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Traité Bechorot

56a

Étude de Bechorot 56a

Étude de la Guémara 56a

Guémara
Comme la rédemption de ton fils premier-né ne s'applique pas à un enfant acheté ou reçu en don — la mitsva ne visant que ton propre fils —, de même la mitsva de prélever la dîme de ton troupeau et de ton bétail ne s'applique pas aux animaux achetés ou reçus en don.
מָה בָּנֶיךָ — אֵין בְּלָקוּחַ וּבְמַתָּנָה, אַף צֹאנְךָ וּבְקָרְךָ — אֵינוֹ בְּלָקוּחַ וּבְמַתָּנָה.
La Guemara soulève une difficulté : mais ce verset, qui rapproche le fils premier-né d'un animal, est écrit à propos de la rédemption du premier-né, et non de la dîme des animaux ! La Guemara explique que le verset dit : « Ainsi tu feras pour ton bœuf et pour ton mouton : sept jours il sera avec sa mère ; au huitième jour, tu me le donneras » (Shemot 22, 29). S'il n'est pas nécessaire pour la question du premier-né — car l'animal est déjà consacré dès sa sortie du ventre et ne requiert aucune action pour être sanctifié —, applique-le à la question de la dîme des animaux, où l'animal n'est consacré que lorsque le propriétaire le compte comme le dixième.
וְהַאי בִּבְכוֹר כְּתִיב! אָמַר קְרָא: ״כֵּן תַּעֲשֶׂה״, אִם אֵינוֹ עִנְיָן לִבְכוֹר, דְּלָא אִיתֵיהּ בַּעֲשִׂיָּיה, דִּבְרֶחֶם קָדוֹשׁ — תְּנֵהוּ עִנְיָן לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה.
La Guemara suggère : mais on pourrait plutôt l'appliquer à la question d'une offrande pour péché [hatat] et d'une offrande de culpabilité [asham], plutôt qu'à la dîme des animaux — c'est-à-dire déduire que ces offrandes ne sont consacrées que si elles appartenaient originellement à celui qui tente de les consacrer, et non si elles ont été achetées ou reçues en don. La Guemara explique qu'on déduit la dîme des animaux par analogie avec le cas de : « Ton fils » : comme ton fils ne vient pas être racheté pour expier un péché, de même « ton mouton et ton bœuf », dont parle le verset, visent la dîme des animaux, qui ne vient pas au Temple pour expier un péché. Les offrandes pour péché et de culpabilité ne sont apportées que si l'on a commis un péché.
וְאֵימָא: תְּנֵהוּ עִנְיָן לְחַטָּאת וּלְאָשָׁם! דּוּמְיָא דְּבִנְךָ — מָה בִּנְךָ שֶׁאֵינוֹ בָּא עַל חֵטְא, אַף צֹאנְךָ וְשׁוֹרְךָ שֶׁאֵינוֹ בָּא עַל חֵטְא.
La Guemara suggère : mais on pourrait plutôt l'appliquer à la question d'un holocauste [ola] et d'une offrande de paix [shelamim], que l'on peut apporter même sans avoir péché, comme la dîme des animaux. La Guemara explique qu'on déduit la dîme des animaux par analogie avec le cas de : « Ton fils » : comme ton fils ne peut venir sous la forme d'un vœu ou d'un don volontaire [nedava], de même « ton mouton et ton bœuf » visent la dîme des animaux, qui ne peut être apportée ni comme vœu ni comme don volontaire. Il ne s'agit pas d'un holocauste ou d'une offrande de paix, que l'on peut apporter comme vœu ou don volontaire.
וְאֵימָא: תְּנֵהוּ עִנְיָן לְעוֹלָה וְלִשְׁלָמִים! דּוּמְיָא דְּבִנְךָ — מָה בִּנְךָ שֶׁאֵינוֹ בָּא בְּנֶדֶר וּנְדָבָה, אַף צֹאנְךָ וְשׁוֹרְךָ כּוּ׳.
La Guemara suggère : mais on pourrait plutôt l'appliquer à la question de l'holocauste d'apparition [ola re'iya], que l'on apporte en montant à Jérusalem lors de l'une des trois fêtes de pèlerinage. Cette offrande n'est ni pour un péché, ni un vœu ou un don volontaire, car elle est obligatoire. La Guemara explique qu'on déduit la dîme des animaux par analogie avec le cas de : « Ton fils » : comme ton fils n'a pas de date fixe pour être racheté, mais est racheté après le trentième jour de sa naissance, de même « ton bœuf et ton mouton » visent la dîme des animaux, qui n'a pas de date fixe pour être apportée. L'holocauste d'apparition, lui, n'est apporté que lors des trois fêtes de pèlerinage.
וְאֵימָא: תְּנֵהוּ עִנְיָן לְעוֹלַת רְאִיָּיה! דּוּמְיָא דְּבִנְךָ — מָה בִּנְךָ שֶׁאֵין קָבוּעַ לוֹ זְמַן, אַף שׁוֹרְךָ וְצֹאנְךָ שֶׁאֵין קָבוּעַ לוֹ זְמַן.
La Guemara demande : si la halakha de la dîme d'un animal acheté se déduit du rapprochement avec la mitsva de rédemption du fils premier-né, alors toutes les halakhot de l'une devraient s'appliquer à l'autre : comme ton fils premier-né ne peut être acheté en aucune circonstance, de même ton bœuf et ton mouton ne devraient pas être soumis à la dîme s'ils sont achetés. Si tel est le cas, pourquoi Rabbi Assi dit-il que Rabbi Yohanan dit : si l'on a acheté dix fœtus d'animaux encore dans le ventre de leurs mères et que les animaux sont nés une fois qu'on les possédait déjà, ils entrent tous dans l'enclos pour être dîmés ? S'il en est ainsi, il ne devrait pas y avoir de notion de dîme pour des animaux achetés !
אִי מָה בִּנְךָ אֵינוֹ בְּלָקוּחַ כְּלָל, אַף שׁוֹרְךָ וְצֹאנְךָ אֵינוֹ בְּלָקוּחַ כְּלָל, אַלְּמָה אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָקַח עֲשָׂרָה עוּבָּרִין בִּמְעֵי אִמָּן — כּוּלָּם נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר?
Rava répond que le verset dit : « Ainsi tu feras » — le verset exclut les animaux achetés de la dîme des animaux seulement au moment de l'action, c'est-à-dire à partir du moment où les animaux sont aptes à être sacrifiés au Temple, et non tant qu'ils sont encore dans le ventre de leurs mères, car à ce moment ils ne sont pas encore aptes à être offerts sur l'autel.
אָמַר רָבָא, אָמַר קְרָא: ״תַּעֲשֶׂה״ — בִּשְׁעַת עֲשִׂיָּיה מִיעֵט הַכָּתוּב.
La Guemara discute la question elle-même, pour citer l'ensemble de la discussion pertinente. Rabbi Assi dit que Rabbi Yohanan dit : si l'on a acheté dix fœtus d'animaux encore dans le ventre de leurs mères et que les animaux sont nés une fois qu'on les possédait déjà, ils entrent tous dans l'enclos pour être dîmés. La Guemara demande : mais n'avons-nous pas appris dans la michna : celui qui achète un animal ou en reçoit un en don est exempt de la dîme des animaux ? Si tel est le cas, pourquoi le propriétaire de ces fœtus ne serait-il pas aussi exempt ?
גּוּפָא, אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָקַח עֲשָׂרָה עוּבָּרִים בִּמְעֵי אִמָּן — כּוּלָּן נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר. וְהָא אֲנַן תְּנַן: הַלּוֹקֵחַ אוֹ שֶׁנִּיתַּן לוֹ בְּמַתָּנָה פָּטוּר מִן מַעְשַׂר בְּהֵמָה!
Rabbi Elazar dit : j'ai vu Rabbi Yohanan en rêve — signe que je dis une chose juste en expliquant son opinion. Le verset dit : « Ainsi tu feras » (Shemot 22, 29) : le verset exclut les animaux achetés de la dîme des animaux seulement au moment de l'action, c'est-à-dire à partir du moment où les animaux sont aptes à être sacrifiés au Temple. Rabbi Shimon ben Elyakim soulève une objection à Rabbi Elazar à partir d'une baraïta : l'exemption d'un animal acheté s'applique même à un animal dont le temps n'est pas encore venu — c'est-à-dire avant qu'il ait huit jours et soit apte à être sacrifié au Temple. Par la même logique, l'exemption devrait s'appliquer à un fœtus, bien qu'il ne soit pas encore apte à être sacrifié.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: רַבִּי יוֹחָנָן חֲזַאי בְּחֶילְמָא, מִילְּתָא מְעַלְּיָא אָמֵינָא. אָמַר קְרָא ״תַּעֲשֶׂה״, בִּשְׁעַת עֲשִׂיָּיה מִיעֵט הַכָּתוּב. אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְיָקִים לְרַבִּי אֶלְעָזָר: הַלָּקוּחַ חָל עַל מְחוּסַּר זְמַן!
Rabbi Elazar dit à Rabbi Shimon ben Elyakim : cette baraïta n'est pas une source tannaitique sur laquelle on peut s'appuyer, car elle n'est pas exacte. Et si tu dis que cette baraïta est une source tannaitique fiable, elle n'est conforme qu'à l'avis de Rabbi Shimon ben Yehouda au nom de Rabbi Shimon, qui dit qu'un animal dont le temps n'est pas encore venu entre aussi dans l'enclos pour être dîmé, et qu'à cet égard il est comme un premier-né. Comme un premier-né est sanctifié avant que son temps de sacrifice soit venu, mais n'est sacrifié qu'après son temps — c'est-à-dire après qu'il a au moins huit jours —, de même un animal dont le temps n'est pas encore venu entre dans l'enclos pour être dîmé ; s'il sort comme le dixième animal, il est sanctifié avant que son temps de sacrifice soit venu, mais n'est sacrifié qu'après son temps — après qu'il a au moins huit jours.
אֲמַר לֵיהּ: זוֹ אֵינָהּ מִשְׁנָה, וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר מִשְׁנָה — רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה הִיא מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: מְחוּסַּר זְמַן נִכְנָס לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר, וַהֲרֵי הוּא כִּבְכוֹר, מָה בְּכוֹר קָדוֹשׁ לִפְנֵי זְמַנּוֹ וְקָרֵב לְאַחַר זְמַנּוֹ — אַף מְחוּסַּר זְמַן קָדוֹשׁ לִפְנֵי זְמַנּוֹ וְקָרֵב לְאַחַר זְמַנּוֹ.
Un tanna enseigna une baraïta en présence de Rav : quel est le type d'animal réservé en paiement à une prostituée [etnan], au sujet duquel les Sages ont dit (voir 57a) qu'il entre dans l'enclos pour être dîmé ? Tout animal qu'il lui a donné en paiement et qu'il a ensuite racheté auprès d'elle. Le tanna demanda : mais n'est-il pas disqualifié du statut de dîme des animaux en tant qu'animal acheté, puisqu'il l'a racheté auprès de la prostituée ?
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב: אֵיזֶהוּ אֶתְנַן שֶׁנִּכְנָס לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר? כֹּל שֶׁנְּתָנוֹ לָהּ וְחָזַר וּלְקָחוֹ הֵימֶנָּה. וְהָא אִיפְּסִיל לֵיהּ בְּלוֹקֵחַ!
La Guemara répond que cette déclaration a échappé à ce tanna : Rabbi Assi dit que Rabbi Yohanan dit que si l'on a acheté dix fœtus d'animaux encore dans le ventre de leurs mères, ils entrent tous dans l'enclos pour être dîmés. La baraïta peut donc se comprendre comme visant un animal donné à une prostituée en paiement et racheté auprès d'elle alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère.
אִישְׁתְּמִיטְתֵּיהּ הָא דְּאָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָקַח עֲשָׂרָה עוּבָּרִין בִּמְעֵי אִמָּן — כּוּלָּם נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר.

Rachi

בניך אינו בלקוח - דלא שייכא בהו לקיחה ומתנה אלא אצלו נולדו:

ופריך והא בבכור כתיב - ואת ילפת מינה מעשר ועוד בכור קדוש בלקוח ומתנה שהרי משעה שנולד קדוש:,אמר קרא תעשה - כן תעשה לשורך והא ודאי לא מצית מוקמת בבכור דהא מרחם קדוש ולא בעי עשייה שיקדישנה האיש:

לחטאת ולאשם - דלא לייתינהו מלקוח ומתנה:,דומיא דבניך - דמשתעי בבכור אדם מה בכור אינו בא על חטא כו':

בכור אינו נדר ונדבה אלא חובה:

ואימא לעולת ראייה - שהיא חובה ולא על חטא: ,בכור אין זמן קבוע לקדושתו אלא כשנולד קדוש:

בשעת עשייה - בשעה שהן ראויין להתעשר מיעט הכתוב שלא יהו לוקחין ובמעי אמן לאו שעת עשייה היא:

ר' יוחנן חזאי בחילמא כו' - הלילה נראה לי ר"י בחלום והואיל ונראה לי יודע אני בי שאומר היום דבר טעם:,חל על מחוסר זמן - שאם לקחו קודם שבעת ימים ללידתו שוב אינו נכנס לדיר להתעשר וכל שכן אם לקחו גדול. והא מחוסר זמן דלא שעת עשייה היא וחייל עליה דין לקוח:

ואם תימצי לומר משנה ודאי ר' שמעון היא - דלדידיה מחוסר זמן שעת עשייה הוא ומשום הכי לקוח חל עליו ומיהו במעי אמו מודה דאין לקוח חל עליו:

וחזר ולקחו ממנה - ואם יש לו תשעה והוא חייבין במעשר ואם יצא אחד מן הכשירין בעשירי הרי טוב ואם יצא האתנן בעשירי יאכל במומו לבעלים:

אישתמיטתיה - להאי מקשה הא דאמר רבי אסי כו' והכא נמי כגון שנתנו במעי אמו:

Tossafot

ומה בנך אינו בלקוח ומתנה כו' - וא"ת אין דנין אפשר משאי אפשר כדאמר ר"ע במנחות פרק התודה (מנחות דף פב.) וי"ל דהתם הוא דבבנין אב יליף פסח דורות מפסח מצרים אבל הכא היקשא הוא ומודה ר"ע דאמרינן בפ' בנות כותים (נדה לז:) על כרחך הקישן הכתוב וא"ת והא בההיא דתודה נמי מסקינן טעמא דר"א מועבדת שיהא עבודות של חדש שוות ביה ומוכח התם דהיינו היקש ואפ"ה פליג עליה ר"ע ולא קבלה מיניה ואין לומר משום דלית ליה לר"ע ההיא היקשא דהא בפסחים בפרק מי שהיה טמא (פסחים דף צו.) מקשינן ליה אהדדי לכמה דברים מהכא פסח מצרים לפסח דורות וי"ל דכיון דצריכא היקישא לשאר דברים לא שייך למימר התם על כרחן הקישן הכתוב לענין אפשר משאי אפשר וא"ת לר' אחדבוי בר אמי דאמר בפרק בנות כותים (נדה דף לז:) ר"א היא דאמר דנין אפשר משאי אפשר ולית ליה שינויא דעל כרחין הקישם ומה יתרץ כאן וי"ל הא דנעמידנה נמי כר' אליעזר אי נמי איצטריכא ליה היקשא דנדה לשאר דברים ומשום הכי לא מוקי לה כר"ע ומיהו קשה מההיא דאין משלשין במכות (בסוף) (דף ה.) דילפי לה מכות ממיתה והיינו אפשר משאי אפשר וגזרה שוה דהתם צריכה לכמה דברים:

אמר קרא כן תעשה אם אינו ענין לבכור - תימה דבריש עד כמה לעיל (בכורות דף כו:) דרשינן לענין בכור כדאמר אמר קרא כן תעשה הוסיף לך הכתוב עשייה אחרת בשורך וי"ל הא דדרשינן ליה בבכור משום דכתיב בבכור אבל מאחר דאפקיה רחמנא בלשון עשייה דרשינן ליה למעשר משום דבכור לא שייך קדושת עשייה (קדושה):

לקח עשרה עוברין במעי אמן כו' - לאו דוקא דהוא הדין נולדו כיון דהוי מחוסר זמן אי נמי נקט במעי אמן ואפילו לרבי שמעון בן יהודה דאמר מחוסר זמן נכנס לדיר להתעשר:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Bechorot 56a
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בכורות נ״ו אמַסֶּכֶת בְּכוֹרוֹת