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Traité Beitzah

11a

Étude de Beitzah 11a

Étude de la Mishna & Guémara 11a

…leur nœud s'use et se défait. Par conséquent, il est possible que quelqu'un n'ait pris qu'une seule des deux bourses.
דְּמִתְעַכַּל קִטְרַיְיהוּ.
§ La Michna a enseigné que si l'on a désigné des pigeonneaux à l'intérieur du nid et qu'on les a trouvés devant le nid, ils sont interdits. La Guemara remarque : disons que cela soutient l'opinion de Rabbi 'Hanina, car Rabbi 'Hanina a dit : dans un cas mettant en jeu une majorité et un objet proche, on suit la majorité. Puisque les pigeons venus de l'extérieur sont plus nombreux que ceux qu'on a désignés, on présume que ces pigeonneaux sont de la majorité, et ils sont donc interdits.
בְּתוֹךְ הַקֵּן וּמָצָא לִפְנֵי הַקֵּן — אֲסוּרִין. לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי חֲנִינָא, דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: רוֹב וְקָרוֹב — הַלֵּךְ אַחַר הָרוֹב!
Abayé dit, en réfutation de cette prétention : ici, nous traitons d'une corniche fixée à l'avant du nid, où tous les pigeons se rassemblent ; le principe touchant la majorité et l'objet proche ne s'applique donc pas à ce cas. Rava dit : ici, nous traitons de deux nids, l'un au-dessus de l'autre — c'est-à-dire des nids adjacents, et non deux nids quelconques. Et il n'est pas besoin d'énoncer que, dans le cas où l'on a désigné les pigeonneaux du nid inférieur sans désigner ceux du supérieur, et qu'on a trouvé des pigeonneaux dans l'inférieur sans en trouver dans le supérieur, tous sont interdits — car nous disons : ceux qui étaient dans le nid inférieur s'en sont allés vers l'extérieur, tandis que ceux qui sont présents se sont traînés et sont descendus.
אָמַר אַבָּיֵי: בְּדַף. רָבָא אָמַר: בִּשְׁנֵי קִנִּין זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ עָסְקִינַן. וְלָא מִבַּעְיָא זִמֵּן בַּתַּחְתּוֹנָה וְלֹא זִמֵּן בָּעֶלְיוֹנָה, וּמָצָא בַּתַּחְתּוֹנָה וְלֹא מָצָא בָּעֶלְיוֹנָה — דַּאֲסִירָן, דְּאָמְרִינַן: הָנָךְ אֲזַלוּ לְעָלְמָא, וְהָנָךְ אִשְׁתְּרַבּוֹבֵי אִשְׁתַּרְבּוּב וּנְחוּת.
Plutôt, même si l'on a désigné des pigeonneaux dans le nid supérieur sans désigner ceux du nid inférieur, et qu'on est venu trouver des pigeonneaux dans le supérieur sans en trouver dans l'inférieur, ceux du nid supérieur sont aussi interdits — car nous disons : ceux qu'on avait désignés à l'origine s'en sont allés vers l'extérieur, et ceux du nid inférieur se sont agrippés et ont grimpé. Il y a donc matière à inquiétude dans ces deux cas.
אֶלָּא אֲפִילּוּ זִמֵּן בָּעֶלְיוֹנָה וְלֹא זִמֵּן בַּתַּחְתּוֹנָה, וּבָא וּמָצָא בָּעֶלְיוֹנָה וְלֹא מָצָא בַּתַּחְתּוֹנָה — הָנָךְ נָמֵי אֲסִירִי, דְּאָמְרִינַן: הָנָךְ אֲזַלוּ לְעָלְמָא, וְהָנָךְ סָרוֹכֵי סָרוּךְ וּסְלִיקוּ.
La Michna énonce que s'il n'y a pas là d'autres qu'eux, ils sont permis. La Guemara demande : quelles sont les circonstances ? Si l'on dit que la Michna traite de pigeonneaux déjà capables de voler, on peut dire que ceux qu'on a désignés s'en sont allés vers l'extérieur, et que ceux qui sont présents sont d'autres.
וְאִם אֵין שָׁם אֶלָּא הֵן — הֲרֵי אֵלּוּ מוּתָּרִין. הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא בִּמְפוֹרָחִין, אִיכָּא לְמֵימַר: הָנָךְ אֲזַלוּ לְעָלְמָא, וְהָנֵי אַחֲרִינֵי נִינְהוּ.
Plutôt, la Michna doit viser des pigeonneaux qui ne peuvent que sautiller d'un endroit à l'autre. Mais si elle traite d'un cas où il y a un autre nid de pigeons à moins de cinquante coudées, les pigeonneaux pourraient avoir sauté et venir de ce nid ; et s'il n'y a pas de nid à moins de cinquante coudées, il est évident qu'ils sont permis — car d'où auraient-ils pu venir ? Comme l'a dit Mar Oukva bar 'Hama : toute créature qui sautille ne sautille pas plus de cinquante coudées.
אֶלָּא בְּמִדַּדִּין. אִי דְּאִיכָּא קֵן בְּתוֹךְ חֲמִשִּׁים אַמָּה — אִדַּדּוֹיֵי אִדַּדּוֹ, וְאִי דְּלֵיכָּא קֵן בְּתוֹךְ חֲמִשִּׁים אַמָּה — פְּשִׁיטָא דְּמוּתָּרִין, דְּאָמַר מָר עוּקְבָא בַּר חָמָא: כׇּל הַמְדַדֶּה — אֵין מְדַדֶּה יוֹתֵר מֵחֲמִשִּׁים אַמָּה.
La Guemara répond : en réalité, la Michna vise un cas où il y a un autre nid à moins de cinquante coudées, et traite d'une situation où ce nid supplémentaire est situé après un coin par rapport au premier, et non en ligne droite. De peur que tu ne dises « les pigeonneaux ont sauté d'un nid à l'autre », la Michna nous enseigne donc : partout où un pigeonneau sautille, se retourne et voit son nid, il continuera de sautiller ; mais s'il ne peut plus voir son nid d'origine, il ne sautillera pas plus loin.
לְעוֹלָם דְּאִיכָּא קֵן בְּתוֹךְ חֲמִשִּׁים אַמָּה, וּכְגוֹן דְּקָיְימָא בְּקֶרֶן זָוִית. מַהוּ דְּתֵימָא: אִדַּדּוֹיֵי אִדַּדּוֹ, קָא מַשְׁמַע לַן כׇּל הֵיכָא דְּמִדַּדֵּה וַהֲדַר חָזֵי לְקִנֵּיהּ — מִדַּדֵּה, וְאִי לָא — לָא מִדַּדֵּה.
Mishna 1
MICHNA : Beit Chammaï disent : on ne peut prendre un gros pilon d'un mortier — normalement utilisé pour piler le blé en bouillie — pour quelque autre usage un jour de fête, par exemple pour y découper de la viande ; et Beit Hillel le permettent. De même, Beit Chammaï disent : on ne peut placer une peau non traitée devant ceux qui la fouleront, car cela constitue le travail interdit de tanner un jour de fête ; et on ne peut soulever la peau de sa place, car elle est tenue pour mouktsé, à moins qu'il n'y ait dessus un kazayit de viande, auquel cas on peut la porter en raison de sa viande ; et Beit Hillel le permettent dans les deux cas.
מַתְנִי׳ בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין נוֹטְלִים אֶת הָעֱלִי לְקַצֵּב עָלָיו בָּשָׂר, וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין נוֹתְנִין אֶת הָעוֹר לִפְנֵי הַדּוֹרְסָן. וְלֹא יַגְבִּיהֶנּוּ, אֶלָּא אִם כֵּן יֵשׁ עִמּוֹ כְּזַיִת בָּשָׂר, וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין.(משנה)
Guémara
GUEMARA : le Sage enseigna dans une baraïta : et Beit Chammaï et Beit Hillel s'accordent que si l'on a déjà découpé sur le pilon la viande dont on a besoin pour la fête, il est interdit de déplacer le pilon davantage le jour de fête. La raison : l'ustensile est mouktsé en tant qu'objet dont la fonction première est un usage interdit (kéli chémlakhto le'issour), et il n'est donc permis de le manier que lorsqu'on en a besoin.
גְּמָ׳ תָּנָא: וְשָׁוִין שֶׁאִם קִצֵּב עָלָיו בָּשָׂר — שֶׁאָסוּר לְטַלְטְלוֹ.
Abayé dit : cette controverse s'applique spécifiquement au cas du pilon ; mais dans le cas d'une enclume de bois servant à briser les os, tous s'accordent que c'est permis. La Guemara demande : c'est évident — nous avons appris dans la Michna « un pilon » ! Pourquoi penserait-on qu'un objet même pas mentionné dans la Michna serait interdit ?
אָמַר אַבָּיֵי: מַחֲלוֹקֶת בֶּעֱלִי, אֲבָל בְּתָבְרָא גַּרְמֵי — דִּבְרֵי הַכֹּל מוּתָּר. פְּשִׁיטָא, עֱלִי תְּנַן!
La Guemara répond : l'énoncé d'Abayé est nécessaire, de peur que tu ne dises : il en va de même — Beit Chammaï et Beit Hillel divergent — même au sujet d'une enclume de bois servant à briser les os ; et si la Michna enseigne spécifiquement « un pilon », c'est pour faire connaître la portée extrême de l'opinion de Beit Hillel, qui permettent de déplacer même un objet dont la fonction première est un usage interdit. Abayé nous enseigne donc que Beit Chammaï et Beit Hillel n'ont pas divergé au sujet d'une enclume de bois servant à briser les os.
מַהוּ דְּתֵימָא: הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ תָּבְרָא גַּרְמֵי נָמֵי. וְהַאי דְּקָתָנֵי עֱלִי, לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחָן דְּבֵית הִלֵּל, דַּאֲפִילּוּ דָּבָר שֶׁמְּלַאכְתּוֹ לֶאֱסוֹר נָמֵי שָׁרוּ — קָא מַשְׁמַע לַן.
D'aucuns rapportent une version différente de la discussion précédente. Abayé dit : il n'est besoin de dire que « même une enclume de bois neuve servant à briser les os est aussi permise ». De peur que tu ne dises : peut-être se ravisera-t-on et ne brisera-t-on pas d'os dessus, mais la mettra-t-on de côté pour un autre usage — Abayé nous enseigne donc que ce n'est pas un souci.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר אַבָּיֵי: לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא אֲפִילּוּ תָּבְרָא גַּרְמֵי חַדְתִּי, מַהוּ דְּתֵימָא: מִמְּלֵךְ וְלָא תָּבַר עֲלַהּ — קָא מַשְׁמַע לַן.
Beitzah 11a
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ביצה י״א אמַסֶּכֶת בֵּיצָה