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Traité Bava Batra

164b

Étude de Bava Batra 164b

Étude de la Guémara 164b

Guémara
Mais la date de celui-ci, un document lié, n'est pas la même que la date de celui-là, un document ordinaire. Dans un document ordinaire, lorsque le roi a régné un an, un an lui est compté, et lorsqu'il a régné deux ans, deux ans lui sont comptés. Par contre, dans un acte lié, lorsque le roi a régné un an, deux ans lui sont comptés, et lorsqu'il a régné deux ans, trois ans lui sont comptés. Si un document lié est simplement ouvert et utilisé comme un document ordinaire, il apparaît alors qu'il est postdaté d'un an.
וַהֲלֹא אֵינוֹ דּוֹמֶה זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לִזְמַנּוֹ שֶׁל זֶה! פָּשׁוּט; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שָׁנָה, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם. מְקוּשָּׁר; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שָׁלֹשׁ.
Le rabbin Yehuda HaNasi poursuit: Et cela peut parfois être problématique, comme dans le cas où le débiteur emprunte de l'argent au créancier et où les détails du prêt sont écrits dans un document lié. Et le débiteur tombe par hasard sur de l'argent dans l'intervalle, c'est-à-dire pendant la première année après la rédaction de l'acte, et il rembourse le créancier et lui dit: Rendez-moi mon billet à ordre, car je viens de vous rembourser. Et le créancier dit au débiteur: j'ai perdu le document et je ne peux pas vous le remettre. Et au lieu de restituer le billet à ordre, le créancier rédige un récépissé pour le débiteur, en guise de protection contre un second recouvrement.
וְזִימְנִין דְּיָזֵיף מִינֵּיהּ זוּזֵי בִּמְקוּשָּׁר, וּמִיתְרְמֵי לֵיהּ זוּזֵי בֵּינֵי בֵּינֵי וּפָרַע לֵיהּ; וְאָמַר לֵיהּ: הַב לִי שְׁטָרַאי, וְאָמַר לֵיהּ: אִירְכַס לִי; וְכָתֵב לֵיהּ תְּבָרָא;
Rabbi Yehouda Hanasi poursuit: Et puis, lorsque le moment du remboursement inscrit sur le billet à ordre arrivera, le créancier en fera un document ordinaire en défaisant ses points et en l'ouvrant, et il pourra alors dire au débiteur: C'est maintenant que vous m'avez emprunté cet argent, comme l'atteste ce billet à ordre, et le reçu que vous avez en votre possession concerne une dette antérieure, car sa date précède celle de mon document.
וְכִי מָטֵי זִמְנֵיהּ, מְשַׁוֵּי לֵיהּ פָּשׁוּט, וְאָמַר לֵיהּ: הָנֵי הַשְׁתָּא דִּיזַפְתְּ מִינַּאי!
La Guemara répond: Rabbi Ḥanina ben Gamliel soutient qu'on n'écrit pas de reçu dans de tels cas. Si un créancier perd son billet à ordre, le débiteur n'a pas besoin de le payer du tout, de peur que la dette puisse un jour être à nouveau recouvrée une fois le billet à ordre retrouvé. Il n'est pas tenu de payer la dette et n'accepte qu'une quittance, qu'il devra alors conserver en permanence pour se prémunir contre un second recouvrement.
קָא סָבַר: אֵין כּוֹתְבִין שׁוֹבָר.
La Guemara demande à propos de la discussion précédente: Et le rabbin Yehuda HaNasi était-il expert dans la halakhot des documents liés? Mais n’y avait-il pas un certain document lié qui était parvenu avant Rabbi Yehouda HaNasi, et quand Rabbi Yehouda HaNasi a vu la date, il a dit: Ceci est un document postdaté. Et un sage nommé Zunin dit à Rabbi Yehouda HaNasi: Telle est la coutume de cette nation; Lorsque le roi règne un an, deux ans lui sont comptés, et lorsqu'il règne deux ans, trois ans lui sont comptés. Le document n'est donc pas postdaté. Il ressort clairement de cette anecdote que le rabbin Yehuda HaNasi lui-même n’était pas familier avec cette pratique.
וּמִי בָּקִי רַבִּי בִּמְקוּשָּׁר? וְהָא הָהוּא מְקוּשָּׁר דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְאָמַר רַבִּי: שְׁטָר מְאוּחָר זֶה! וְאָמַר לוֹ זוּנִין לְרַבִּי: כָּךְ מִנְהָגָהּ שֶׁל אוּמָּה זוֹ; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שָׁלֹשׁ!
La Guemara répond: Après que Rabbi Yehouda HaNasi l'ait entendu de Zounin, il a accepté l'explication et a tenu ainsi lui-même, et c'est ce qui l'a poussé à soulever son objection.
בָּתַר דְּשַׁמְעַהּ מִזּוּנִין, סַבְרַהּ.
§ Il y avait un certain document sur lequel était écrit, comme date: L'année d'un tel, Archonte [Arkhan], un titre pour un souverain, sans indiquer aucune année particulière de son règne. Rabbi Ḥanina a dit: Qu'on enquête sur la date à laquelle cet Archonte a accédé à sa position d'archonte, c'est-à-dire, découvrez l'année où il est arrivé au pouvoir, et la validité du document est établie à partir de cette année.
הָהוּא שְׁטָרָא דַּהֲוָה כְּתִב בֵּיהּ: ״בִּשְׁנַת פְּלוֹנִי אַרְכָן״. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: יִבְדֹּק אֵימָתַי עָמַד אַרְכָן בְּאַרְכָנוּתֵיהּ.
La Guemara suggère: Mais peut-être que l'auteur du document utilisait un terme araméen ou hébreu, et avait l'intention de dire que le règne d'un tel s'étendait déjà [arikh] depuis plusieurs années. Rav Hoshaya dit: Telle est la coutume de cette nation où le document a été rédigé: La première année du règne du roi, ils l'appelaient Archonte; dans sa deuxième année, ils l'appellent Digon.
וְדִלְמָא דַּאֲרִיךְ מַלְכוּתֵיהּ! אָמַר רַב הוֹשַׁעְיָא: כָּךְ מִנְהָגָהּ שֶׁל אוּמָּה זוֹ; שָׁנָה רִאשׁוֹנָה – קוֹרִין לוֹ ״אַרְכָן״, שְׁנִיָּה – קוֹרִין לוֹ דִּיגוֹן.
La Guemara suggère: Mais peut-être que le peuple a déposé le dirigeant puis l'a réintégré, et le document a été rédigé au cours de la première année de son second règne. Rabbi Yirmeya a dit: Dans ce cas, ils l'appelleraient Archon Digon.
וְדִלְמָא עַבּוֹרֵי עַבְּרוּהוּ, וַהֲדַר אוֹקְמוּהוּ! אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: הָהוּא ״אַרְכָן דִּיגוֹן״ קָרְאוּ לֵיהּ.
§ A propos de ces termes grecs, la Guemara cite deux baraitot qui les mentionnent. Les Sages ont enseigné (Tosefta, Nazir 1:2) que si quelqu'un dit: Je suis par la présente une heina nazirite, ou énonce une expression similaire avec d'autres termes grecs comparables, Sumakhos dit que son statut dépend du terme qu'il utilise. S'il a utilisé le mot heina, il est naziréen pour une durée de naziréat, c'est-à-dire trente jours; s'il a dit digon, il est naziréen pour deux mandats de trente jours chacun; s'il a dit Terigon, il est naziréen pour trois mandats; tetrigon, pour quatre termes; pentagone, pour cinq mandats.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״הֲרֵינִי נָזִיר הֵינָא״ – סוֹמְכוֹס אָמַר: ״הֵינָא״ – אַחַת. ״דִּיגוֹן״ – שְׁתַּיִם. ״טְרִיגוֹן״ – שָׁלֹשׁ. ״טֶטְרִיגוֹן״ – אַרְבַּע. ״פֶּנְטִיגוֹן״ – חָמֵשׁ.
Les Sages ont enseigné dans une autre baraïta (Tosefta, Nega'im 6:3): Une maison ronde, ou une maison en forme de digon, c'est-à-dire qu'elle a deux murs, un droit et un incurvé, ou une maison en forme de terigon, c'est-à-dire un triangle, ou une maison en forme de pentagone, ne devient pas sensible à l'impureté rituelle des taches lépreuses. S’il a la forme d’un tétrigone, c’est-à-dire d’un quadrilatère, il devient sensible à l’impureté rituelle des taches lépreuses.
תָּנוּ רַבָּנַן: בַּיִת עָגוֹל; דִּיגוֹן; טְרִיגוֹן; פֶּנְטִיגוֹן – אֵינוֹ מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים. טֶטְרִיגוֹן – מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים.
La Guemara demande: D’où proviennent ces matières? La Guemara répond: C'est comme les Sages l'ont enseigné dans une baraïta: La Torah déclare ci-dessus: « Si la peste est dans les murs de la maison » (Lévitique 14:37). Le verset ne dit pas: Un mur, mais « des murs », indiquant que la maison en question a au moins deux murs. Et là où il est dit ci-dessous: « Si la peste s'est répandue dans les murs de la maison » (Lévitique 14:39), au lieu de dire: Un mur, le verset parle de « murs », indiquant deux autres murs. Il y a un total de quatre murs mentionnés ici afin d'indiquer qu'une maison ne peut devenir impure à cause des taches lépreuses que si elle a quatre côtés.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן, לְמַעְלָה אוֹמֵר: ״קִיר–קִירֹת״ – שְׁתַּיִם; לְמַטָּה אוֹמֵר: ״קִיר–קִירֹת״ – שְׁתַּיִם; הֲרֵי כָּאן אַרְבַּע.
Bava Batra 164b
100%
בבא בתרא קס״ד במַסֶּכֶת בָּבָא בַּתְרָא
גְּמָרָא וַהֲלֹא אֵינוֹ דּוֹמֶה זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לִזְמַנּוֹ שֶׁל זֶה! פָּשׁוּט; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שָׁנָה, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם. מְקוּשָּׁר; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שָׁלֹשׁ. וְזִימְנִין דְּיָזֵיף מִינֵּיהּ זוּזֵי בִּמְקוּשָּׁר, וּמִיתְרְמֵי לֵיהּ זוּזֵי בֵּינֵי בֵּינֵי וּפָרַע לֵיהּ; וְאָמַר לֵיהּ: הַב לִי שְׁטָרַאי, וְאָמַר לֵיהּ: אִירְכַס לִי; וְכָתֵב לֵיהּ תְּבָרָא; וְכִי מָטֵי זִמְנֵיהּ, מְשַׁוֵּי לֵיהּ פָּשׁוּט, וְאָמַר לֵיהּ: הָנֵי הַשְׁתָּא דִּיזַפְתְּ מִינַּאי! קָא סָבַר: אֵין כּוֹתְבִין שׁוֹבָר. וּמִי בָּקִי רַבִּי בִּמְקוּשָּׁר? וְהָא הָהוּא מְקוּשָּׁר דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְאָמַר רַבִּי: שְׁטָר מְאוּחָר זֶה! וְאָמַר לוֹ זוּנִין לְרַבִּי: כָּךְ מִנְהָגָהּ שֶׁל אוּמָּה זוֹ; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שָׁלֹשׁ! בָּתַר דְּשַׁמְעַהּ מִזּוּנִין, סַבְרַהּ. הָהוּא שְׁטָרָא דַּהֲוָה כְּתִב בֵּיהּ: ״בִּשְׁנַת פְּלוֹנִי אַרְכָן״. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: יִבְדֹּק אֵימָתַי עָמַד אַרְכָן בְּאַרְכָנוּתֵיהּ. וְדִלְמָא דַּאֲרִיךְ מַלְכוּתֵיהּ! אָמַר רַב הוֹשַׁעְיָא: כָּךְ מִנְהָגָהּ שֶׁל אוּמָּה זוֹ; שָׁנָה רִאשׁוֹנָה – קוֹרִין לוֹ ״אַרְכָן״, שְׁנִיָּה – קוֹרִין לוֹ דִּיגוֹן. וְדִלְמָא עַבּוֹרֵי עַבְּרוּהוּ, וַהֲדַר אוֹקְמוּהוּ! אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: הָהוּא ״אַרְכָן דִּיגוֹן״ קָרְאוּ לֵיהּ. תָּנוּ רַבָּנַן: ״הֲרֵינִי נָזִיר הֵינָא״ – סוֹמְכוֹס אָמַר: ״הֵינָא״ – אַחַת. ״דִּיגוֹן״ – שְׁתַּיִם. ״טְרִיגוֹן״ – שָׁלֹשׁ. ״טֶטְרִיגוֹן״ – אַרְבַּע. ״פֶּנְטִיגוֹן״ – חָמֵשׁ. תָּנוּ רַבָּנַן: בַּיִת עָגוֹל; דִּיגוֹן; טְרִיגוֹן; פֶּנְטִיגוֹן – אֵינוֹ מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים. טֶטְרִיגוֹן – מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן, לְמַעְלָה אוֹמֵר: ״קִיר–קִירֹת״ – שְׁתַּיִם; לְמַטָּה אוֹמֵר: ״קִיר–קִירֹת״ – שְׁתַּיִם; הֲרֵי כָּאן אַרְבַּע. הָהוּא מְקוּשָּׁר דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְאָמַר רַבִּי: אֵין זְמַן בָּזֶּה?! אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי לְרַבִּי: שֶׁמָּא בֵּין קְשָׁרָיו מוּבְלָע? פַּלְיֵיהּ, וְחַזְיֵיהּ. הֲדַר חֲזָא בֵּיהּ רַבִּי בְּבִישׁוּת. אֲמַר לֵיהּ: לָאו אֲנָא כְּתַבְתֵּיהּ, רַבִּי יְהוּדָה חַיָּיטָא כַּתְבֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: כְּלָךְ מִלָּשׁוֹן הָרָע הַזֶּה. זִימְנִין הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ, וְקָא פָסֵיק סִידְרָא בְּסֵפֶר תְּהִלִּים; אָמַר רַבִּי: כַּמָּה מְיוּשָּׁר כְּתָב זֶה! אֲמַר לֵיהּ: לָאו אֲנָא כְּתַבְתֵּיהּ, יְהוּדָה חַיָּיטָא כַּתְבֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: כְּלָךְ מִלָּשׁוֹן הָרָע הַזֶּה. בִּשְׁלָמָא הָתָם, אִיכָּא לָשׁוֹן הָרָע; אֶלָּא הָכָא, מַאי לָשׁוֹן הָרָע אִיכָּא? מִשּׁוּם דְּרַב דִּימִי – דְּתָנֵי רַב דִּימִי אֲחוּהּ דְּרַב סָפְרָא: לְעוֹלָם אַל יְסַפֵּר אָדָם בְּטוֹבָתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, שֶׁמִּתּוֹךְ טוֹבָתוֹ בָּא לִידֵי רָעָתוֹ. אָמַר רַב עַמְרָם אָמַר רַב: שָׁלֹשׁ עֲבֵירוֹת אֵין אָדָם נִיצּוֹל מֵהֶן בְּכׇל יוֹם – הִרְהוּר עֲבֵירָה, וְעִיּוּן תְּפִלָּה, וְלָשׁוֹן הָרָע. לָשׁוֹן הָרָע סָלְקָא דַּעְתָּךְ?!