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Traité Bechorot

19b

Étude de Bechorot 19b

Étude de la Mishna & Guémara 19b

Si le mot « premier-né » servait à exclure le cas où une femelle est sortie de l'utérus avant lui, cela se déduirait de la phrase « celui qui ouvre le sein » [peter rechem]. Concluons plutôt que « premier-né » sert à exclure le cas où un animal est sorti de l'utérus après son aîné né par césarienne [yotse dofen]. Selon Ravina, le mot « premier-né » renvoie à un animal qui est premier-né sous un seul aspect ; comme il est superflu, il sert à exclure un animal dont l'aîné est né par césarienne.
אִי לְמַעוֹטֵי הֵיכָא דְּיָצְתָה נְקֵבָה לְפָנָיו — מִ״פֶּטֶר רֶחֶם״ נָפְקָא! אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ ״בְּכוֹר״ לְמַעוֹטֵי הֵיכָא דְּיוֹצֵא אַחַר יוֹצֵא דּוֹפֶן.
Rav Aha de Difti dit à Ravina : si tu penses qu'un premier-né sous un seul aspect est appelé premier-né et que la dérivation repose sur le fait que le terme « premier-né » est superflu, cela se comprend bien dans le cas où un mâle est sorti par césarienne puis un autre mâle est sorti par voie utérine normale. Il est logique qu'il ne soit pas sanctifié, car cette naissance est exclue par le mot « premier-né » — il est premier-né du sein, mais pas premier-né des mâles.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּפְתִּי לְרָבִינָא: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד הָוֵי בְּכוֹר, תִּינַח הֵיכָא דְּיָצָא זָכָר יוֹצֵא דּוֹפֶן וְזָכָר דֶּרֶךְ רֶחֶם, דְּלָא קָדוֹשׁ, דְּאִימַּעוּט לֵידָה מִ״בְּכוֹר״, דִּבְכוֹר לִרְחָמִים אִיכָּא, בְּכוֹר לִזְכָרִים לֵיכָּא.
Mais dans le cas où une femelle est sortie par césarienne et qu'ensuite un mâle est né par voie utérine normale — qu'il soit sanctifié, car il est premier-né des mâles et premier-né du sein ! On ne peut pas déduire les exclusions des deux cas du seul mot « premier-né », et pourtant la baraïta indique que même si une femelle est née la première par césarienne, le mâle né ensuite n'est pas considéré comme le premier-né. La Guemara conclut : il est clair que la baraïta doit s'interpréter conformément à l'explication d'Abaye — un premier-né sous un seul aspect n'est pas appelé premier-né.
אֶלָּא הֵיכָא דְּיָצְתָה נְקֵבָה דֶּרֶךְ דּוֹפֶן וְזָכָר דֶּרֶךְ רֶחֶם — לִיקְדַּשׁ, דְּהָא אִיכָּא בְּכוֹר לִזְכָרִים וּבְכוֹר לְרֶחֶם! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְאַבָּיֵי.
Hadran alakh « HaLokeah ovbar parato » — Nous reviendrons vers toi, [chapitre] « HaLokeah ovbar parato » [« Celui qui achète le fœtus de sa vache »].
הֲדַרַן עֲלָךְ הַלּוֹקֵחַ עוּבַּר פָּרָתוֹ.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui achète une femelle du bétail à un non-Juif et ne sait pas si elle a déjà mis bas ou non — après l'achat, si l'animal met au monde un mâle, Rabbi Yishmael dit : si la mère était une chèvre dans sa première année, le mâle est certainement donné au Cohen, car elle n'a définitivement jamais mis bas auparavant. À partir de ce moment — si la mère est plus âgée — le statut de premier-né de sa progéniture est incertain. Si c'était une brebis dans sa deuxième année, le mâle est certainement donné au Cohen ; à partir de ce moment, le statut de la progéniture est incertain. Si c'était une vache ou une ânesse dans sa troisième année, le mâle est certainement donné au Cohen ; à partir de ce moment, le statut de la progéniture est incertain.
מַתְנִי׳ הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה מִן הַגּוֹי, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם בִּיכְּרָה אִם לֹא בִּיכְּרָה. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: עֵז בַּת שְׁנָתָהּ — וַדַּאי לַכֹּהֵן, מִכָּאן וְאֵילָךְ — סָפֵק. רָחֵל בַּת שְׁתַּיִם — וַדַּאי לַכֹּהֵן, מִכָּאן וְאֵילָךְ — סָפֵק. פָּרָה וַחֲמוֹר בְּנוֹת שָׁלֹשׁ — וַדַּאי לַכֹּהֵן, מִכָּאן וְאֵילָךְ — סָפֵק.(משנה)
Rabbi Akiva lui dit : si l'animal n'était dispensé que par la mise bas d'une progéniture et en aucune autre manière, la halakha serait conforme à ton énoncé. Mais les Sages ont dit : l'indice de progéniture chez un petit animal est une écoulement trouble du ventre [tinouf], qui indique que l'animal avait été enceinte et dispense donc les naissances suivantes de la mitzva du premier-né. Chez un gros animal, l'indice est la sortie d'un placenta [shilya] ; chez une femme, c'est un sac fœtal [shapir] ou un placenta. Comme ces signes peuvent apparaître même dans la première année, on ne peut pas supposer qu'un animal dans sa première année est certainement soumis à la mitzva du premier-né.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: אִילּוּ בְּוָולָד בִּלְבַד הַבְּהֵמָה נִפְטֶרֶת כִּדְבָרֶיךָ, אֶלָּא אָמְרוּ: סִימָן הַוָּולָד בִּבְהֵמָה דַּקָּה — טִינּוּף, וּבַגַּסָּה — שִׁילְיָא, וּבָאִשָּׁה — שָׁפִיר וְשִׁילְיָא.
Rabbi Akiva poursuit : voici plutôt le principe : dans tout cas où il est connu que l'animal a déjà mis bas, le Cohen n'a rien ici. Et dans tout cas où il est connu que l'animal n'a pas encore mis bas, la progéniture est donnée au Cohen. Et si c'est incertain, elle peut être mangée avec son défaut par le propriétaire.
זֶה הַכְּלָל: כֹּל שֶׁיָּדוּעַ שֶׁבִּיכְּרָה — אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם, וְכֹל שֶׁלֹּא בִּיכְּרָה — הֲרֵי זֶה לַכֹּהֵן, וְאִם סָפֵק — יֵאָכֵל בְּמוּמוֹ לַבְּעָלִים.
Guémara
GUEMARA : La Michna enseigne que selon Rabbi Yishmael, le statut de premier-né de la progéniture d'une chèvre achetée à un non-Juif lorsqu'elle avait plus d'un an est incertain. La Guemara demande : à partir de ce moment, pourquoi est-ce incertain ? On devrait suivre la majorité des animaux — et comme la majorité des animaux sont fécondés et mettent bas dans leur première année, on peut supposer que cet animal a certainement déjà mis bas. La Guemara suggère : dirons-nous que Rabbi Yishmael se range à l'avis de Rabbi Meir, qui dit qu'il faut se préoccuper de la minorité ?
גְּמָ׳ מִיכָּן וְאֵילָךְ, אַמַּאי סָפֵק? הַלֵּךְ אַחַר רוֹב בְּהֵמוֹת, וְרוֹב בְּהֵמוֹת מִתְעַבְּרוֹת וְיוֹלְדוֹת בְּתוֹךְ שְׁנָתָן נִינְהוּ, וְהָא וַדַּאי מֵילָד אוֹלֵיד! לֵימָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל כְּרַבִּי מֵאִיר סְבִירָא לֵיהּ, דְּחָיֵישׁ לְמִיעוּטָא?
La Guemara répond : on peut même dire que Rabbi Yishmael se range à l'avis des Rabbins. Quand les Rabbins suivent la majorité, c'est dans le cas d'une majorité évidente, présente et vérifiable. Par exemple, lorsqu'un morceau de viande est trouvé devant neuf boucheries vendant de la viande casher et une boucherie vendant de la viande non casher, et qu'on ne sait pas de quelle boucherie il vient — on peut supposer qu'il vient de l'une des boucheries casher. Et de même, le Sanhédrin statue à la majorité des voix de ses juges. Mais pour une majorité non évidente, fondée uniquement sur des statistiques — comme l'affirmation que la plupart des animaux deviennent enceints et mettent bas dans leur première année — même les Rabbins ne suivent pas la majorité.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן, כִּי אָזְלִי בָּתַר רוּבָּא בְּרוּבָּא דְּאִיתֵיהּ קַמַּן, כְּגוֹן תֵּשַׁע חֲנוּיוֹת וְסַנְהֶדְרִין, אֲבָל רוּבָּא דְּלֵיתֵיהּ קַמַּן — לָא אָזְלִי רַבָּנַן בָּתַר רוּבָּא.
La Guemara soulève une difficulté : mais le cas du mariage lévirat d'un mineur ou d'une mineure dépend d'une majorité non évidente, et pourtant les Rabbins suivent la majorité dans leur décision. Comme nous l'avons appris dans une baraïta : un mineur ou une mineure ne peuvent pas accomplir la halitsa ni entrer en yiboum — telle est la déclaration de Rabbi Meir. Les Rabbins lui dirent : tu as bien dit qu'ils ne peuvent pas accomplir la halitsa, car « homme », indiquant un adulte, est écrit dans la section de la Torah traitant de la halitsa (Devarim 25, 7). Bien qu'une femme adulte ne soit pas mentionnée explicitement, nous rapprochons la halakha de la femme de celle de l'homme et exigeons que la femme impliquée dans la halitsa soit aussi une adulte.
וְהָא קָטָן וּקְטַנָּה, דְּרוּבָּא דְּלֵיתֵיהּ קַמַּן, וְקָאָזְלִי רַבָּנַן בָּתַר רוּבָּא, דִּתְנַן: קָטָן וּקְטַנָּה לֹא חוֹלְצִין וְלֹא מְיַיבְּמִין, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. אָמְרוּ לוֹ: יָפֶה אָמַרְתָּ שֶׁאֵין חוֹלְצִין, ״אִישׁ״ כָּתוּב בַּפָּרָשָׁה, וּמַקְּשִׁינַן אִשָּׁה לְאִישׁ.
Mais quelle est la raison pour laquelle ils ne peuvent pas entrer en yiboum, alors que la formulation de la Torah n'indique pas spécifiquement des adultes ? Rabbi Meir leur répondit : dans le cas d'un mineur, je crains qu'il ne se révèle eunuque — incapable d'avoir des enfants — à sa majorité. De même, une mineure ne peut pas entrer en yiboum de crainte qu'à sa majorité elle ne se révèle aylonit — femme stérile de constitution — incapable d'enfanter. Dans l'un ou l'autre cas, la mitzva du yiboum ne s'applique pas, et ils se trouveraient avoir rencontré une parente interdite et entré dans une relation interdite sans qu'aucune mitzva s'applique — car tout le but du yiboum est d'avoir des enfants pour le frère mort sans descendance.
מָה טַעַם אֵין מְיַיבְּמִין? אָמַר לָהֶם: קָטָן — שֶׁמָּא יִמָּצֵא סָרִיס, קְטַנָּה — שֶׁמָּא תִּמָּצֵא אַיְילוֹנִית, וְנִמְצְאוּ פּוֹגְעִין בְּעֶרְוָה.
Et les Rabbins sont d'avis : suis la majorité des mineurs, et la plupart des mineurs ne sont pas eunuques ; et de même, suis la majorité des mineures, et la plupart des mineures ne sont pas aylonit. Cela indique que les Rabbins contredisent Rabbi Meir même pour une majorité non évidente.
וְרַבָּנַן, זִיל בָּתַר רוּבָּא קְטַנִּים, וְרוֹב קְטַנִּים לָאו סָרִיסִים נִינְהוּ; זִיל בָּתַר קְטַנּוֹת, וְרוֹב קְטַנּוֹת לָאו אַיְילוֹנִית נִינְהוּ!
Bechorot 19b
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בכורות י״ט במַסֶּכֶת בְּכוֹרוֹת