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Traité Bechorot

14b

Étude de Bechorot 14b

Étude de la Guémara 14b

Guémara
La halakha veut que la progéniture d'un animal qui possède un caractère sacré inhérent naisse sanctifiée et ne peut donc être rachetée que lorsqu'elle développe une imperfection. La Guemara demande: En ce qui concerne la progéniture d'un animal qui possède le caractère sacré inhérent à sa valeur, sont-ils rachetés sans défaut, ou ne sont-ils pas rachetés sans défaut? En d’autres termes, peuvent-ils être rachetés immédiatement, ou faut-il attendre qu’ils développent une imperfection?
נִפְדִּין תְּמִימִים אוֹ אֵין נִפְדִּין תְּמִימִין?
La Guemara suggère: Venez entendre une preuve d'une baraïta: Quant à celui qui consacre à l'autel des animaux présentant des défauts permanents et que ces animaux ont donné naissance, leur progéniture peut être vendue afin d'être rachetée et ils n'ont pas besoin d'un défaut pour rendre leur vente autorisée. La raison en est qu'ils ne sont pas imprégnés de sainteté et que la sainteté subsidiaire de la progéniture ne doit pas être plus stricte que la sainteté première de la mère. Puisque la mère imparfaite peut être rachetée sans délai, il en va de même pour sa progéniture. Cela prouve que la progéniture des animaux qui possèdent le caractère sacré inhérent à leur valeur peut être rachetée.
תָּא שְׁמַע: הַמַּתְפִּיס בַּעֲלֵי מוּמִין קְבוּעִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ, וְיָלְדוּ — יִמָּכְרוּ, וְאֵין צְרִיכִין מוּם, שֶׁאֵין קְדוּשָּׁה חָלָה עֲלֵיהֶן, שֶׁלֹּא יְהֵא טָפֵל חָמוּר מִן הָעִיקָּר.
La Guemara note: La raison pour laquelle la baraïta déclare que la sainteté de l'autel ne prend pas effet est que la sainteté subsidiaire ne doit pas être plus stricte que la sainteté primaire, c'est-à-dire que la seule raison pour laquelle elle n'est pas sanctifiée pour l'autel est parce que sa sainteté dérive de sa mère, qui ne peut pas être sanctifiée pour l'autel car elle est imparfaite. Mais si l’on consacre un animal mâle sans défaut pour sa valeur, là où il n’y a pas de consécration secondaire, il est sanctifié avec une sainteté inhérente. La Guemara ajoute que cela conforte l'opinion de Rava, comme le dit Rava: Si l'on consacre un animal mâle pour sa valeur, il est sanctifié avec une sainteté inhérente.
טַעְמָא, שֶׁלֹּא יְהֵא טָפֵל חָמוּר מִן הָעִיקָּר, אֲבָל הִקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו — קָדוֹשׁ קְדוּשַּׁת הַגּוּף. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: הִקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו — קָדוֹשׁ קְדוּשַּׁת הַגּוּף.
§ La Michna enseigne concernant les animaux dont les défauts ont précédé leur consécration: Et celui qui les égorge en dehors de la cour du Temple en est exempté. La Guemara note que Rabbi Elazar enseigne la mishna comme suit: Et celui qui les massacre en dehors de la cour du Temple est responsable, et il interprète la mishna comme faisant référence au cas d'un autel privé d'un individu. En d’autres termes, la Michna n’enseigne pas qu’une personne est passible de karet pour avoir abattu un animal en dehors de la cour du Temple, mais qu’elle est passible de coups de fouet pour avoir sacrifié un animal imparfait sur un autel privé.
וְהַשּׁוֹחֲטָן בַּחוּץ פָּטוּר. רַבִּי אֶלְעָזָר מַתְנֵי ״חַיָּיב״, וּמוֹקֵי לַהּ בְּבָמַת יָחִיד.
Comme le dit le rabbin Elazar: D'où vient-il que celui qui égorge un animal taché sur l'autel privé d'un individu à un moment où les autels privés sont autorisés viole une interdiction? Il est dérivé d’un verset, comme il est dit: « Vous ne sacrifierez pas à l’Éternel un bœuf ou un agneau qui ait un défaut » (Deutéronome 17: 1). Si ce verset ne fait pas référence à la question d’un grand autel public, puisque cette halakha est dérivée d’un verset différent, comme il est écrit: « Aveugles ou brisés… vous ne les sacrifierez pas au Seigneur » (Lévitique 22:22), appliquez le verset du Deutéronome à la question de l’autel privé d’un individu.
דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִנַּיִן לַזּוֹבֵחַ בְּהֵמָה בַּעֲלַת מוּם בְּבָמַת יָחִיד בִּשְׁעַת הֶיתֵּר הַבָּמוֹת, שֶׁהוּא בְּלֹא תַעֲשֶׂה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תִזְבַּח לַה׳ אֱלֹהֶיךָ שׁוֹר וָשֶׂה״, אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְבָמָה גְּדוֹלָה, דִּכְתִיב: ״עַוֶּרֶת אוֹ שָׁבוּר וְגוֹ׳״, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְבָמַת יָחִיד.
La Guemara soulève une objection: Mais on peut dire à propos du verset du Deutéronome: Si ce verset ne fait pas référence à la question des animaux sacrificiels réguliers, qui est dérivé du verset du Lévitique, appliquez-le à la question du premier-né, car il vous viendrait à l'esprit de dire: Puisque l'animal premier-né est sanctifié même s'il s'agit d'un animal présentant une tare permanente, qu'il soit également sacrifié sur l'autel lorsqu'il s'agit d'un animal taré. Le verset du Deutéronome nous apprendrait donc qu’il ne s’agit pas de la halakha, c’est-à-dire qu’un animal premier-né taché ne peut pas être sacrifié sur l’autel. Quelle est alors la raison pour laquelle la halakha de l’autel privé d’un individu, plutôt que la halakha des premiers-nés des animaux, est dérivée du verset du Deutéronome?
אֵימָא: אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְקָדָשִׁים — תְּנֵהוּ עִנְיָן לִבְכוֹר, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְקָדוֹשׁ כְּשֶׁהוּא בַּעַל מוּם — לִיקְרַב נָמֵי כְּשֶׁהוּא בַּעַל מוּם, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא!
Les Sages ont expliqué en guise d’explication: Concernant un premier-né, la halakha est écrite explicitement à son sujet: « Tout premier-né… s’il y a quelque défaut, boiterie ou cécité… tu ne le sacrifieras pas » (Deutéronome 15: 19-21). Par conséquent, le verset du Deutéronome, chapitre 17, ne peut pas faire référence à la halakha selon laquelle un animal premier-né ne peut pas être sacrifié sur l’autel, comme cela est déjà enseigné au chapitre 15.
אָמְרִי: בְּכוֹר בְּהֶדְיָא כְּתִיב בֵּיהּ ״פִּסֵּחַ אוֹ עִוֵּר לֹא תִזְבָּחֶנּוּ״.
La Guemara demande: Mais on peut quand même dire: Si le verset du chapitre 17 ne fait pas référence à la question des animaux sacrificiels, qui est dérivé du verset du Lévitique, appliquez-le à la question de la dîme des animaux, car vous pourriez dire: Puisque un animal à la dîme est sacré même avec ses défauts, comme il est écrit: « Il ne cherchera pas s'il est bon ou mauvais » (Lévitique 27: 33), qu'il soit également sacrifié avec son défaut. Le verset du Deutéronome (17: 1) nous apprendrait donc qu’il ne s’agit pas de la halakha, c’est-à-dire qu’un animal taché à la dîme ne peut pas être sacrifié sur l’autel.
וְאֵימָא: אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְקָדָשִׁים — תְּנֵהוּ עִנְיָן לְמַעֲשֵׂר, דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְקָדוֹשׁ בְּמוּמוֹ, דִּכְתִיב: ״לֹא יְבַקֵּר בֵּין טוֹב לָרַע״, נִקְרַב נָמֵי בְּמוּמֵיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא!
Les Sages ont répondu: En ce qui concerne la dîme des animaux également, il n'est pas nécessaire que le verset enseigne cette halakha, car elle est dérivée d'une analogie verbale entre le mot: Passage, mentionné à propos des animaux soumis à la dîme (voir Lévitique 27: 32), et passage mentionné à propos du premier-né (voir Exode 13: 12). Tout comme un animal premier-né présentant un défaut n’est pas sacrifié sur l’autel, de même un animal présentant un défaut et ayant reçu la dîme n’est pas sacrifié sur l’autel.
אָמְרִי: מַעֲשֵׂר נָמֵי גָּמַר ״הַעֲבָרָה״ ״הַעֲבָרָה״ מִבְּכוֹר.
La Guemara persiste: Mais dites qu’il faut appliquer Deutéronome 17: 1 à la question des animaux substitués aux animaux sacrificiels, car il pourrait vous venir à l’esprit de dire: Puisqu’un substitut devient sacré même lorsqu’il est imparfait, comme il est écrit: « Il ne l’échangera pas, ni ne le substituera, ni un bien contre un mal, ni un mauvais contre un bien; et s’il substitue un animal par un animal, alors lui et ce à quoi il est substitué seront saints » (Lévitique). 27:10), il peut également être sacrifié lorsqu'il est taché. Le verset du Deutéronome nous apprendrait donc qu’il ne s’agit pas de la halakha, puisqu’un substitut imparfait ne peut pas être sacrifié sur l’autel.
אֵימָא: תְּנֵהוּ עִנְיָן לִתְמוּרַת קָדָשִׁים, דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּקְדוֹשָׁה כְּשֶׁהִיא בַּעֲלַת מוּם, דִּכְתִיב: ״לֹא יַחֲלִיפֶנּוּ וְלֹא יָמִיר אוֹתוֹ וְגוֹ׳״, קָרֵיבָה נָמֵי כְּשֶׁהִיא בַּעֲלַת מוּם, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא!
La Guemara répond: La halakha concernant un substitut est déjà établie, comme le dit le verset: « Cela et ce à quoi il est substitué seront saints. » Le verset compare un substitut à l'animal consacré auquel il a été substitué: De même que l'animal consacré n'est pas sacrifié s'il est taré, de même son substitut n'est pas sacrifié s'il est taré.
אָמַר קְרָא: ״וְהָיָה הוּא וּתְמוּרָתוֹ״, מַקִּישׁ תְּמוּרָתוֹ לוֹ — מָה הוּא בַּעַל מוּם לֹא, אַף תְּמוּרָתוֹ בַּעַל מוּם לֹא.
La Guemara présente une dernière objection: le rabbin Zeira s'oppose à l'affirmation selon laquelle Deutéronome 17: 1 devrait être compris comme faisant référence à l'autel privé d'un individu. Dites plutôt qu'il faut l'appliquer à la question des descendants des animaux sacrificiels, car il vous viendrait à l'esprit de dire: Puisqu'ils sont sacrés même lorsqu'ils sont tarés, à cause de leur mère, ils peuvent aussi être sacrifiés lorsqu'ils sont tarés. Deutéronome 17: 1 nous apprendrait donc que ce n’est pas la halakha.
מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי זֵירָא: אֵימָא, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְוַלְדוֹת קָדָשִׁים, דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּקְדוֹשִׁין כְּשֶׁהֵן בַּעֲלֵי מוּמִין אַגַּב אִמָּן, כְּשֶׁהֵן בַּעֲלֵי מוּמִין נָמֵי קָרְבִי, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא!
Bechorot 14b
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