Et les autres, c’est-à-dire les Sages de l’école de Rav, pourquoi ne tirent-ils pas de ce verset la halakha selon laquelle le premier-né est mangé pendant deux jours et une nuit? La Guemara répond que si cela en était dérivé, on pourrait dire que le verset compare la halakha d'un premier-né à la poitrine et à la cuisse d'une offrande de remerciement, qui ne sont mangées que pendant un jour et une nuit.
וְאִידַּךְ, אִי מֵהָתָם אִיכָּא לְמֵימַר חָזֶה וָשׁוֹק שֶׁל תּוֹדָה.
La Guemara demande: Et l'autre, Rav Yehuda, citant Rav, comment réagit-il à cela? Le verset déclare: « Et leur chair sera à toi, comme la poitrine agitée et comme la cuisse droite, elle sera à toi » (Nombres 18: 18). Le verset ajoute une autre mention d'une forme du terme étant dans la deuxième phrase: « Cela sera à vous », pour enseigner que le prêtre a un jour supplémentaire pour manger un animal premier-né, c'est-à-dire qu'il est comparé à la poitrine et à la cuisse d'une offrande de paix, et non à celle d'une offrande de remerciement.
וְאִידַּךְ, אָמַר קְרָא: ״לְךָ יִהְיֶה״ — הוֹסִיף לְךָ הַכָּתוּב הֲוָיָה אַחֶרֶת בִּבְכוֹר.
La Guemara demande: Et les autres, les Sages de l'école de Rav, comment répondent-ils à cette affirmation? La Guemara répond: En ce qui concerne la déduction qui en découle, il est possible de dire que cette phrase: « Il sera à vous » enseigne à propos d'un premier-né imparfait que le propriétaire doit le donner au prêtre. Cette dérivation est nécessaire, car nous n'avons pas trouvé cette halakha selon laquelle un premier-né imparfait est donné à un prêtre déclaré explicitement nulle part dans toute la Torah.
וְאִידַּךְ, הָא מֵהָתָם אִיכָּא לְמֵימַר: הַאי ״יִהְיֶה לָּךְ״ — לִימֵּד עַל בְּכוֹר בַּעַל מוּם שֶׁנּוֹתְנוֹ לְכֹהֵן, שֶׁלֹּא מָצִינוּ לוֹ בְּכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ.
La Guemara demande: Et l'autre, Rav Yehuda, citant Rav, d'où vient-il qu'un premier-né imparfait soit donné à un prêtre? Le verset déclare: « Et leur chair sera à toi », au pluriel, c'est-à-dire à la fois un premier-né sans tache et un premier-né sans tache. La Guemara demande: Et les autres, les Sages de l'école de Rav, comment réagissent-ils? La Guemara répond qu’ils affirmeraient que le terme « et leur chair » est écrit au pluriel non pas parce qu’il fait référence à des animaux impurs, mais parce qu’il est dit en référence aux animaux premiers-nés de tous les Israélites.
וְאִידַּךְ, אָמַר ״וּבְשָׂרָם״ — אֶחָד תָּם וְאֶחָד בַּעַל מוּם, וְאִידַּךְ — ״וּבְשָׂרָם״ דְּהָנֵי בְּכוֹרוֹת דְּכוּלְּהוּ יִשְׂרָאֵל קָאָמַר.
§ La Michna enseigne: Si un défaut apparaît au cours de la première année, il est permis au propriétaire d'entretenir l'animal pendant les douze mois entiers; si une imperfection apparaît après douze mois, il est permis au propriétaire de garder l'animal pendant trente jours seulement. Un dilemme a été soulevé devant les Sages: de quel cas parle la mishna? La Michna signifie-t-elle que si un défaut apparaît au cours de la première année de l’animal, le propriétaire est autorisé à entretenir l’animal pendant douze mois entiers, et après la première année de l’animal également pendant trente jours supplémentaires? Ou peut-être que la Michna fait référence à deux situations différentes: dans le cas où le défaut s'est développé au cours de la première année de l'animal, le propriétaire est autorisé à entretenir l'animal pendant les douze mois entiers, mais rien de plus; et dans le cas où il aurait développé une imperfection au bout d'un an, il ne lui sera permis de le conserver que trente jours.
נוֹלַד לוֹ מוּם בְּתוֹךְ שְׁנָתוֹ, רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ כׇּל שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. אִיבַּעְיָא לְהוּ: הֵיכִי קָאָמַר? נוֹלַד לוֹ בְּתוֹךְ שְׁנָתוֹ, רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ כׇּל שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, וּלְאַחַר שְׁנָתוֹ נָמֵי שְׁלֹשִׁים? אוֹ דִלְמָא: הֵיכָא דְּנוֹלַד בּוֹ מוּם בְּתוֹךְ שְׁנָתוֹ, רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ כׇּל שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ וְתוּ לָא, וְהֵיכָא דְּנוֹלַד לוֹ אַחַר שְׁנָתוֹ, אֵינוֹ רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ אֶלָּא שְׁלֹשִׁים?
La Guemara suggère: Venez et écoutez, comme il est enseigné dans une baraïta: Concernant un premier-né, à l'heure actuelle, lorsqu'il n'y a pas de Temple et que l'animal ne peut être apporté en offrande, jusqu'à ce qu'il ait développé un défaut qui peut être montré à un expert, il est permis au propriétaire de garder l'animal pendant deux ou trois ans. Mais une fois que l'animal présente un défaut qui peut être montré à un expert, si le défaut s'est développé au cours de sa première année, il est permis au propriétaire de l'entretenir pendant les douze mois entiers.
תָּא שְׁמַע, דְּתַנְיָא: בְּכוֹר בִּזְמַן הַזֶּה, עַד שֶׁלֹּא נִרְאָה לְהַרְאוֹתוֹ לֶחָכָם — רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ שָׁנִים, וּמִשֶּׁנִּרְאָה לְהַרְאוֹתוֹ לֶחָכָם, נוֹלַד לוֹ מוּם בְּתוֹךְ שְׁנָתוֹ — רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ כׇּל שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ.
La baraïta poursuit: Après la première année de vie de l’animal, le propriétaire n’a pas l’autorisation de l’entretenir, même pendant une journée, voire une heure. Mais en raison de la mitsva de restituer un objet perdu à son propriétaire, c'est-à-dire de donner au propriétaire le temps de trouver un prêtre et de lui remettre l'animal, les Sages ont dit: Le propriétaire est autorisé à entretenir l'animal pendant trente jours. La Guemara suppose que dans sa dernière clause, la baraïta s'attaque toujours à un défaut apparu au cours de la première année. Si tel est le cas, les trente jours s'appliquent évidemment dans un tel cas.
אַחַר שְׁנָתוֹ אֵינוֹ רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ אֲפִילּוּ יוֹם אֶחָד, וַאֲפִילּוּ שָׁעָה אַחַת. אֲבָל מִפְּנֵי הֲשָׁבַת אֲבֵידָה לַבְּעָלִים, אָמְרוּ: רַשַּׁאי לְקַיְּימוֹ שְׁלֹשִׁים יוֹם.
La Guemara demande: Mais que le dilemme se pose quand même en ce qui concerne cette baraïta elle-même: les trente jours sont-ils accordés dans le cas où l'animal développe une imperfection après sa première année? Ou peut-être que ces trente jours sont accordés s'il développe une imperfection avant la fin de sa première année. En d’autres termes, lorsque le baraïta déclare: Après sa première année, cela peut être interprété comme faisant référence à un animal dont le défaut s’est développé seulement à ce moment-là, ou à un animal qui avait un défaut plus tôt et a ensuite atteint la fin de sa première année.
וַעֲדַיִין תִּיבְּעֵי לִי: שְׁלֹשִׁים יוֹם אַחַר שְׁנָתוֹ, אוֹ דִלְמָא קוֹדֶם שְׁנָתוֹ?
La Guemara suggère: Venez entendre une baraïta: Si l'animal a développé une imperfection le quinzième jour de sa première année, c'est-à-dire quinze jours avant la fin de son année, on complète pour lui quinze jours après son année. Concluez de cette baraïta que le propriétaire peut entretenir un premier-né pendant trente jours supplémentaires s'il développe l'imperfection au cours de sa première année. La Guemara ajoute que cela conforte l'opinion de Rabbi Elazar, comme le dit Rabbi Elazar: Concernant un animal qui a développé une imperfection vers la fin de son année, on donne au propriétaire trente jours à compter du moment où l'animal a développé une imperfection.
תָּא שְׁמַע: נוֹלַד לוֹ מוּם בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם בְּתוֹךְ שְׁנָתוֹ, מַשְׁלִימִין לוֹ חֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם אַחַר שְׁנָתוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ, מְסַיַּיע לְרַבִּי אֶלְעָזָר, דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: נוֹתְנִין לוֹ שְׁלֹשִׁים יוֹם מִשָּׁעָה שֶׁנּוֹלַד בּוֹ מוּם.
Il y a ceux qui disent que Rabbi Elazar dit: D'où vient-il à propos d'un premier-né animal ayant développé une tare au cours de sa première année qu'on donne au propriétaire trente jours après son année? Il est dérivé d’un verset, comme il est dit: « Vous en mangerez chaque année devant l’Éternel, votre Dieu, au lieu que l’Éternel choisira, vous et votre maison » (Deutéronome 15:20). On en dérive d'ici qu'on peut le manger pendant un an et pendant un autre an. Quels sont les jours considérés comme une partie significative de l’année? Il faut dire que ce sont trente jours qui, à certains égards, sont considérés comme une année complète. Cela indique qu’un tel premier-né peut être mangé jusqu’à trente jours au-delà des douze premiers mois.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִנַּיִן לִבְכוֹר שֶׁנּוֹלַד בּוֹ מוּם בְּתוֹךְ שְׁנָתוֹ שֶׁנּוֹתְנִין לוֹ שְׁלֹשִׁים יוֹם אַחַר שְׁנָתוֹ? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ תֹאכְלֶנּוּ שָׁנָה בְשָׁנָה״, (אֵיזוֹ) [אֵילּוּ] הֵן יָמִים הַחֲשׁוּבִין שָׁנָה — הֱוֵי אוֹמֵר אֵלּוּ שְׁלֹשִׁים יוֹם.
Selon cette version de la discussion, la Guemara soulève une objection: Il est enseigné dans une baraïta que si l'animal développe une imperfection le quinzième jour de son année, c'est-à-dire quinze jours avant la fin de son année, on complète pour lui quinze jours après son année. Cela signifie qu'en ce qui concerne l'accomplissement d'un total de trente jours à partir du moment où l'animal a développé la tache, oui, le propriétaire peut continuer à entretenir l'animal dans un tel cas. Mais si le défaut s'est développé plus tôt, le baraïta ne lui accorde pas trente jours supplémentaires au-delà de la fin de l'année. La Guemara conclut: La réfutation de l'opinion de Rabbi Elazar est en effet une réfutation concluante.
מֵיתִיבִי: נוֹלַד לוֹ מוּם בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם בְּתוֹךְ שְׁנָתוֹ — מַשְׁלִימִין לוֹ חֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם אַחַר שְׁנָתוֹ. הַשְׁלָמָה — אִין, מֵיהֲבָא — לָא! תְּיוּבְתָּא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר, תְּיוּבְתָּא.
Mishna 1
MISHNA: Dans le cas de celui qui tue le premier-né de l'animal et montre ensuite son défaut à un expert pour déterminer s'il s'agit d'un défaut, et il a été établi par l'expert qu'il s'agit en fait d'un défaut qui rend son abattage autorisé, Rabbi Yehouda considère qu'il est permis au prêtre de tirer un bénéfice du premier-né. Rabbi Meir dit: Puisqu'il n'a pas été abattu selon l'avis d'un expert, il est interdit. Dans le cas où il s'agit d'un non-expert qui a examiné l'animal premier-né et qui a été abattu conformément à son jugement, cet animal doit être enterré et le non-expert doit verser une indemnité au prêtre sur ses biens.
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹחֵט אֶת הַבְּכוֹר וּמַרְאֶה אֶת מוּמוֹ — רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הוֹאִיל וְנִשְׁחַט שֶׁלֹּא עַל פִּי מוּמְחֶה — אָסוּר. מִי שֶׁאֵינוֹ מוּמְחֶה וְרוֹאֶה אֶת הַבְּכוֹר, וְנִשְׁחַט עַל פִּיו — הֲרֵי זֶה יִקָּבֵר, וִישַׁלֵּם מִבֵּיתוֹ.(משנה)