Guémara
Impliquant la vente d'arbres dans un village de bergers, et ils se présentèrent devant Rav Yehuda, et il dit au vendeur: Va et donne à celui qui a acheté les arbres suffisamment de terrain pour un bœuf et ses vaisseaux. Mais je ne savais pas quelle superficie de terre suffisait pour un bœuf et ses vaisseaux. Quand j'ai entendu ce que nous avons appris dans une mishna (26a), je suis arrivé à une conclusion concernant ce cas. La Michna enseigne ce qui suit: Une personne ne peut pas planter un arbre à proximité du champ d'un autre, à moins de le placer à une distance de quatre coudées de l'autre champ.
בְּדוּרָא דְרָעֲוָתָא, וַאֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, וַאֲמַר לֵיהּ: ״זִיל הַב לֵיהּ כִּמְלֹא בָּקָר וְכֵלָיו״; וְלָא הֲוָה יָדַעְנָא ״כִּמְלֹא בָּקָר וְכֵלָיו״ כַּמָּה; כֵּיוָן דְּשַׁמְעִתַהּ לְהָא דִּתְנַן: לֹא יִטַּע אָדָם אִילָן סָמוּךְ לִשְׂדֵה חֲבֵירוֹ, אֶלָּא אִם כֵּן הִרְחִיק מִמֶּנָּה אַרְבַּע אַמּוֹת;
Rav Yossef continue: Et il est enseigné dans une baraïta à propos de cette mishna: Les quatre coudées indiquées par les Sages sont pour le travail de la vigne, afin qu'il n'emmène pas de bœufs et une charrue dans le champ de son voisin tout en s'occupant de sa vigne. J'ai étudié cette mishna et cette baraïta et j'ai dit: Apprenez-en que la phrase: Suffisant pour le bœuf et ses récipients signifie quatre coudées. À ce stade, la Guemara a démontré que l’opinion du Rav Nahman est étayée par une mishna, tandis que la décision du Rav Yossef est étayée par l’incident impliquant Rav Yehuda.
וְתָנֵי עֲלַהּ: אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁאָמְרוּ – כְּדֵי עֲבוֹדַת הַכֶּרֶם; אָמֵינָא: שְׁמַע מִינַּהּ, ״כִּמְלֹא בָּקָר וְכֵלָיו״ – אַרְבַּע אַמּוֹת.
La Guemara demande: Mais n’avons-nous pas également appris un règlement dans une mishna (Kilayim 4:9) conformément à l’opinion du Rav Yossef? Cette Michna enseigne: Rabbi Meir et Rabbi Shimon disent: Si quelqu'un plante sa vigne huit coudées sur huit coudées, c'est-à-dire qu'il laisse huit coudées entre chaque rang de vigne, il lui est permis d'apporter des graines dans les espaces vides entre les rangs. Cette décision peut être citée à l'appui de l'opinion du Rav Yossef selon laquelle s'il y a un espace de huit coudées entre les arbres ou les vignes, ils ne sont pas considérés comme une seule unité. Pourquoi, alors, cette mishna n’est-elle pas présentée comme preuve?
וּכְרַב יוֹסֵף מִי לָא תְּנַן?! רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: הַנּוֹטֵעַ אֶת כַּרְמוֹ שְׁמוֹנֶה אַמּוֹת עַל שְׁמוֹנֶה – מוּתָּר לְהָבִיא זֶרַע לְשָׁם!
La Guemara répond: Il est néanmoins préférable de citer comme preuve l'incident de Tsalmon. Dans la mesure du possible, il est préférable d'étayer une opinion au moyen d'une décision pratique, car cela démontre que les Sages ont agi conformément à cette opinion et ne l'ont pas simplement enseigné comme halakha en théorie.
אֲפִילּוּ הָכִי, מַעֲשֶׂה עָדִיף.
La Guemara commente: Certes, selon l'analyse du Rav Yossef rapportée conformément à l'opinion de Rabbi Shimon, nous entendons parler de la distance maximale à laquelle les arbres peuvent être dispersés, et nous entendons parler de la distance minimale à laquelle ils peuvent être plantés à proximité les uns des autres. La distance à laquelle les arbres peuvent être dispersés est celle que nous avons dite, c'est-à-dire huit coudées. La distance minimale à laquelle ils peuvent être plantés à proximité les uns des autres est celle que nous avons apprise dans une mishna (Kilayim 5: 2): Une vigne qui est plantée en rangées consécutives avec moins de quatre coudées entre les rangées n’est pas classée comme vigne, car les rangées sont plantées trop rapprochées. C'est la déclaration de Rabbi Shimon. Et les rabbins disent: C'est considéré comme un vignoble, et on considère les vignes du milieu comme si elles n'étaient pas là, car elles doivent être arrachées.
בִּשְׁלָמָא לְרַב יוֹסֵף אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן – שָׁמְעִינַן לֵיהּ מְפוּזָּרִין, וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ רְצוּפִין; מְפוּזָּרִין – הָא דַּאֲמַרַן, רְצוּפִין – דִּתְנַן: כֶּרֶם הַנָּטוּעַ עַל פָּחוֹת מֵאַרְבַּע אַמּוֹת – אֵינוֹ כֶּרֶם, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כֶּרֶם, וְרוֹאִין אֶת הָאֶמְצָעִיִּים כְּאִילּוּ אֵינָן.
Mais selon l’analyse du Rav Nahman rapportée conformément à l’avis des rabbins, on entend la distance maximale à laquelle les arbres peuvent être dispersés, soit seize coudées, comme dans l’incident de Tsalmon. Concernant la distance minimale à laquelle ils peuvent être plantés à proximité les uns des autres, avons-nous entendu cette distance? La Guemara répond: Ceci est basé sur un raisonnement logique; du fait que selon Rabbi Shimon la distance minimale est la moitié de la distance maximale, selon les rabbins également, la distance minimale est la moitié du maximum, c'est-à-dire huit coudées.
אֶלָּא לְרַב נַחְמָן אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן – מְפוּזָּרִין שָׁמְעִינַן לֵיהּ; רְצוּפִין מִי שָׁמְעִינַן לֵיהּ?! סְבָרָא הוּא: מִדִּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן פַּלְגָא, לְרַבָּנַן נָמֵי פַּלְגָא.
Rava dit: La halakha est que celui qui achète trois arbres acquiert le terrain si la distance entre les arbres est comprise entre quatre coudées et seize coudées. Cet arrêt est une combinaison des deux avis, favorable à l’acheteur. Il est enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Rava: à quel point peuvent-ils être proches? Quatre coudées. Et à quelle distance peuvent-ils être? Seize coudées.
אָמַר רָבָא: הִלְכְתָא, מֵאַרְבַּע אַמּוֹת וְעַד שֵׁשׁ עֶשְׂרֵה. תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרָבָא: כַּמָּה יְהוּ מְקוֹרָבִין? אַרְבַּע אַמּוֹת, וְכַמָּה יְהוּ מְרוּחָקִין? שֵׁשׁ עֶשְׂרֵה.
Si l'on a acheté trois arbres plantés de cette manière, celui-ci a acquis le terrain et les petits arbres qui se trouvent entre eux. Par conséquent, si l’arbre a séché ou a été coupé, il est propriétaire du terrain. Si la distance entre les arbres était inférieure ou supérieure à cela, ou s'il a acheté les arbres les uns après les autres, cet acheteur n'a acquis ni le terrain ni les arbres qui se trouvent entre eux. Par conséquent, si l’arbre a séché ou a été coupé, il n’a aucun droit de propriété sur la terre.
הֲרֵי זֶה קָנָה קַרְקַע וְאֶת הָאִילָנוֹת שֶׁבֵּינֵיהֶן; לְפִיכָךְ, יָבֵשׁ הָאִילָן אוֹ נִקְצַץ – יֵשׁ לוֹ קַרְקַע. פָּחוֹת מִכָּאן אוֹ יָתֵר עַל כָּאן, אוֹ שֶׁלְּקָחָן בְּזֶה אַחַר זֶה – הֲרֵי זֶה לֹא קָנָה לֹא אֶת הַקַּרְקַע וְלֹא אֶת הָאִילָנוֹת שֶׁבֵּינֵיהֶן; לְפִיכָךְ, יָבֵשׁ הָאִילָן אוֹ נִקְצַץ – אֵין לוֹ קַרְקַע.
§ Le rabbin Yirmeya soulève un dilemme: quand on mesure la distance entre les arbres, mesure-t-on à partir de l'endroit étroit sur le tronc de l'arbre ou est-ce qu'on mesure à partir de l'endroit large? Rav Geviha de Bei Khatil a dit à Rav Ashi: Venez entendre une preuve, comme nous l'avons appris dans une mishna (Kilayim 7: 1): Quand on vient de mesurer à partir de la branche étagée de la vigne, il mesure uniquement à partir de la deuxième racine, car c'est la partie moyenne et non la partie la plus large de la vigne.
בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה: כְּשֶׁהוּא מוֹדֵד, מִמָּקוֹם קָצָר הוּא מוֹדֵד, אוֹ מִמָּקוֹם רָחָב הוּא מוֹדֵד? אֲמַר לֵיהּ רַב גְּבִיהָה מִבֵּי כְתִיל לְרַב אָשֵׁי: תָּא שְׁמַע, דִּתְנַן: הָרְכוּבָה שֶׁבַּגֶּפֶן – אֵינוֹ מוֹדֵד אֶלָּא מֵעִיקָּר הַשֵּׁנִי.
Le rabbin Yirmeya soulève un dilemme: si le propriétaire du champ vendait à quelqu'un trois branches issues d'un arbre et que son tronc était recouvert de terre de telle sorte que les branches semblaient être trois arbres distincts, quelle est la halakha? Sont-ils considérés comme trois arbres, ce qui signifierait que leur propriétaire acquiert le terrain qui les sépare?
בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה: מָכַר לוֹ שְׁלֹשָׁה בַּדֵּי אִילָן, מַהוּ?
Rav Gueviha de Bei Khatil dit à Rav Ashi: Venez entendre une preuve, comme nous l'avons appris dans une mishna (Kilayim 7:2): À propos de celui qui enfouit les branches de trois vignes dans le sol afin qu'elles prennent racine alors qu'elles sont encore attachées à la base de la vigne et que leurs racines qui s'élèvent au-dessus du sol soient visibles, Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tzadok, dit: S'il y a une distance entre elles de quatre à huit coudées, ils combine to form one vineyard composed of six grapevines. Et sinon, ils ne se combinent pas. On peut déduire de cette mishna que les différentes branches d’un arbre sont considérées comme des entités distinctes lorsque le tronc est recouvert de terre, à condition que la distance requise entre elles soit maintenue.
אֲמַר לֵיהּ רַב גְּבִיהָה מִבֵּי כְתִיל לְרַב אָשֵׁי: תָּא שְׁמַע, דִּתְנַן: הַמַּבְרִיךְ שָׁלֹשׁ גְּפָנִים, וְעִקְּרֵיהֶן נִרְאִין – רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק אוֹמֵר: אִם יֵשׁ בֵּינֵיהֶן מֵאַרְבַּע אַמּוֹת וְעַד שְׁמוֹנֶה – מִצְטָרְפִין, וְאִם לָאו – אֵין מִצְטָרְפִין.
Rav Pappa soulève un dilemme: si le propriétaire d'un champ vend à quelqu'un deux arbres dans son champ et un arbre situé à la limite, quelle est la halakha? De même, si l’on achète deux arbres dans le champ d’une personne et un dans le champ d’une autre, quelle est la halakha? Les arbres se combinent-ils pour former une unité de trois arbres, ou non? La Guemara déclare que ce dilemme ne sera pas résolu.
בָּעֵי רַב פָּפָּא: מָכַר לוֹ שְׁנַיִם בְּתוֹךְ שָׂדֵהוּ וְאֶחָד עַל הַמֶּצֶר, מַהוּ? שְׁנַיִם בְּתוֹךְ שֶׁלּוֹ וְאֶחָד בְּתוֹךְ שֶׁל חֲבֵירוֹ, מַאי? תֵּיקוּ.
Tossafot
זיל הב ליה כמלא בקר וכליו. פ"ה אי איכא כמלא בקר וכליו בין אילן לאילן זיל הב ליה ארעא ולפירושו לא מייתי רב יוסף ראיה אמאי דאקשי ליה אביי ויש ליישב דמייתי סייעתא לריש מילתיה דרב יוסף דמד' אמות לא הוו רצופין ואם כן ריש מילתיה דרב נחמן משבשתא היא ומדרישא ליתא סיפא נמי ליתא ועוד דעובדא דרבי יהודה כרבי שמעון אתיא ור"ש אית ליה מד' ועד ח' דלא מסתבר ליה לאוקמה דאתיא כרבנן ורבנן סברי מד' ועד ט"ז כדאמר בסמוך דסבר ליה מדלרבי שמעון פלגא לרבנן נמי פלגא ויש מפרשים אי איכא לכל אילן כמלא בקר וכליו דהיינו ח' אמות תן לו קרקע אבל בטפי הוו מפוזרים ורב יוסף שמיע ליה בהדיא מרב יהודה דלמעוטי יותר מח' אמות אתא שהן מפוזרין ולא למעוטי פחות מח' ולומר שהן רצופין ולכל הפירושין כמלא בקר וכליו לא נקטי אלא לשיעורא בעלמא ולא משום דצריך שיעור שיעבור לבקר וכליו דהא בדורא דרעותא בבבל הוה ובבבל שיעור בקר וכליו לא הוי אלא שתי אמות כדאמר בלא יחפור (לעיל בבא בתרא דף כו.) ואע"ג דלענין הרחקה משדה חבירו חלקנו בין בבל לארץ ישראל לענין רצופה דשמעתין אין חילוק תדע דאמר רב נחמן אמר שמואל דפחות מח' הוו רצופין ואילו לענין הרחקה לא בעינן אלא ד' אמות כדאמר בלא יחפור וקצת יש גמגום אמאי נקט האי לישנא:
אפי' הכי מעשה רב. ואם תאמר ממעשה אין להוכיח כלום דשמא ביותר מח' נמי היו מתירים ומעשה שהיה כך היה וי"ל דסברא הוא דעל פי חכמים עשו וכל מה שהיו יכולין להתיר לו התירו:
כמה יהו מרוחקים ט"ז אמה הרי זה קנה קרקע כו'. ותימה דגבי מכר בט"ז לא חשיבי מפוזרים וקנה קרקע וגבי כלאים חשיבי מפוזרים דקתני לעיל כרם הנטוע על ט"ז אמה מותר להביא זרע לשם ויש לומר דגבי מכר מודדין אמות מצומצמות אבל אמות כלאים הן אמות שוחקות ואי אפשר שלא יהא יותר מט"ז לכך חשיבי מפוזרים והשתא הא דקאמר לעיל מד' ועד ח' וכן מח' ועד ט"ז הוי עד ועד בכלל:
הרכובה שבגפן כו'. לפ"ה דמפרש לשון הרכבה קשה חדא דבמשנת כלאים גרס הארכובה ועוד דלא איירי ההיא משנה בהרכבה כלל ועוד דמאי נפקא מינה בהך הרכבה לענין כלאים ונראה דארכובה היינו הברכה כאדם הכורע על ברכיו כן כורעין הגפן בארץ כשהוא זקן הרבה ומכסין אותו בקרקע באמצע כדי שתשתרש וקאמר דאין מודדין לענין כלאים אלא מעיקר השני ומדנקט לשון עיקר מוכח שמודדין ממקום רוחב:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.