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Traité Bechorot

57a

Étude de Bechorot 57a

Étude de la Mishna & Guémara 57a

Et Rabbi Yohanan suit son raisonnement établi à cet égard. Comme le dit Rav Asi, Rabbi Yohanan dit: Les frères qui ont divisé les biens immobiliers reçus en héritage sont considérés comme des acheteurs qui ont acheté les uns aux autres, et en tant qu'acheteurs de terres, ils doivent se rendre les parts les uns aux autres au cours de l'année jubilaire, après quoi ils peuvent redistribuer la propriété. Cela démontre que Rabbi Yohanan ne considère pas qu’il est établi rétroactivement que la part de chaque frère lui a été attribuée à la mort de leur père. On considère plutôt que toutes les terres étaient une propriété commune jusqu'à ce que les frères échangent ou achètent leurs parts respectives.
וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָאַחִין שֶׁחָלְקוּ — לָקוֹחוֹת הֵן, וּמַחְזִירִין זֶה לָזֶה בַּיּוֹבֵל.
La Guemara note: Et les deux déclarations de Rabbi Yohanan sont nécessaires. Car, s’il nous avait enseigné cette halakha seulement ici, à propos de la dîme des animaux, on aurait pu penser que c’est dans ce cas que Rabbi Yohanan dit que chacun n’a pas reçu sa propre part. En effet, le cas doit être similaire au cas de votre fils aîné, conformément à la juxtaposition entre les deux cas. Tout comme votre fils premier-né n'est racheté que s'il est clair pour vous qu'il est votre fils, et non s'il a été acheté à un autre, de même vos bovins et vos moutons ne sont soumis à la dîme animale que s'il est clair pour vous, c'est-à-dire s'il n'y a aucun aspect d'acquisition. Mais dans le cas d'un champ, on pourrait penser que c'est seulement à propos d'un champ vendu que le Miséricordieux déclare que l'acheteur doit le restituer au cours de l'année jubilaire, alors qu'un champ qui est un héritage ou un don n'a pas besoin d'être restitué.
וּצְרִיכִי, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הָכָא, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן דּוּמְיָא דְּבִנְךָ, מָה בִּנְךָ בְּבָרוּר לָךְ, אַף שׁוֹרְךָ וְצֹאנְךָ בְּבָרוּר לָךְ; אֲבָל שָׂדֶה מֶכֶר הוּא דְּאָמַר רַחֲמָנָא לֶיהְדַּר בְּיוֹבֵל, יְרוּשָּׁה וּמַתָּנָה לָא!
Et si Rabbi Yohanan nous avait seulement enseigné la halakha selon laquelle un champ hérité de deux frères doit être restitué au cours de l’année jubilaire, on aurait pu penser que Rabbi Yohanan était incertain et a donc jugé qu’il était strict. Si tel était le cas, il statuerait également de manière stricte sur la dîme des animaux, considérant les frères comme responsables. Alternativement, on pourrait penser que Rabbi Yohanan règle de cette manière concernant le retour des champs au cours de l’année jubilaire uniquement parce que le champ doit revenir à ce qu’il était au début. Mais ici, dans le cas de la dîme sur les animaux, où il n'y a pas d'obligation de remettre les choses à leur état initial, on pourrait dire que les frères ne sont pas considérés comme des acheteurs, mais que chacun a reçu les animaux qui lui étaient rétroactivement désignés et qu'ils sont donc obligés de payer la dîme sur les animaux. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire que Rabbi Yohanan enseigne les deux cas.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן שָׂדֶה — לְחוּמְרָא, אִי נָמֵי לְכַתְּחִלָּה, אֲבָל הָכָא — אֵימָא לָא, צְרִיכָא.
La Guemara élève une objection d'un baraïta contre l'opinion selon laquelle il y a une désignation rétroactive des animaux: Et de même dans le cas de deux partenaires qui ont partagé leurs biens communs, et l'un a pris dix agneaux et l'autre neuf agneaux et un chien, il est interdit de sacrifier l'un des dix agneaux pris en échange du chien. En effet, ils sont considérés comme « le prix d’un chien », comme il est dit dans la Torah (Deutéronome 23: 19), puisqu’ils ont été donnés en échange. Néanmoins, les neuf agneaux emmenés avec le chien peuvent être sacrifiés. La Guemara explique l'objection: Et si vous dites qu'il y a une désignation rétroactive, pourquoi les dix agneaux sont-ils tous interdits? Qu'il choisisse un des agneaux qui corresponde au chien et qu'il l'emporte, et tous les autres agneaux devraient être autorisés.
מֵיתִיבִי: וְכֵן הַשּׁוּתָּפִין שֶׁחָלְקוּ, אֶחָד נָטַל עֲשָׂרָה וְאֶחָד נָטַל תִּשְׁעָה וָכֶלֶב — שֶׁכְּנֶגֶד הַכֶּלֶב אֲסוּרִין, שֶׁעִם הַכֶּלֶב מוּתָּרִים. וְאִם אָמְרַתְּ יֵשׁ בְּרֵירָה, לִיבְרוֹר חַד מִינַּיְיהוּ לְבַהֲדֵי כֶלֶב וְלִשְׁקוֹל, וְהָנָךְ לִישְׁתְּרוֹ!
Rav Ashi a dit: S'il s'agit d'un cas où ils sont tous égaux en valeur, on peut en effet considérer qu'un seul des agneaux correspond au chien. Ici, nous avons affaire à un cas où ils n'ont pas tous la même valeur les uns aux autres, mais la valeur de ce chien est d'un et un peu plus que la valeur de chacun des dix agneaux. Par conséquent, on ne peut pas mettre de côté un seul agneau en échange du chien, et par conséquent on tire cette petite somme supplémentaire, c'est-à-dire la valeur supplémentaire du chien, et on la divise entre les neuf autres agneaux. De ce fait, les dix agneaux sont tous interdits, puisqu'une partie du prix d'un chien est incluse dans chacun d'eux.
אָמַר רַב אָשֵׁי: אִי דְּשָׁווּ כּוּלְּהוּ לַהֲדָדֵי — הָכִי נָמֵי, הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? דְּלָא שָׁווּ כּוּלְּהוּ לַהֲדָדֵי, וְשָׁוֵי הַאי כַּלְבָּא חַד וּמַשֶּׁהוּ, וְהַאי מַשֶּׁהוּ מָשֵׁיךְ וְאָתֵי בְּכוּלְּהוּ.
Mishna 1
MISHNA: Tous les bovins, moutons et chèvres entrent dans l'enclos pour recevoir la dîme, à l'exception d'un animal croisé de diverses espèces, par exemple un hybride d'une chèvre et d'un mouton; un tereifa; un animal né par césarienne; celui dont l'heure n'est pas encore arrivée, c'est-à-dire qui a moins de huit jours, date à laquelle les animaux deviennent éligibles au sacrifice; et un orphelin. Et qu'est-ce qu'un orphelin? Il s'agit de tout animal dont la mère est morte ou a été abattue en lui donnant naissance et a par la suite achevé de lui donner naissance. Rabbi Yehoshoua dit: Même si sa mère a été abattue mais que sa peau existe à la naissance, c'est-à-dire si la peau de sa mère est présente après la naissance, ce n'est pas un orphelin.
מַתְנִי׳ הַכֹּל נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר, חוּץ מִן כִּלְאַיִם, וּטְרֵפָה, וְיוֹצֵא דּוֹפֶן, וּמְחוּסַּר זְמַן, וְהַיָּתוֹם. וְאֵיזֶהוּ יָתוֹם? כֹּל שֶׁמֵּתָה אִמָּהּ שֶׁנִּשְׁחֲטָה וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אֲפִילּוּ נִשְׁחֲטָה אִמָּהּ וְהַשֶּׁלַח קַיָּים — אֵין זֶה יָתוֹם.(משנה)
Guémara
GEMARA: La Guemara demande: D'où proviennent ces questions, c'est-à-dire le fait que ces animaux ne sont pas inclus dans la dîme animale? La Guemara répond: Comme les Sages l'ont enseigné dans une baraïta qui traite des offrandes en général: « Lorsqu'un taureau, ou un mouton ou une chèvre naîtra, il restera sept jours sous sa mère, mais à partir du huitième jour, il pourra être accepté pour une offrande faite par le feu à l'Éternel » (Lévitique 22:27). L’expression « un taureau ou un mouton » sert à exclure un animal né de diverses espèces; « ou une chèvre » sert à exclure un animal qui ressemble à un autre, par exemple un mouton qui est la progéniture de deux moutons mais qui ressemble à une chèvre, ou vice versa; « quand… est né » sert à exclure un animal né par césarienne; « alors ce sera sept jours » sert à exclure un animal dont l'heure n'est pas encore arrivée; « sous sa mère » sert à exclure un orphelin.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״שׁוֹר אוֹ כֶשֶׂב״ — פְּרָט לְכִלְאַיִם, ״אוֹ עֵז״ — פְּרָט לְנִדְמֶה, ״כִּי יִוָּלֵד״ — פְּרָט לְיוֹצֵא דוֹפֶן, ״וְהָיָה שִׁבְעַת יָמִים״ — פְּרָט לִמְחוּסַּר זְמַן, ״תַּחַת אִמּוֹ״ — פְּרָט לְיָתוֹם.
La baraïta continue: D’où vient-il que ces halakhot s’appliquent également à la dîme des animaux? Le rabbin Yishmael, fils du rabbin Yohanan ben Beroka, dit que cela s'apprend par une analogie verbale à partir du terme « en dessous ». Il est dit ici, à propos de la dîme des animaux: « Tout ce qui passe sous la verge » (Lévitique 27:32), et il est dit là, à propos de toutes les offrandes: « Sous sa mère » (Lévitique 22:27). De même que là, dans le cas de toutes les offrandes, le verset sert à exclure toutes ces catégories, de même ici, en ce qui concerne la dîme des animaux, le verset sert à exclure toutes ces catégories. Et tout comme ici, en ce qui concerne la dîme des animaux, le verset sert à exclure un tereifa, comme le dit le verset: « Tout ce qui passe sous le bâton », et un tereifa est incapable de passer sans aide, de même là aussi, en ce qui concerne toutes les offrandes, le verset sert à exclure un tereifa.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״תַּחַת הַשָּׁבֶט״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״תַּחַת אִמּוֹ״. מָה לְהַלָּן — פְּרָט לְכׇל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ, אַף כָּאן — פְּרָט לְכׇל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ. וּמָה כָּאן — פְּרָט לִטְרֵפָה, אַף לְהַלָּן — פְּרָט לִטְרֵפָה.
§ La Guemara demande: Que sert à inclure le terme expansif de la mishna: Tout? La Guemara répond qu'elle sert à inclure cette halakha que les Sages ont enseignée dans une baraïta: Concernant un animal qui a copulé avec une personne, ou un animal qui a été l'objet de la bestialité, ou un animal qui a été réservé au culte des idoles, ou qui a été adoré comme une divinité, ou qui a été donné en paiement à une prostituée ou comme prix d'un chien, ou un tumtum, c'est-à-dire un animal dont les organes sexuels sont indéterminés, ou un hermaphrodite, c'est-à-dire un animal présentant des organes sexuels des deux sexes, tous entrent dans l'enclos pour recevoir la dîme malgré le fait qu'ils ne peuvent pas être apportés en offrande. Rabbi Shimon ben Yehuda dit au nom de Rabbi Shimon: Un tumtum et un hermaphrodite n'entrent pas dans l'enclos pour recevoir la dîme.
״הַכֹּל״, לְאֵיתוֹיֵי מַאי? לְאֵיתוֹיֵי הָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: הָרוֹבֵעַ, וְהַנִּרְבָּע, וְהַמּוּקְצֶה, וְהַנֶּעֱבָד, וְהָאֶתְנַן, וְהַמְחִיר, וְטוּמְטוּם, וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס — כּוּלָּן נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן: טוּמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס אֵין נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר.
La Guemara soulève une difficulté: Mais quant au tanna de notre mishna, s’il dérive l’analogie verbale de: « Sous » (Lévitique 27: 32) et: « Sous » (Lévitique 22:27), du verset faisant référence aux animaux sacrificiels, alors ces types énumérés dans la baraïta ne devraient pas non plus entrer dans l’enclos pour recevoir la dîme, car ils sont tous disqualifiés pour être sacrifiés. Et s’il ne tire pas l’analogie verbale avec les animaux sacrificiels, d’où tire-t-il l’exemption de ces catégories énumérées dans la mishna, par exemple celui dont l’heure n’est pas encore arrivée et un orphelin?
וְתַנָּא דִּידַן, אִי גָּמַר ״תַּחַת״ ״תַּחַת״ מִקֳּדָשִׁים — הָנֵי נָמֵי לָא, וְאִי לָא יָלֵיף — הָנֵי מְנָא לֵיהּ?
La Guemara répond: En fait, le tanna tire effectivement l'analogie verbale, mais ces catégories énumérées dans la baraïta sont incluses par le Miséricordieux dans la dîme animale. Comme il est écrit à propos des animaux qui ne peuvent pas être offerts en offrande: « Vous n'offrirez pas de pain de la main d'un étranger de votre Dieu d'aucun de ces animaux, car ils ont une corruption et un défaut en eux » (Lévitique 22:25). Ce verset indique que la corruption est considérée comme un défaut, et l'école de Rabbi Yishmael a enseigné: Partout où le terme: Corruption est utilisé, il ne fait référence à rien d'autre qu'à une question de libertinage et d'adoration des idoles.
לְעוֹלָם גָּמַיר, וְהָנֵי רַחֲמָנָא רַבִּינְהוּ, דִּכְתִיב: ״כִּי מׇשְׁחָתָם בָּהֶם מוּם בָּם לֹא יֵרָצוּ לָכֶם״, וְתָאנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ הַשְׁחָתָה, אֵינוֹ אֶלָּא דְּבַר עֶרְוָה וַעֲבוֹדָה זָרָה.
La baraïta soutient cette affirmation: La corruption est une référence à une question de libertinage, comme il est écrit à propos de la génération du déluge: « Et Dieu vit la terre, et voici, elle était corrompue; car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre » (Genèse 6: 12). Et la corruption fait également référence au culte des idoles, comme il est écrit: « De peur que vous ne commettiez la corruption et que vous ne fassiez de vous une image taillée, une forme quelconque, une ressemblance d'homme ou de femme » (Deutéronome 4:16).
דְּבַר עֶרְוָה — דִּכְתִיב: ״כִּי הִשְׁחִית כׇּל בָּשָׂר אֶת דַּרְכּוֹ עַל הָאָרֶץ״, עֲבוֹדָה זָרָה — דִּכְתִיב: ״פֶּן תַּשְׁחִיתוּן וַעֲשִׂיתֶם לָכֶם פֶּסֶל תְּמוּנַת כׇּל סָמֶל תַּבְנִית זָכָר אוֹ נְקֵבָה״.
Bechorot 57a
100%
בכורות נ״ז אמַסֶּכֶת בְּכוֹרוֹת