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Traité Bava Batra

12b

Étude de Bava Batra 12b

Étude de la Guémara 12b

Guémara
Au nom du tanna bien connu Rabbi Akiva bar Yossef, conformément à sa déclaration. On ne peut certes pas soutenir que le premier Sage est de même nature que l'illustre Rabbi Akiva ; il a donc dû arriver à sa déclaration par prophétie. Rav Ashi dit : et quelle est la difficulté à cette explication ? Peut-être sont-ils nés sous la même constellation, et sur cette question le premier Sage a la même compréhension que Rabbi Akiva.
מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא בַּר יוֹסֵף כְּווֹתֵיהּ. אָמַר רַב אָשֵׁי: וּמַאי קוּשְׁיָא? דִּלְמָא לְהָא מִילְּתָא בַּר מַזָּלֵיהּ הוּא!
Plutôt, Rav Ashi dit : sache que c'est ainsi, car un grand homme énonce une déclaration et la même déclaration est ensuite citée comme halakha transmise à Moïse au Sinaï, conformément à sa déclaration. Le Sage formule une déclaration qui correspond à des paroles prononcées au Ciel — ce qui, sans prophétie, dépasse la capacité humaine. La Guemara objecte : mais peut-être est-il arrivé à cette idée par hasard, sans l'assistance de la prophétie, comme un aveugle qui trouve une lucarne — un aveugle ne peut pas délibérément trouver une lucarne, donc ce serait par hasard. La Guemara répond : mais le Sage n'offre-t-il pas une raison à sa déclaration ? Le fait qu'il démontre une compréhension du sujet indique qu'il n'arrive pas à son idée par hasard, mais par prophétie.
אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: תִּדַּע, דְּאָמַר גַּבְרָא רַבָּה מִילְּתָא, וּמִתְאַמְרָא הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי כְּווֹתֵיהּ. וְדִלְמָא כְּסוֹמֵא בַּאֲרוּבָּה! וְלָאו טַעַם יְהֵיב?!
Rabbi Yohanan dit : depuis le jour où le Temple fut détruit, la prophétie fut retirée aux prophètes et donnée aux fous et aux enfants. La Guemara explique : de quelle manière fut-elle donnée aux fous ? Comme cet incident impliquant Mar bar Rav Ashi, qui se tenait dans la rue [beristeka] de Me'ḥoza lorsqu'il entendit un certain fou dire : le chef de la yeshiva qui sera nommé à Mata Me'ḥasya signe Tavyoumei. Mar bar Rav Ashi se dit : qui parmi les Sages signe Tavyoumei ? Personne d'autre que moi. Conclus de la déclaration du fou que mon heure est arrivée et que je réussirai dans cette affaire. Il se leva et partit pour Mata Me'ḥasya. À son arrivée, les Sages avaient déjà décidé de nommer Rav A'ha de Difti à la tête de la yeshiva.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, נִיטְּלָה נְבוּאָה מִן הַנְּבִיאִים וְנִיתְּנָה לַשּׁוֹטִים וְלַתִּינוֹקוֹת. לַשּׁוֹטִים – מַאי הִיא? כִּי הָא דְּמָר בַּר רַב אָשֵׁי – דַּהֲוָה קָאֵי בְּרִסְתְּקָא דְמָחוֹזָא, שַׁמְעֵיהּ לְהָהוּא שׁוֹטֶה דְּקָאָמַר: רֵישׁ מְתִיבְתָּא דְּמָלֵיךְ בְּמָתָא ״מַחְסֵיָא״ – ״טַבְיוֹמֵי״ חָתֵים. אֲמַר: מַאן חָתֵים ״טַבְיוֹמֵי״ בְּרַבָּנַן – אֲנָא; שְׁמַע מִינַּהּ לְדִידִי קָיְימָא לִי שַׁעְתָּא. קָם אֲתָא. אַדַּאֲתָא אִימְּנוֹ רַבָּנַן לְאוֹתֹבֵיהּ לְרַב אַחָא מִדִּפְתִּי בְּרֵישָׁא.
Dès que les Sages apprirent que Mar bar Rav Ashi était arrivé, ils décidèrent de ne pas procéder à la nomination sans l'accord d'une figure importante comme lui. Ils envoyèrent une paire de Sages le consulter, et il les retint. Ils renvoyèrent une autre paire de Sages, et il les retint également. Cela continua jusqu'à ce qu'ils complètent un quorum de dix Sages. Une fois qu'ils furent dix, Mar bar Rav Ashi ouvrit son cours, enseigna et exposa. Il n'avait pas parlé plus tôt parce qu'on ne doit pas ouvrir un cours pendant la kalla — les rassemblements d'étude pendant les mois d'Eloul et d'Adar — lorsqu'il y a moins de dix hommes. Il fut alors nommé chef de la yeshiva.
כֵּיוָן דְּשָׁמְעִי דַּאֲתָא, שַׁדּוּר זוּגָא דְּרַבָּנַן לְגַבֵּיהּ לְאִימְּלוֹכֵי בֵּיהּ. עַכְּבֵיהּ. הֲדַר שַׁדּוּר זוּגָא דְּרַבָּנַן אַחֲרִינָא, עַכְּבֵיהּ גַּבֵּיהּ. עַד דִּמְלוֹ בֵּי עַשְׂרָה. כֵּיוָן דִּמְלוֹ בֵּי עַשְׂרָה, פְּתַח הוּא וּתְנָא וּדְרַשׁ. לְפִי שֶׁאֵין פּוֹתְחִין בְּכַלָּה פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה.
Comprenant qu'il avait été évincé du poste, Rav A'ha de Difti lut à son sujet l'aphorisme rabbinique : quiconque est maltraité ne sera pas bientôt bien traité ; et quiconque est bien traité ne sera pas bientôt maltraité. Rav A'ha comprit qu'il avait perdu sa chance d'être nommé, tandis que Mar bar Rav Ashi avait la bonne fortune d'être nommé et resterait à son poste.
קָרֵי רַב אַחָא אַנַּפְשֵׁיהּ: כׇּל הַמְּרִיעִין לוֹ – לֹא בִּמְהֵרָה מְטִיבִין לוֹ, וְכׇל הַמְּטִיבִין לוֹ – לֹא בִּמְהֵרָה מְרִיעִין לוֹ.
Et de quelle manière la prophétie fut-elle donnée aux enfants ? Comme cet incident impliquant la fille de Rav 'Hisda : lorsqu'elle était enfant, elle était assise sur les genoux de son père pendant qu'il étudiait. Rava et Rami bar 'Hama étaient assis devant lui. Rav 'Hisda dit plaisamment à sa fille : lequel d'entre eux voudrais-tu comme mari ? Elle répondit : je veux les deux. Rava dit : et moi, je serai le dernier. Et c'est ce qui arriva : d'abord elle épousa Rami bar 'Hama, et à sa mort elle épousa Rava.
תִּנוֹקֹת – מַאי הִיא? כִּי הָא דְּבַת רַב חִסְדָּא – הֲוָה יָתְבָה בְּכַנְפֵיהּ דַּאֲבוּהָ, הֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ רָבָא וְרָמֵי בַּר חָמָא. אֲמַר לַהּ: מַאן מִינַּיְיהוּ בָּעֵית? אֲמַרָה לֵיהּ: תַּרְוַיְיהוּ. אָמַר רָבָא: וַאֲנָא בָּתְרָא.
Ayant déjà cité une déclaration de Rabbi Avdimi de Haïfa, la Guemara en cite une autre en son nom : Rabbi Avdimi de Haïfa dit : avant qu'une personne mange et boive, elle a deux cœurs — son cœur est troublé car la faim la distrait. Mais après avoir mangé et bu, elle n'a plus qu'un seul cœur, comme il est dit : « L'homme creux [nevuv] est à deux cœurs » (Job 11, 12). Comment sait-on que « nevuv » signifie affamé ? Comme il est écrit à propos de l'autel : « Nevuv luḥot » (Exode 27, 8), que nous traduisons en araméen par : creux de planches — un homme creux, c'est-à-dire qui n'a pas encore mangé, est à deux cœurs.
אָמַר רַבִּי אַבְדִּימִי דְּמִן חֵיפָה: קוֹדֶם שֶׁיֹּאכַל אָדָם וְיִשְׁתֶּה, יֵשׁ לוֹ שְׁתֵּי לְבָבוֹת; לְאַחַר שֶׁאוֹכֵל וְשׁוֹתֶה – אֵין לוֹ אֶלָּא לֵב אֶחָד. שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִישׁ נָבוּב יִלָּבֵב״ – וּכְתִיב: ״נְבוּב לֻחֹת״, וּמְתַרְגְּמִינַן: חֲלִיל לוּחִין.
La Guemara poursuit la discussion sur le sens de nevuv. Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, dit : pour celui qui est habitué au vin, bien que son cœur, c'est-à-dire son esprit, soit fermé comme une vierge, le vin l'ouvre, comme il est dit : « Et le vin nouveau ouvre [yenovev] les vierges » (Zacharie 9, 17). Le mot yenovev est employé ici au sens de dégager un espace : même si le cœur et l'esprit sont fermés, le vin les ouvrira à la compréhension.
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: הָרָגִיל בְּיַיִן, אֲפִילּוּ לִבּוֹ אָטוּם כִּבְתוּלָה – יַיִן מְפַקְּחוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְתִירוֹשׁ יְנוֹבֵב בְּתֻלוֹת״.
§ La Guemara reprend la discussion sur le partage des biens. Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, dit : il est évident que si une personne hérite à la fois de la part de premier-né et de la part ordinaire de l'héritage de son père, comme les autres frères, on lui donne ses deux parts le long d'une même limite, de sorte qu'elles soient adjacentes et forment une seule propriété. La Guemara demande : quelle est la halakha pour un yavam [beau-frère astreint au lévirat] qui épouse la veuve de son frère défunt sans enfant et reçoit, en plus de sa propre part, celle de son frère ? Reçoit-il aussi les deux parts le long d'une même limite ?
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: פְּשִׁיטָא, חֵלֶק בְּכוֹר וְחֵלֶק פָּשׁוּט – יָהֲבִינַן לֵיהּ אַחַד מִצְרָא. יָבָם – מַאי?
Abaye dit : ce cas est identique à celui-là. Quelle en est la raison ? Le Miséricordieux appelle le yavam « premier-né » (voir Yevamot 24a) et il est donc traité comme un premier-né à tous égards — il reçoit les deux parts de l'héritage paternel comme une seule parcelle. Mais Rava dit : le verset dit : « Et il sera, le premier-né » (Devarim 25, 6) — quant à son héritage proprement dit, il est comme un premier-né ; mais quant à la distribution de l'héritage, il n'est pas comme un premier-né, et les frères ne sont pas tenus de lui donner deux parts adjacentes.
אָמַר אַבָּיֵי: הִיא – הִיא; מַאי טַעְמָא? ״בְּכוֹר״ קַרְיֵיהּ רַחֲמָנָא. רָבָא אָמַר, אָמַר קְרָא: ״וְהָיָה הַבְּכוֹר״ – הֲוָיָיתוֹ כִּבְכוֹר, וְאֵין חֲלוּקָּתוֹ כִּבְכוֹר.
Il est rapporté qu'un certain homme acheta un terrain le long de la limite de la propriété de son père. Quelque temps après, le père mourut. Lorsqu'ils vinrent partager l'héritage, cet homme dit à ses frères : donnez-moi ma part de l'héritage le long de ma limite. Rabba dit : dans un cas pareil, le tribunal contraint à s'écarter de la conduite caractéristique de Sodome [middat Sedom]. Le tribunal force une personne à renoncer à ses droits légaux pour l'empêcher d'agir comme les habitants de la ville méchante de Sodome — puisqu'il importe peu aux frères quelle part ils reçoivent, les parcelles devant être de valeur égale, tandis qu'il importe à ce frère que la zone qu'il reçoit soit adjacente au terrain qu'il a déjà acheté, le tribunal contraint les autres à lui donner sa part le long de sa limite.
הָהוּא דִּזְבַן אַרְעָא אַמִּצְרָא דְּבֵי נְשֵׁיהּ. כִּי קָא פָּלְגוּ, אֲמַר לְהוּ: פְּלִיגוּ לִי אַמִּצְרַאי. אָמַר רַבָּה: כְּגוֹן זֶה – כּוֹפִין עַל מִדַּת סְדוֹם.
Rav Yossef objecte : ce n'est pas un cas de conduite caractéristique de Sodome, car les frères peuvent expliquer leur refus. Les frères peuvent lui dire : nous évaluons ce champ que tu veux pour toi comme particulièrement précieux, comme les propriétés de la maison de bar Maryon. Les frères peuvent prétendre que la part qu'il veut est plus désirable que les autres, et pour cette raison ils ne veulent pas la lui céder. La Guemara conclut : et la halakha est conforme à l'avis de Rav Yossef — les frères peuvent refuser la demande.
מַתְקֵיף לַהּ רַב יוֹסֵף: אָמְרִי לֵיהּ אֲחֵי, מְעַלִּינַן לֵיהּ עִלּוּיָא כִּי נִכְסֵי דְּבֵי בַּר מָרִיּוֹן! וְהִלְכְתָא כְּרַב יוֹסֵף.
Bava Batra 12b
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בבא בתרא י״ב במַסֶּכֶת בָּבָא בַּתְרָא