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Traité Bava Batra

131b

Étude de Bava Batra 131b

Étude de la Guémara 131b

Guémara
D’où concluez-vous que les deux clauses, celle au profit des fils et celle au profit des filles, ont été instituées par un seul tribunal et sont donc lues chacune à la lumière de l’autre? Il se peut qu'elles aient été instituées par deux tribunaux différents et qu'elles n'aient aucun rapport les unes avec les autres. Ainsi, le libellé de la donation et celui de la succession ne font pas partie de la même déclaration.
מִמַּאי דִּבְחַד בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן? דִּלְמָא בִּתְרֵי בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן!
La Guemara répond: Cette possibilité ne devrait pas vous venir à l’esprit, comme l’enseigne la première clause de cette mishna (Ketubot 49a): Un père n’est pas obligé de subvenir aux besoins de sa fille. Cette interprétation a été interprétée par Rabbi Elazar ben Azarya devant les Sages de la vigne de Yavné: Puisque les Sages ont institué qu'après la mort du père, les fils héritent de la somme d'argent spécifiée dans le contrat de mariage de leur mère, et que les filles sont soutenues par la succession de leur père, ces deux halakhot sont assimilées: De même que les fils n'héritent qu'après la mort de leur père, et non de son vivant, de même les filles ne sont soutenues par la propriété de leur père qu'après la mort de leur père.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּקָתָנֵי רֵישָׁא: זֶה מִדְרָשׁ דָּרַשׁ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה לִפְנֵי חֲכָמִים בַּכֶּרֶם בְּיַבְנֶה: הַבָּנִים יִירְשׁוּ וְהַבָּנוֹת יִזּוֹנוּ; מָה הַבָּנִים אֵינָן יוֹרְשִׁין אֶלָּא לְאַחַר מִיתַת אֲבִיהֶם, אַף בָּנוֹת לֹא יִזּוֹנוּ אֶלָּא לְאַחַר מִיתַת אֲבִיהֶן.
La Guemara explique: Certes, si vous dites que les deux clauses ont été instituées par un tribunal, c'est la raison pour laquelle nous dérivons la halakhot d'une ordonnance de la halakhot de l'autre ordonnance, en supposant qu'un tribunal institue les ordonnances de manière cohérente. Mais si vous dites qu’elles ont été instituées par deux tribunaux distincts opérant à des époques différentes, comment pouvons-nous déduire la halakhot d’une ordonnance de la halakhot de l’autre ordonnance?
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בְּחַד בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן, הַיְינוּ דְּיָלְפִינַן תַּקָּנָה מִתַּקָּנָה. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בִּתְרֵי בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן, הֵיכִי יָלְפִינַן תַּקָּנָה מִתַּקָּנָה?
La Guemara rejette cette explication: D’où suppose-t-on qu’elles ont été instituées par un seul tribunal? En fait, je vous dirai que peut-être les deux clauses ont été instituées par deux tribunaux distincts, et néanmoins Rabbi Elazar ben Azarya a dérivé la halakhot d'une ordonnance de la halakhot de l'autre ordonnance, car ce dernier tribunal a vraisemblablement institué son ordonnance conformément au format de l'ancien tribunal, de sorte qu'il ne faut pas s'interroger sur les contradictions entre une ordonnance et l'autre ordonnance. En ce qui concerne la halakhot de l’héritage, il n’y a aucune raison de lire les deux clauses à la lumière de l’autre.
מִמַּאי? דִּלְמָא לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ בִּתְרֵי בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן; וּבֵי דִינָא בָּתְרָא תַּקּוּן כְּבֵי דִינָא קַמָּא, כִּי הֵיכִי דְּלָא תִּקְשֵׁה תַּקַּנְתָּא אַתַּקַּנְתָּא.
§ Rav Yehuda dit que Chmouel dit: Une personne sur son lit de mort qui rédige un document accordant tous ses biens à sa femme l'a simplement nommée intendante. L’hypothèse est qu’il n’avait pas l’intention de priver ses héritiers de la totalité de leur héritage. Il avait plutôt l’intention de la nommer intendante responsable de la propriété, afin que les héritiers l’honorent.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הַכּוֹתֵב כׇּל נְכָסָיו לְאִשְׁתּוֹ – לֹא עֲשָׂאָהּ אֶלָּא אַפּוֹטְרוֹפָּא.
La Guemara évoque des cas similaires: Il est évident que si l'on rédige un acte accordant tous ses biens à son fils majeur, il n'a pas l'intention de lui donner la totalité de l'héritage, mais de le faire partager entre ses frères. Au contraire, il l'a simplement nommé intendant (apotropos). S’il l’écrit à son fils mineur, quelle est la halakha? Peut-on encore supposer que son intention est de le nommer intendant, ou est-ce invraisemblable puisqu'un garçon mineur n'est pas encore capable d'assumer cette fonction et que par conséquent le père avait apparemment l'intention de lui léguer la totalité de l'héritage?
פְּשִׁיטָא, בְּנוֹ הַגָּדוֹל – לֹא עֲשָׂאוֹ אֶלָּא אַפּוֹטְרוֹפּוֹס. בְּנוֹ הַקָּטָן מַאי?
Il a été rapporté que Rav Ḥanilai bar Idi dit que Chmouel dit que même si l'on rédige un document accordant tous ses biens à son fils mineur qui repose dans son berceau, il ne reçoit pas la totalité de l'héritage. Le père avait probablement plutôt l’intention de le nommer intendant lorsqu’il atteindrait l’âge adulte, afin que les autres héritiers l’honorent.
אִיתְּמַר, רַב חֲנִילַאי בַּר אִידֵּי אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲפִילּוּ בְּנוֹ קָטָן הַמּוּטָּל בַּעֲרִיסָה.
La Guemara déclare: Il est évident que si quelqu'un rédigeait un document accordant tous ses biens à son fils et à une autre personne, il avait l'intention de donner à l'autre la moitié des biens en cadeau et de nommer son fils comme intendant pour surveiller les biens de ses frères, avec lesquels il partage l'autre moitié. De même, s’il rédigeait un document accordant tous ses biens à sa femme et à une autre personne, il avait l’intention de donner à l’autre la moitié des biens en cadeau et de nommer sa femme comme intendant pour superviser l’autre moitié des biens pour ses fils.
פְּשִׁיטָא, בְּנוֹ וְאַחֵר – אַחֵר בְּמַתָּנָה, וּבְנוֹ אַפּוֹטְרוֹפּוֹס. אִשְׁתּוֹ וְאַחֵר – לְאַחֵר בְּמַתָּנָה, וְאִשְׁתּוֹ אַפּוֹטְרוֹפּוֹס.
En outre, il est évident que si l'on rédigeait un acte accordant tous ses biens à sa fiancée, qu'il n'avait pas encore épousée, ou à son ex-épouse, dont il avait divorcé, il avait l'intention de le leur donner en cadeau, car il n'avait aucune raison de se faire honorer par ses héritiers.
אִשְׁתּוֹ אֲרוּסָה וְאִשְׁתּוֹ גְּרוּשָׁה – בְּמַתָּנָה.
Un dilemme a été soulevé devant les Sages: si l’on rédige un document accordant tous ses biens à sa fille avant ses fils, dans le cas où il a des fils qui hériteraient de lui, ou à sa femme avant ses frères, ou à sa femme avant les fils de son mari qui ne sont pas ses fils, quelle est la halakha? Peut-on supposer que son intention était de la nommer intendante ou de lui offrir la propriété en cadeau?
אִיבַּעְיָא לְהוּ: בַּת אֵצֶל הַבָּנִים, וְאִשָּׁה אֵצֶל הָאַחִים, וְאִשָּׁה אֵצֶל בְּנֵי הַבַּעַל, מַהוּ?
Ravina a déclaré au nom de Rava que dans tous ces cas, le bénéficiaire n'a pas acquis la propriété. Au contraire, il ou elle était simplement nommé intendant, sauf dans le cas de sa fiancée et de son ex-épouse dont il avait divorcé. En revanche, Rav Avira a déclaré au nom de Rava que dans tous ces cas, le bénéficiaire a acquis la propriété, à l'exception des cas de sa femme avant ses frères et de sa femme avant les fils du mari, où il avait clairement l'intention de la nommer uniquement comme intendante.
אָמַר רָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: בְּכוּלְּהוּ לֹא קָנָה, לְבַר מֵאִשְׁתּוֹ אֲרוּסָה וְאִשְׁתּוֹ גְּרוּשָׁה. רַב עַוִּירָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר: בְּכוּלְּהוּ קָנֵי, לְבַר מֵהָאִשָּׁה אֵצֶל הָאַחִין וְאִשָּׁה אֵצֶל בְּנֵי הַבַּעַל.

Tossafot

דלמא בתרי בי דינא איתקון. פירוש דספיקא הוי אי אמר בבריא אי לא ולר"י נראה דבבריא נמי אמר מדאמר רבי נתן שניתם משנתכם כר' יוחנן בן ברוקה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Bava Batra 131b
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בבא בתרא קל״א במַסֶּכֶת בָּבָא בַּתְרָא
גְּמָרָא מִמַּאי דִּבְחַד בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן? דִּלְמָא בִּתְרֵי בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן! לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּקָתָנֵי רֵישָׁא: זֶה מִדְרָשׁ דָּרַשׁ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה לִפְנֵי חֲכָמִים בַּכֶּרֶם בְּיַבְנֶה: הַבָּנִים יִירְשׁוּ וְהַבָּנוֹת יִזּוֹנוּ; מָה הַבָּנִים אֵינָן יוֹרְשִׁין אֶלָּא לְאַחַר מִיתַת אֲבִיהֶם, אַף בָּנוֹת לֹא יִזּוֹנוּ אֶלָּא לְאַחַר מִיתַת אֲבִיהֶן. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בְּחַד בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן, הַיְינוּ דְּיָלְפִינַן תַּקָּנָה מִתַּקָּנָה. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בִּתְרֵי בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן, הֵיכִי יָלְפִינַן תַּקָּנָה מִתַּקָּנָה? מִמַּאי? דִּלְמָא לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ בִּתְרֵי בֵּי דִינָא אִיתְּקוּן; וּבֵי דִינָא בָּתְרָא תַּקּוּן כְּבֵי דִינָא קַמָּא, כִּי הֵיכִי דְּלָא תִּקְשֵׁה תַּקַּנְתָּא אַתַּקַּנְתָּא. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הַכּוֹתֵב כׇּל נְכָסָיו לְאִשְׁתּוֹ – לֹא עֲשָׂאָהּ אֶלָּא אַפּוֹטְרוֹפָּא. פְּשִׁיטָא, בְּנוֹ הַגָּדוֹל – לֹא עֲשָׂאוֹ אֶלָּא אַפּוֹטְרוֹפּוֹס. בְּנוֹ הַקָּטָן מַאי? אִיתְּמַר, רַב חֲנִילַאי בַּר אִידֵּי אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲפִילּוּ בְּנוֹ קָטָן הַמּוּטָּל בַּעֲרִיסָה. פְּשִׁיטָא, בְּנוֹ וְאַחֵר – אַחֵר בְּמַתָּנָה, וּבְנוֹ אַפּוֹטְרוֹפּוֹס. אִשְׁתּוֹ וְאַחֵר – לְאַחֵר בְּמַתָּנָה, וְאִשְׁתּוֹ אַפּוֹטְרוֹפּוֹס. אִשְׁתּוֹ אֲרוּסָה וְאִשְׁתּוֹ גְּרוּשָׁה – בְּמַתָּנָה. אִיבַּעְיָא לְהוּ: בַּת אֵצֶל הַבָּנִים, וְאִשָּׁה אֵצֶל הָאַחִים, וְאִשָּׁה אֵצֶל בְּנֵי הַבַּעַל, מַהוּ? אָמַר רָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: בְּכוּלְּהוּ לֹא קָנָה, לְבַר מֵאִשְׁתּוֹ אֲרוּסָה וְאִשְׁתּוֹ גְּרוּשָׁה. רַב עַוִּירָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר: בְּכוּלְּהוּ קָנֵי, לְבַר מֵהָאִשָּׁה אֵצֶל הָאַחִין וְאִשָּׁה אֵצֶל בְּנֵי הַבַּעַל.