Guémara
Qui a jeté des graines de navet dans les anfractuosités [filei] de la terre d'un converti mort sans héritiers, il ne suffit pas d'en prendre possession. Quelle en est la raison? Au moment où il a jeté les graines, la valeur du champ n’a pas augmenté. Maintenant que les navets ont poussé et que la valeur du champ s'est améliorée, il s'est valorisé de lui-même.
דִּשְׁדָא לִיפְתָּא בֵּי פִילֵי דְּאַרְעָא דְגֵר – לָא הָוֵי חֲזָקָה. מַאי טַעְמָא? בְּעִידָּנָא דִּשְׁדָא – לָא הָוֵי שְׁבָחָא, הַשְׁתָּא דְּקָא שָׁבַח – מִמֵּילָא קָא שָׁבַח.
La Guemara enregistre une série de décisions concernant la prise de possession de terres. Chmouel dit: Quant à celui qui coupe les branches d'un palmier, s'il avait en tête l'acquisition du palmier, il l'a acquis; mais s'il avait en tête le bénéfice des animaux, pour nourrir ses animaux avec les branches, il ne l'a pas acquis. La Guemara demande: Dans quelles circonstances peut-on savoir ce qu'il avait en tête? La Guemara répond: S'il a pris des branches d'un côté et de l'autre, il avait en tête l'acquisition du palmier, car cela facilite la croissance de l'arbre; mais si les branches qu'il prenait étaient toutes d'un seul côté, il avait en tête le bénéfice des animaux.
אָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי מַאן דְּפָשַׁח דִּיקְלָא; אַדַּעְתָּא דְּדִיקְלָא – קָנֵי, אַדַּעְתָּא דְחֵיוָתָא – לָא קָנֵי. הֵיכִי דָּמֵי? שְׁקַל מֵהַאי גִּיסָא וּמֵהַאי גִּיסָא – אַדַּעְתָּא דְּדִיקְלָא. כּוֹלָּא מֵחַד גִּיסָא – אַדַּעְתָּא דְחֵיוָתָא.
Et Shmouel dit à propos de celui qui défriche [dezakkei zikheya] un champ d'arbres, s'il avait en tête l'amélioration du champ, pour le préparer au labour, il l'a acquis; mais s'il avait en vue la collecte du bois, il ne l'a pas acquis. La Guemara demande: Dans quelles circonstances peut-on savoir ce qu'il avait en tête? La Guemara répond: S'il prenait des morceaux de bois grands et petits, il avait en tête l'amélioration du champ; cependant, s’il prenait les gros morceaux de bois mais laissait les petits, il avait en tête la collecte du bois.
וְאָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי מַאן דְּזָכֵי זִיכְיָא; אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא – קָנֵי, אַדַּעְתָּא דְצִיבֵי – לָא קָנֵי. הֵיכִי דָּמֵי? שְׁקַל רַבְרְבֵי וְזוּטְרֵי – אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא, שְׁקַל רַבְרְבֵי וּשְׁבַק זוּטְרֵי – אַדַּעְתָּא דְצִיבֵי.
Et Chmouel dit à propos de celui qui enlève les protubérances et nivelle le sol, s'il avait en tête l'amélioration du champ, pour le préparer au labour, il l'a acquis; mais s'il avait en vue la transformation du champ en aire de battage, il ne l'a pas acquis. La Guemara demande: Dans quelles circonstances peut-on savoir ce qu'il avait en tête? La Guemara répond: S'il prenait un monticule et le jetait dans un fossé, nivelant ainsi les deux zones, il avait en tête l'amélioration du champ; mais s'il nivelait le sol avec un monticule à la place d'un monticule et un fossé à la place d'un fossé, agrandissant chaque zone mais laissant le champ dans son ensemble inégal, il avait en tête la conversion du champ en aire de battage.
וְאָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי מַאן דְּאתָקֵיל תִּיקְלָא; אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא – קָנֵי, אַדַּעְתָּא דְבֵי דָרֵי – לָא קָנֵי. הֵיכִי דָּמֵי? שְׁקַל מוּלְיָא וּשְׁדָא בְּנַצָּא – אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא. מוּלְיָא בְּמוּלְיָא וְנַצָּא בְּנַצָּא – אַדַּעְתָּא דְבֵי דָרֵי.
Et Chmouel dit à propos de celui qui a ouvert un barrage et a permis à l'eau d'entrer dans une parcelle de terrain, s'il avait en tête l'amélioration du champ, pour l'irriguer, il l'a acquis; mais s'il avait en vue la capture du poisson, c'est-à-dire permettre à l'eau de s'écouler afin qu'il puisse y attraper le poisson, il ne l'a pas acquis. La Guemara demande: Dans quelles circonstances peut-on savoir ce qu'il avait en tête? La Guemara répond: S'il a ouvert deux portes, l'une pour entrer et l'autre pour sortir l'eau, cela indique qu'il avait en tête la capture du poisson, car l'eau s'écoulerait du champ, lui donnant les moyens d'attraper le poisson; mais s'il n'a ouvert qu'une seule porte, cela indique qu'il avait en tête l'amélioration du champ.
וְאָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי מַאן דְּפָתַח מַיָּא בְּאַרְעָא; אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא – קָנֵי, אַדַּעְתָּא דְכַוְורֵי – לָא קָנֵי. הֵיכִי דָּמֵי? פָּתַח תְּרֵי בָבֵי, חַד מְעַיֵּיל וְחַד מַפֵּיק – אַדַּעְתָּא דְכַוְורֵי. חַד בָּבָא – אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא.
La Guemara raconte: Il y avait une certaine femme qui profita d'un palmier sans propriétaire en coupant ses branches pendant treize ans. Un autre est alors venu et a labouré un peu en dessous. L'affaire fut portée devant Lévi, et certains disent qu'elle fut portée devant Mar Ukva, qui établit la propriété en possession de celui qui labourait. La femme est venue et a crié devant lui, protestant contre l'injustice perçue de sa décision. Mar Ukva lui dit: Que puis-je pour toi, puisque tu n'as pas pris possession de la propriété de la même manière que les gens prennent possession?
הָהִיא אִיתְּתָא דַּאֲכַלָה דִּיקְלָא בְּתַפְשִׁיחָא, תְּלֵיסַר שְׁנִין. אֲתָא הָהוּא [גַּבְרָא], רָפֵיק תּוּתֵיהּ פּוּרְתָּא. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּלֵוִי, וְאָמְרִי לַהּ קַמֵּיהּ דְּמָר עוּקְבָא, אוֹקְמֵיהּ בִּידֵיהּ. אֲתַאי קָא צָוְוחָא קַמֵּיהּ, אֲמַר לַהּ: מַאי אֶעֱבֵיד לָךְ, דְּלָא אַחְזֵיקְתְּ כִּדְמַחְזְקִי אִינָשֵׁי.
Rav dit: Celui qui dessine une image, par exemple, il peint une image sur le mur, sur la propriété d'un converti décédé sans héritiers, l'a acquis, comme Rav lui-même a acquis le jardin de la maison de Rav, qui était une propriété sans propriétaire, uniquement en dessinant une image.
אָמַר רַב: הַצָּר צוּרָה בְּנִכְסֵי הַגֵּר – קָנָה; דְּרַב לָא קָנֵי לְגִנְּתָא דְּבֵי רַב, אֶלָּא בְּצוּרְתָּא.
§ Il a été dit: Concernant un champ qui est délimité par ses limites, c'est-à-dire qui a des limites clairement délimitées de tous les côtés, Rav Houna dit que Rav dit: Une fois qu'il a frappé le terrain avec une houe, il a acquis la totalité de la propriété. Et Shmouel dit qu'il n'a acquis que l'endroit qu'il a frappé avec la houe.
אִיתְּמַר: שָׂדֶה הַמְסוּיֶּימֶת בִּמְצָרֶיהָ – אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁהִכִּישׁ בָּהּ מַכּוֹשׁ אֶחָד – קָנָה כּוּלָּהּ. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: לֹא קָנָה אֶלָּא מְקוֹם מַכּוֹשׁוֹ בִּלְבַד.