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Traité Bava Metzia

101a

Étude de Bava Metzia 101a

Étude de la Guémara 101a

Guémara
est à l'exclusion des frais de transformation des olives en huile.
חוּץ מִן הַהוֹצָאָה.
§ La Michna enseigne : si un fleuve a emporté les oliviers de quelqu'un et les a déposés dans le champ d'autrui, qu'ils y ont pris racine et ont produit des olives — les olives sont partagées entre le propriétaire des arbres et le propriétaire du champ. Oula dit au nom de Reish Lakish : les Sages n'ont enseigné cela que pour un cas où les oliviers ont été déracinés et déplacés avec les mottes de terre dans lesquelles ils poussaient ; et la règle concerne des olives qui ont poussé après trois ans depuis que les arbres ont pris racine dans le nouveau champ. Après trois ans, il n'y a plus d'interdit d'orla (voir Vayikra 19, 23) sur les olives, même si l'on présume qu'elles ont été nourries par la terre du propriétaire du champ.
שָׁטַף נָהָר זֵיתָיו. אָמַר עוּלָּא אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנֶּעֶקְרוּ בְּגוּשֵׁיהֶן, וּלְאַחַר שָׁלֹשׁ.
Mais pendant les trois premières années après que les arbres ont pris racine dans le nouveau champ, tout ce qui pousse est la propriété du propriétaire des oliviers — car il peut dire au propriétaire du champ : même si tu avais toi-même planté les arbres au moment où ils ont pris racine dans ton champ, aurais-tu mangé les olives pendant les trois premières années ? Si tu prétends que la nourriture de ta terre a produit les olives, elles seront interdites comme orla. La seule raison pour qu'elles soient permises est de présumer qu'elles n'ont été nourries que par les mottes de terre dans lesquelles elles avaient été plantées il y a plus de trois ans — auquel cas elles devraient m'appartenir entièrement, moi propriétaire à la fois des arbres et des mottes.
אֲבָל בְּתוֹךְ שָׁלֹשׁ – הַכֹּל שֶׁל בַּעַל הַזֵּיתִים. דַּאֲמַר לֵיהּ: אִי אַתְּ נְטַעְתְּ בְּתוֹךְ שָׁלֹשׁ, מִי הֲוָה אָכְלַתְּ?
La Guemara demande : mais que le propriétaire du champ lui dise : si j'avais déraciné tes arbres de mon champ et planté les miens à la place, après trois ans j'aurais pu consommer toutes les olives qu'ils auraient produites. Maintenant que j'ai laissé tes arbres et que tu as le droit d'en consommer la moitié avec moi, en retour je devrais avoir droit à la moitié du rendement pendant les trois premières années aussi.
וְלֵימָא לֵיהּ: אִי אֲנָא נְטַעִי, לְאַחַר שָׁלֹשׁ הֲוָה אָכֵילְנָא לֵיהּ כּוּלֵּיהּ. הַשְׁתָּא קָאָכְלַתְּ פַּלְגָא בַּהֲדַאי!
La Guemara propose une autre interprétation : plutôt, lorsque Ravin vint d'Eretz Israël en Babylonie, il dit au nom de Reish Lakish : les Sages n'ont enseigné cela que pour un cas où les oliviers ont été déracinés et déplacés avec les mottes de terre dans lesquelles ils poussaient, et la règle concerne des olives qui ont poussé pendant les trois premières années depuis que les arbres ont pris racine dans le nouveau champ. Mais après les trois premières années, tout ce qui pousse est la propriété du propriétaire de la terre — car il peut dire au propriétaire des arbres : si j'avais déraciné tes arbres de mon champ et planté les miens à la place, après trois ans, n'aurais-je pas pu consommer toutes les olives qu'ils auraient produites ?
אֶלָּא כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנֶּעֶקְרוּ בְּגוּשֵׁיהֶן וּבְתוֹךְ שָׁלֹשׁ, אֲבָל לְאַחַר שָׁלֹשׁ הַכֹּל לְבַעַל הַקַּרְקַע. דַּאֲמַר לֵיהּ: אִי אֲנָא נְטַעִי לְאַחַר שָׁלֹשׁ, מִי לָא הֲוָה אָכֵילְנָא לֵיהּ כּוּלֵּיהּ?
La Guemara demande : mais que le propriétaire des arbres lui dise : même si tu avais toi-même planté des arbres au moment où mes arbres ont pris racine dans ton champ, pendant les trois premières années tu n'aurais pas consommé leurs fruits du tout. Comment peux-tu venir maintenant prétendre avoir droit à consommer la moitié des olives avec moi pendant ces trois premières années ? La Guemara répond : il a le droit d'exiger la moitié des olives du fait que le propriétaire du champ peut lui dire : si j'avais déraciné tes arbres de mon champ et planté les miens à la place, ce seraient de jeunes plants minces qui ne projettent pas d'ombre lourde, et j'aurais planté de la blette [silka] et des légumes sous les arbres et réalisé un profit considérable. Puisque, à la place, j'ai laissé tes arbres, en retour je devrais avoir droit à la moitié des fruits pendant les trois premières années.
וְלֵימָא לֵיהּ: אִי אַתְּ נְטַעְתְּ – בְּתוֹךְ שָׁלֹשׁ לָא הֲוָה אָכְלַתְּ, הַשְׁתָּא קָא אָכְלַתְּ פַּלְגָא בַּהֲדַאי? מִשּׁוּם דַּאֲמַר לֵיהּ: אִי אֲנָא נְטַעִי – הֲוָה קַטִּינֵי וּזְרַעְנָא תְּחוֹתַיְיהוּ סִילְקָא וְיַרְקָא.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraïta : si l'autre, le propriétaire des arbres, a dit : je déracine et reprends mes oliviers — le tribunal ne l'écoute pas. Quelle en est la raison ? Rabbi Yohanan dit : en raison du souci de favoriser l'installation en Eretz Israël, il n'est pas approprié de déraciner des arbres. En entendant cette règle, Rabbi Yirmeya dit : pour de telles décisions, il faut un grand Sage pour l'expliquer, car cette raison n'est pas évidente d'elle-même.
תָּנָא: אָמַר הַלָּה ״זֵיתַיי אֲנִי נוֹטֵל״ – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִשּׁוּם יִשּׁוּב אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: כְּגוֹן דָּא צְרִיכָא רַבָּה.
Nous avons appris dans une Michna là-bas (Demai 6:2) : Rabbi Yehouda dit que celui qui reçoit un champ de ses ancêtres d'un païen dans le cadre d'un contrat de métayage [arissout] — c'est-à-dire qu'il se voit accorder le droit de cultiver la terre et de garder sa production en échange de verser une portion de la récolte au propriétaire païen — doit d'abord prélever la dîme sur la production de ce champ, puis seulement donner au païen sa portion parmi la production dîmée.
תְּנַן הָתָם, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַמְקַבֵּל שָׂדֶה אֲבוֹתָיו מִן הַנׇּכְרִי – מְעַשֵּׂר וְנוֹתֵן לוֹ.
Au départ, lorsque les Sages ont étudié cette Michna, ils ont supposé l'interprétation suivante : que signifie « un champ de ses ancêtres » ? C'est une référence à tout champ en Eretz Israël. Et pourquoi l'ont-ils appelé « un champ de ses ancêtres » ? Parce que c'est un champ de ses ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob.
סַבְרוּהָ מַאי ״שְׂדֵה אֲבוֹתָיו״ – אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְאַמַּאי קָרוּ לַהּ ״שְׂדֵה אֲבוֹתָיו״ – שְׂדֵה אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב.
Selon cette interprétation, la Michna renvoie à un champ légitimement acquis par le païen et sur lequel le Juif n'a aucune revendication. La Guemara explique pourquoi le métayer juif doit dîmer la production qu'il donnera au propriétaire foncier : et la raison pour laquelle le métayer prélève cette dîme est que le tanna considère que l'acquisition d'un terrain en Eretz Israël par un païen n'abroge pas sa sainteté en ce qui concerne la séparation des dîmes sur sa production.
וְקָסָבַר: אֵין קִנְיָן לְנׇכְרִי בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְהַפְקִיעַ מִיַּד מַעֲשֵׂר.
Et Rabbi Yehouda considère aussi que l'obligation de celui qui reçoit un champ de ses ancêtres, c'est-à-dire un métayer, envers le propriétaire foncier est comme celle d'un fermier à bail fixe [hokher] — c'est-à-dire que, tout comme un fermier à bail fixe, que le champ produise ou ne produise pas, est tenu de se procurer de la production ailleurs, de la dîmer, puis de la donner au propriétaire foncier — car il est comme quelqu'un qui paie sa dette — de même, celui qui reçoit [un métayer] est aussi comme quelqu'un qui paie sa dette, et doit par conséquent d'abord dîmer la production puis la donner au propriétaire foncier. Puisque son obligation envers le propriétaire foncier est considérée comme une dette, apparemment avant que la production ne lui soit donnée, elle appartient au fermier ou au métayer, qui est donc tenu de la dîmer.
וּמְקַבֵּל – כְּחוֹכֵר דָּמֵי. מָה חוֹכֵר, בֵּין עֲבַד וּבֵין לָא עֲבַד, בָּעֵי עַשּׂוֹרֵי וּמִיתַּן לֵיהּ, דְּכִי פּוֹרֵעַ חוֹבָתוֹ דָּמֵי. אַף מְקַבֵּל נָמֵי כִּי פּוֹרֵעַ חוֹבָתוֹ דָּמֵי, מְעַשֵּׂר וְנוֹתֵן לוֹ.
Rav Kahana dit à Rav Pappi — et certains disent qu'il le dit à Rav Zevid : mais cette explication est contestée par ce qui est enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehouda dit que celui qui reçoit un champ de ses ancêtres en métayage, d'un païen oppresseur qui l'a saisi, prélève d'abord la dîme sur la production puis donne au païen sa portion. Selon la compréhension initiale des Sages, pourquoi la baraïta mentionne-t-elle spécifiquement un oppresseur qui a volé la terre ? Même si le païen n'était pas un oppresseur, la règle de la baraïta s'appliquerait aussi !
אֲמַר לֵיהּ רַב כָּהֲנָא לְרַב פַּפִּי, וְאָמְרִי לַהּ לְרַב זְבִיד: אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַמְקַבֵּל שָׂדֶה אֲבוֹתָיו מִמֵּצִיק נׇכְרִי מְעַשֵּׂר וְנוֹתֵן לוֹ, מַאי אִירְיָא מֵצִיק? אֲפִילּוּ אֵין מֵצִיק – נָמֵי!
Bava Metzia 101a
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בבא מציעא ק״א אמַסֶּכֶת בָּבָא מְצִיעָא