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Traité Bechorot

10a

Étude de Bechorot 10a

Étude de la Guémara 10a

Guémara
La Guemara demande : si c'est bien l'opinion de Rabbi Shimon, pourquoi dit-il spécifiquement que la viande cuite dans du lait est susceptible d'impureté parce qu'elle avait eu une période de susceptibilité avant d'être cuite ensemble ? Déduis cette halakha du fait que c'est un aliment que tu peux donner à manger à d'autres — car Rabbi Shimon estime que tirer profit de la viande et du lait cuits ensemble n'est pas interdit.
אִי הָכִי, בָּשָׂר בְּחָלָב מַאי אִירְיָא דְּהָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר? תִּיפּוֹק לִי דְּאוֹכֶל שֶׁאַתָּה יָכוֹל לְהַאֲכִילוֹ לַאֲחֵרִים הוּא!
Comme il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Shimon ben Yehouda dit au nom de Rabbi Shimon : la viande cuite dans du lait est interdite à la consommation mais permise pour en tirer profit, comme il est dit : « Car tu es un peuple saint pour l'Éternel ton D.ieu » (Devarim 14, 21). Et ailleurs le verset dit : « Et vous serez des hommes saints pour Moi ; c'est pourquoi vous ne mangerez aucune chair déchirée dans les champs » (Chémot 22, 30). Comme là, concernant un animal déchiré [tereifa] — blessé d'une plaie qui le fera mourir dans les douze mois —, la consommation est interdite mais en tirer profit est permis, de même ici, concernant la viande cuite dans du lait, où le verset mentionne la sainteté comme dans l'autre verset, la consommation est interdite mais en tirer profit est permis.
דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן: בָּשָׂר בְּחָלָב אָסוּר בַּאֲכִילָה וּמוּתָּר בַּהֲנָאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי עַם קָדוֹשׁ אַתָּה לַה׳ אֱלֹהֶיךָ״, וּלְהַלָּן הוּא אוֹמֵר: ״וְאַנְשֵׁי קֹדֶשׁ תִּהְיוּן לִי״, מָה לְהַלָּן אָסוּר בַּאֲכִילָה וּמוּתָּר בַּהֲנָאָה, אַף כָּאן אָסוּר בַּאֲכִילָה וּמוּתָּר בַּהֲנָאָה!
La Guemara répond : la baraïta qui cite l'opinion de Rabbi Shimon donne une raison pour laquelle la viande cuite dans du lait est susceptible d'impureté, et en ajoute une autre. Une raison est qu'il s'agit d'un aliment que tu peux donner à manger à d'autres ; il est donc appelé « aliment » aux fins de la susceptibilité d'impureté. Et une autre raison est que même pour lui — un Juif —, bien que la consommation de lait et de viande soit actuellement interdite, il y eut un moment où c'était apte à la consommation — avant qu'ils ne soient cuits ensemble — et ils restent donc susceptibles d'impureté.
חֲדָא וְעוֹד קָאָמַר: חֲדָא — דְּאוֹכֶל שֶׁאַתָּה יָכוֹל לְהַאֲכִילוֹ לַאֲחֵרִים הוּא, וְעוֹד — לְדִידֵיהּ נָמֵי הֲרֵי הָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר.
L'opinion de Rabbi Shimon selon laquelle tous les objets dont il est interdit de tirer profit ne sont pas susceptibles de l'impureté des aliments, sauf la viande cuite dans du lait, a été élucidée. Rava procède maintenant à expliquer sa preuve que, même selon Rabbi Shimon, il est interdit de tirer profit d'un premier-né d'ânesse après la rupture de sa nuque : et si c'est ainsi — qu'après la rupture de la nuque du premier-né d'ânesse Rabbi Shimon le déclare permis pour en tirer profit — que le Tana enseigne : et Rabbi Shimon convient, concernant un premier-né d'ânesse et la viande cuite dans du lait, qu'ils sont susceptibles de l'impureté des aliments. Puisque le premier-né d'ânesse n'est pas listé comme exception, Rabbi Shimon doit estimer qu'il est interdit d'en tirer profit après la rupture de sa nuque, et il n'est donc pas susceptible d'impureté.
וְאִם אִיתָא דִּלְאַחַר עֲרִיפָה שָׁרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן, לִיתְנֵי: וּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּפֶטֶר חֲמוֹר וּבָשָׂר בְּחָלָב שֶׁמִּטַּמְּאִין טוּמְאַת אֳוכָלִין!
La Guemara répond : s'il s'agit d'un cas où celui qui a rompu la nuque de l'âne avait l'intention, au moment de l'acte, que des gens en mangent, alors lui aussi il serait susceptible de l'impureté des aliments selon Rabbi Shimon — car il est permis d'en tirer profit. Ici, nous traitons d'un cas où il n'avait pas l'intention qu'on en mange — car même les païens ne consomment généralement pas la viande d'âne — et ce n'est donc pas considéré comme un aliment.
אִי דְּחַשֵּׁיב עֲלֵיהּ — הָכִי נָמֵי; הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — דְּלָא חַשֵּׁיב עֲלֵיהּ.
La Guemara demande : mais s'il n'avait pas l'intention que quiconque en mange, quelle est la raison pour laquelle les Sages estiment la chair susceptible de l'impureté des aliments ? Les Sages dirent devant Rav Sheshet : elle est susceptible de l'impureté des aliments parce que l'interdit de la manger sert d'intention de la traiter comme aliment — le fait même qu'elle soit interdite la rend assez significative pour être considérée comme un aliment.
וְטַעְמָא מַאי מְטַמְּאִי רַבָּנַן? אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב שֵׁשֶׁת: הוֹאִיל וְאִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ.
La Guemara demande : mais selon les Sages, ont-ils vraiment dit que l'interdit d'un objet sert d'intention de le traiter comme aliment ? Mais n'avons-nous pas appris dans une Michna (Teharot 1, 1) que les Sages ont énoncé treize règles concernant la carcasse d'oiseau pur, et voici l'une d'elles : elle exige une intention explicite qu'elle sera mangée pour devenir susceptible de l'impureté des aliments — car la plupart des païens n'ont pas l'habitude de la manger —, mais elle n'exige pas de contact avec un liquide pour être rendue susceptible d'impureté rituelle.
וּלְרַבָּנַן מִי אָמַר הוֹאִיל וְאִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ? וְהָא תְּנַן: שְׁלֹשָׁה עָשָׂר דְּבָרִים אָמְרוּ בְּנִבְלַת עוֹף טָהוֹר, וְזוֹ אַחַת מֵהֶן — צְרִיכָה מַחְשָׁבָה, וְאֵינָהּ צְרִיכָה הֶכְשֵׁר.
Et si la logique selon laquelle « son interdit sert d'intention » était acceptée, pourquoi aurais-je besoin ici d'une intention explicite, puisqu'une carcasse d'oiseau est interdite à la consommation pour un Juif ? La Guemara répond : selon l'opinion de qui est-ce ? Selon l'opinion de Rabbi Shimon, qui n'estime pas que l'interdit d'un objet sert d'intention de le traiter comme aliment.
וְאִי אִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ, לְמָה לִּי מַחְשָׁבָה? הָא מַנִּי? רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא.
La Guemara propose : viens et entends une preuve tirée d'une autre Michna (Okatzin 3, 3) : une carcasse d'animal impur — comme un cheval ou un âne — trouvée en tout lieu ; ou une carcasse d'oiseau pur, ou la graisse d'un animal pur trouvée dans les villages, où les païens locaux n'ont pas l'habitude de la manger — tout cela exige une intention de consommation pour devenir susceptible de l'impureté des aliments, mais n'exige pas d'être rendu susceptible d'impureté par contact avec un liquide. Et si tu dis que l'interdit d'un objet sert d'intention, pourquoi aurais-je besoin d'une intention ? Tous ces aliments sont interdits à la consommation pour un Juif. La Guemara répond : selon l'opinion de qui est-ce ? Selon l'opinion de Rabbi Shimon.
תָּא שְׁמַע: נִבְלַת בְּהֵמָה טְמֵאָה בְּכׇל מָקוֹם, וְנִבְלַת עוֹף טָהוֹר וְהַחֵלֶב בַּכְּפָרִים — צְרִיכִים מַחְשָׁבָה, וְאֵינָם צְרִיכִים הֶכְשֵׁר. וְאִי אָמְרַתְּ אִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ, לְמָה לִּי מַחְשָׁבָה? הָא מַנִּי? רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא.
La Guemara propose : viens et entends une preuve tirée de la suite de la même MICHNA : une carcasse d'animal pur trouvée en tout lieu, ou la carcasse d'un oiseau pur trouvée en tout lieu, ou la graisse d'un animal pur trouvée sur les marchés — c'est-à-dire dans une grande ville dotée de marchés, où certaines personnes en mangent —, n'exigent pas d'intention de consommation pour être considérés comme soumis à l'impureté, car on présume qu'ils sont des aliments pour les païens ; et ils n'exigent pas non plus de contact avec un liquide pour être rendus susceptibles d'impureté. La Guemara infère que seule la carcasse d'un animal pur n'exige pas d'intention, mais la carcasse d'un animal impur en exige une. Si l'interdit d'un objet sert d'intention, pourquoi exigerait-on une intention de consommation ?
תָּא שְׁמַע: נִבְלַת בְּהֵמָה טְהוֹרָה בְּכׇל מָקוֹם, וְנִבְלַת עוֹף הַטָּהוֹר וְהַחֵלֶב בַּשְּׁוָוקִים — אֵינָן צְרִיכִין מַחְשָׁבָה וְלֹא הֶכְשֵׁר. הָא טְמֵאָה בָּעֲיָא מַחְשָׁבָה.
Et si tu disais : selon l'opinion de qui est-ce ? Également selon l'opinion de Rabbi Shimon — on pourrait répondre que, puisque la clause finale est l'opinion de Rabbi Shimon, il s'ensuit que la clause initiale, écrite sans attribution, n'est pas selon l'opinion de Rabbi Shimon. Car la clause finale enseigne : Rabbi Shimon dit que même la viande du chameau, du lièvre, du daman des rochers et du porc n'exigent ni intention ni contact avec un liquide pour être rendus susceptibles d'impureté. Et Rabbi Shimon a dit : quelle en est la raison ? Parce qu'ils possèdent certaines caractéristiques d'animaux purs (voir Vayikra 11, 4-7). Si c'est ainsi, la dispute entre Rabbi Shimon et les Sages ne peut pas reposer sur la question de savoir si l'interdit de l'animal sert d'intention.
וְכִי תֵּימָא: הָא מַנִּי רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא — הָא מִדְּסֵיפָא רַבִּי שִׁמְעוֹן הָוֵי, רֵישָׁא לָאו רַבִּי שִׁמְעוֹן. דְּקָתָנֵי סֵיפָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אַף הַגָּמָל וְהָאַרְנֶבֶת וְהַשָּׁפָן וְהַחֲזִיר אֵינָן צְרִיכִין לֹא מַחְשָׁבָה וְלֹא הֶכְשֵׁר. וְאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: מָה טַעַם? הוֹאִיל וְיֵשׁ בָּהֶן סִימָנֵי טׇהֳרָה.
Plutôt, Rava dit : tous, y compris les Sages, conviennent que nous ne disons pas que l'interdit d'un objet sert d'intention de le traiter comme aliment. Et concernant un premier-né d'ânesse, si l'on a rompu sa nuque, les Sages estiment eux aussi qu'il n'est pas susceptible de l'impureté des aliments — puisque celui qui a rompu sa nuque n'avait pas l'intention qu'on en mange.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא אָמְרִינַן אִיסּוּרוֹ חִישּׁוּבוֹ, וְאִי דְּעַרְפֵיהּ מִיעְרָף — הָכִי נָמֵי,

Rachi

אי הכי - דטעמא דר' שמעון משום הנאה הוא:

מה להלן מותר בהנאה - דכתיב לכלב תשליכון אותו (שמות כ״ב:ל׳):

לדידיה נמי - לצורך ישראל עצמו היתה לו שעת הכושר אבל שור הנסקל ועגלה ערופה לא היתה לו שעת הכושר אפי' קודם לכן דבהמה בחייה בחזקת איסור עומדת:

ליתני ומודה ר' שמעון בפטר חמור - דהא יכול להאכילו לאחרים הוא:

דלא חשיב עליה - לאכילה ומשום הכי לא תני ליה דסתמיה לאו לאכילה קאי:

ואיסורו חישובו - איסור דאסר ליה רחמנא לישראל משויא ליה אוכל דכיון דאסר ליה מכלל דראוי לאכילה לעובד כוכבים הוא:

צריכה מחשבה - לטמא טומאת אוכלין אם נגע בהן שרץ שאם תגע אחרי כן באוכלין כשרין תטמאם וכל כמה דלא חשיב עליה לית ביה שום טומאת מגע דנבלת עוף טהור אינה מטמאה אלא אם אכלה ואז מטמאה אותן בגדים שהוא לבוש בשעת בליעה:,ואינה צריכה הכשר - הואיל ויש עליה טומאה חמורה לטמא אדם ובגדים אם היה אוכלה ואמר בכריתות בפרק דם שחיטה (כריתות דף כא.) וכי יותן מים וכו' מה זרעים מיוחדין שאין סופן לטמא טומאה חמורה צריכין הכשר אף כל שאין סופן לטמא טומאה חמורה צריכין הכשר ולא שייך הכשר אלא בטומאה קלה דאוכלין וכן מחשבה:

ר' שמעון היא - דלית ליה איסורו חישובו:

נבלת בהמה טמאה בכ"מ - שהיא סתמא לאו לאכילה קיימא דמאיסה ועוד שיש לה שני דחויין אחת שלא נשחטה ואחת טמאה היא וכן נבלת עוף טהור:,וחלב - שומן של נבלה טהורה:,בכפרים - דעניים הם ואין רגילין לאכול עופות ושומן צריכין מחשבה להאכילן לעובד כוכבים ואם לאו אין מטמאין טומאת אוכלין. וא"ת נבלת בהמה טמאה טומאת אוכלין למה לה הא מטמאה אדם וכלים כ"ש אוכלין תריץ כדאמר בכריתות בפרק דם שחיטה (כריתות דף כא.) דאי איכא פחות מכזית טמאה דאין עליה טומאת נבלות שהרי אין בה שיעור וצירפו לפחות מכביצה אוכלין אם חישב על פחות מכזית זה לאכילה מצטרף עם שאר אוכלין להשלימה לכביצה שאם יגע בהן שרץ יטמאו. והחלב לא גרסינן דליכא למימר ביה אין צריך הכשר דאי בחלב נבלה הא אין מטמא טומאה חמורה דכתיב (ויקרא ז׳:כ״ד) יעשה לכל מלאכה ואמאי לא ניבעי הכשר ואי בשחוטה ומשום שכבר הוכשר הא שנינו בגמ' בהעור והרוטב (חולין קכח.) חזר ר"ע להיות שונה כר' יהודה דהכשר שחיטה לא מהניא לחלב משום דאכתי לאו אוכל הוא דהא דכפרים לאו בר אוכל הוא עד דחשיב עליה ובטהרות במשנה לא גרסינן ליה:,ואינה צריכה הכשר - הואיל ומטמאה טומאה חמורה בעוד שהיה בה זית שלם בעודה היא מחוברת בנבלה:

נבלת בהמה טהורה בכ"מ - סתמא לאכילת עובד כוכבים דלא מאיסה ועוד דלגבי ישראל אין בה אלא דיחוי אחד הלכך אינה צריכה מחשבה לקבל טומאת אוכלין להצטרף פחות מכזית הימנה לפחות מכביצה אוכלין וכן נבלת עוף טהור והחלב של שחוטה:,בשווקים - בכרכים דיש בה רוב עם ועשירים הם ורגילין לאכול רוב עופות ושומן:,ולא הכשר - נבלת בהמה ועוף משום דמטמאין טומאה חמורה וחלב שחוטה בשווקים משום שכבר הוכשר בשחיטה דכיון דלא בעי מחשבה אהני ליה הכשר שחיטה:,הא טמאה בעיא מחשבה - ולא אמרינן איסורו זהו חישובו:

אף הגמל - דינו כבהמה טהורה הואיל ויש בו אחד מסימני טהרה. ומדאוסיף ר"ש בסיפא מכלל דרישא רבנן היא וש"מ לית להו איסורו חישובו וגבי פטר חמור דמטמאין לעיל בדחשיב עליה הוא ואפ"ה מטהר ר"ש דאוכל שאי אתה יכול להאכילו לאחרים הוא דמודה ר"ש לאחר עריפה שהוא אסור כדרב':

אלא אמר רבא דכ"ע לא אמרינן איסורו חישובו - גרידא ואפ"ה פלוגתייהו בדלא חשיב וליתא לדרב'. ודקשיא לך מאי טעמא דרבנן אי דערפיה מיערף הכי נמי דמודו רבנן דלא מטמא טומאת אוכלין הואיל ולא חשיב עליה:

Tossafot

מה להלן אסור באכילה ומותר בהנאה כו' - תימה דבפרק כל שעה (פסחים כד:) דריש איסי בן יהודה איסור באכילה מהכא ואיסור הנאה יליף מק"ו דערלה והשתא במאי פליגי וי"ל קסבר תנא דהתם כיון דמצי לקיומי תרוייהו הגזרה שוה וק"ו מקיימי ומיהו קשה דבכמה מקומות אתיא ג"ש ומפקינן מק"ו כדאמר בכמה דוכתי שיכול ועושה ק"ו והדר תלמוד לומר אלמא אתיא גזרה שוה ומפקינן מקל וחומר ופירש ר"ת קרא איירי במידי דאסור בהנאה כגון קדשים שיצאו חוץ למחיצתן דדריש בפרק בהמה המקשה (חולין סח.) מבשר בשדה כיון שיצא חוץ למחיצה נאסר ואע"ג דפשטיה דקרא בהיתר הנאה כדכתיב לכלב תשליכון אותו קסבר תנא דהתם להכי אהני ק"ו דילפינן מקדשים דאיירי בהו נמי קרא ותנא דהכא סבר מטריפה דשריא בהנאה ילפינן כפשטה ולית ליה קל וחומר דהכי נמי מאן דדריש איסור הנאה מג' לא תבשל לית ליה קל וחומר (וא"ת מאן דדריש ליה מקודש אית ליה ק"ו) תיפוק ליה איסור הנאה מכל בקודש באש תשרף כדילפינן מיניה פרק כל שעה (פסחים כד.) פסולי קדשים י"ל עם קדש ואנשי קדש מענין אחד ודמו אהדדי א"נ דנין חולין מחולין ואין דנין חולין מקדשים כדאמר פרק כיסוי הדם (חולין פה.):

נבלת בהמה טמאה בכל מקום ונבלת עוף טהור בכפרים צריכה מחשבה ואינה צריכה הכשר- והחלב לא גרסינן דליכא למימר דאין צריך הכשר דאי בחלב נבלה הא אינה מטמאה טומאה חמורה דכתיב (ויקרא ז׳:כ״ד) יעשה לכל מלאכה ואמאי לא נבעי הכשר ואי בשחוטה הרי שנינו בפרק העור והרוטב (חולין קכח.) חזר רבי עקיבא להיות שונה כרבי יהודה דהכשר שחיטה לא מהניא לחלב משום דאכתי לאו אוכל הוא דהא בכפרים לאו בר אכילה היא עד דחשיב עליה ובמסכת טהרות לא גרסינן ליה עכל"ה לפי שיש פי' שאין כתב בהן ושמא מאחרים הוגה ואע"ג דרב פפא מוקי התם בהעור והרוטב (שם) פלוגתא דתנאי בהיתר מחשבה מ"מ מסתבר דהכי סתם משנה דמסכת טהרות סברה כי חזרה ובסיפא גרסינן לה שפיר החלב בשווקים אין צריך לא מחשבה ולא הכשר ובחלב שחוטה אמרינן וכן פירש הקונטרס:,ונבלת עוף טהור בכפרים - פירש הקונטרס עניים הם ואין רגילין לאכול עופות ונראה לפרש טעם אחר בשווקין יש אוכלין מרובים וקונין כל דבר בכפרים אוכלים מועטין ולא זבני אלא מידי מעליא:

נבלת בהמה טהורה בכל מקום - מה שיש חילוק בין טמאה לטהורה ואע"ג דתרוייהו לא מזבין אלא לעובד כוכבים וחפצים הם בחזיר יותר כדאמרינן התם חולין (ד' יז.) ובתים מלאים כל טוב (כותלי) [קדלי] דחזירי ואמרי' במגילה (דף יג.) וישנה לטוב כתלי דחזירי מכ"מ מה שהיא טהורה משוי אוכל בראויה מעט הואיל וכשאינה נבילה אוכל גמור הוא לישראל ומהאי טעמא מהני לרבי שמעון בגמל וארנבת שפן וחזיר סימני טהרה לשוויי אוכל כדאמר בסמוך ובקונט' נמי פירש כאן נבלת בהמה טמאה כ"מ שהיא סתמא לאו לאכילה קיימא דמאיסה ועוד יש עליה שני דחויין אחד שלא נשחטה ועוד דטמאה היא וגבי נבלת בהמה טהורה פירש סתמא לאכילת עובד כוכבים דלא מאיסה ועוד לגבי ישראל אין בהן אלא דחוי אחד הילכך אינה צריכה מחשבה:,והחלב בשווקים - פ"ה רגילים לאכול עופות ושומן משמע שר"ל דכל שומן קרוי חלב ולא מיירי דוקא מחלב האסור כגון תותב קרום ונקלף (חולין דף מט:):

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Bechorot 10a
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בכורות י׳ אמַסֶּכֶת בְּכוֹרוֹת