַר: עַל גַּבֵּי גַּחֶלֶת נָמֵי מוּתָּר, מִידֵּי דְּהָוֵה אַבִּשְׂרָא אַגּוּמְרֵי.
La Guemara rapporte que Rav Geviha de Bei Katil enseigna un jour, à l'entrée de la maison de l'Exilarque, que le ketoura est permis un jour de fête, mais il n'ajouta aucune précision. Améimar lui dit : que signifie ketoura ? Si cela signifie nouer (ketira) des nœuds ornementaux à la main, c'est là l'acte d'un artisan et c'est donc certainement interdit un jour de fête. Et si cela se rapporte à brûler de l'encens (ketoret), c'est aussi interdit, car on éteint une partie des braises quand on saupoudre la poudre aromatique dessus. Rav Achi lui dit : en réalité, cela se rapporte à brûler de l'encens, ce qui est permis, tout comme il est permis de placer de la viande sur des braises pour la rôtir.
דָּרֵשׁ רַב גְּבִיהָא מִבֵּי כְתִיל אַפִּתְחָא דְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא: קִטּוּרָא שְׁרֵי. אֲמַר לֵיהּ אַמֵּימָר: מַאי ״קִטּוּרָא״? אִי קִטּוּרָא בִּידֵי — מַעֲשֵׂה אוּמָּן הוּא, וְאִי לְעַשֵּׁן — אָסוּר, דְּהָא קָא מְכַבֶּה! אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי: לְעוֹלָם לְעַשֵּׁן, מִידֵּי דְּהָוֵה אַבִּשְׂרָא אַגּוּמְרֵי.
D'aucuns rapportent une version légèrement différente de cette histoire, où Améimar dit à Rav Geviha : que signifie ketoura ? Si cela signifie nouer des nœuds ornementaux à la main, c'est l'acte d'un artisan, ce qui est interdit. Si cela se rapporte à brûler de l'encens, c'est aussi interdit, car on produit une senteur nouvelle. Rav Achi dit : j'ai énoncé cette halakha à Rav Geviha, et je l'ai énoncée au nom d'un grand homme, Rava — à savoir qu'en réalité cela se rapporte à brûler de l'encens, ce qui est permis, tout comme il est permis de placer de la viande sur des braises pour la rôtir.
אִיכָּא דְאָמְרִי. אֲמַר לֵיהּ אַמֵּימָר: מַאי ״קִטּוּרָא״? אִי קִטּוּרָא בִּידֵי — מַעֲשֵׂה אוּמָּן הוּא. אִי לְעַשֵּׁן — אָסוּר דְּקָא מוֹלֵיד רֵיחָא! אָמַר רַב אָשֵׁי: אֲנָא אַמְרִיתַהּ נִהֲלֵיהּ, וּמִשְּׁמֵיהּ דְּגַבְרָא רַבָּה אַמְרִיתַהּ נִהֲלֵיהּ: לְעוֹלָם לְעַשֵּׁן, וּמִידֵּי דְּהָוֵה אַבִּשְׂרָא אַגּוּמְרֵי.
§ Il est enseigné dans la Michna que l'une des trois indulgences de Rabban Gamliel était qu'on peut préparer un chevreau entier (mékoulas) — c'est-à-dire un chevreau rôti tout entier, avec ses entrailles sur sa tête — la nuit de Pessa'h. Il est enseigné dans une baraïta à ce sujet que Rabbi Yossi dit : Théodose (Todos) de Rome, chef de la communauté juive là-bas, institua pour les Juifs de Rome la coutume de manger des chevreaux entiers la nuit de Pessa'h, en commémoration de la pratique suivie au Temple. Les Sages lui envoyèrent un message : n'étais-tu pas Théodose, un personnage important, nous aurions décrété l'ostracisme contre toi — car tu fais manger au peuple d'Israël de la nourriture consacrée [qui ne peut être mangée que dans le Temple et ses environs] hors du Temple.
וְעוֹשִׂין גְּדִי מְקוּלָּס. תַּנְיָא רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי הִנְהִיג אֶת בְּנֵי רוֹמִי לֶאֱכוֹל גְּדִי מְקוּלָּס בְּלֵילֵי פְּסָחִים. שְׁלַחוּ לֵיהּ: אִלְמָלֵא תּוֹדוֹס אַתָּה, גּוֹזְרָנוּ עָלֶיךָ נִדּוּי, שֶׁאַתָּה מַאֲכִיל אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל קָדָשִׁים בַּחוּץ.
La Guemara s'étonne : peut-il te venir à l'esprit que les Sages voulaient vraiment dire que Théodose faisait manger au peuple d'Israël de la nourriture consacrée hors du Temple ? Ces chevreaux ne sont certainement pas des animaux consacrés ! Plutôt, dis qu'il faisait manger au peuple quelque chose de semblable à de la nourriture consacrée, que les gens pourraient prendre à tort pour une offrande pascale.
קָדָשִׁים סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: כְּעֵין קָדָשִׁים.
Mishna 1
MICHNA : il est trois choses que Rabbi Elazar ben Azarya permet et que les Sages interdisent : sa vache sortait le Chabbat avec une lanière décorative entre les cornes. Rabbi Elazar tient qu'une telle lanière est un ornement pour la vache plutôt qu'un fardeau, tandis que les Sages la voient comme un fardeau.
מַתְנִי׳ שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה מַתִּיר וַחֲכָמִים אוֹסְרִים: פָּרָתוֹ יוֹצְאָה בִּרְצוּעָה שֶׁבֵּין קַרְנֶיהָ.(משנה)
Et on peut peigner (mékardin) un animal avec un peigne fin un jour de fête afin d'en ôter les tiques et la saleté du poil ; les Sages l'interdisent, par crainte qu'on n'en vienne ainsi à blesser ou meurtrir l'animal. Et on peut moudre le poivre dont on a besoin la fête, même dans son propre moulin, bien que cela paraisse semblable à un travail de semaine.
וּמְקָרְדִין אֶת הַבְּהֵמָה בְּיוֹם טוֹב. וְשׁוֹחֲקִין אֶת הַפִּלְפְּלִין בָּרֵחַיִם שֶׁלָּהֶן.
Rabbi Yehouda dit : on ne peut peigner un animal pour en ôter tiques et saleté un jour de fête, parce que cela crée certainement une blessure, mais on peut le brosser avec un peigne de bois, car ses dents émoussées ne blessent pas l'animal. Mais les Sages disent : on ne peut peigner, ni même brosser.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין מְקָרְדִין אֶת הַבְּהֵמָה בְּיוֹם טוֹב, מִפְּנֵי שֶׁעוֹשֶׂה חַבּוּרָה, אֲבָל מְקַרְצְפִין. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין מְקָרְדִין, אַף לֹא מְקַרְצְפִין.
Guémara
GUEMARA : au sujet de l'énoncé de la Michna selon lequel la vache de Rabbi Elazar ben Azarya sortait le Chabbat avec une lanière entre les cornes, la Guemara demande : veux-tu dire que Rabbi Elazar ben Azarya n'avait qu'une seule vache ? Mais Rav n'a-t-il pas dit — d'aucuns disent que c'est Rav Yehouda qui dit que Rav dit : Rabbi Elazar ben Azarya prélevait la dîme de ses troupeaux, treize mille veaux chaque année — ce qui signifie qu'il avait dix fois ce nombre de veaux à lui seul ? Pourquoi donc la Michna parle-t-elle de « sa vache » ? La Guemara répond, comme il est enseigné dans la Tossefta : cette vache n'était pas la sienne ; c'était celle de sa voisine. Et parce qu'il ne protesta pas contre sa conduite et ne lui dit pas qu'il est interdit d'agir ainsi, la vache fut appelée de son nom, à son discrédit, comme si elle était la sienne.
גְּמָ׳ לְמֵימְרָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה חֲדָא פָּרָה הַוְיָא לֵיהּ? וְהָאָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: תְּלֵיסַר אַלְפֵי עִגְלֵי הֲוָה מְעַשַּׂר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה מֵעֶדְרֵיהּ כׇּל שַׁתָּא וְשַׁתָּא. תָּנָא: לֹא שֶׁלּוֹ הָיְתָה, אֶלָּא שֶׁל שְׁכֶנְתּוֹ הָיְתָה, וּמִתּוֹךְ שֶׁלֹּא מִיחָה בָּהּ — נִקְרֵאת עַל שְׁמוֹ.
§ Il est enseigné dans la Michna que Rabbi Elazar ben Azarya tient qu'on peut peigner un animal un jour de fête. Les Sages enseignèrent dans une baraïta : qu'est-ce qui est tenu pour peigner et qu'est-ce qui est brosser ? Peigner se fait avec un peigne à dents fines et fait une blessure ; brosser se fait avec un peigne à grosses dents et ne fait pas de blessure.
וּמְקָרְדִין אֶת הַבְּהֵמָה בְּיוֹם טוֹב. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ קֵרוּד וְאֵיזֶהוּ קִרְצוּף? קֵרוּד — קְטַנִּים וְעוֹשִׂין חַבּוּרָה, קִרְצוּף — גְּדוֹלִים וְאֵין עוֹשִׂין חַבּוּרָה.