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Traité Bava Metzia

22a

Étude de Bava Metzia 22a

Étude de la Guémara 22a

Guémara
Et de même, dans le cas du Jourdain ou d'un autre fleuve qui a pris un objet chez cette personne et l'a donné à celle-là — dans tous ces cas, ce que la personne a pris, elle l'a pris ; et ce que la personne a donné, elle l'a donné. De même, ce que le fleuve a pris, il l'a pris ; et ce qu'il a donné, il l'a donné. La personne qui a reçu l'objet n'est pas tenue de le rendre.
וְכֵן יַרְדֵּן שֶׁנָּטַל מִזֶּה וְנָתַן לָזֶה, מַה שֶּׁנָּטַל – נָטַל, וּמַה שֶּׁנָּתַן – נָתַן.
La Guemara demande : accord pour le voleur et le Jourdain — on peut dire que le propriétaire les voit prendre l'objet et désespère de le récupérer. Mais dans le cas du voleur [gannav] qui prend l'objet furtivement, le propriétaire le voit-il prendre l'objet, et cela le conduirait-il à désespérer ? La Guemara explique : Rav Pappa interprète le terme « voleur » de la baraïta comme désignant des brigands armés [listim] ; le propriétaire sait donc que l'objet a été pris et désespère de le récupérer. La Guemara demande : si c'est ainsi, c'est la même chose qu'un voleur — pourquoi mentionner deux cas identiques ? La Guemara répond : la baraïta mentionne deux types de voleurs ; dans les deux cas, le propriétaire savait que son objet avait été pris.
בִּשְׁלָמָא גַּזְלָן וְיַרְדֵּן, דְּקָא חָזֵי לְהוּ וּמִיָּאַשׁ. אֶלָּא גַּנָּב, מִי קָא חָזֵי לֵיהּ דְּמִיָּאַשׁ? תַּרְגְּמַהּ רַב פָּפָּא בְּלִסְטִים מְזוּיָּן. אִי הָכִי הַיְינוּ גַּזְלָן! תְּרֵי גַּוְונֵי גַּזְלָן.
La Guemara propose : viens et entends une preuve tirée d'une baraïta : si un fleuve a emporté les poutres, le bois ou les pierres de quelqu'un et les a déposés dans le champ d'autrui, ces objets appartiennent au propriétaire du champ, du fait que les propriétaires respectifs ont désespéré de les récupérer. La Guemara infère de la baraïta : la raison pour laquelle ils appartiennent au trouveur est que les propriétaires ont désespéré ; mais dans un cas non précisé, où l'on ne sait pas définitivement que les propriétaires ont désespéré, ils n'appartiennent pas au trouveur. Apparemment, un désespoir non conscient n'est pas considéré comme un désespoir. La Guemara repousse la preuve : de quoi traitons-nous ici ? D'un cas où les propriétaires sont capables de sauver les poutres, le bois ou les pierres ; leur décision de ne pas les sauver est donc une indication claire de désespoir.
תָּא שְׁמַע: שָׁטַף נָהָר קוֹרָיו, עֵצָיו, וַאֲבָנָיו, וּנְתָנוֹ בְּתוֹךְ שְׂדֵה חֲבֵירוֹ – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ, מִפְּנֵי שֶׁנִּתְיָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים. טַעְמָא דְּנִתְיָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים, הָא סְתָמָא – לָא! הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? כְּשֶׁיָּכוֹל לְהַצִּיל.
La Guemara demande : si c'est ainsi, dis la clause finale de la même baraïta : si les propriétaires poursuivaient les objets, le trouveur est tenu de les rendre. S'il s'agit d'un cas où les propriétaires sont capables de les sauver, pourquoi la baraïta cite-t-elle spécifiquement un cas où les propriétaires poursuivaient les objets ? Même s'ils ne les poursuivaient pas, les objets resteraient aussi en leur possession, car ils n'auraient pas désespéré. La Guemara répond : de quoi traitons-nous ici ? D'un cas où les propriétaires sont capables de sauver les objets avec difficulté. Dans ce cas, s'ils poursuivent les objets, cela indique qu'ils n'ont pas désespéré ; mais s'ils ne les poursuivent pas, cela indique qu'ils ont désespéré.
אִי הָכִי אֵימָא סֵיפָא: אִם הָיוּ הַבְּעָלִים מְרַדְּפִין אַחֲרֵיהֶם – חַיָּיב לְהַחְזִיר. אִי בִּיכוֹלִין לְהַצִּיל, מַאי אִרְיָא מְרַדְּפִין? אֲפִילּוּ אֵין מְרַדְּפִין נָמֵי! הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? בִּיכוֹלִין לְהַצִּיל עַל יְדֵי הַדְּחָק. מְרַדְּפִין – לָא אִיָּיאוּשׁ, אֵין מְרַדְּפִין – אִיָּיאוֹשֵׁי מִיָּאַשׁ.
La Guemara propose : viens et entends une preuve tirée d'une baraïta (Tosefta, Terumot 1, 5) : quand les Sages ont-ils dit que, dans le cas où l'on sépare la térouma sans le consentement du propriétaire, sa térouma est considérée comme térouma ? C'est dans un cas où quelqu'un est entré dans le champ d'autrui, a cueilli des produits et a séparé la térouma sans la permission du propriétaire. Si le propriétaire est inquiet de ses actes et les considère comme un vol, sa térouma n'est pas térouma ; mais s'il n'est pas inquiet, sa térouma est térouma.
תָּא שְׁמַע: כֵּיצַד אָמְרוּ הַתּוֹרֵם שֶׁלֹּא מִדַּעַת תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה – הֲרֵי שֶׁיָּרַד לְתוֹךְ שְׂדֵה חֲבֵירוֹ וְלִיקֵּט וְתָרַם שֶׁלֹּא בִּרְשׁוּת, אִם חוֹשֵׁשׁ מִשּׁוּם גָּזֵל – אֵין תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה, וְאִם לָאו – תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה.
La baraïta poursuit : et comment saurait-il si le propriétaire est inquiet de ses actes et les considère comme un vol ou non ? Si le propriétaire est venu, l'a trouvé en train de séparer la térouma et lui a dit : « Tu aurais dû aller prendre des produits de meilleure qualité et en séparer la térouma », alors — si l'on trouve des produits de meilleure qualité que ceux qu'il avait séparés — sa térouma est considérée comme térouma, car on suppose que le propriétaire était sincère et satisfait que l'autre ait séparé la térouma de ses produits. Mais sinon, sa térouma n'est pas térouma, car on peut supposer que le propriétaire était en colère et parlait ironiquement. La baraïta ajoute : si les propriétaires cueillaient et ajoutaient à la térouma qu'il avait séparée, indiquant qu'ils approuvent son acte de séparation — dans tous les cas, qu'on trouve ou non de produits de meilleure qualité, sa térouma est considérée comme térouma.
וּמִנַּיִן הוּא יוֹדֵעַ אִם חוֹשֵׁשׁ מִשּׁוּם גָּזֵל וְאִם לָאו? הֲרֵי שֶׁבָּא בַּעַל הַבַּיִת וּמְצָאוֹ, וְאָמַר לוֹ: ״כְּלָךְ אֵצֶל יָפוֹת״. אִם נִמְצְאוּ יָפוֹת מֵהֶן – תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה, וְאִם לָאו – אֵין תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה. לִיקְּטוּ הַבְּעָלִים וְהוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן, בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ – תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה.
La Guemara questionne la décision de la baraïta : mais pourquoi cette halakha — que si l'on trouve des produits de meilleure qualité que ceux qu'il avait séparés, sa térouma est térouma ? Au moment où il a séparé la térouma, il ne savait pas que le propriétaire approuverait finalement. La baraïta dit que la térouma est valide dès le moment de la séparation, bien qu'il n'ait appris l'accord du propriétaire que plus tard. Apparemment, dans le cas du désespoir aussi, un désespoir non conscient est considéré comme un désespoir — contrairement à l'opinion d'Abaye. Rava interprète la question selon l'opinion d'Abaye : c'est un cas où le propriétaire l'a désigné comme agent.
וְכִי נִמְצְאוּ יָפוֹת מֵהֶן תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה, אַמַּאי? בְּעִידָּנָא דִּתְרַם הָא לָא הֲוָה יָדַע! תַּרְגְּמַהּ רָבָא אַלִּיבָּא דְּאַבָּיֵי: דְּשַׁוְּיֵהּ שָׁלִיחַ.
Cela est d'ailleurs raisonnable : car si tu pensais que le propriétaire ne l'a pas désigné comme agent, sa térouma serait-elle térouma ? Mais le Miséricordieux ne dit-il pas : « Ainsi vous aussi, vous prélèverez un don pour l'Éternel sur toutes vos dîmes » (Bamidbar 18, 28) ? Une fois que le verset dit « vous », l'ajout du mot « aussi » dans « vous aussi » vise à inclure un agent. Donc, un agent qui sépare la térouma a les mêmes halakhot qu'un propriétaire qui la sépare. Comme lorsque vous, le propriétaire, séparez la térouma, c'est avec votre consentement, de même lorsque votre agent sépare la térouma, cela doit être avec votre consentement. Évidemment, il faut en tout cas être nommé agent pour pouvoir séparer la térouma pour autrui.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּלָא שַׁוְּויֵהּ שָׁלִיחַ, מִי הָוְיָא תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה? וְהָא ״אַתֶּם״ ״גַּם אַתֶּם״ אָמַר רַחֲמָנָא לְרַבּוֹת שְׁלוּחֲכֶם. מָה אַתֶּם לְדַעְתְּכֶם, אַף שְׁלוּחֲכֶם לְדַעְתְּכֶם.
Plutôt, de quoi traitons-nous ici ? D'un cas où le propriétaire l'a désigné comme agent et lui a dit : va séparer la térouma — mais il ne lui a pas dit : sépare la térouma de ces récoltes précises. Et lorsque l'intention du propriétaire n'est pas précisée, et qu'on ne sait pas de quelles récoltes l'agent doit séparer la térouma, c'est des récoltes de qualité intermédiaire qu'il la sépare. Or, dans ce cas, l'agent est allé séparer la térouma à partir de produits de qualité supérieure ; le propriétaire du champ est venu, l'a trouvé et lui a dit : « Tu aurais dû aller prendre des produits de meilleure qualité et en séparer la térouma. » Si l'on trouve des produits de meilleure qualité que ceux qu'il avait séparés, sa térouma est considérée comme térouma ; mais sinon, sa térouma n'est pas térouma.
אֶלָּא הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן דְּשַׁוְּיֵהּ שָׁלִיחַ, וַאֲמַר לֵיהּ: ״זִיל תְּרוֹם״, וְלָא אֲמַר לֵיהּ ״תְּרוֹם מֵהָנֵי״. וּסְתָמֵיהּ דְּבַעַל הַבַּיִת כִּי תָּרֵים מִבֵּינוֹנִית (הוּא) תָּרֵים, וַאֲזַל אִיהוּ וּתְרַם מִיָּפוֹת, וּבָא בַּעַל הַבַּיִת וּמְצָאוֹ וַאֲמַר לֵיהּ: ״כְּלָךְ אֵצֶל יָפוֹת״, אִם נִמְצְאוּ יָפוֹת מֵהֶן – תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה, וְאִם לָאו – אֵין תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה.
Ameimar, Mar Zutra et Rav Ashi se trouvèrent dans le verger [levustana] de Mari bar Isak. Son métayer vint et leur présenta des dattes et des grenades. Ameimar et Rav Ashi mangèrent les fruits, mais Mar Zutra n'en mangea pas — par crainte que le métayer ne les ait fournis sans l'approbation du propriétaire du champ. Pendant ce temps, Mari bar Isak arriva, les trouva en train de manger ses fruits et dit à son métayer : pourquoi n'as-tu pas apporté aux Sages des fruits de ceux-là, de meilleure qualité ?
אַמֵּימָר וּמָר זוּטְרָא וְרַב אָשֵׁי אִקְּלַעוּ לְבוּסְתָּנָא דְּמָרִי בַּר אִיסַק, אַיְיתִי אֲרִיסֵיהּ תַּמְרֵי וְרִימּוֹנֵי וּשְׁדָא קַמַּיְיהוּ. אַמֵּימָר וְרַב אָשֵׁי אָכְלִי, מָר זוּטְרָא לָא אֲכַל. אַדְּהָכִי אֲתָא מָרִי בַּר אִיסַק, אַשְׁכְּחִינְהוּ, וַאֲמַר לֵיהּ לַאֲרִיסֵיהּ: אַמַּאי לָא אַיְיתֵית לְהוּ לְרַבָּנַן מֵהָנָךְ שַׁפִּירָתָא?
Ameimar et Rav Ashi dirent à Mar Zutra : maintenant, pourquoi le Maître ne mange-t-il pas ? Mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta : dans un cas où le propriétaire du champ est venu, l'a trouvé et lui a dit : « Tu aurais dû aller prendre des produits de meilleure qualité et en séparer la térouma » — si l'on trouve des produits de meilleure qualité que ceux qu'il avait séparés, sa térouma est considérée comme térouma. Ici aussi, il est clair que Mari bar Isak approuve les actes de son métayer. Mar Zutra leur dit que voici ce que dit Rava : les Sages ont dit que la déclaration « Tu aurais dû aller prendre des produits de meilleure qualité et en séparer la térouma » indique le consentement du propriétaire uniquement en ce qui concerne la térouma — car c'est une mitsva et le propriétaire est disposé à ce qu'elle soit accomplie. Mais ici, dans cet incident, c'est par honte qu'il a dit cela : pourquoi n'as-tu pas apporté à ces Sages des fruits de ceux-là, de meilleure qualité ? Il ne voulait pas vraiment leur donner les fruits.
אֲמַרוּ לֵיהּ אַמֵּימָר וְרַב אָשֵׁי לְמָר זוּטְרָא: הַשְׁתָּא אַמַּאי לָא אָכֵיל מָר? וְהָתַנְיָא: אִם נִמְצְאוּ יָפוֹת מֵהֶן – תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה! אֲמַר לְהוּ, הָכִי אָמַר רָבָא: לֹא אָמְרוּ כְּלָךְ אֵצֶל יָפוֹת אֶלָּא לְעִנְיַן תְּרוּמָה בִּלְבַד, מִשּׁוּם דְּמִצְוָה הוּא וְנִיחָא לֵיהּ, אֲבָל הָכָא – מִשּׁוּם כְּסִיפוּתָא הוּא דְּאָמַר הָכִי.
La Guemara propose : viens et entends une autre preuve concernant le désespoir non conscient. Il est écrit : « Et si une partie de leur cadavre tombe sur une semence destinée à être semée, elle est pure. Mais si de l'eau a été mise sur la semence, et qu'une partie de leur cadavre y tombe, elle est impure pour vous » (Vayikra 11, 37-38). Les produits ne deviennent susceptibles de contracter l'impureté rituelle qu'après contact avec l'un des sept liquides : vin, miel, huile, lait, rosée, sang et eau. Il est enseigné dans la baraïta : si la rosée est encore sur les produits et ne s'est pas encore séchée, et si le propriétaire était content que la rosée ait humidifié les produits et les ait gardés frais, ces produits entrent dans la catégorie de « mais si de l'eau a été mise sur la semence », et les produits sont susceptibles de contracter l'impureté rituelle. Si les produits s'étaient séchés lorsque le propriétaire les a trouvés, alors même s'il était content que la rosée les ait humidifiés,
תָּא שְׁמַע: עוֹדֵהוּ הַטַּל עֲלֵיהֶן וְשָׂמַח – הֲרֵי זֶה בְּכִי יֻתַּן. נִגְּבוּ, אַף עַל פִּי שֶׁשָּׂמַח –

Rachi

ירדן - וכן שאר נהרות ותנא זה על יד הירדן היה יושב:

בלסטים מזוין - ובחזקה נטלה הימנו ומעיקרא ידע ומייאש:

שטף נהר קוריו - של זה ומצאן אחר:,הרי אלו כו' - ה"ג הרי אלו שלו מפני שנתיאשו הבעלים דכל שטיפת נהר כקורות עצים ואבנים הבעלים ידעו בה מיד דיש לה קול:,הא סתמא - הא אם היתה אבידה אחרת שאין לנו לומר שידעו הבעלים לא הויא של מוצאה קשיא לרבא:,כשיכול להציל - ודכוותה במציאה אחרת דבר שיש בו סימן דיכול ליתן סימן וליטול מודינא בה דחייב להחזיר:

אפילו אין מרדפין נמי - דסמכי אהצלה דלמחר וליומא אוחרא ולא מייאשי:,ע"י הדחק - ואם לא ימהר להציל לא יצילו הלכך אין מרדפין אפקורי אפקרינהו דהא ידעו ולא הצילו:

שלא מדעת - בעלים:,וליקט - לצורך בעל הבית:,ואם חושש - בעל הבית ומקפיד על מה שעשה זה:,משום גזל - שתרם תרומתו בלא רשותו:

כלך אצל יפות - היה לך לילך אצל יפות לתת מהן לכהן:

לא הוה ידע - אלמא כיון דלכי ידע דניחא ליה אמרינן מעיקרא נמי ניחא ליה ולענין יאוש נמי כיון דלכי ידע מייאש מעיקרא נמי הוי יאוש:

אתם גם אתם - כן תרימו גם אתם מהכא נפקא לן שלוחו של אדם כמותו לתרומה שהשליח שתרם תרומתו תרומה וכיון דשליחות מהכא נפקא לן על כרחך שלוחכם דומיא דאתם בעינן:,אף שלוחכם לדעתכם - שהבעלים מינוהו שליח:

לבוסתנא - פרדס:,לא אכל - דגזל נינהו שהבעלים לא ידעו:

אם נמצאו יפות כו' - אלמא גלי דעתיה דניחא ליה ה"נ גלי דעתיה דניחא ליה במה שנתן לנו:,לא אמרו כלך אצל יפות - דהוי גלוי דעת אלא לענין תרומה:

עודהו הטל עליהן - המעלה פירותיו לגג וירד עליהן הטל:,ושמח - בטל שירד עליהן:,הרי זה בכי יותן - והוכשרו לטומאה מעתה ועד עולם:,נגבו - עד שלא מצאן:,אע"פ ששמח - עכשיו בטל שירד עליהן:

Tossafot

מה שנתן נתן - אתיא כר' דאמר בפרק הגוזל [בתרא] (ב"ק דף קיד.) סתם גנב וגזלן הוי יאוש בעלים:

שטף נהר קוריו עציו ואבניו - ה"ג אם נתיאשו הבעלים הרי אלו שלו וצ"ל דמיירי ביכול להציל בקל אם רודף בשעת שטיפה דאי לאו הכי הוה כזוטו של ים שאבוד ממנו ומכל אדם ועל זה לא היה אומר הא סתם לא אלא איירי ביכול להציל בקל בשעת שטיפה ואפילו אין בהן סימן ולפי שיעכבן עקולי ופשורי ויקחם שם ואפי' יקדמו אחרים ויקחו יחזירום לו לפי שניכר שהוא בעליו לפי שרדף מיד וס"ד דמיירי דאם לא רדף מיד בשעת שטיפה שלא יכול עוד כלל להציל כדמוכח בסיפא לפי שיקחום אחרים כשיעכבום עקולי ופשורי ולא יחזירו לפי שאין בהן סימן וה"פ אם נתיאשו הבעלים דהיינו שהיו שם בשעת שטיפה ולא רדפו ואפילו אומרים שאין מתיאשים אין בכך כלום דודאי הן מתיאשים בלבן הא סתמא שלא היו בעלים בשעת שטיפה ולא נתיאשו עד שידעו הבעלים ששטפה נהר ואז כבר אינו יכול להציל לפי שאין בו סימן לא דכשמצאן באיסורא אתא לידיה שהבעלים לא ידעו עדיין אלמא יאוש שלא מדעת לא הוי יאוש ומשני ביכול להציל אפי' אחר שטיפה כגון שיש באבידה סימן שהבעלים אינן מתיאשין כשידעו ופריך אי הכי אימא סיפא ואם היו הבעלים מרדפין כו' מאי אריא מרדפין אפילו היו בעלים שם בשעת שטיפה ולא רדפו נמי יחזיר ומשני ביכול להציל אחר שטיפה ע"י הדחק דאע"פ שיש בו סימן בטורח יכול להציל לפי שיתרחקו הרבה שהנהר מוליכן ברחוק ולכך אם היה בשעת שטיפה ואינו מרדף ודאי מתיאש כיון שעתה יכול להציל בלא דוחק ואינו מציל אבל אין הבעלים בשעת שטיפה יחזיר דכשידעו הבעלים לא יתיאשו ויצילו על ידי הדחק וא"ת מנלן הא סתמא חייב להחזיר דלמא נתיאשו אתא לאפוקי שהיו שם ורדפו דחייב להחזיר וי"ל דא"כ לא ליתני אם נתיאשו אלא לתני סתמא שטף נהר קוריו עציו ואבניו הרי אלו שלו דפשיטא דלא מיירי ברדפו בשעת שטיפה דהא קתני סיפא דאם היו הבעלים מרדפים חייב ואין להקשות דמצי דייק מסיפא טעמא דמרדפין הא סתמא הרי אלו שלו דלעולם נימא דהוא הדין סתמא דיחזיר ולא נקט מרדפין אלא לאפוקי שהיו הבעלים בשעת שטיפה ולא רדפו וע"י סיפא ידעינן דמיירי באין יכול להציל אבל רש"י דגרס מפני שנתיאשו הבעלים משמע לישנא דפשיט ליה דנתיאשו א"כ מרישא גופיה מצי לאוכוחי דמיירי באין יכול להציל ולא היה צריך להביא סיפא ותו מנלן דהא סתמא לא דאפילו סתמא נמי מצי מיירי:

אם יש יפות מהן תרומתו תרומה - דמסתמא גם מתחילה היה דעתו כן וא"ת ונימא דהשתא ודאי ניחא ליה ביפות אבל מתחילה בשעה שתרם אי הוה ידע לא הוה ניחא ליה דאין דרך לתרום מן היפות כדאמרינן לעיל (בבא מציעא דף כא:) גבי דבר שיש בו סימן דאפילו לרבא חייב להכריז דאע"ג דהשתא מתיאש אין בכך כלום וי"ל דשאני הכא דכיון דחזינן ביה דניחא ליה השתא אמרינן נמי ניחא ליה מעיקרא משום מצוה:

הכי גרסינן ה"נ מסתברא דאי לא שוייה שליח ולא גרסינן ותסברא:

ואם לאו אין תרומתו תרומה - וא"ת דבפרק אלמנה ניזונית (כתובות דף צט: ושם ד"ה פיחת) אמרינן דסתמיה דבעל הבית הוי אחד מחמשים ואם השליח פיחת י' או הוסיף י' תרומתו תרומה דמצי א"ל בהכי אמדתיך ה"נ נימא הכי וי"ל דהתם הוי כולה שיעור תרומה ויש שתורם כך ויש שתורם כך לכך מצי א"ל כיון שלא פירשת לי בהכי אמדתיך אבל מיפות אין רגילות לתרום ולכך לא היה לו לתרום בשום ענין מהם בלא רשותו:

מר זוטרא לא אכל - וא"ת ואמאי לא אכל האמר רבא פרק הגוזל בתרא (ב"ק דף קיט.) אריסא מדנפשיה קא זבן ויש לומר דהתם שהביא האריס מבית דמסתמא ממה שהגיע לחלקו מביא אבל הכא שהביא מן הפרדס היה חושש מר זוטרא שמא בשעת חלוקה לא יאמר לבעל הפרדס תטול כנגד מה שנתתי להם ורב אשי לא היה חושש לזה ולכך אכל קודם שבא מרי בר איסק משום דאריס מדנפשיה קא יהיב דאין לומר שהיה סומך שיתרצה מרי בר איסק כשידע דהלכה כאביי ואע"ג דהשתא ניחא ליה מעיקרא לא הוה ניחא ליה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Bava Metzia 22a
100%
בבא מציעא כ״ב אמַסֶּכֶת בָּבָא מְצִיעָא