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Traité Beitzah

16a

Étude de Beitzah 16a

Étude de la Guémara 16a

Guémara
Toute la subsistance d'une personne lui est allouée durant la période qui va de Roch Hachana à Yom Kippour. À ce moment, alors que chacun est jugé, il est décrété exactement combien d'argent il gagnera pour toutes ses dépenses de l'année à venir — à l'exception des dépenses pour les Chabbatot, des dépenses pour les fêtes, et des frais de scolarité de l'étude de la Torah de ses fils. En ces domaines, aucune somme exacte n'est fixée au début de l'année ; plutôt, s'il a réduit ce qu'il y consacre, son revenu est réduit et il gagne d'autant moins cette année-là ; et s'il a augmenté ses dépenses en ces domaines, son revenu est augmenté pour assurer qu'il puisse couvrir la dépense. On peut donc emprunter à ces fins, puisqu'on a la garantie d'avoir un revenu suffisant pour couvrir ce qu'on y dépense.
כׇּל מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם קְצוּבִים לוֹ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד יוֹם הַכִּפּוּרִים, חוּץ מֵהוֹצָאַת שַׁבָּתוֹת וְהוֹצָאַת יוֹם טוֹב וְהוֹצָאַת בָּנָיו לְתַלְמוּד תּוֹרָה, שֶׁאִם פָּחַת — פּוֹחֲתִין לוֹ, וְאִם הוֹסִיף — מוֹסִיפִין לוֹ.
Rabbi Abbahou dit : quel est le verset d'où ce dicton est tiré ? La source est : « Sonnez du chofar à la néoménie, au temps voilé pour notre jour de fête » (Téhilim 81, 4). À quelle fête la lune nouvelle est-elle voilée ? Tu dois dire que c'est Roch Hachana, qui tombe le premier du mois, quand la lune n'est pas encore visible — tandis que la lune est visible lors des autres fêtes, qui tombent au milieu du mois. Et il est écrit au verset suivant : « Car c'est un statut ('hok) pour Israël, un jugement du Dieu de Jacob » (Téhilim 81, 5).
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, מַאי קְרָאָה: ״תִּקְעוּ בַחֹדֶשׁ שׁוֹפָר (בַּכֵּסֶא) לְיוֹם חַגֵּנוּ״, אֵיזֶהוּ חַג שֶׁהַחֹדֶשׁ מִתְכַּסֶּה בּוֹ — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה רֹאשׁ הַשָּׁנָה, וּכְתִיב: ״כִּי חֹק לְיִשְׂרָאֵל הוּא מִשְׁפָּט לֵאלֹהֵי יַעֲקֹב״.
La Guemara explique : d'où peut-on inférer que ce mot « statut » ('hok) est un terme relatif à la nourriture ? Comme il est écrit : « Et ils mangèrent leur ration ('houkkam) que Pharaon leur donna » (Béréchit 47, 22). Mar Zoutra dit : on peut apprendre que 'hok se rapporte à la nourriture d'ici : « Nourris-moi du pain qui m'est imparti ('houkki) » (Michlé 30, 8).
מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״חֹק״ לִישָּׁנָא דִּמְזוֹנֵי הוּא, דִּכְתִיב: ״וְאָכְלוּ אֶת חֻקָּם אֲשֶׁר נָתַן לָהֶם פַּרְעֹה״. מָר זוּטְרָא אָמַר, מֵהָכָא: ״הַטְרִיפֵנִי לֶחֶם חֻקִּי״.
Il est enseigné dans une baraïta : on disait de Chammaï l'Ancien que tous ses jours il mangeait en l'honneur du Chabbat. Comment cela ? S'il trouvait un bel animal, il disait : celui-ci est pour le Chabbat. Si ensuite il en trouvait un autre plus beau, il mettait le second de côté pour le Chabbat et mangeait le premier. Il mangeait le premier pour laisser l'animal de meilleure qualité pour le Chabbat — ce qui faisait continuellement de son repas un acte d'honneur du Chabbat.
תַּנְיָא: אָמְרוּ עָלָיו עַל שַׁמַּאי הַזָּקֵן, כׇּל יָמָיו הָיָה אוֹכֵל לִכְבוֹד שַׁבָּת. מָצָא בְּהֵמָה נָאָה, אוֹמֵר: זוֹ לַשַּׁבָּת. מָצָא אַחֶרֶת נָאָה הֵימֶנָּה — מַנִּיחַ אֶת הַשְּׁנִיָּה וְאוֹכֵל אֶת הָרִאשׁוֹנָה.
Cependant, Hillel l'Ancien avait un trait différent : toutes ses actions, y compris celles d'un jour de semaine, étaient pour l'amour du Ciel, comme il est dit : « Béni soit le Seigneur jour après jour ; Il porte notre fardeau, le Dieu qui est notre salut ; Séla » (Téhilim 68, 20) — c'est-à-dire que Dieu donne une bénédiction pour chaque jour. Cela est aussi enseigné dans une baraïta, en termes plus généraux : Beit Chammaï disent : dès le premier jour de la semaine, le dimanche, commence déjà à te préparer pour ton Chabbat. Et Beit Hillel disent : « Béni soit le Seigneur jour après jour. »
אֲבָל הִלֵּל הַזָּקֵן — מִדָּה אַחֶרֶת הָיְתָה לוֹ, שֶׁכׇּל מַעֲשָׂיו לְשֵׁם שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרוּךְ ה׳ יוֹם יוֹם״, תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מֵחַד שַׁבָּיךְ לְשַׁבְּתָיךְ, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: ״בָּרוּךְ ה׳ יוֹם יוֹם״.
§ À propos des énoncés sur l'honneur du Chabbat, la Guemara cite un autre énoncé sur le même thème. Rabbi 'Hama, fils de Rabbi 'Hanina, dit : celui qui fait un présent à son ami n'a pas besoin de l'en informer, et il n'a pas à craindre que le bénéficiaire ne sache pas qui le lui a donné. Comme il est dit : « Et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait » (Chémot 34, 29) ; Moïse reçut ce don à son insu.
אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: הַנּוֹתֵן מַתָּנָה לַחֲבֵרוֹ אֵין צָרִיךְ לְהוֹדִיעוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמֹשֶׁה לֹא יָדַע כִּי קָרַן עוֹר פָּנָיו״.
La Guemara soulève une objection à cela. N'est-il pas écrit : « Toutefois, vous garderez Mes Chabbatot, car c'est un signe entre Moi et vous au long de vos générations, pour que vous sachiez que Je suis l'Éternel qui vous sanctifie » (Chémot 31, 13) — que les Sages ont expliqué ainsi : le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : Moïse, J'ai un beau présent dans Mon trésor, et son nom est le Chabbat, et Je souhaite le donner au peuple d'Israël ; va et informe-les de Mon intention. Et de là Rabban Chimon ben Gamliel a dit : celui qui fait à un enfant le présent d'un morceau de pain doit en informer sa mère, afin que les parents de l'enfant aient conscience des sentiments affectueux du donateur à leur égard — renforçant ainsi les relations amicales entre les Juifs. Cela semble en contradiction directe avec l'énoncé de Rabbi 'Hama.
מֵיתִיבִי: ״לָדַעַת כִּי אֲנִי ה׳ מְקַדִּשְׁכֶם״, אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: מֹשֶׁה! מַתָּנָה טוֹבָה יֵשׁ לִי בְּבֵית גְּנָזַי וְשַׁבָּת שְׁמָהּ, וַאֲנִי מְבַקֵּשׁ לִיתְּנָהּ לְיִשְׂרָאֵל, לֵךְ וְהוֹדִיעַ אוֹתָם. מִכָּאן אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: הַנּוֹתֵן פַּת לְתִינוֹק, צָרִיךְ לְהוֹדִיעַ לְאִמּוֹ.
La Guemara répond : ce n'est pas une difficulté. Ce cas-ci, où l'on n'a pas à informer le bénéficiaire, vise un présent susceptible d'être révélé — comme le visage rayonnant de Moïse, que chacun lui aurait signalé ; ce cas-là, où l'on doit informer le bénéficiaire, vise un présent qui n'est pas susceptible d'être révélé dans le cours naturel des choses. La Guemara objecte : le Chabbat n'est-il pas aussi un présent susceptible d'être révélé, puisque les Juifs allaient finalement être instruits du temps et de la nature du Chabbat ? La Guemara répond : néanmoins, sa récompense n'est pas susceptible d'être révélée ; c'est pourquoi Dieu dit à Moïse d'informer les Juifs du présent du Chabbat et de sa récompense.
לָא קַשְׁיָא: הָא בְּמַתָּנָה דַּעֲבִידָא לְאִגַּלּוֹיֵי, הָא בְּמַתָּנָה דְּלָא עֲבִידָא לְאִגַּלּוֹיֵי. שַׁבָּת נָמֵי מַתָּנָה דַּעֲבִידָא לְאִגַּלּוֹיֵי! מַתַּן שְׂכָרָהּ לָא עֲבִידָא לְאִגַּלּוֹיֵי.
Le Maître a dit plus haut que de là Rabban Chimon ben Gamliel a dit : celui qui fait à un enfant le présent d'un morceau de pain doit en informer sa mère. La Guemara demande : que lui fait-il — comment informe-t-il la mère de l'enfant ? Il frotte de l'huile sur lui et lui peint les yeux en bleu, de sorte que, lorsque l'enfant rentre, sa mère lui demande qui lui a fait cela, et il répondra que c'est une personne qui lui a aussi donné un morceau de pain. La Guemara remarque : et de nos jours, où nous craignons la sorcellerie — c'est-à-dire que peindre les yeux de l'enfant pourrait avoir été un acte de magie — que faire ? Rav Papa dit : il frotte sur l'enfant un peu de ce même type d'aliment qu'il a mis sur le pain, comme du beurre ou du fromage, et cela fera remarquer à la mère de l'enfant qu'il a reçu un présent.
אָמַר מָר, מִכָּאן אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: הַנּוֹתֵן פַּת לְתִינוֹק צָרִיךְ לְהוֹדִיעַ לְאִמּוֹ. מַאי עָבֵיד לֵיהּ? שָׁיֵיף לֵיהּ מִשְׁחָא וּמָלֵי לֵיהּ כּוּחְלָא. וְהָאִידָּנָא דְּחָיְישִׁינַן לִכְשָׁפִים, מַאי? אָמַר רַב פָּפָּא: שָׁיֵיף לֵיהּ מֵאוֹתוֹ הַמִּין.
La Guemara cite un autre énoncé au sujet du présent du Chabbat au peuple d'Israël. Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon ben Yo'haï : toutes les mitsvot que le Saint, béni soit-Il, donna au peuple d'Israël, Il les leur donna en public (parhessya), à l'exception du Chabbat, qu'Il leur donna en secret. Comme il est dit : « C'est un signe entre Moi et les enfants d'Israël à jamais » (Chémot 31, 17) — c'est-à-dire qu'en un sens, c'est un secret entre Dieu et le peuple d'Israël.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: כׇּל מִצְוֹת שֶׁנָּתַן לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל — נָתַן לָהֶם בְּפַרְהֶסְיָא, חוּץ מִשַּׁבָּת שֶׁנָּתַן לָהֶם בְּצִנְעָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בֵּינִי וּבֵין בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אוֹת הִיא לְעוֹלָם״.
La Guemara objecte : s'il est vrai qu'il fut donné en secret, de sorte que tous ne le connaissaient pas, les non-Juifs ne devraient pas être punis de ne pas avoir voulu l'accepter — alors qu'ils sont passibles de châtiment pour avoir refusé d'accepter les autres mitsvot de la Torah. La Guemara répond : le Saint, béni soit-Il, les informa bien du concept du Chabbat, mais Il ne les informa pas de la récompense de l'accomplissement de la mitsva. Et si tu veux, dis plutôt qu'Il informa aussi les non-Juifs de sa récompense, mais qu'au sujet de l'âme supplémentaire donnée à chacun le Chabbat, Il ne les informa pas.
אִי הָכִי, לָא לִעַנְשׁוּ גּוֹיִם עֲלַהּ? שַׁבָּת — אוֹדוֹעֵי אוֹדְעִינְהוּ, מַתַּן שְׂכָרָהּ — לָא אוֹדְעִינְהוּ. וְאִי בָּעֵית אֵימָא: מַתַּן שְׂכָרָהּ נָמֵי אוֹדְעִינְהוּ, נְשָׁמָה יְתֵירָה — לָא אוֹדְעִינְהוּ.
Car Rabbi Chimon ben Lakich a dit : le Saint, béni soit-Il, donne à l'homme une âme supplémentaire (néchama yétéra) la veille du Chabbat, et à l'issue du Chabbat la lui retire, comme il est dit : « Il cessa de l'œuvre et reprit souffle (vayinafach) » (Chémot 31, 17). Rabbi Chimon ben Lakich explique le verset ainsi : puisqu'il a cessé de l'œuvre, et que le Chabbat s'est maintenant achevé et que son âme supplémentaire lui est retirée — malheur (vaï) pour l'âme (néfech) qui est perdue.
דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: נְשָׁמָה יְתֵירָה נוֹתֵן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּאָדָם עֶרֶב שַׁבָּת, וּלְמוֹצָאֵי שַׁבָּת נוֹטְלִין אוֹתָהּ הֵימֶנּוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שָׁבַת וַיִּנָּפַשׁ״, כֵּיוָן שֶׁשָּׁבַת וַוי אָבְדָה נֶפֶשׁ.
Beitzah 16a
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ביצה ט״ז אמַסֶּכֶת בֵּיצָה