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Traité Bava Metzia

118b

Étude de Bava Metzia 118b

Étude de la Mishna & Guémara 118b

Et que signifie l'expression « dis-tu donc » ? Voici ce qu'ils lui disaient : si nous appliquons l'avis tiré de ta déclaration — qu'on peut se porter volontaire comme gardien gratuit [shomer hinam] — à notre déclaration selon laquelle les Sages ont institué une directive de lui donner quatre dinars, le résultat est que les offrandes communales [temidin oumussafin] ne proviennent pas des fonds communaux, comme requis. Et de même, lorsque Ravin vint d'Eretz Israël en Babylonie, il dit que Rabbi Yohanan dit : la question de savoir si l'on se préoccupe ou non des hommes violents est ce qui distingue les avis des Sages et de Rabbi Yosse — c'est le cœur de leur désaccord.
וּמָה ״אַתָּה אוֹמֵר״? הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ: מִדְּבָרֶיךָ לִדְבָרֵינוּ, אֵין [תְּמִידִין וּמוּסָפִין] בָּאִין מִשֶּׁל צִבּוּר. וְכֵן כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: חוֹשְׁשִׁין לְבַעֲלֵי זְרוֹעוֹת אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui sort du fumier dans le domaine public, afin qu'il soit transporté pour fertiliser un champ — celui qui le sort de sa propriété le sort, et immédiatement celui qui l'emporte pour fertiliser le champ l'emporte. Ils doivent déplacer le fumier immédiatement, sans le laisser traîner dans le domaine public. De même, on ne trempe pas l'argile dans le domaine public avant de la pétrir, et on ne moule pas de briques dans le domaine public — car cela prend longtemps et gêne l'usage du domaine public par autrui. Mais on peut pétrir l'argile dans le domaine public — car ce processus ne prend pas longtemps — mais pas mouler des briques.
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא זֶבֶל לִרְשׁוּת הָרַבִּים, הַמּוֹצִיא – מוֹצִיא, וְהַמְזַבֵּל – מְזַבֵּל. אֵין שׁוֹרִין טִיט בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, וְאֵין לוֹבְנִים לְבֵנִים. אֲבָל גּוֹבְלִין טִיט בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, אֲבָל לֹא לְבֵנִים.(משנה)
Concernant celui qui construit une structure en gardant les matériaux de construction dans le domaine public — celui qui apporte les pierres les apporte, et immédiatement celui qui construit la structure construit avec elles, sans les laisser là. Et si les pierres ont causé un dommage avant qu'il ait eu le temps de les intégrer à la structure, il doit payer pour ce qu'il a endommagé. Rabban Shimon ben Gamliel dit : on peut même préparer son travail trente jours à l'avance — on peut garder les matériaux de construction dans le domaine public pendant cette durée.
הַבּוֹנֶה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, הַמֵּבִיא אֲבָנִים – מֵבִיא, וְהַבּוֹנֶה – בּוֹנֶה. וְאִם הִזִּיק – מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁהִזִּיק. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף מְתַקֵּן הוּא אֶת מְלַאכְתּוֹ לִפְנֵי שְׁלֹשִׁים יוֹם.
Guémara
GUEMARA : La Guemara suggère : disons que la michna n'est pas conforme à l'avis de Rabbi Yehouda ? Comme il est enseigné dans une baraïta (Tosefta 11, 8) : Rabbi Yehouda dit : au moment de l'évacuation du fumier, une personne peut sortir son fumier dans le domaine public et peut l'empiler pendant trente jours entiers, afin qu'il soit piétiné par les pieds des gens et par les pieds des animaux pour le préparer comme engrais — car c'est à cette condition que Josué a légué Eretz Israël au peuple d'Israël. Autrement dit, il est universellement admis que certains renoncent à certains droits au profit d'autrui — et bien que cela puisse gêner certaines personnes, cette pratique est autorisée.
גְּמָ׳ לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה. דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בִּשְׁעַת הוֹצָאַת זְבָלִים אָדָם מוֹצִיא זִבְלוֹ לִרְשׁוּת הָרַבִּים וְצוֹבְרוֹ כׇּל שְׁלֹשִׁים יוֹם, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִישּׁוֹף בְּרַגְלֵי אָדָם וּבְרַגְלֵי בְּהֵמָה, שֶׁעַל מְנָת כֵּן הִנְחִיל יְהוֹשֻׁעַ לְיִשְׂרָאֵל אֶת הָאָרֶץ.
La Guemara répond : on peut même dire que la michna est conforme à l'avis de Rabbi Yehouda — car Rabbi Yehouda reconnaît que, bien qu'il ait agi dans ses droits, si le fumier a causé un dommage, celui qui l'y a placé est tenu de payer. La Guemara demande : mais n'avons-nous pas appris dans une michna (Bava Kamma 62b) : Rabbi Yehouda reconnaît qu'en ce qui concerne une lampe de Hanoukka placée dans le domaine public qui a enflammé un incendie et causé un dommage, le propriétaire est exempt — car il agit avec permission ? La raison de son exemption ne serait-elle pas qu'il agissait avec la permission du tribunal d'utiliser le domaine public de cette manière — ce qui indiquerait que celui qui agit avec permission du tribunal est exempt de responsabilité pour les dommages ? La Guemara rejette cette suggestion : non — cela signifie qu'il a la permission d'une mitsva. Puisqu'il est une mitsva de placer la lampe de Hanoukka à l'extérieur, il est exempt de payer pour le dommage qu'elle a causé. Le simple droit de placer l'objet dans le domaine public n'exempte pas le propriétaire de responsabilité.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה, מוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה שֶׁאִם הִזִּיק – חַיָּיב לְשַׁלֵּם. וְהָתְנַן: מוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה בְּנֵר חֲנוּכָּה שֶׁהוּא פָּטוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא עוֹשֶׂה בִּרְשׁוּת. מַאי לָאו: רְשׁוּת דְּבֵית דִּין? לָא, רְשׁוּת דְּמִצְוָה.
La Guemara demande : mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta : pour tous ces cas où les Sages ont dit qu'il est permis aux gens de placer des obstacles dans le domaine public — s'ils ont causé un dommage, ces personnes sont tenues de payer ; et Rabbi Yehouda les exempte ? Il ressort donc que selon Rabbi Yehouda, si l'on a la permission du tribunal de placer un objet dans le domaine public, on est exempt de payer les dommages. Il est clair que la michna n'est pas conforme à l'avis de Rabbi Yehouda.
וְהָתַנְיָא: כׇּל אֵלּוּ שֶׁאָמְרוּ מוּתָּרִין לְקַלְקֵל בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, אִם הִזִּיק – חַיָּיב לְשַׁלֵּם, וְרַבִּי יְהוּדָה פּוֹטֵר. אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה.
Abaye dit : Rabbi Yehouda, Rabban Shimon ben Gamliel et Rabbi Shimon soutiennent tous que partout où les Sages ont donné à quelqu'un la permission d'accomplir une action, et qu'en accomplissant cette action il cause un dommage, il est exempt de paiement. La Guemara cite les sources de cette assertion : il est clair que Rabbi Yehouda est de cet avis d'après ce que nous venons de dire. Il est clair que Rabban Shimon ben Gamliel est de cet avis, comme nous avons appris dans la michna : Rabban Shimon ben Gamliel dit qu'on peut même préparer son travail trente jours à l'avance.
אָמַר אַבָּיֵי: רַבִּי יְהוּדָה, וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן – כּוּלְּהוּ סְבִירָא לְהוּ: כׇּל מָקוֹם שֶׁנָּתְנוּ לוֹ חֲכָמִים רְשׁוּת וְהִזִּיק – פָּטוּר. רַבִּי יְהוּדָה – הָא דַּאֲמַרַן. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, דִּתְנַן: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף מְתַקֵּן הוּא אֶת מְלַאכְתּוֹ לִפְנֵי שְׁלֹשִׁים יוֹם.
Il est clair que Rabbi Shimon est de cet avis, comme nous avons appris dans une michna (Bava Batra 20b) : si quelqu'un installait un four dans l'étage supérieur, il devait y avoir un plancher plâtré en dessous — qui sert de plafond à l'étage inférieur — d'au moins trois tefahim d'épaisseur, pour que le plafond d'en dessous ne brûle pas. Et pour un poêle [kira], le plancher plâtré devait avoir au moins un tefah d'épaisseur. Et s'il a causé un dommage après avoir pris les précautions nécessaires, il paie une indemnisation pour ce qu'il a endommagé. Rabbi Shimon dit : les Sages n'ont énoncé toutes ces mesures que pour enseigner que s'il cause un dommage, il est exempt de payer — car il a pris toutes les précautions raisonnables.
רַבִּי שִׁמְעוֹן, דִּתְנַן: הָיָה מַעֲמִידוֹ בַּעֲלִיָּיה – צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא תַּחְתָּיו מַעֲזִיבָה שְׁלֹשָׁה טְפָחִים, וּבַכִּירָה – טֶפַח. וְאִם הִזִּיק – מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁהִזִּיק. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לֹא אָמְרוּ כׇּל הַשִּׁעוּרִים הַלָּלוּ אֶלָּא שֶׁאִם הִזִּיק פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם.
§ Les Sages ont enseigné : une fois que le tailleur de pierre a livré les pierres au ciseleur, à partir de ce moment le ciseleur est responsable de tout dommage qu'elles causent. Une fois que le ciseleur a livré les pierres au chamelier pour les transporter, le chamelier est responsable. Une fois que le chamelier les a livrées à un porteur pour les transporter au chantier, le porteur est responsable. Une fois que le porteur les a livrées au maçon, le maçon est responsable. Une fois que le maçon les a livrées au maître d'œuvre [adrikhal], qui place et aligne les pierres sur la structure, le maître d'œuvre est responsable. Et s'il a placé une pierre sur la rangée [dimos] de pierres et que la pierre est tombée et a causé un dommage — alors ils sont tous tenus de payer.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַחַצָּב שֶׁמָּסַר לַסַּתָּת – הַסַּתָּת חַיָּיב. הַסַּתָּת שֶׁמָּסַר לַחַמָּר – הַחַמָּר חַיָּיב. הַחַמָּר שֶׁמָּסַר לַכַּתָּף – הַכַּתָּף חַיָּיב. הַכַּתָּף שֶׁמָּסַר לַבַּנַּאי – הַבַּנַּאי חַיָּיב. הַבַּנַּאי שֶׁמָּסַר לָאַדְרִיכָל – אַדְרִיכָל חַיָּיב. וְאִם הִנִּיחַ אֶבֶן עַל הַדִּימוֹס וְהִזִּיקָה – כּוּלָּן חַיָּיבִין לְשַׁלֵּם.
La Guemara demande : mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta que seul le dernier — le maître d'œuvre — est responsable, et que tous les autres sont exempts ? La Guemara répond : cela ne pose pas de difficulté — la décision ici, dans cette baraïta, est énoncée pour un cas d'embauche [sekirot], et seul le dernier est responsable ; tandis que la décision là-bas, dans l'autre baraïta, est énoncée pour un cas de contrat d'entreprise [kablanut], dans lequel ils ont tous convenu d'accomplir le travail ensemble — et ils sont donc tous responsables du paiement.
וְהָתַנְיָא: אַחֲרוֹן חַיָּיב וְכוּלָּן פְּטוּרִים! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּשְׂכִירוּת, כָּאן בְּקַבְּלָנוּת.
Mishna 2
MICHNA : Deux jardins situés l'un au-dessus de l'autre — un jardin sur un plateau bordant un autre jardin en contrebas — et des légumes ont poussé entre les deux, hors de la paroi de terre résultant de la différence de hauteur entre les deux jardins : Rabbi Meir dit que ces légumes appartiennent au propriétaire du jardin supérieur. Rabbi Yehouda dit qu'ils appartiennent au propriétaire du jardin inférieur. Rabbi Meir explique son avis : si le propriétaire du jardin supérieur voulait creuser et emporter sa terre, aucun légume ne pousserait ici — les légumes lui appartiennent donc. En réponse, Rabbi Yehouda dit : si le propriétaire du jardin inférieur voulait remplir son jardin de terre et le faisait, élevant ainsi son niveau, aucun légume ne pousserait ici — les légumes lui appartiennent donc.
מַתְנִי׳ שְׁתֵּי גַּנּוֹת זוֹ עַל גַּב זוֹ, וְהַיָּרָק בֵּינְתַיִם. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: שֶׁל עֶלְיוֹן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שֶׁל תַּחְתּוֹן. אָמַר רַבִּי מֵאִיר: אִם יִרְצֶה הָעֶלְיוֹן לִיקַּח אֶת עֲפָרוֹ, אֵין כָּאן יָרָק. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אִם יִרְצֶה הַתַּחְתּוֹן לְמַלֹּאות אֶת גִּנָּתוֹ, אֵין כָּאן יָרָק.
Rabbi Meir dit : puisque chacun des deux peut s'opposer à l'autre — car chacun a la capacité d'empêcher la croissance des légumes — rien ne peut être décidé sur de telles considérations. Le tribunal examine plutôt d'où ce légume tire sa vie et sa nourriture — d'en haut ou d'en bas. Rabbi Shimon dit : tout légume que le propriétaire du jardin supérieur peut atteindre en tendant la main et prendre — ces légumes sont à lui ; le reste appartient au propriétaire du jardin inférieur.
אָמַר רַבִּי מֵאִיר: מֵאַחַר שֶׁשְּׁנֵיהֶן יְכוֹלִין לְמַחוֹת זֶה עַל זֶה, רוֹאִין מֵהֵיכָן יָרָק זֶה חַי. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: כׇּל שֶׁהָעֶלְיוֹן יָכוֹל לִפְשׁוֹט אֶת יָדוֹ וְלִיטּוֹל – הֲרֵי הוּא שֶׁלּוֹ, וְהַשְּׁאָר שֶׁל תַּחְתּוֹן.
Bava Metzia 118b
100%
בבא מציעא קי״ח במַסֶּכֶת בָּבָא מְצִיעָא