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Traité Bechorot

55a

Étude de Bechorot 55a

Étude de la Guémara 55a

Guémara
La Guemara élève une objection à l'opinion d'un baraïta du Rav: Si quelqu'un avait cinq moutons dans le village de Ḥananya et cinq moutons dans le village d'Otnai, qui est à trente-deux milles du village de Ḥananya, ils ne se combinent pas, à moins qu'il n'ait aussi un mouton entre eux, à Tzippori. Il s’agit apparemment d’une réfutation concluante de l’opinion du Rav selon laquelle il doit y avoir au moins cinq moutons au milieu.
מֵיתִיבִי: הָיָה לוֹ חָמֵשׁ בִּכְפַר חֲנַנְיָה וְחָמֵשׁ בִּכְפַר עוֹתְנַי — אֵין מִצְטָרְפוֹת עַד שֶׁיְּהֵא לוֹ אַחַת בְּצִיפּוֹרִי. תְּיוּבְתָּא דְּרַב!
Chmouel a interprété la baraïta conformément à l'opinion du Rav. Le baraïta ne signifie pas qu'il avait cinq moutons de chaque côté, mais il fait plutôt référence à un cas où il avait neuf moutons d'ici et neuf moutons de là et un au milieu. Ce cas est différent, car le mouton du milieu est apte à se combiner avec les animaux d'ici et est apte à se combiner avec les animaux de là, pour constituer un total de dix animaux de chaque côté, auxquels s'applique l'obligation.
תַּרְגְּמַהּ שְׁמוּאֵל אַלִּיבָּא דְּרַב: כְּגוֹן שֶׁהָיוּ תֵּשַׁע מִכָּאן וְתֵשַׁע מִכָּאן וְאַחַת בָּאֶמְצַע, דְּהַהִיא חַזְיָא לְהָכָא וְחַזְיָא לְהָכָא.
Rav Pappa dit: Et selon l'opinion de Chmouel selon laquelle un animal au milieu suffit pour réunir les deux groupes de chaque côté, même si le berger lui-même est au milieu sans aucun mouton, il rassemble les deux troupeaux de chaque côté. Et même si seuls les instruments du berger se trouvent au milieu, ils réunissent les deux troupeaux de chaque côté en un seul troupeau. Puisque le berger doit s'y rendre pour récupérer ses outils, on considère qu'il y est déjà et donc les deux troupeaux sont réunis.
אָמַר רַב פָּפָּא: וְלִשְׁמוּאֵל, אֲפִילּוּ רוֹעֶה מְצָרְפָן, וַאֲפִילּוּ כִּלְיוֹ שֶׁל רוֹעֶה מְצָרְפָן.
Rav Ashi soulève un dilemme: quelle est la halakha dans le cas où le chien du berger est au milieu? Est-ce que cela combine les deux troupeaux en un seul ou non? Puisque le berger peut appeler le chien et qu'il vient, peut-être ne réunit-il pas les deux troupeaux, car le berger lui-même n'a pas besoin d'aller au milieu, donc le chien n'est pas comme les instruments du berger. Ou peut-être, parce que parfois le chien ne vient pas lorsque le berger l'appelle et que dans de tels cas, le berger lui-même doit aller le chercher, il réunit les deux troupeaux. La Guemara déclare que le dilemme ne sera pas résolu.
בָּעֵי רַב אָשֵׁי: כַּלְבָּא דְּרוֹעֶה מַאי? כֵּיוָן דְּקָרֵי לֵיהּ וְאָתֵי לָא מִצְטָרְפִי, אוֹ דִלְמָא זִימְנִין דְּלָא אָתֵי, וּמִצְטָרֵךְ אִיהוּ לְמֵיזַל וְאֵתֹיֵיהּ? תֵּיקוּ.
§ La Michna enseigne que Rabbi Meir dit: Le Jourdain divise les animaux des deux côtés du fleuve en ce qui concerne la dîme des animaux, même si la distance entre eux est minime. Rabbi Ami dit: Ils ont enseigné que le Jourdain sert de séparation seulement lorsqu'il n'y a pas de pont là-bas, mais s'il y a un pont là-bas, le pont réunit les deux troupeaux en un seul aux fins de la dîme.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הַיַּרְדֵּן מַפְסִיק לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה. אָמַר רַבִּי אַמֵּי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין שָׁם גֶּשֶׁר, אֲבָל יֵשׁ שָׁם גֶּשֶׁר — גֶּשֶׁר מְצָרְפָן.
La Guemara note: Apparemment, le Jourdain sert de séparation car le troupeau d'un côté n'est pas proche et ne peut pas rejoindre le troupeau de l'autre côté à cause de la rivière qui les sépare. La Guemara soulève une objection de la part d'un baraïta: Si l'on avait des moutons des deux côtés du Jourdain, ici et là; ou si les troupeaux étaient dans deux comtés [avtilaot], par exemple Namer et Namori, même s'ils étaient sous le contrôle du même dirigeant, les troupeaux ne se regroupent pas, même s'il n'y a pas de rivière entre eux et qu'ils sont distants de moins de trente-deux milles. Et il va sans dire que si un troupeau se trouve à l’extérieur d’Eretz Israël et que l’autre est à l’intérieur d’Eretz Israël, ils ne se combinent pas.
אַלְמָא, מִשּׁוּם דְּלָא מְיקָרְבָן הוּא. מֵיתִיבִי: הָיוּ לוֹ בִּשְׁנֵי עֶבְרֵי הַיַּרְדֵּן אֵילָךְ וְאֵילָךְ, אוֹ בִּשְׁנֵי אַבְטִילָאוֹת כְּגוֹן שֶׁל נָמֵר וְנָמוֹרִי — אֵין מִצְטָרְפִין, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר חוּצָה לָאָרֶץ וָאָרֶץ.
La Guemara clarifie son objection: Mais la séparation entre l'extérieur d'Eretz Yisrael et l'intérieur d'Eretz Yisrael est comme un endroit doté d'un pont, car les deux zones ne sont pas nécessairement séparées par l'eau. Et pourtant la baraïta enseigne qu’ils ne se combinent pas.
וְהָא חוּצָה לָאָרֶץ וָאָרֶץ כִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ גֶּשֶׁר דָּמֵי, וְקָתָנֵי: לֹא מִצְטָרְפִין!
La Guemara revient plutôt sur son explication précédente. Rabbi Hiyya bar Abba dit que Rabbi Yohanan dit: C'est la raison de l'opinion de Rabbi Meir: Comme le dit le verset: « Et le Jourdain devait être sa frontière du côté oriental. Tel était l'héritage des enfants de Benjamin, par ses limites tout autour, selon leurs familles » (Josué 18:20). Ici, le verset présente le Jourdain comme une frontière en soi.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַיְינוּ טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר קְרָא: ״וְהַיַּרְדֵּן יִגְבֹּל אֹתוֹ לִפְאַת קֵדְמָה״, הַכָּתוּב עֲשָׂאוֹ גְּבוּל בִּפְנֵי עַצְמוֹ.
La Guemara soulève une difficulté: Mais s’il en est ainsi, faut-il dire que la démarcation des terres attribuées à chaque tribu a le statut de frontière? Considérez le verset: « Et la frontière était tracée et tournée du côté occidental vers le sud, depuis la montagne qui est devant Beit Horon, vers le sud; et elle débouchait vers Kiriath Baal, qui est Kiriath Jearim, la ville des enfants de Juda; c'était le côté occidental » (Josué 18: 14). Et considérez le verset: « Et la frontière montait du côté de Jéricho au nord, et traversait la montagne vers l'ouest; et elle aboutissait au désert de Beit Aven » (Josué 18: 12). Ici aussi, le verset fait apparemment de chacun de ces lieux une frontière en soi. Si tel est le cas, les troupeaux des deux côtés ne devraient pas se regrouper pour la dîme.
אֶלָּא מֵעַתָּה, ״וְתָאַר הַגְּבוּל״ ״וְעָלָה הַגְּבוּל״, הָכִי נָמֵי הַכָּתוּב עֲשָׂאוֹ גְּבוּל בִּפְנֵי עַצְמוֹ!
La Guemara répond: Là, en ce qui concerne la démarcation de chaque héritage, c'est différent, comme le dit le verset: « Et la frontière descendra jusqu'au Jourdain, et ses débouchés seront vers la mer Morte; ce sera votre pays selon ses frontières tout autour » (Nombres 34:12). Cela enseigne que l’ensemble d’Eretz Israël est considéré comme étant à l’intérieur d’une seule frontière, quelles que soient les démarcations de chaque héritage à l’intérieur.
שָׁאנֵי הָתָם, דְּאָמַר קְרָא: ״זֹאת תִּהְיֶה לָכֶם הָאָרֶץ לִגְבֻלֹתֶיהָ סָבִיב״, כּוּלַּהּ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל גְּבוּל אֶחָד הִיא.
La Guemara soulève une difficulté supplémentaire: si tel est le cas, le Jourdain ne devrait pas non plus être considéré comme une frontière en ce qui concerne la dîme des animaux. La Guemara explique que le verset déclare: « Ceci sera votre pays », ce qui fait référence aux parties de terre qui sont reliées, mais pas aux zones séparées par le Jourdain, qui n'est pas de la terre mais de l'eau.
אִי הָכִי, יַרְדֵּן נָמֵי! ״אֶרֶץ״ — וְלֹא יַרְדֵּן.
La Guemara demande: Certes, selon le rabbin Hiyya bar Abba, qui soutient que la décision du rabbin Meir est un édit de la Torah, c'est la raison pour laquelle le tanna enseigne: Le Jourdain divise les animaux des deux côtés du fleuve en ce qui concerne la dîme des animaux. Mais selon Rabbi Ami, qui considère que le Jourdain sert de cloison car les animaux ne peuvent pas passer d'un côté à l'autre, que Rabbi Meir enseigne son principe concernant toutes les rivières qui ne peuvent être traversées. Ils devraient tous diviser les troupeaux en ce qui concerne la dîme des animaux. La Guemara commente: C'est difficile.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא — הַיְינוּ דְּקָתָנֵי ״יַרְדֵּן״, אֶלָּא לְרַבִּי אַמֵּי — לִיתְנִינְהוּ לְכוּלְּהוּ נְהָרוֹת! קַשְׁיָא.
Bechorot 55a
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בכורות נ״ה אמַסֶּכֶת בְּכוֹרוֹת