Guémara
Ici, dans la déclaration du rabbin Yohanan, il s’agit d’un cas où il crie en signe de protestation dès le début. Dès qu'il reçoit l'acte de donation, il déclare qu'il n'en veut pas. Dans ce cas, il ne reçoit pas le bien. Ici, dans la déclaration de Chmouel, il s’agit d’un cas où il reste d’abord silencieux lorsqu’il reçoit l’acte de donation, et finit par crier en signe de protestation qu’il n’en veut pas. Dans ce cas, il acquiert le cadeau avant de protester, il lui appartient donc.
כָּאן בְּצוֹוֵחַ מֵעִיקָּרָא, כָּאן בְּשׁוֹתֵק מֵעִיקָּרָא וּלְבַסּוֹף צוֹוֵחַ.
Rav Nahman bar Yitzḥak dit que si le propriétaire lui transfère la propriété de la propriété par l'intermédiaire d'une autre personne, qui accomplit un acte d'acquisition pour cette autre partie en sa présence, et qu'il est resté silencieux au début, c'est-à-dire lorsque l'acte d'acquisition est accompli, mais a finalement crié en protestation lorsque la propriété lui est effectivement donnée, nous en sommes arrivés au différend entre Rabban Shimon ben Gamliel et les rabbins.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: זִיכָּה לוֹ עַל יְדֵי אַחֵר, וְשָׁתַק וּלְבַסּוֹף צָוַוח – בָּאנוּ לְמַחְלוֹקֶת רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבָּנַן,
C'est ce qui est enseigné dans une baraïta (Tosefta 8: 1): Si l'un écrit un document accordant sa propriété à un autre, et qu'il y a des esclaves parmi ses biens, et que l'autre personne dit: Je ne veux pas d'eux, si leur deuxième maître, c'est-à-dire le destinataire, était un prêtre, ils participent à la teruma, la part des produits destinée au prêtre, car sa protestation est ignorée. Rabban Shimon ben Gamliel dit: Une fois que l'autre personne a dit: Je n'en veux pas, le donateur ou ses héritiers les ont déjà acquis, et ils sont les propriétaires des esclaves.
דְּתַנְיָא: הַכּוֹתֵב נְכָסָיו לְאַחֵר, וְהָיוּ בָּהֶן עֲבָדִים, וְאָמַר הַלָּה: ״אִי אֶפְשִׁי בָּהֶן״; אִם הָיָה רַבָּן שֵׁנִי כֹּהֵן – הֲרֵי אֵלּוּ אוֹכְלִין בִּתְרוּמָה. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כֵּיוָן שֶׁאָמַר הַלָּה: ״אִי אֶפְשִׁי בָּהֶן״ – כְּבָר זָכוּ בָּהֶן יוֹרְשִׁין.
Et nous avons discuté de la baraïta: Et le premier tanna soutient-il qu'il les acquiert même s'il est debout et crie en signe de protestation qu'il n'en veut pas? Ce n'est pas raisonnable.
וְהָוֵינַן בַּהּ: וְתַנָּא קַמָּא – אֲפִילּוּ עוֹמֵד וְצוֹוֵחַ?!
Rava dit, et certains disent que c'est Rabbi Yohanan qui dit: Dans le cas où il crie en signe de protestation au début, lorsqu'on lui donne le cadeau, tout le monde convient qu'il ne les a pas acquis. Dans le cas où il est resté silencieux à ce moment-là et a finalement crié en signe de protestation, tout le monde s'accorde à dire qu'il les a acquises.
אָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן: בְּצוֹוֵחַ מֵעִיקָּרוֹ – דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּלָא קָנֵי. שָׁתַק וּלְבַסּוֹף צָוַוח – דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּקָנֵי.
Lorsqu'ils ne sont pas d'accord, c'est dans le cas où il lui transfère la propriété par l'intermédiaire d'une autre personne, et le destinataire était là et se taisait, et finalement, lorsqu'il reçoit effectivement les esclaves, il crie en signe de protestation. Comme le premier tanna soutient qu'une fois qu'il était initialement silencieux, il les a acquis, et le fait qu'il crie indique qu'il rétracte son acceptation initiale du cadeau. Son acquisition ne peut être annulée de cette manière. S’il ne veut pas posséder les esclaves, il peut les vendre, les donner ou les émanciper.
כִּי פְּלִיגִי – שֶׁזִּיכָּה לוֹ עַל יְדֵי אַחֵר וְשָׁתַק, וּלְבַסּוֹף צָוַוח; דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: מִדִּשְׁתֵיק – קְנִינְהוּ; וְהַאי דְּקָא צָוַוח – מִהְדָּר הוּא דְּקָא הָדַר בֵּיהּ.
Et Rabban Shimon ben Gamliel soutient que ses actions ultimes prouvent la nature de son intention initiale; il n'a jamais eu l'intention d'acquérir les esclaves. Et la raison pour laquelle il n’a pas crié de protestation jusqu’à présent est qu’il raisonnait: Tant qu’ils ne sont pas entrés en ma possession, dans quel but crierai-je?
וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: הוֹכִיחַ סוֹפוֹ עַל תְּחִלָּתוֹ; וְהַאי דְּלָא צָוַוח עַד הַשְׁתָּא – דְּסָבַר: כִּי לָא מָטוּ לִידִי, מַאי אֶצְוַוח.
§ Les Sages ont enseigné (Tosefta 9:6): Si une personne sur son lit de mort dit: Donnez deux cents dinars à un tel, et trois cents à un tel, et quatre cents à un tel, dans ce cas on ne dit pas que celui qui apparaît en premier dans l'acte acquiert son argent en premier. Par conséquent, si un billet à ordre apparaît contre celui qui a offert les cadeaux et qu'il devient clair que l'argent donné a été gagé en faveur d'un créancier, alors le créancier les recouvre tous.
תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁכִיב מְרַע שֶׁאָמַר: ״תְּנוּ מָאתַיִם זוּז לִפְלוֹנִי, וּשְׁלֹשׁ מֵאוֹת לִפְלוֹנִי, וְאַרְבַּע מֵאוֹת לִפְלוֹנִי״ – אֵין אוֹמְרִין: כׇּל הַקּוֹדֵם בִּשְׁטָר, זוֹכֶה. לְפִיכָךְ, יָצָא עָלָיו שְׁטַר חוֹב – גּוֹבֶה מִכּוּלָּם.
Mais si quelqu'un sur son lit de mort dit: Donnez deux cents dinars à un tel, et après lui, à un tel, et après lui, à un tel, alors on dit: Celui qui apparaît le premier dans l'acte gagne. Par conséquent, si un billet à ordre est émis contre le donateur, le créancier recouvre d'abord auprès du dernier des destinataires. S'il n'a pas de quoi rembourser la dette, il la récupère auprès du bénéficiaire précédent. S'il n'a pas de quoi rembourser la dette, il encaisse auprès du bénéficiaire indiqué avant le bénéficiaire précédent.
אֲבָל אָמַר: ״תְּנוּ מָאתַיִם זוּז לִפְלוֹנִי, וְאַחֲרָיו לִפְלוֹנִי, וְאַחֲרָיו לִפְלוֹנִי״ – אוֹמְרִין: כׇּל הַקּוֹדֵם בַּשְּׁטָר, זוֹכֶה. לְפִיכָךְ, יָצָא עָלָיו שְׁטַר חוֹב – גּוֹבֶה מִן הָאַחֲרוֹן. אֵין לוֹ – גּוֹבֶה מִשֶּׁלְּפָנָיו. אֵין לוֹ – גּוֹבֶה מִשֶּׁלִּפְנֵי פָנָיו.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta: S'il y avait une personne sur son lit de mort qui disait: Donnez deux cents dinars à un tel, mon fils aîné, comme cela lui convient, le premier-né prendra les deux cents dinars et prendra également sa part de premier-né. S'il dit: Donnez à mon fils premier-né deux cents dinars pour sa part de premier-né, il ne recevra pas les deux, mais il aura l'avantage; s'il le veut, il prend les deux cents dinars, et s'il le veut, il prend sa part de premier-né.
תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁכִיב מְרַע שֶׁאָמַר: ״תְּנוּ מָאתַיִם זוּז לִפְלוֹנִי בְּנִי בְּכוֹר, כָּרָאוּי לוֹ״ – נוֹטְלָן, וְנוֹטֵל אֶת בְּכוֹרָתוֹ. אִם אָמַר: ״בִּבְכוֹרָתוֹ״ – יָדוֹ עַל הָעֶלְיוֹנָה; רָצָה – נוֹטְלָן, רָצָה – נוֹטֵל בְּכוֹרָתוֹ.
La baraïta continue: Et de même, s'il y avait une personne sur son lit de mort qui disait: Donne deux cents dinars à une telle, ma femme, comme cela lui convient, elle prend les deux cents dinars et prend également en charge le paiement de son contrat de mariage. S'il dit: Donnez-lui deux cents dinars en paiement de son contrat de mariage,
וּשְׁכִיב מְרַע שֶׁאָמַר: ״תְּנוּ מָאתַיִם זוּז לִפְלוֹנִית אִשְׁתִּי, כָּרָאוּי לָהּ״ – נוֹטַלְתָּן, וְנוֹטֶלֶת אֶת כְּתוּבָּתָהּ. אִם אָמַר ״בִּכְתוּבָּתָהּ״ –