Et Rabbi Yehoshoua ben Levi dit: Est-il vrai que tous les jours des pauvres soient terribles? Mais n’y a-t-il pas des Chabbat et des fêtes, pendant lesquelles même les pauvres profitent de leurs repas et se reposent? Expliquez plutôt ceci conformément à la déclaration de Chmouel, comme le dit Chmouel: Un changement de régime [veset] provoque l'apparition d'une maladie intestinale, et par conséquent les pauvres souffrent même d'un changement pour le bien.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: ״כׇּל יְמֵי עָנִי רָעִים״?! וְהָא אִיכָּא שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים! כְּדִשְׁמוּאֵל – דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: שִׁנּוּי וֶסֶת – תְּחִלַּת חוֹלִי.
Il est écrit dans le livre de ben Sira: Tous les jours des pauvres sont terribles. Ben Sira dit: Les nuits aussi. Son toit est au point le plus bas des toits; la pluie des toits va sur son toit. Sa vigne est à la hauteur des montagnes; le sol de sa vigne va sur d'autres vignes.
כְּתִיב בְּסֵפֶר בֶּן סִירָא: כׇּל יְמֵי עָנִי רָעִים. בֶּן סִירָא אוֹמֵר: אַף לֵילוֹת. בִּשְׁפַל גַּגִּים גַּגּוֹ, מִמְּטַר גַּגִּים לְגַגּוֹ. בְּרוּם הָרִים כַּרְמוֹ, מֵעֲפַר כַּרְמוֹ לִכְרָמִים.
Mishna 1
MISHNA: Quant à celui qui envoie des cadeaux [sivlonot] à la maison de son beau-père après ses fiançailles, même s'il y a envoyé une somme de dix mille dinars et y a ensuite mangé un festin de marié valant même la valeur d'un seul dinar, si pour une raison quelconque le mariage n'a pas lieu, les cadeaux ne sont pas récupérés en retour par l'ancien fiancé. S’il n’y a pas mangé de festin de marié, les cadeaux sont collectés, car ils ne constituaient pas un cadeau inconditionnel. S'il a envoyé de nombreux cadeaux avec la condition qu'ils reviendront avec elle dans la maison de son mari, c'est-à-dire dans sa propre maison, après le mariage, ceux-ci seront récupérés si le mariage n'a pas lieu. S’il lui a envoyé quelques cadeaux pour qu’elle les utilise pendant qu’elle était dans la maison de son père, ils ne sont pas récupérés.
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹלֵחַ סִבְלוֹנוֹת לְבֵית חָמִיו; שָׁלַח שָׁם מֵאָה מָנֶה, וְאָכַל שָׁם סְעוּדַת חָתָן אֲפִילּוּ בְּדִינָר – אֵינָן נִגְבִּין. לֹא אָכַל שָׁם סְעוּדַת חָתָן – הֲרֵי אֵלּוּ נִגְבִּין. שָׁלַח סִבְלוֹנוֹת מְרוּבִּין שֶׁיַּחְזְרוּ עִמָּהּ לְבֵית בַּעְלָהּ – הֲרֵי אֵלּוּ נִגְבִּין. סִבְלוֹנוֹת מוּעָטִין שֶׁתִּשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן בְּבֵית אָבִיהָ – אֵין נִגְבִּין.(משנה)
Guémara
GEMARA: La Michna déclare que si le fiancé a mangé de la nourriture valant ne serait-ce qu'un seul dinar chez son beau-père, les cadeaux ne sont pas rendus. Rava dit: Cela s'applique spécifiquement à la valeur d'un dinar, mais s'il a mangé de la nourriture d'une valeur inférieure à la valeur d'un dinar, ce n'est pas le cas. La Guemara demande: N’est-ce pas évident, puisque nous avons appris la halakha dans la mishna en référence à la valeur d’un dinar? La Guemara répond: Il est dit de ne pas dire que la même chose est vraie même dans le cas de moins d'un dinar, et la raison pour laquelle la mishna enseigne la halakha en référence à un dinar est qu'elle enseigne la question de la manière dont elle se produit généralement, et on ne mange généralement pas moins que cela. Rava nous enseigne donc que la formulation de la mishna est précise; la mishna ne fait pas référence à la valeur inférieure à un dinar.
גְּמָ׳ אָמַר רָבָא: דַּוְקָא דִּינָר, אֲבָל פָּחוֹת מִדִּינָר – לָא. פְּשִׁיטָא, דִּינָר תְּנַן! מַהוּ דְּתֵימָא: הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ פָּחוֹת מִדִּינָר, וְהַאי דְּקָתָנֵי דִּינָר – אוֹרְחָא דְּמִילְּתָא קָתָנֵי; קָא מַשְׁמַע לַן.
§ La Guemara demande: Nous avons appris la halakha dans la mishna concernant un fiancé qui mangeait chez son beau-père. Quelle est la halakha s’il y buvait? Nous avons appris la halakha dans la mishna à propos d'un cas où lui, le fiancé, y mangeait. Quelle est la halakha si son agent y a mangé? Nous avons appris la halakha dans la mishna à propos d’un cas où le fiancé mangeait là, chez son beau-père. Quelle est la halakha si son beau-père lui envoie un festin chez lui?
״אָכַל״ תְּנַן; שָׁתָה מַאי? ״הוּא״ תְּנַן; שְׁלוּחוֹ מַאי? ״שָׁם״ תְּנַן; שִׁגֵּר לוֹ, מַאי?
La Guemara répond: Venez entendre une preuve concernant l'une de ces choses, comme Rav Yehuda dit que Chmouel dit: Il y a eu un incident impliquant un homme qui a envoyé à la maison de son beau-père cent chariots pleins de jarres de vin et de jarres d'huile, et cent chariots pleins de vases en argent, et cent chariots pleins de vases en or, et cent chariots pleins de vêtements de laine fine [milat]. Et il arriva à cheval tout joyeux et alla se tenir à l'entrée de la maison de son beau-père. Et ils lui apportèrent une tasse de boisson chaude et il la but, puis il mourut.
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁשִּׁגֵּר לְבֵית חָמִיו מֵאָה קְרוֹנוֹת שֶׁל כַּדֵּי יַיִן וְשֶׁל כַּדֵּי שֶׁמֶן וְשֶׁל כְּלֵי כֶסֶף וְשֶׁל כְּלֵי זָהָב וְשֶׁל כְּלִי מֵילָת; וְרָכַב בְּשִׂמְחָתוֹ, וְהָלַךְ וְעָמַד עַל פֶּתַח בֵּית חָמִיו; וְהוֹצִיאוּ כּוֹס שֶׁל חַמִּין וְשָׁתָה, וּמֵת.
La question se posait de savoir si les présents devaient être restitués aux héritiers des fiancés. Et Rabbi Aḥa Sar Habira éleva cette halakha devant les Sages d'Usha, et ils dirent: Les cadeaux qui sont habituellement consommés ne sont pas collectés, et ceux qui ne sont pas habituellement consommés sont collectés. On peut conclure de cet incident que même si la fiancée n'a fait que boire, certains cadeaux ne peuvent pas être récupérés.
וְזוֹ הֲלָכָה הֶעֱלָה רַבִּי אַחָא שַׂר הַבִּירָה לִפְנֵי חֲכָמִים לְאוּשָׁא, וְאָמְרוּ: סִבְלוֹנוֹת הָעֲשׂוּיִן לִיבְלוֹת – אֵין נִגְבִּין, וְשֶׁאֵין עֲשׂוּיִן לִיבְלוֹת – נִגְבִּין. שְׁמַע מִינַּהּ: אֲפִילּוּ שָׁתָה.
La Guemara demande: Pouvez-vous déduire de cet incident que les cadeaux ne peuvent pas être réclamés même s'il a mangé ou bu moins que la valeur d'un dinar, puisqu'une tasse de boisson chaude ne vaut pas un dinar? Rav Ashi a dit: Qui nous dira qu'ils n'ont pas broyé une perle valant mille dinars et ne la lui ont pas servie à boire? La Guemara demande: Pouvez-vous apprendre de cet incident que même s'ils lui ont envoyé le festin, les cadeaux ne peuvent pas être réclamés, car il a bu à l'entrée et n'est pas entré à l'intérieur? La Guemara rejette cette conclusion: Peut-être que toute l’entrée de la maison de son beau-père est considérée comme la maison de son beau-père.
שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ אֲפִילּוּ פָּחוֹת מִדִּינָר? אָמַר רַב אָשֵׁי: מַאן לֵימָא לַן דְּלָא שָׁחֲקִי לֵיהּ מַרְגָּנִיתָא דְּשָׁוְיָא אַלְפָּא זוּזֵי, וְאַשְׁקְיֻהּ. שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ אֲפִילּוּ שִׁגְּרוּ לוֹ? דִּלְמָא כׇּל פֶּתַח בֵּית חָמִיו – כְּבֵית חָמִיו דָּמֵי.
Un dilemme a été soulevé devant les Sages: Rava déclare que si le fiancé a mangé moins que la valeur d'un dinar chez son beau-père et que le mariage n'a pas lieu, il peut récupérer les cadeaux qu'il a envoyés. Quelle est la halakha selon laquelle il doit diviser la valeur des cadeaux et réclamer seulement une partie de la valeur, proportionnellement à la quantité qu'il a mangée? Et quelle est la halakha concernant la valorisation des cadeaux? Dit-on que puisque la halakha veut que s'ils existent, ils lui sont restitués, donc ils ont été améliorés sous sa propriété? Ou peut-être, puisque la halakha veut que s’ils sont perdus ou volés, la famille de la fiancée soit tenue de le rembourser, c’est pourquoi ils ont été améliorés sous sa propriété. La Guemara conclut: Ces dilemmes ne resteront pas résolus.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ שֶׁיְּשַׁלֵּשׁ? שֶׁבַח סִבְלוֹנוֹת, מַהוּ? כֵּיוָן דְּאִי אִיתַנְהוּ – לְדִידֵיהּ הָדְרִי, בִּרְשׁוּתֵיהּ שְׁבוּח; אוֹ דִלְמָא, כֵּיוָן דְּאִי אָבְדִי אוֹ מִגַּנְבִי – בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי לֵיהּ, בִּרְשׁוּתָא דִּידַהּ שְׁבוּח? תֵּיקוּ.
Rava soulève un dilemme: quelle est la halakha concernant les cadeaux qui sont généralement consommés, mais qui ne l'ont pas été? La Guemara répond: Venez entendre une preuve: Et Rabbi Aḥa Sar Habira éleva cette halakha devant les Sages à Usha, et ils dirent: Les cadeaux qui sont habituellement consommés ne sont pas collectés, et ceux qui ne sont pas habituellement consommés sont collectés. Quoi, cela ne fait-il pas référence aux cadeaux qui sont généralement consommés même s'ils ne l'ont pas été? La Guemara rejette cela: Non, la mishna fait référence à des cadeaux qui ont été réellement consommés.
בָּעֵי רָבָא: סִבְלוֹנוֹת הָעֲשׂוּיִן לִיבְלוֹת, וְלֹא בָּלוּ, מַהוּ? תָּא שְׁמַע: וְזוֹ הֲלָכָה הֶעֱלָה רַבִּי אַחָא שַׂר הַבִּירָה לִפְנֵי חֲכָמִים בְּאוּשָׁא, וְאָמְרוּ: סִבְלוֹנוֹת הָעֲשׂוּיִן לִיבְלוֹת – אֵין נִגְבִּין, וְשֶׁאֵין עֲשׂוּיִן לִיבְלוֹת – נִגְבִּין. מַאי, לָאו אַף עַל גַּב דְּלֹא בָּלוּ? לָא, דְּבָלוּ.
La Guemara répond: Venez entendre une preuve de la MISHNA: S'il lui a envoyé quelques cadeaux pour qu'elle les utilise pendant qu'elle est dans la maison de son père, ils ne sont pas récupérés. Cela signifie qu'ils ne peuvent en aucun cas être collectés, qu'ils aient été utilisés ou non. Rava a interprété la mishna comme faisant référence à un snood ou à un filet à cheveux, qui sont des objets insignifiants que le fiancé envoie sans avoir l'intention de les récupérer plus tard.
תָּא שְׁמַע: סִבְלוֹנוֹת מוּעָטִין שֶׁתִּשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן, וְהִיא בְּבֵית אָבִיהָ – אֵין נִגְבִּין! תַּרְגְּמַהּ רָבָא: בְּיֵיבָא וּסְבַכְתָּא.
§ Rav Yehuda dit que Rav dit: Il y a eu un incident impliquant un homme qui envoyait du vin nouveau, de l'huile neuve et des vêtements en lin neufs à la maison de son beau-père au moment de Chavouot. La Guemara demande: Que nous enseigne cet incident? La Guemara répond: Si vous le souhaitez, dites qu'elle nous enseigne l'importance, c'est-à-dire la grandeur, d'Eretz Yisrael, où l'on trouve du vin nouveau, de l'huile et du linge déjà disponibles au moment de Chavouot. Et si vous le souhaitez, dites plutôt qu'il enseigne que si le fiancé prétend avoir envoyé ces objets au moment de Chavouot, sa déclaration est plausible et il n'y a aucune raison de la remettre en question.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁשִּׁגֵּר לְבֵית חָמִיו יַיִן חָדָשׁ וְשֶׁמֶן חָדָשׁ וּכְלֵי פִּשְׁתָּן חָדָשׁ בַּעֲצֶרֶת. מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? אִיבָּעֵית אֵימָא: חֲשִׁיבוּתָא דְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל קָא מַשְׁמַע לַן, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דְּאִי טָעֵין, טַעַנְתֵּיהּ טַעֲנָה.