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Traité Bechorot

15b

Étude de Bechorot 15b

Étude de la Guémara 15b

Guémara
La Guemara cite une autre exégèse. Certains disent que la phrase « Tu pourras abattre et manger » enseigne que tu n'as la permission de les manger qu'à partir du moment de l'abattage. De même, on ne peut tirer aucun bénéfice d'eux avant leur abattage. La Guemara note : selon cette interprétation, le tanna a aussi dit qu'on peut racheter les animaux sacrés pour les donner à manger aux chiens, car cette interdiction ne se déduit pas du terme « tu pourras manger ».
אִיכָּא דְּאָמְרִי: ״תִּזְבַּח וְאָכַלְתָּ״ — אֵין לָךְ בָּהֶן הֶיתֵּר אֲכִילָה אֶלָּא מִשְּׁעַת זְבִיחָה וְאֵילָךְ, אֲבָל פּוֹדִין אֶת הַקֳּדָשִׁים לְהַאֲכִילָן לִכְלָבִים, הָכִי נָמֵי דְּאָמַר.
§ La Michna enseigne à propos des animaux sacrés : leur progéniture et leur lait sont interdits après leur rachat. La Guemara demande : dans quelles circonstances la progéniture est-elle née ? Si nous disons qu'elle a été conçue et née après le rachat de sa mère — pourquoi serait-elle interdite ? Après tout, elle est comme la progéniture d'une gazelle ou d'un cerf — entièrement profane. Il faut donc parler d'un cas où la progéniture a été conçue avant le rachat de sa mère et née après le rachat de sa mère. On en déduit : mais si elle est née avant le rachat de ses mères, non seulement n'est-elle pas interdite — elle est aussi investie d'une sainteté inhérente.
וּוְלָדָן וַחֲלָבָן אָסוּר לְאַחַר פִּדְיוֹנָן. הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דְּאִיעַבַּר וְאִיתְיְלִיד לְאַחַר פִּדְיוֹנָן — אַמַּאי? וְלַד צְבִי וְאַיָּל נִינְהוּ! אֶלָּא דְּאִיעַבַּר לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן וְאִיתְיְלִיד לְאַחַר פִּדְיוֹנָן. הָא לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן — מִיקְדָּשׁ נָמֵי קָדְשִׁי.
La Guemara demande : d'où vient cette règle, que la progéniture d'un animal sacré est investie d'une sainteté inhérente ? Elle se déduit d'un verset, comme les Sages l'ont enseigné dans une baraïta à propos du verset : « Et si son offrande est un sacrifice de paix : s'il sacrifie du bétail, mâle ou femelle, il le sacrifiera sans défaut devant l'Éternel » (Vayikra 3, 1) — les mots « mâle » et « femelle » sont superflus, car le terme « bétail » inclut les deux. Par conséquent, « mâle » sert à inclure la progéniture d'une offrande de paix ; « ou femelle » sert à inclure la femelle désignée comme substitution pour une offrande de paix.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״זָכָר״ — לְרַבּוֹת אֶת הַוָּלָד, וּ״נְקֵבָה״ — לְרַבּוֹת אֶת הַתְּמוּרָה.
La baraïta poursuit : et je n'ai dérivé cette halakha que pour la progéniture d'animaux sans défaut et la substitution d'animaux sans défaut. D'où déduis-je que la même halakha s'applique à la progéniture d'animaux avec défaut et à la substitution d'animaux avec défaut ? Lorsque le verset dit « que mâle », cela sert à inclure la progéniture d'animaux avec défaut — dans un cas où leur consécration a précédé leur défaut ; et lorsque le verset dit « ou femelle », cela sert à inclure la substitution d'animaux avec défaut.
וְאֵין לִי אֶלָּא וְלַד תְּמִימִין וּתְמוּרַת תְּמִימִים, וְלַדי בַּעֲלֵי מוּמִין וּתְמוּרַת בַּעֲלֵי מוּמִין מִנַּיִן? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״אִם זָכָר״ — לְרַבּוֹת וְלַד בַּעֲלֵי מוּמִין, ״אִם נְקֵבָה״ — לְרַבּוֹת תְּמוּרַת בַּעֲלֵי מוּמִין.
La Guemara demande : pour ces progénitures nées après le rachat de leur mère, que devient-on d'elles, puisqu'elles ne peuvent être ni sacrifiées ni rachetées ? Avant de répondre, la Guemara note : si elles sont nées avant le rachat de leur mère, les Sages divergent sur la halakha. Il y en a un qui dit : elles sont entièrement consacrées, au point d'être sacrifiables ; et il y en a un qui dit : elles sont consacrées pour paître jusqu'à ce qu'un défaut les frappe, afin qu'elles puissent être rachetées, mais elles ne peuvent pas être sacrifiées.
אוֹתָן וְלָדוֹת שֶׁלְּאַחַר פִּדְיוֹנָן, מָה תְּהֵא עֲלֵיהֶן? לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן — מִיפְלָג פְּלִיגִי בְּהוּ, אִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר: קָדְשִׁי לִיקְרַב, וְאִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר: קָדְשִׁי לִרְעִיָּיה.
La Guemara revient à la question précédente : pour celles nées après le rachat de leur mère, que devient-on d'elles ? Rav Houna dit : on les rassemble dans une chambre, et elles meurent de faim. Pourquoi ? Que faire ? Les sacrifier ? Elles ne peuvent pas l'être, car elles ont reçu leur statut de la sainteté différée de la mère rachetée, et sont donc impropres à l'autel. Les racheter ? Elles ne peuvent pas l'être, car leur sainteté n'est pas assez forte pour être transférée à de l'argent pour leur rachat.
דִּלְאַחַר פִּדְיוֹנָן, מָה תְּהֵא עֲלֵיהֶן? אָמַר רַב הוּנָא: כּוֹנְסָן לַכִּיפָּה, וְהֵן מֵתִין. דְּהֵיכִי לֶיעְבֵּיד? לִיקְרְבִינְהוּ — מִכֹּחַ קְדוּשָּׁה דְּחוּיָה קָאָתוּ, לִיפְרְקִינְהוּ — לָא אַלִּימִי לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנָן.
Ils dirent en Occident [Eretz Yisrael], au nom de Rabbi Hanina : immédiatement avant leur rachat, on les consacre au nom de la même offrande pour laquelle leur mère avait été consacrée. La Guemara demande : immédiatement avant leur rachat ? Veut-on dire qu'elles sont aptes à être rachetées ? On a établi qu'elles ne peuvent pas l'être. Dis plutôt : immédiatement avant le rachat de leur mère, on les consacre au nom de la même offrande. La Guemara demande : pourquoi ne pas simplement les laisser en l'état ? Rabbi Levi dit : c'est un décret rabbinique, de crainte qu'on élève des troupeaux et des troupeaux d'entre eux — si la progéniture reste vivante dans son statut interdit, on craint qu'on finisse par en tirer profit et violer ainsi une interdiction de la Torah.
אָמְרִי בְּמַעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא: סָמוּךְ לְפִדְיוֹנָן מַתְפִּיסָן לְשֵׁם אוֹתוֹ זֶבַח. סָמוּךְ לְפִדְיוֹנָן? לְמֵימְרָא דִּבְנֵי פְּדִיָּיה נִינְהוּ? אֶלָּא אֵימָא: סָמוּךְ לְפִדְיוֹן אִמָּן מַתְפִּיסָן לְשֵׁם אוֹתוֹ זֶבַח. טַעְמָא מַאי? אָמַר רַבִּי לֵוִי: גְּזֵירָה שֶׁמָּא יְגַדֵּל מֵהֶן עֲדָרִים עֲדָרִים.
Ravina posa un dilemme à Rav Sheshet : selon Rabbi Hanina, quelle est la halakha pour la question suivante : peut-on consacrer la progéniture non encore née comme n'importe quelle offrande qu'on désire ? Rav Sheshet lui répondit : on ne peut pas les consacrer comme une offrande autre que celle pour laquelle la mère avait été consacrée. Ravina demanda : quelle est la raison ? Rav Sheshet lui répondit : on déduit par analogie verbale entre l'expression « dans toutes tes portes » (Devarim 12, 15) et « dans tes portes » (Devarim 15, 22) écrite à propos du premier-né. Tout comme on ne peut pas consacrer un premier-né comme n'importe quelle offrande qu'on désire — comme il est écrit : « Mais le premier-né parmi les animaux, qui naît premier pour l'Éternel, aucun homme ne le sanctifiera » (Vayikra 27, 26) — de même on ne peut pas consacrer ces progénitures comme n'importe quelle offrande qu'on désire.
בְּעָא מִינֵּיהּ רָבִינָא מֵרַב שֵׁשֶׁת: מַהוּ שֶׁמַּתְפִּיסָן לְכׇל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה? אֲמַר לֵיהּ: אֵין מַתְפִּיסָן. מַאי טַעְמָא? אֲמַר לֵיהּ: גָּמַר ״בִּשְׁעָרֶיךָ״ ״בִּשְׁעָרֶיךָ״ מִבְּכוֹר, מָה בְּכוֹר אֵין מַתְפִּיסָן לְכׇל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה, דִּכְתִיב: ״אַךְ בְּכוֹר אֲשֶׁר יְבֻכַּר לַה׳ בִּבְהֵמָה וְגוֹ׳ לֹא יַקְדִּישׁ אִישׁ אֹתוֹ״, אַף הָנֵי אֵין מַתְפִּיסָן לְכׇל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה.
La Guemara note : il est enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Rav Sheshet : les animaux sacrés dont le défaut permanent a précédé leur consécration et qui ont été rachetés sont soumis à la mitzva du premier-né et aux dons [au Cohen]. Que ce soit avant leur rachat ou après leur rachat, celui qui les tond ou les utilise pour le travail n'encourt pas les quarante coups de fouet. De même, que ce soit avant leur rachat ou après leur rachat, ils ne rendent pas saint un animal qui leur aurait été substitué.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב שֵׁשֶׁת: קֳדָשִׁים שֶׁקָּדַם מוּם קָבוּעַ לְהֶקְדֵּישָׁן וְנִפְדּוּ — חַיָּיבִין בַּבְּכוֹרָה וּבַמַּתָּנוֹת, בֵּין לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן בֵּין לְאַחַר פִּדְיוֹנָן — הַגּוֹזֵז וְהָעוֹבֵד בָּהֶן אֵינוֹ סוֹפֵג אֶת הָאַרְבָּעִים, בֵּין לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן בֵּין לְאַחַר פִּדְיוֹנָן — אֵין עוֹשִׂין תְּמוּרָה.
Et avant leur rachat, celui qui en tire profit est passible de meila [usage illicite d'un bien consacré] ; après leur rachat, celui qui en tire profit n'y est pas passible. Et leur progéniture est profane si elle est née après le rachat de leur mère ; et ils peuvent être rachetés sans défaut s'ils sont nés avant le rachat de leur mère ; et on peut consacrer la progéniture comme n'importe quelle offrande qu'on désire. Le principe de la chose : ils sont comme des animaux profanes pour toutes leurs affaires, et tu n'as en eux que la seule mitzva de l'évaluation — ils doivent être évalués et rachetés contre de l'argent, contrairement aux animaux profanes.
וְלִפְנֵי פִּדְיוֹנָן — מוֹעֲלִין בָּהֶן, וּלְאַחַר פִּדְיוֹנָן — אֵין מוֹעֲלִין בָּהֶן, וּוַלְדוֹתֵיהֶן — חוֹל, וְנִפְדִּין תְּמִימִים, וּמַתְפִּיסָן לְכׇל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה. כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר: הֲרֵי הֵן כְּחוּלִּין לְכׇל דִּבְרֵיהֶם, אֵין לְךָ בָּהֶם אֶלָּא מִצְוַת עִלּוּי בִּלְבָד.
La baraïta poursuit : mais si leur consécration a précédé leur défaut, ou s'ils avaient un défaut temporaire avant leur consécration et qu'ensuite un défaut permanent est apparu et qu'ils ont été rachetés — ils sont dispensés de la mitzva du premier-né et des dons. De plus, que ce soit avant leur rachat ou après leur rachat, celui qui les tond ou les utilise pour le travail encourt les quarante coups de fouet. Et que ce soit avant leur rachat ou après leur rachat, ils rendent saint un animal qui leur aurait été substitué.
אֲבָל קָדַם הֶקְדֵּישָׁן אֶת מוּמָן, אוֹ מוּם עוֹבֵר לְהֶקְדֵּישָׁן, וּלְאַחַר מִכָּאן נוֹלַד מוּם קָבוּעַ וְנִפְדּוּ — פְּטוּרִין מִן הַבְּכוֹרָה וּמִן הַמַּתָּנוֹת, בֵּין לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן בֵּין לְאַחַר פִּדְיוֹנָן. הַגּוֹזֵז וְהָעוֹבֵד בָּהֶן סוֹפֵג אֶת הָאַרְבָּעִים, וּבֵין לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן בֵּין לְאַחַר פִּדְיוֹנָן — עוֹשִׂין תְּמוּרָה.
La baraïta conclut : avant leur rachat, celui qui en tire profit est passible de meila ; après leur rachat, celui qui en tire profit n'y est pas passible. Et leur progéniture est sacrée et ne peut pas être rachetée sans défaut ; et on ne peut pas les consacrer comme n'importe quelle offrande qu'on désire. Le principe de la chose : les animaux rachetés dont la consécration a précédé leur défaut permanent sont comme des animaux sacrés rachetés pour toutes leurs affaires, et tu n'as en eux que la seule permission de consommation — une fois rachetés, ils peuvent être mangés. Comme Rav Sheshet, ce tanna décide que la progéniture d'animaux dont la consécration a précédé leur défaut ne peut pas être consacrée comme n'importe quelle offrande qu'on désire.
לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן — מוֹעֲלִין בָּהֶן, וּלְאַחַר פִּדְיוֹנָן — אֵין מוֹעֲלִין בָּהֶן, וּוַלְדוֹתֵיהֶן קוֹדֶשׁ, וְאֵין נִיפְדִּין תְּמִימִין, וְאֵין מַתְפִּיסָן לְכׇל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה. כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר: הֲרֵי הֵן כְּהֶקְדֵּשׁ לְכׇל דִּבְרֵיהֶם, וְאֵין לָךְ בָּהֶן אֶלָּא הֶיתֵּר אֲכִילָה בִּלְבָד.
Bechorot 15b
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