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Traité Beitzah

19a

Étude de Beitzah 19a

Étude de la Mishna & Guémara 19a

Et si tu veux, dis plutôt que la Michna est conforme aux Sages, et que, un jour de fête, il est permis même d'immerger un ustensile impur en raison de son eau afin de purifier l'ustensile. Et toute la Michna vise le Chabbat, où il est interdit d'immerger un ustensile impur, mais où il est permis de purifier une eau impure en la mettant en contact avec une eau pure dans un ustensile de pierre.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא רַבָּנַן, וְכוּלַּהּ מַתְנִיתִין בְּשַׁבָּת.
§ Les Sages enseignèrent dans une baraïta : au sujet d'un ustensile devenu impur la veille d'une fête, on ne peut l'immerger pendant le crépuscule (bein hachemachot) — laps de temps au statut douteux, jour profane ou fête — en raison de la possibilité de violer l'interdit d'immerger des ustensiles un jour de fête.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּלִי שֶׁנִּטְמָא מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב — אֵין מַטְבִּילִין אוֹתוֹ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת.
Rabbi Chimon Chezouri dit : même un jour de semaine on ne peut immerger un ustensile impur pendant le crépuscule, parce que l'ustensile requiert le coucher du soleil (héérev chémech). Après qu'un ustensile impur a été immergé, il demeure impur à certaines fins jusqu'à ce que le soleil se soit couché et que les étoiles soient sorties. Si l'on immerge un ustensile impur pendant le crépuscule, alors, en raison de l'incertitude sur le jour ou la nuit, on doit attendre un jour entier de plus — jusqu'au coucher de soleil suivant — avant de s'en servir. Il est donc préférable de ne pas se mettre dans une situation où l'on pourrait en venir à user d'un ustensile avant que son processus de purification ne soit achevé.
רַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי אוֹמֵר: אַף בַּחוֹל אֵין מַטְבִּילִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ.
La Guemara demande : et le premier tanna n'exige-t-il pas le coucher du soleil ? Il est clair que c'est requis ! Rava dit : j'ai trouvé les Sages de l'école de Rav assis et disant, à ce sujet, qu'ils divergent sur la question de savoir s'il faut ou non admettre le principe que l'intention d'une personne se révèle par ses actes. Et quelles sont les circonstances de cette controverse ? C'est, par exemple, un cas où l'on tenait un ustensile en main et courait au moment du crépuscule pour l'immerger.
וְתַנָּא קַמָּא לָא בָּעֵי הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ? אֲמַר רָבָא: אַשְׁכַּחְתִּינְהוּ לְרַבָּנַן דְּבֵי רַב דְּיָתְבִי וְקָא אָמְרִי, בְּמַחְשַׁבְתּוֹ נִכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו קָמִפַּלְגִי. וְהֵיכִי דָּמֵי — כְּגוֹן דְּנָקֵיט מָנָא בִּידֵיהּ, וְרָהֵיט וְאָזֵיל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת לְאַטְבּוֹלֵיהּ.
Ce Sage-ci — les Sages — tient que le fait qu'il coure indique qu'il sait que l'ustensile requiert le coucher du soleil. S'il arrive tard au bain rituel, il comprendra qu'il doit attendre un jour de plus, et il n'y a pas à craindre qu'il en vienne à user de l'ustensile le jour même. Par conséquent, il est interdit d'immerger l'ustensile pendant le crépuscule la veille d'une fête, car — puisqu'il peut déjà faire nuit et qu'il ne pourra user de l'ustensile que le soir suivant — immerger l'ustensile serait tenu pour préparer une chose un jour de fête pour un jour profane, ce qui est interdit. Mais il est permis d'immerger un ustensile pendant le crépuscule un soir de semaine ordinaire.
מָר סָבַר: הַאי דְּקָא רָהֵיט וְאָזֵיל — מִידָּע יָדַע דְּבָעֵי הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ.
Et ce Sage-là — Rabbi Chimon Chezouri — tient que peut-être court-il à cause de son travail qu'il n'a pas fini à temps, et non nécessairement parce qu'il sait que la purification de son ustensile requiert le coucher du soleil. Il croit pouvoir user de l'ustensile aussitôt après l'immersion ; les Sages ont donc décrété qu'on ne devrait jamais immerger d'ustensiles pendant le crépuscule.
וּמָר סָבַר: מֵחֲמַת מְלַאכְתּוֹ הוּא דְּקָרָהֵיט.
Rava poursuit : et je leur ai dit : au sujet du principe que l'intention d'une personne se révèle par ses actes, tous s'accordent qu'il est admis. Là où ils divergent, c'est, par exemple, dans un cas où un ustensile est devenu impur par contact avec une bête rampante (chérets) de taille inférieure à un volume de lentille, et où le propriétaire de l'ustensile vint devant les Sages demander si un ustensile devient impur par contact avec moins d'un volume de lentille ou non. Un Sage — Rabbi Chimon Chezouri — tient que, puisqu'il ne sait pas cette chose (qu'un chérets plus petit qu'un volume de lentille ne transmet pas l'impureté), il est logique qu'il ne sache pas non plus la halakha du coucher du soleil ; il y a donc lieu de lui interdire d'immerger des ustensiles pendant le crépuscule même un jour de semaine. Et un Sage — les Sages — qui permet une telle immersion un jour de semaine, tient que c'est seulement cette halakha sur la taille du chérets qu'il ignore, mais que l'exigence du coucher du soleil, il la connaît, car elle est énoncée explicitement dans la Torah.
וְאָמֵינָא לְהוּ אֲנָא: בְּמַחְשַׁבְתּוֹ נִכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו — דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי. כִּי פְּלִיגִי כְּגוֹן דְּאִיטַּמִּי בְּפָחוֹת מִכַּעֲדָשָׁה, וַאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּנַן לְשַׁיּוֹלֵי: בְּפָחוֹת מִכַּעֲדָשָׁה אִיטַּמִּי אִי לָא? מָר סָבַר: מִדְּהָא לָא גְּמִיר, הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ נָמֵי לָא גְּמִיר, וּמָר סָבַר: הָא הוּא דְּלָא גְּמִיר, הָא הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ גְּמִיר.
Il a été enseigné dans la Michna qu'on peut immerger un jour de fête d'un principe à un autre et d'un groupe à un autre. La Guemara cherche à préciser le sens de cet énoncé. Les Sages enseignèrent dans une baraïta : comment immerge-t-on d'un principe à un autre ? Celui qui souhaite faire son pressoir — c'est-à-dire immerger et purifier des ustensiles pour son pressoir, en plus de la purification de sa cruche impure — le peut. Autrement dit, si d'abord il n'entendait qu'immerger sa cruche impure, mais qu'ensuite il a changé d'avis et a décidé de l'utiliser pour son pressoir, et qu'il souhaite immerger la cruche une seconde fois pour le pressoir, il lui est permis de le faire.
וּמַטְבִּילִין מִגַּב לְגַב. תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד מִגַּב לְגַב? הָרוֹצֶה לַעֲשׂוֹת גִּתּוֹ עַל גַּב כַּדּוֹ,
De même, celui qui souhaite faire sa cruche en plus de la purification de ses ustensiles pour son pressoir le peut. C'est-à-dire que si à l'origine il entendait user de la cruche pour son pressoir, et qu'après l'avoir immergée il a décidé de ne pas l'y employer, et que maintenant il souhaite immerger sa cruche une seconde fois, il lui est permis de le faire. Puisque la seconde immersion ne purifie pas l'ustensile ni n'accomplit d'obligation, elle n'est pas tenue pour une immersion en règle et n'est pas interdite un jour de fête.
וְכַדּוֹ עַל גַּב גִּתּוֹ — עוֹשֶׂה.
De même, comment immerge-t-on d'un groupe à un autre ? Si l'on projetait de manger l'offrande pascale avec ce groupe, et qu'on s'est immergé soi-même ou ses ustensiles impurs à cette fin ; et que maintenant on s'est ravisé et souhaite manger l'offrande avec un groupe différent, et qu'on veut s'immerger soi-même ou ses ustensiles une seconde fois pour le second groupe — en pareil cas on a la permission de le faire même un jour de fête, pour la même raison : puisque cette immersion n'est pas obligatoire, elle n'est pas tenue pour une immersion du tout.
כֵּיצַד מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה? הָיָה אוֹכֵל בַּחֲבוּרָה זוֹ, וְרוֹצֶה לֶאֱכוֹל בַּחֲבוּרָה אַחֶרֶת — הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ.
Mishna 1
MICHNA : Beit Chammaï disent : on peut apporter des offrandes de paix (chelamim) un jour de fête, mais on ne peut placer les mains sur elles (semikha), car cela est tenu pour se servir d'animaux, ce qui est interdit un jour de fête par décret rabbinique. Cependant, on ne peut apporter d'holocaustes (olot), hormis les offrandes obligatoires quotidiennes et supplémentaires du jour, parce que les holocaustes sont entièrement consumés sur l'autel et non par les hommes, et que l'abattage n'est permis un jour de fête que pour la consommation humaine. Et Beit Hillel disent : on peut apporter à la fois des offrandes de paix et des holocaustes, et l'on peut même placer les mains sur elles.
מַתְנִי׳ בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מְבִיאִין שְׁלָמִים וְאֵין סוֹמְכִין עֲלֵיהֶן, אֲבָל לֹא עוֹלוֹת. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מְבִיאִין שְׁלָמִים וְעוֹלוֹת וְסוֹמְכִין עֲלֵיהֶן.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Oulla dit : la controverse ne porte que sur les offrandes de paix de la fête ('haguiga, une obligation de la fête) quant au fait de placer les mains sur elles, et sur les holocaustes d'apparition (olot réiya, qu'on doit apporter au cours de la fête) quant au fait de les sacrifier. Car Beit Chammaï tiennent que le verset « Vous la célébrerez (ve'haggotem) comme une fête pour l'Éternel, sept jours dans l'année » (Vayikra 23, 41) indique : les offrandes de paix de la fête ('haguiga), oui, peuvent être sacrifiées même un jour de fête, mais les holocaustes d'apparition, non. Et Beit Hillel tiennent : « pour l'Éternel » signifie que tout ce qu'on apporte en offrande à l'Éternel peut être sacrifié au long des sept jours de la fête, même le jour de fête lui-même.
גְּמָ׳ אָמַר עוּלָּא: מַחְלוֹקֶת בְּשַׁלְמֵי חֲגִיגָה לִסְמוֹךְ, וְעוֹלַת רְאִיָּיה לִיקְרַב. דְּבֵית שַׁמַּאי סָבְרִי: ״וְחַגֹּתֶם אוֹתוֹ חַג לַה׳״, חֲגִיגָה — אִין, עוֹלַת רְאִיָּיה — לָא. וּבֵית הִלֵּל סָבְרִי: ״לַה׳״, כֹּל דְּלַה׳.
Beitzah 19a
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ביצה י״ט אמַסֶּכֶת בֵּיצָה