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Traité Bava Metzia

26b

Étude de Bava Metzia 26b

Étude de la Mishna & Guémara 26b

qui est tombée de l'un de deux hommes, il est obligé de la rendre. Pourquoi ? Celui à qui la sela est échappée ne désespère pas de la récupérer. Il se dit : après tout, personne d'autre n'était avec moi, seulement celui-ci ; il ignore que la sela a été trouvée par un tiers. Il pense donc : je vais le saisir et lui dire : c'est toi qui l'as prise.
שֶׁנָּפַל מִשְּׁנַיִם חַיָּיב לְהַחְזִיר. מַאי טַעְמָא? הָהוּא דִּנְפַל מִינֵּיהּ לָא מִיָּאַשׁ, מֵימָר אָמַר: מִכְּדֵי אִינִישׁ אַחֲרִינָא לָא הֲוָה בַּהֲדַאי אֶלָּא הַאי, נָקֵיטְנָא לֵיהּ וְאָמֵינָא לֵיהּ: אַנְתְּ הוּא דִּשְׁקַלְתֵּיהּ.
Si la pièce est tombée de l'un de trois hommes, le trouveur n'est pas obligé de la rendre. Pourquoi ? Celui à qui la sela est échappée désespère certainement de la récupérer. Il se dit : après tout, deux autres personnes étaient avec moi. Si je saisis celui-ci, il dira : « Je ne l'ai pas prise » ; et si je saisis celui-là, il dira : « Je ne l'ai pas prise ». Ne pouvant formuler une revendication certaine, il désespère de retrouver sa pièce.
בִּשְׁלֹשָׁה אֵינוֹ חַיָּיב לְהַחְזִיר. מַאי טַעְמָא? הָהוּא דִּנְפַל מִינֵּיהּ וַדַּאי מִיָּאַשׁ, מֵימָר אָמַר: מִכְּדֵי תְּרֵי הֲווֹ בַּהֲדַאי, אִי נָקֵיטְנָא לְהַאי אָמַר: ״לָא שְׁקַלְתֵּיהּ״, וְאִי נָקֵיטְנָא לְהַאי אָמַר: ״לָא שְׁקַלְתֵּיהּ״.
Par la loi de la Torah, on ne rend un objet perdu que s'il vaut au moins une perouta. Rava dit : quant à ce que tu as dit — que si la pièce est tombée de l'un de trois hommes le trouveur n'est pas obligé de la rendre — nous l'avons dit seulement lorsque la valeur totale de la pièce perdue, divisée par trois, n'atteint pas une perouta pour chacun d'eux ; mais si elle atteint une perouta pour chacun, il est obligé de la rendre. Pourquoi ? Disons qu'ils sont peut-être associés, c'est-à-dire qu'ils possèdent la pièce en commun ; ils ne désespèrent donc pas, chacun supposant que l'un des deux autres l'a trouvée et la garde pour les trois.
אָמַר רָבָא: הַאי דְּאָמְרַתְּ בִּשְׁלֹשָׁה אֵינוֹ חַיָּיב לְהַחְזִיר – לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלֵית בֵּיהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה לְכׇל חַד וְחַד, אֲבָל אִית בֵּיהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה לְכׇל חַד וְחַד – חַיָּיב לְהַחְזִיר. מַאי טַעְמָא? אֵימוֹר שׁוּתָּפֵי נִינְהוּ וְלָא מִיָּאֲשׁוּ.
Il y a ceux qui disent que Rava a dit : même si sa valeur totale n'est que de deux peroutot — insuffisant pour donner une perouta à chacun des trois associés — on est obligé de la rendre. Pourquoi ? Disons qu'ils sont peut-être associés, et que l'un d'eux renonce à sa part en faveur d'un autre : les deux associés restants ont chacun une part d'une perouta, ce qui rend le trouveur tenu de restituer.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רָבָא: אַף עַל גַּב דְּלֵית בֵּיהּ אֶלָּא שָׁוֶה שְׁתֵּי פְרוּטוֹת – חַיָּיב לְהַחְזִיר, מַאי טַעְמָא? אֵימוֹר שׁוּתָּפֵי נִינְהוּ וְחַד מִנַּיְיהוּ אַחוֹלֵי אַחֲלֵיהּ לִמְנָתֵיהּ גַּבֵּי חַבְרֵיהּ.
§ Et Rava dit : si l'on a vu une pièce de sela tomber d'autrui et qu'on l'a prise dans l'intention de la voler, avant le désespoir du propriétaire, on viole toutes les mitzvot suivantes : l'interdiction « Tu ne voleras pas » (Vayikra 19, 13) ; la mitzva positive, concernant les objets trouvés, « Tu les rendras à ton frère » (Devarim 22, 1) ; et l'interdiction, concernant celui qui trouve un objet : « Tu ne pourras pas te détourner » (Devarim 22, 3). Et même s'il la rend après le désespoir du propriétaire, ce n'est qu'un cadeau qu'il lui fait ; la transgression commise, il l'a commise, et il reste en violation de ces mitzvot.
וְאָמַר רָבָא: רָאָה סֶלַע שֶׁנָּפְלָה, נְטָלָהּ לִפְנֵי יֵאוּשׁ עַל מְנָת לְגוֹזְלָהּ – עוֹבֵר בְּכוּלָּן: מִשּׁוּם ״לֹא תִגְזוֹל״, וּמִשּׁוּם ״הָשֵׁב תְּשִׁיבֵם״, וּמִשּׁוּם ״לֹא תוּכַל לְהִתְעַלֵּם״. וְאַף עַל גַּב (דַּחֲזָרָה) [דְּאַהְדְּרַהּ] לְאַחַר יֵאוּשׁ, מַתָּנָה הוּא דְּיָהֵיב לֵיהּ, וְאִיסּוּרָא דַּעֲבַד – עֲבַד.
Rava poursuit : s'il a pris la pièce dans l'intention de la rendre, avant le désespoir du propriétaire, puis, après le désespoir du propriétaire, a eu l'intention de la voler, il viole une mitzva — par son défaut d'accomplir la mitzva positive « Tu les rendras à ton frère ». Il ne viole pas l'interdiction « Tu ne voleras pas », car au moment où il a pris la pièce il n'avait pas l'intention de la garder. Et il ne viole pas l'interdiction « Tu ne pourras pas te détourner », car il ne s'est pas détourné de l'objet perdu : il l'avait pris dans l'intention de le rendre.
נְטָלָהּ לִפְנֵי יֵאוּשׁ עַל מְנָת לְהַחְזִירָהּ, וּלְאַחַר יֵאוּשׁ נִתְכַּוֵּין לְגוֹזְלָהּ – עוֹבֵר מִשּׁוּם ״הָשֵׁב תְּשִׁיבֵם״.
S'il a attendu que le propriétaire désespère de récupérer l'objet perdu et seulement alors l'a pris, il viole une mitzva — mais seulement par son défaut d'accomplir la mitzva positive « Tu ne pourras pas te détourner », car il n'a pris aucune mesure pour rendre l'objet perdu à son propriétaire.
הִמְתִּין לָהּ עַד שֶׁנִּתְיָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים וּנְטָלָהּ, אֵינוֹ עוֹבֵר אֶלָּא מִשּׁוּם ״לֹא תוּכַל לְהִתְעַלֵּם״ בִּלְבָד.
Rava dit : dans le cas de celui qui voit qu'une pièce de dinar est tombée d'autrui dans le sable, puis la trouve et la prend, il n'est pas obligé de la rendre à son propriétaire. Pourquoi ? Parce que celui à qui l'argent est échappé désespère de le retrouver. Même si le trouveur voit que le propriétaire a apporté un tamis et tamise le sable — ce qui semblerait indiquer qu'il n'a pas désespéré — le propriétaire peut se dire : tout comme une pièce m'est tombée dans le sable, une pièce est tombée d'un autre, et j'en trouverai une pour compenser ma perte.
אָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּחָזֵי דִּנְפוּל זוּזֵי מֵחַבְרֵיהּ בֵּי חָלָתָא וְאַשְׁכְּחֵיהּ וְשַׁקְלֵיהּ – לָא מִיחַיַּיב לְאַהְדּוֹרֵי לֵיהּ, מַאי טַעְמָא? הָהוּא דִּנְפַל מִינֵּיהּ מִיָּאַשׁ הוּא. אַף עַל גַּב דְּחַזְיֵיהּ דְּאַיְיתִי אַרְבְּלָא וְקָא מְרַבֵּל, מֵימָר אָמַר: כִּי הֵיכִי דִּנְפוּל מִינַּאי דִּידִי הָכִי נְפוּל מֵאִינִישׁ אַחֲרִינָא וּמַשְׁכַּחְנָא מִידֵּי.
Mishna 1
MICHNA : Si l'on trouve des objets sans signe distinctif dans une boutique, ces objets appartiennent au trouveur, car la boutique est fréquentée par la foule et le propriétaire désespère de les récupérer. Si les objets sont trouvés entre le comptoir du marchand et le marchand lui-même, ils appartiennent au marchand : ses clients n'ont généralement pas accès à cette zone, et l'on présume qu'ils sont à lui. Si l'on trouve des pièces devant un changeur d'argent, ces pièces appartiennent au trouveur. Si elles sont trouvées entre la chaise du changeur et le changeur lui-même, elles appartiennent au changeur, car ses clients n'ont généralement pas accès à cette zone.
מַתְנִי׳ מָצָא בַּחֲנוּת – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ. בֵּין הַתֵּיבָה וְלַחֶנְוָנִי – שֶׁל חֶנְוָנִי. לִפְנֵי שׁוּלְחָנִי – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ. בֵּין הַכִּסֵּא וְלַשּׁוּלְחָנִי – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁל שׁוּלְחָנִי.(משנה)
Celui qui achète des fruits à autrui, ou à qui autrui lui envoie des fruits en cadeau, et qui y trouve des pièces mélangées aux fruits — ces pièces lui appartiennent. Si les pièces étaient liées en paquet, cela constitue un signe distinctif : le trouveur prend les pièces et fait une annonce publique.
הַלּוֹקֵחַ פֵּירוֹת מֵחֲבֵירוֹ, אוֹ שֶׁשִּׁילַּח לוֹ חֲבֵירוֹ פֵּירוֹת, וּמָצָא בָּהֶן מָעוֹת – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ. אִם הָיוּ צְרוּרִין – נוֹטֵל וּמַכְרִיז.
Guémara
GUEMARA : La Michna enseigne que si l'on trouve des pièces devant un changeur d'argent, elles appartiennent au trouveur. Rabbi Elazar dit : même si les pièces sont trouvées posées sur la table elle-même, elles appartiennent au trouveur.
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֲפִילּוּ מוּנָּחִין עַל גַּבֵּי שׁוּלְחָן.
La Guemara objecte : nous avons appris dans la michna — si l'on trouve des pièces devant un changeur, elles appartiennent au trouveur — ce qui indique par déduction que si elles sont sur la table, elles appartiennent au changeur. La Guemara répond : dis plutôt la dernière clause de la michna — si les pièces sont trouvées entre la chaise du changeur et le changeur, elles appartiennent au changeur — ce qui indique par déduction que si elles sont sur la table, elles appartiennent au trouveur. La Guemara conclut : plutôt, à cause des déductions contradictoires de la première et de la dernière clause, on ne peut tirer aucune inférence de cette Michna.
תְּנַן: לִפְנֵי שׁוּלְחָנִי – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ. הָא, עַל גַּבֵּי שׁוּלְחָן – דְּשׁוּלְחָנִי! אֵימָא סֵיפָא: בֵּין הַכִּסֵּא וְלַשּׁוּלְחָנִי – שֶׁל שׁוּלְחָנִי! הָא, עַל גַּבֵּי שׁוּלְחָן שֶׁלּוֹ. אֶלָּא מֵהָא לֵיכָּא לְמִשְׁמַע מִינַּהּ.
Bava Metzia 26b
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בבא מציעא כ״ו במַסֶּכֶת בָּבָא מְצִיעָא