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Traité Bava Batra

138b

Étude de Bava Batra 138b

Étude de la Mishna & Guémara 138b

Elle a l'avantage : si elle le veut, elle prend les deux cents dinars ; si elle le veut, elle prend le paiement de sa ketouba [contrat de mariage].
יָדָהּ עַל הָעֶלְיוֹנָה; רָצָה – נוֹטַלְתָּן, רָצָה – נוֹטֶלֶת כְּתוּבָּתָהּ.
La baraïta poursuit : et s'il y avait une personne sur son lit de mort qui dit : donnez deux cents dinars à untel, mon créancier, comme il lui convient, le créancier prend les deux cents dinars et prend aussi le paiement de sa dette. Mais s'il a dit : donnez-lui deux cents dinars en paiement de la dette, il prend les deux cents dinars en paiement de la dette.
וּשְׁכִיב מְרַע שֶׁאָמַר: ״תְּנוּ מָאתַיִם זוּז לִפְלוֹנִי בַּעַל חוֹבִי, כָּרָאוּי לוֹ״ – נוֹטְלָן, וְנוֹטֵל אֶת חוֹבוֹ. וְאִם אָמַר: ״בְּחוֹבוֹ״ – נוֹטְלָן בְּחוֹבוֹ.
La Guemara demande : parce qu'il dit « comme il lui convient », le créancier prend les deux cents dinars et prend aussi le paiement de la dette ? Mais peut-être voulait-il dire : « comme il lui convient en paiement de la dette », et ne visait qu'à préciser le montant de la dette !
מִשּׁוּם דְּאָמַר ״כָּרָאוּי לוֹ״ – נוֹטְלָן וְנוֹטֵל אֶת חוֹבוֹ?! וְדִלְמָא ״כָּרָאוּי לוֹ בְּחוֹבוֹ״ קָאָמַר!
Rav Nahman dit : Rav Houna m'a dit : selon l'avis de qui est cela ? Selon l'avis de Rabbi Akiva, qui interprète le langage superflu — Rabbi Akiva estime que si l'on emploie des mots inutiles, on a apparemment voulu ajouter quelque chose.
אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר לִי הוּנָא: הָא מַנִּי – רַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּדָיֵיק לִישָּׁנָא יַתִּירָא;
Comme nous l'avons appris dans une michna (64a) : celui qui vend une maison sans précision n'a pas vendu avec elle ni la fosse ni la citerne [dut], même s'il écrit pour l'acheteur dans l'acte de vente : avec sa profondeur et sa hauteur. Car tout ce qui ne fait pas partie de la maison, comme les fosses et citernes, doit être explicitement mentionné dans le contrat, sinon ils restent en possession du vendeur. Le vendeur doit donc se racheter un chemin de passage dans le domaine de l'acheteur pour atteindre ce qui reste sien, car il a vendu la surface de la maison avec la maison elle-même et n'a plus le droit d'y marcher. Tel est l'avis de Rabbi Akiva.
דִּתְנַן: וְלֹא אֶת הַבּוֹר וְלֹא אֶת הַדּוּת, אַף עַל פִּי שֶׁכָּתַב לוֹ עוּמְקָא וְרוּמָא. וְצָרִיךְ לִיקַּח לוֹ דֶּרֶךְ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא.
Et les Sages disent : le vendeur n'a pas besoin de se racheter un chemin de passage dans le domaine de l'acheteur, car cela est certainement inclus dans ce qu'il s'est réservé de la vente. Et Rabbi Akiva convient que lorsque le vendeur dit à l'acheteur dans l'acte de vente : je te vends cette maison à l'exception de la fosse et de la citerne, il n'a pas besoin de se racheter un chemin de passage — puisque le vendeur a inutilement insisté sur le fait que la fosse et la citerne ne sont pas incluses dans la vente, il a vraisemblablement voulu se réserver le droit d'y accéder.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ צָרִיךְ לִיקַּח לוֹ דֶּרֶךְ. וּמוֹדֶה רַבִּי עֲקִיבָא בִּזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ ״חוּץ מֵאֵלּוּ״ – שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לִיקַּח לוֹ דֶּרֶךְ.
Apparemment, selon Rabbi Akiva, puisqu'il n'avait pas besoin de dire « à l'exception de la fosse et de la citerne » et qu'il l'a dit quand même, cette mention apparemment superflue venait ajouter quelque chose. Puisque le vendeur a inutilement insisté que la fosse et la citerne ne sont pas incluses dans la vente, il a dû vouloir se réserver par là le droit d'accès. Ici aussi, pour le don fait par une personne sur son lit de mort à son créancier : puisqu'il n'avait pas besoin de dire « comme il lui convient » et qu'il l'a dit quand même, cette phrase venait ajouter quelque chose — à savoir que les deux cents dinars s'ajoutent à la dette.
אַלְמָא, כֵּיוָן דְּלָא צְרִיךְ, וְקָאָמַר – לְטַפּוֹיֵי מִלְּתָא קָאָתֵי; הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּלָא צְרִיךְ, וְקָאָמַר – לְטַפּוֹיֵי מִלְּתָא קָא אָתֵי.
§ Les Sages ont enseigné (Tosefta 8, 18) : s'il y avait une personne sur son lit de mort qui dit : j'ai cent dinars dus par untel, les témoins qui entendent cela peuvent consigner sa déclaration dans un document même s'ils ne savent pas si elle est vraie. Par conséquent, lorsque l'héritier recouvre la dette, il doit apporter une preuve de la dette, car le document rédigé par ces témoins n'est pas considéré comme une preuve. Tel est l'avis de Rabbi Meir. Et les Sages disent : les témoins ne peuvent rédiger le document que s'ils savent avec certitude que la déclaration est vraie. Par conséquent, lorsque l'héritier recouvre la dette, il n'a pas besoin d'apporter une preuve autre que le document rédigé par les témoins, car il a le statut d'un billet à ordre.
תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁכִיב מְרַע שֶׁאָמַר: ״מָנֶה יֵשׁ לִי אֵצֶל פְּלוֹנִי״ – הָעֵדִים כּוֹתְבִין, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין מַכִּירִין. לְפִיכָךְ, כְּשֶׁהוּא גּוֹבֶה – צָרִיךְ לְהָבִיא רְאָיָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין כּוֹתְבִין אֶלָּא אִם כֵּן מַכִּירִין, לְפִיכָךְ כְּשֶׁהוּא גּוֹבֶה – אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא רְאָיָה.
Rav Nahman dit : Rav Houna m'a dit que l'inverse est enseigné dans une autre baraïta : Rabbi Meir dit que les témoins ne peuvent consigner sa déclaration dans un document que s'ils savent avec certitude qu'elle est vraie, et les Sages disent qu'ils peuvent la consigner même s'ils ne savent pas si elle est vraie ; et même Rabbi Meir n'a dit qu'ils ne peuvent pas la consigner que par crainte qu'elle soit présentée devant un tribunal qui se trompe et permette aux héritiers de recouvrer sans fournir de preuve supplémentaire. Rav Dimi de Neharde'a dit : la halakha est qu'on ne se préoccupe pas de la possibilité d'un tribunal qui se trompe.
אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר לִי הוּנָא: תָּנָא, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֵין כּוֹתְבִין, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כּוֹתְבִין. וְאַף רַבִּי מֵאִיר לָא אָמַר אֶלָּא מִשּׁוּם בֵּית דִּין טוֹעִין. אָמַר רַב דִּימִי מִנְּהַרְדְּעָא, הִלְכְתָא: אֵין חוֹשְׁשִׁין לְבֵית דִּין טוֹעִין.
La Guemara demande : et en quoi ce cas diffère-t-il de la déclaration de Rava ? Car Rava dit : un tribunal ne peut superviser une halitsa [cérémonie de déchaussement léviratique] à moins que les juges reconnaissent le yavam et la yevama. Et un tribunal ne peut superviser une déclaration de refus [mioun] d'une fille ayant atteint sa majorité pour ne pas rester mariée à l'homme auquel sa mère ou ses frères l'avaient mariée mineure après la mort de son père, à moins qu'ils reconnaissent la fille. Par conséquent, un autre tribunal peut rédiger un document attestant la halitsa ou un document constatant qu'une déclaration de refus a été faite dans un tribunal ailleurs, sur la base du témoignage de témoins, même si les juges ne reconnaissent pas ces personnes — en s'appuyant sur la présomption que le premier tribunal n'aurait pas permis l'acte s'il n'avait pas été sûr de l'identité des parties.
וּמַאי שְׁנָא מִדְּרָבָא? דְּאָמַר רָבָא: אֵין חוֹלְצִין אֶלָּא אִם כֵּן מַכִּירִין, וְאֵין מְמָאֲנִין אֶלָּא אִם כֵּן מַכִּירִין. לְפִיכָךְ כּוֹתְבִין גֵּט חֲלִיצָה וְגֵט מֵיאוּן, וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין מַכִּירִין.
Quelle est la raison pour laquelle Rava a dit que le tribunal doit reconnaître les participants à ces actes ? N'est-ce pas par crainte qu'un tribunal qui se trompe rédige un tel document sur la base du témoignage de témoins sans vérifier que les parties participantes étaient reconnues par le tribunal où la halitsa ou le refus eut lieu ?
מַאי טַעְמָא? לָאו מִשּׁוּם דְּחוֹשְׁשִׁין לְבֵית דִּין טוֹעִין?
La Guemara répond : les deux questions ne sont pas identiques. Un tribunal n'examine normalement pas l'acte d'un autre tribunal — il y a donc lieu de craindre que le tribunal où le document est rédigé suppose que le tribunal où l'acte eut lieu avait reconnu les parties. Mais un tribunal examine normalement la déclaration des témoins — il n'y a donc pas lieu de craindre qu'il s'appuie sur une déclaration rédigée par des témoins sans connaître son exactitude.
לָא; בֵּית דִּינָא בָּתַר בֵּית דִּינָא – לָא דָּיְיקִי, בֵּית דִּינָא בָּתַר עֵדִים – דָּיְיקִי.
Bava Batra 138b
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בבא בתרא קל״ח במַסֶּכֶת בָּבָא בַּתְרָא
מִשְׁנָה יָדָהּ עַל הָעֶלְיוֹנָה; רָצָה – נוֹטַלְתָּן, רָצָה – נוֹטֶלֶת כְּתוּבָּתָהּ. וּשְׁכִיב מְרַע שֶׁאָמַר: ״תְּנוּ מָאתַיִם זוּז לִפְלוֹנִי בַּעַל חוֹבִי, כָּרָאוּי לוֹ״ – נוֹטְלָן, וְנוֹטֵל אֶת חוֹבוֹ. וְאִם אָמַר: ״בְּחוֹבוֹ״ – נוֹטְלָן בְּחוֹבוֹ. מִשּׁוּם דְּאָמַר ״כָּרָאוּי לוֹ״ – נוֹטְלָן וְנוֹטֵל אֶת חוֹבוֹ?! וְדִלְמָא ״כָּרָאוּי לוֹ בְּחוֹבוֹ״ קָאָמַר! אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר לִי הוּנָא: הָא מַנִּי – רַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּדָיֵיק לִישָּׁנָא יַתִּירָא; דִּתְנַן: וְלֹא אֶת הַבּוֹר וְלֹא אֶת הַדּוּת, אַף עַל פִּי שֶׁכָּתַב לוֹ עוּמְקָא וְרוּמָא. וְצָרִיךְ לִיקַּח לוֹ דֶּרֶךְ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ צָרִיךְ לִיקַּח לוֹ דֶּרֶךְ. וּמוֹדֶה רַבִּי עֲקִיבָא בִּזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ ״חוּץ מֵאֵלּוּ״ – שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לִיקַּח לוֹ דֶּרֶךְ. אַלְמָא, כֵּיוָן דְּלָא צְרִיךְ, וְקָאָמַר – לְטַפּוֹיֵי מִלְּתָא קָאָתֵי; הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּלָא צְרִיךְ, וְקָאָמַר – לְטַפּוֹיֵי מִלְּתָא קָא אָתֵי. תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁכִיב מְרַע שֶׁאָמַר: ״מָנֶה יֵשׁ לִי אֵצֶל פְּלוֹנִי״ – הָעֵדִים כּוֹתְבִין, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין מַכִּירִין. לְפִיכָךְ, כְּשֶׁהוּא גּוֹבֶה – צָרִיךְ לְהָבִיא רְאָיָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין כּוֹתְבִין אֶלָּא אִם כֵּן מַכִּירִין, לְפִיכָךְ כְּשֶׁהוּא גּוֹבֶה – אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא רְאָיָה. אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר לִי הוּנָא: תָּנָא, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֵין כּוֹתְבִין, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כּוֹתְבִין. וְאַף רַבִּי מֵאִיר לָא אָמַר אֶלָּא מִשּׁוּם בֵּית דִּין טוֹעִין. אָמַר רַב דִּימִי מִנְּהַרְדְּעָא, הִלְכְתָא: אֵין חוֹשְׁשִׁין לְבֵית דִּין טוֹעִין. וּמַאי שְׁנָא מִדְּרָבָא? דְּאָמַר רָבָא: אֵין חוֹלְצִין אֶלָּא אִם כֵּן מַכִּירִין, וְאֵין מְמָאֲנִין אֶלָּא אִם כֵּן מַכִּירִין. לְפִיכָךְ כּוֹתְבִין גֵּט חֲלִיצָה וְגֵט מֵיאוּן, וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין מַכִּירִין. מַאי טַעְמָא? לָאו מִשּׁוּם דְּחוֹשְׁשִׁין לְבֵית דִּין טוֹעִין? לָא; בֵּית דִּינָא בָּתַר בֵּית דִּינָא – לָא דָּיְיקִי, בֵּית דִּינָא בָּתַר עֵדִים – דָּיְיקִי. מַתְנִי׳ הָאָב תּוֹלֵשׁ וּמַאֲכִיל לְכׇל מִי שֶׁיִּרְצֶה, וּמַה שֶּׁהִנִּיחַ תָּלוּשׁ – הֲרֵי הוּא שֶׁל יוֹרְשִׁין. גְּמָרָא גְּמָ׳ תָּלוּשׁ אִין, מְחוּבָּר לֹא.