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Traité Beitzah

22b

Étude de Beitzah 22b

Étude de la Mishna & Guémara 22b

…ce qui n'est pas le cas au sujet d'un œuf. Au sujet d'un œuf pondu un jour de fête, les deux jours de Roch Hachana sont tenus pour un seul long jour et une seule période de sainteté. Ce n'est que par déférence pour le mort que les Sages ont été indulgents quant à l'enterrement le second jour de Roch Hachana ; mais pour toutes les autres affaires, les deux jours de Roch Hachana sont vus comme un seul jour et régis par la même halakha.
מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּבֵיצָה!
Améimar lui dit : je tiens comme l'opinion des Sages de Neharde'a, qui énoncent cette halakha même au sujet d'un œuf pondu la fête et d'autres affaires — car il n'y a pas de différence entre les deux jours de Roch Hachana et les deux jours des autres fêtes. Et quel est ton raisonnement, qui te fait t'inquiéter ? Est-ce que peut-être on prolongera le mois d'Eloul et on le déclarera mois de trente jours — ce qui ferait du second jour de la fête le 1ᵉʳ Tichri, la vraie date de Roch Hachana ? Mais Rav 'Hinnana bar Kahana n'a-t-il pas dit : depuis les jours d'Ezra et au-delà, nous n'avons pas trouvé qu'Eloul ait été fait mois plein de trente jours — il n'y a donc pas lieu à cette inquiétude.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא כִּנְהַרְדָּעֵי סְבִירָא לִי, דְּאָמְרִי אַף בְּבֵיצָה. וּמַאי דַּעְתָּיךְ — דִּלְמָא מְעַבְּרִי לֵיהּ לֶאֱלוּל? הָאָמַר רַב חִינָּנָא בַּר כָּהֲנָא: מִימוֹת עֶזְרָא וְאֵילָךְ לֹא מָצִינוּ אֱלוּל מְעוּבָּר.
§ Il est enseigné dans la MISHNA : on ne peut cuire de miches épaisses un jour de fête, mais seulement des minces. Les Sages enseignèrent la baraïta suivante : Beit Chammaï disent qu'on ne peut cuire de pain épais à Pessa'h, car il pourrait lever avant d'avoir eu le temps de cuire, tandis que Beit Hillel le permettent. Et quelle épaisseur fait d'une miche un « pain épais » permis par Beit Hillel ? Rav Houna dit : jusqu'à une épaisseur d'un téfa'h (paume), comme nous le trouvons de même au sujet du pain de proposition (lé'hem hapanim) au Temple, qui devait lui aussi être non levé et qui avait une épaisseur d'un téfa'h.
וְאֵין אוֹפִין פִּתִּין גְּרִיצִין אֶלָּא רְקִיקִין. תָּנוּ רַבָּנַן, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין אוֹפִין פַּת עָבָה בְּפֶסַח, וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין. וְכַמָּה פַּת עָבָה — אָמַר רַב הוּנָא: טֶפַח. שֶׁכֵּן מָצִינוּ בְּלֶחֶם הַפָּנִים, טֶפַח.
Rav Yossef objecte vigoureusement à cet argument de Rav Houna : si les Sages ont énoncé cette indulgence au sujet du pain de proposition, préparé par des Cohanim — vigilants quant aux mitsvot et veillant à ce que la pâte ne lève pas — diraient-ils de même au sujet d'un pain préparé par des gens ordinaires, qui ne sont pas aussi vigilants ? De plus, s'ils l'ont dit au sujet du pain de proposition, qui est un pain bien pétri (améla), diraient-ils de même au sujet d'un pain qui n'est pas aussi bien pétri ?
מַתְקֵיף לַהּ רַב יוֹסֵף: אִם אָמְרוּ בִּזְרִיזִין — יֹאמְרוּ בְּשֶׁאֵינָן זְרִיזִין? אִם אָמְרוּ בְּפַת עֲמִלָה — יֹאמְרוּ בְּפַת שֶׁאֵינָהּ עֲמִלָה?
Rav Yossef poursuit : s'ils ont énoncé cette indulgence dans le cas du bois sec, qui servait au Temple — car il brûle bien et cuit le pain vite — diraient-ils de même dans le cas du bois humide, qu'utilisent la plupart des gens pour chauffer leurs fours ? De plus, s'ils l'ont dit au sujet du four chaud qui se trouvait au Temple, diraient-ils de même au sujet d'un four ordinaire, typiquement froid en comparaison de celui du Temple ? Et enfin, s'ils l'ont dit au sujet du four de métal du Temple, qui chauffe vite, diraient-ils de même au sujet du four de terre cuite que la plupart des gens utilisent pour cuire leur pain ?
אִם אָמְרוּ בְּעֵצִים יְבֵשִׁים — יֹאמְרוּ בְּעֵצִים לַחִים? אִם אָמְרוּ בַּתַּנּוּר חַם — יֹאמְרוּ בְּתַנּוּר צוֹנֵן? אִם אָמְרוּ בְּתַנּוּר שֶׁל מַתֶּכֶת — יֹאמְרוּ בְּתַנּוּר שֶׁל חֶרֶס?
Rav Yirmeya bar Abba dit : j'ai interrogé mon maître en privé — et qui est ce maître ? C'est Rav. Rav Yirmeya lui demanda : que signifie « pain épais » ? Rav expliqua que cela signifie une grande quantité de pain, une grande masse de pâte préparée en une seule fois. Le souci ici n'est pas que le pain puisse lever, mais que sa préparation implique un effort superflu un jour de fête.
אָמַר רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: שְׁאֵלִית אֶת רַבִּי בְּיִחוּד, וּמַנּוּ — רַב: מַאי פַּת עָבָה? פַּת מְרוּבָּה.
D'aucuns disent que Rav Yirmeya bar Abba dit que Rav dit : j'ai interrogé mon maître en privé — et qui est le maître de Rav ? C'est notre saint Rabbi Yehouda HaNassi. Et il expliqua la chose ainsi : que signifie « pain épais » ? Cela signifie une grande quantité de pain. Et pourquoi l'appelle-t-on « pain épais » ? Parce qu'il foisonne grandement au moment du pétrissage et paraît donc très épais. Ou bien, au lieu où vivait ce tanna de la Michna, une grande quantité de pain s'appelait « pain épais ».
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַב: שְׁאֵלִית אֶת רַבִּי בְּיִחוּד, וּמַנּוּ — רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ: מַאי פַּת עָבָה? פַּת מְרוּבָּה. וְאַמַּאי קָרוּ לֵיהּ פַּת עָבָה? מִשּׁוּם דִּנְפִישָׁא בְּלִישָׁה. אִי נָמֵי, בְּאַתְרֵיהּ דְּהַאי תַּנָּא, פַּת מְרוּבָּה — פַּת עָבָה קָרוּ לֵיהּ
La Guemara demande : or, puisque l'interdit ici est parce qu'on s'exerce inutilement, pourquoi la baraïta a-t-elle enseigné cette halakha spécifiquement au sujet de Pessa'h ? La même halakha devrait valoir aussi pour les autres fêtes. La Guemara répond : oui, il en est bien ainsi — la halakha ne se limite pas à Pessa'h ; mais le tanna qui a enseigné cette halakha traitait alors de la fête de Pessa'h et a donc mentionné cette halakha en lien avec cette fête, bien qu'elle s'applique également aux autres. La Guemara remarque que cela est aussi enseigné dans une baraïta : Beit Chammaï disent : on ne peut cuire une grande quantité de pain à aucune fête, tandis que Beit Hillel le permettent.
מִכְּדִי מִשּׁוּם דְּקָטָרַח טִרְחָא דְּלָא צְרִיךְ הוּא, מַאי אִרְיָא פֶּסַח? אֲפִילּוּ בִּשְׁאָר יָמִים טוֹבִים נָמֵי! אִין הָכִי נָמֵי. וְתַנָּא, בְּיוֹם טוֹב דְּפֶסַח קָאֵי. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין אוֹפִין פַּת מְרוּבָּה בְּיוֹם טוֹב, וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין.
Mishna 1
MICHNA : Rabban Gamliel énonça aussi trois choses comme indulgences, à l'opposé de l'avis de la plupart des Sages : on peut balayer la pièce des divans un jour de fête — c'est-à-dire la salle à manger, où l'on s'étendait sur des divans pour manger — car il n'y a pas à craindre qu'en balayant on n'en vienne à combler les creux et à niveler le sol. Et on peut placer de l'encens, fait d'herbes odorantes, sur des braises afin de parfumer sa maison un jour de fête. Et on peut préparer un chevreau entier (mékoulas) — c'est-à-dire un chevreau rôti tout entier, avec ses entrailles sur sa tête — la nuit de Pessa'h, comme c'était la coutume quand on rôtissait l'agneau pascal au Temple. Cependant, les Sages interdisent ces trois pratiques : il est interdit de balayer de peur qu'on n'en vienne à niveler le sol ; il est interdit de brûler de l'encens parce que cela ne répond pas aux critères de la préparation de nourriture permise ; et il est interdit de manger un chevreau rôti tout entier la nuit de Pessa'h parce que cela aurait l'air de manger de la nourriture consacrée hors du Temple.
מַתְנִי׳ אַף הוּא אָמַר שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים לְהָקֵל: מְכַבְּדִין בֵּית הַמִּטּוֹת, וּמַנִּיחִין אֶת הַמּוּגְמָר בְּיוֹם טוֹב, וְעוֹשִׂין גְּדִי מְקוּלָּס בְּלֵילֵי פְסָחִים. וַחֲכָמִים אוֹסְרִין.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Rav Assi dit : la controverse touchant l'encens ne s'applique qu'à un cas où l'on souhaite brûler l'encens afin de parfumer ses vêtements. Mais si l'on brûle l'encens afin de jouir de l'odeur, tous s'accordent que c'est comme les autres plaisirs du corps, dont la satisfaction a le même statut que la préparation de nourriture, et c'est donc permis.
גְּמָ׳ אָמַר רַב אַסִּי: מַחְלוֹקֶת לְגַמֵּר, אֲבָל לְהָרִיחַ — דִּבְרֵי הַכֹּל מוּתָּר.
La Guemara soulève une objection à la compréhension de Rav Assi à partir de la Tossefta suivante : on ne peut balayer la pièce des divans un jour de fête de peur qu'on ne comble des creux et ne nivelle le sol, mais dans la maison de Rabban Gamliel on balayait, car ils ne partageaient pas ce souci. Rabbi Eliézer bar Tsadok dit : en maintes occasions, j'ai suivi mon père, Rabbi Tsadok, dans la maison de Rabban Gamliel, et j'ai observé qu'on ne balayait pas effectivement la pièce des divans un jour de fête, mais qu'on faisait plutôt ceci : on balayait la pièce la veille de la fête et on étendait des draps dessus pour qu'elle ne se salît pas, et le lendemain, quand les invités entraient, on ôtait les draps, et il se trouvait que la maison était nettoyée d'elle-même. Les autres Sages lui dirent : s'il en est ainsi, c'est permis de le faire le Chabbat aussi, et il n'y a pas de controverse en ce cas.
מֵיתִיבִי: אֵין מְכַבְּדִין בֵּית הַמִּטּוֹת בְּיוֹם טוֹב, וְשֶׁל בֵּית רַבָּן גַּמְלִיאֵל מְכַבְּדִין. אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בַּר צָדוֹק: פְּעָמִים הַרְבֵּה נִכְנַסְתִּי אַחַר אַבָּא, לְבֵית רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְלֹא הָיוּ מְכַבְּדִין בֵּית הַמִּטּוֹת בְּיוֹם טוֹב, אֶלָּא מְכַבְּדִין אוֹתָן מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, וּפוֹרְסִין עֲלֵיהֶם סְדִינִין. לְמָחָר, כְּשֶׁאוֹרְחִים נִכְנָסִין, מְסַלְּקִין אֶת הַסְּדִינִין וְנִמְצָא הַבַּיִת מִתְכַּבֵּד מֵאֵלָיו. אָמְרוּ לוֹ: אִם כֵּן, אַף בַּשַּׁבָּת מוּתָּר לַעֲשׂוֹת כֵּן.
La Tossefta poursuit : de même, on ne peut placer d'encens sur des braises un jour de fête, mais dans la maison de Rabban Gamliel on en plaçait. Rabbi Eliézer bar Tsadok dit : en maintes occasions, j'ai suivi mon père dans la maison de Rabban Gamliel, et j'ai remarqué qu'on ne plaçait pas effectivement d'encens sur des braises un jour de fête, mais qu'on apportait plutôt des cassolettes perforées (ardaskaot) de fer, qu'on les emplissait de fumée odorante la veille de la fête et qu'on en bouchait les trous la veille de la fête afin que leur senteur ne s'échappât pas. Le lendemain, quand les invités entraient, on ouvrait les trous, libérant l'odeur dans toute la maison, et il se trouvait que la maison était parfumée d'elle-même.
וְאֵין מַנִּיחִין אֶת הַמּוּגְמָר בְּיוֹם טוֹב, וְשֶׁל בֵּית רַבָּן גַּמְלִיאֵל מַנִּיחִין. אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בַּר צָדוֹק: פְּעָמִים הַרְבֵּה נִכְנַסְתִּי אַחַר אַבָּא לְבֵית רַבָּן גַּמְלִיאֵל, וְלֹא הָיוּ מַנִּיחִין אֶת הַמּוּגְמָר בְּיוֹם טוֹב, אֶלָּא מְבִיאִין עַרְדַּסְקָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל וּמְעַשְּׁנִין אוֹתָן מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, וּפוֹקְקִין נִקְבֵיהֶן מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב. לְמָחָר, כְּשֶׁאוֹרְחִים נִכְנָסִין, פּוֹתְחִין אֶת נִקְבֵיהֶן וְנִמְצָא הַבַּיִת מִתְגַּמֵּר מֵאֵלָיו.
Beitzah 22b
100%
ביצה כ״ב במַסֶּכֶת בֵּיצָה