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Traité Bava Batra

123b

Étude de Bava Batra 123b

Étude de la Guémara 123b

Guémara
« Et il leva les yeux et vit Benjamin son frère, fils de sa mère » (Berechit 43, 29) — ce qui rendrait le décompte de soixante-dix incorrect. Rabbi Ḥiyya bar Abba dit : j'avais une belle perle [margalit] en main, et tu cherches à me la faire perdre. Il poursuit : ainsi dit Rabbi Ḥama bar Ḥanina : cette soixante-dixième personne manquante est Yocheved, dont la conception eut lieu en route, lorsque la famille de Jacob descendit en Égypte, et qui naquit entre les murailles, c'est-à-dire en Égypte, comme il est dit : « Et le nom de la femme d'Amram était Yocheved, fille de Lévi, qui naquit à Lévi en Égypte » (Bamidbar 26, 59). Sa naissance fut en Égypte, mais sa conception n'eut pas lieu en Égypte. La famille comptait donc soixante-dix personnes à l'arrivée, mais elle ne pouvait pas être inscrite parmi ceux qui descendirent en Égypte.
״וְאֶת בִּנְיָמִין אָחִיו בֶּן אִמּוֹ״?! אֲמַר: מַרְגָּלִית טוֹבָה הָיְתָה בְּיָדִי, וְאַתָּה מְבַקֵּשׁ לְאַבְּדָהּ מִמֶּנִּי; הָכִי אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: זוֹ יוֹכֶבֶד – שֶׁהוֹרָתָהּ בַּדֶּרֶךְ, וְלֵידָתָהּ בֵּין הַחוֹמוֹת; שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר יָלְדָה אוֹתָהּ לְלֵוִי בְּמִצְרָיִם״ – לֵידָתָהּ בְּמִצְרַיִם, וְאֵין הוֹרָתָהּ בְּמִצְרַיִם.
§ Rabbi Ḥelbo demanda à Rabbi Shmouel bar Naḥmani : il est écrit : « Et il advint, lorsque Rachel enfanta Joseph, que Jacob dit à Laban : Renvoie-moi, et que j'aille en mon lieu et en mon pays » (Berechit 30, 25). Qu'y avait-il de particulier à la naissance de Joseph, pour que Jacob décida seulement alors de rentrer chez lui ? Rabbi Shmouel bar Naḥmani lui répondit : Jacob notre patriarche vit prophétiquement que les descendants d'Ésaü ne seraient livrés qu'à la main des descendants de Joseph, comme il est dit : « Et la maison de Jacob sera un feu, et la maison de Joseph une flamme, et la maison d'Ésaü du chaume, et ils les allumeront et les dévoreront » (Ovadia 1, 18). Jacob était parti d'Erets Israël pour échapper à Ésaü, mais il se sentit maintenant en confiance pour rentrer sans mettre sa famille en danger.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי חֶלְבּוֹ מֵרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, כְּתִיב: ״וַיְהִי כַּאֲשֶׁר יָלְדָה רָחֵל אֶת יוֹסֵף וְגוֹ׳״ – מַאי שְׁנָא כִּי אִתְיְלִיד יוֹסֵף? אֲמַר לֵיהּ: רָאָה יַעֲקֹב אָבִינוּ שֶׁאֵין זַרְעוֹ שֶׁל עֵשָׂו נִמְסָר אֶלָּא בְּיַד זַרְעוֹ שֶׁל יוֹסֵף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה בֵית יַעֲקֹב אֵשׁ, וּבֵית יוֹסֵף לֶהָבָה, וּבֵית עֵשָׂו לְקַשׁ וְגוֹ׳״.
Rabbi Ḥelbo lui souleva une objection : concernant une bataille entre le peuple juif et la nation d'Amalek, qui descend d'Ésaü, le verset dit : « Et David les frappa depuis le crépuscule jusqu'au soir du lendemain » (I Shmouel 30, 17). David était de la tribu de Juda, et pourtant il put vaincre les descendants d'Ésaü. Rabbi Shmouel bar Naḥmani lui dit : celui qui t'a lu et enseigné les Prophètes ne t'a pas lu et enseigné les Écrits, car il est écrit : « Comme il allait à Tsiklag, lui tombèrent de Manassé Adnah, Yozavad, Yediael, Mikhael, Yozavad, Elihou et Tsillethai, chefs de milliers de Manassé, et ils aidèrent David contre la troupe » (I Divré HaYamim 12, 21-22). Le verset des Écrits enseigne que la campagne de David contre Ésaü fut menée par les descendants de Joseph, de la famille de Manassé.
אֵיתִיבֵיהּ: ״וַיַּכֵּם דָּוִד מֵהַנֶּשֶׁף וְעַד הָעֶרֶב לְמׇחֳרָתָם״! אֲמַר לֵיהּ: דְּאַקְרְיָךְ נְבִיאֵי לָא אַקְרְיָךְ כְּתוּבֵי; דִּכְתִיב: ״בְּלֶכְתּוֹ אֶל צִקְלַג, נָפְלוּ עָלָיו מִמְּנַשֶּׁה עַדְנָה וְיוֹזָבָד וִידִיעֲאֵל וּמִיכָאֵל וְיוֹזָבָד וֶאֱלִיהוּא וְצִלְּתָי – רָאשֵׁי הָאֲלָפִים אֲשֶׁר לִמְנַשֶּׁה״.
Rav Yosef soulève une objection : un autre verset indique que les descendants de Siméon ont aussi la capacité de vaincre les descendants d'Ésaü : « Et d'eux, des fils de Siméon, cinq cents hommes allèrent à la montagne de Séir, ayant pour capitaines Pelatya, Ne'aria, Rephaya et Uzziel, fils d'Ishi. Et ils frappèrent le reste des Amalécites qui avaient échappé, et y demeurèrent jusqu'à ce jour » (I Divré HaYamim 4, 42-43). Rabba bar Sheila répondit : Ishi descendait des enfants de Manassé, comme il est écrit : « Et les fils de Manassé : Ḥepher et Ishi ».
מֵתִיב רַב יוֹסֵף: ״וּמֵהֶם מִן בְּנֵי שִׁמְעוֹן הָלְכוּ לְהַר שֵׂעִיר אֲנָשִׁים חֲמֵשׁ מֵאוֹת, וּפְלַטְיָה וּנְעַרְיָה וּרְפָיָה וְעֻזִּיאֵל בְּנֵי יִשְׁעִי בְּרֹאשָׁם, וַיַּכּוּ אֶת שְׁאֵרִית הַפְּלֵטָה לַעֲמָלֵק, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם עַד הַיּוֹם הַזֶּה״! אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא: יִשְׁעִי מִבְּנֵי מְנַשֶּׁה אָתֵי, דִּכְתִיב: ״וּבְנֵי מְנַשֶּׁה חֵפֶר וְיִשְׁעִי״.
§ Les Sages ont enseigné (Tosefta 7:4-5) : le premier-né Cohen prend une double portion de l'avant-bras, de la mâchoire et de l'estomac [keva], qui sont donnés à un Cohen de tout bétail abattu non sacré (voir Devarim 18, 3). Et un premier-né, qu'il soit Cohen ou non-Cohen, prend une double portion des animaux sacrificiels de son père et de l'accroissement de la propriété survenu après la mort de leur père.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בַּזְּרוֹעַ וּבַלְּחָיַיִם וּבַקֵּיבָה, וּבְמוּקְדָּשִׁין, וּבְשֶׁבַח שֶׁשָּׁבְחוּ נְכָסִים לְאַחַר מִיתַת אֲבִיהֶן.
La baraïta poursuit : comment cela se présente-t-il ? À quel type d'accroissement cela se rapporte-t-il ? Si leur père leur laissa une vache louée [muḥkeret] ou mise en gage [muskheret] entre les mains d'autrui, ou si elle paissait dans la prairie, et qu'elle mit bas — alors le premier-né prend une double portion du revenu locatif ou du veau. Mais si les héritiers construisirent des maisons ou plantèrent des vignes après la mort de leur père, augmentant ainsi la propriété, le premier-né ne prend pas de double portion. Ceci n'est pas considéré comme un accroissement de la propriété du père, mais comme un profit dû à leurs propres actions.
כֵּיצַד? הִנִּיחַ לָהֶן אֲבִיהֶן פָּרָה מוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת בְּיַד אֲחֵרִים, אוֹ שֶׁהָיְתָה רוֹעָה בָּאֲפָר; וְיָלְדָה – בְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם. אֲבָל בָּנוּ בָּתִּים וְנָטְעוּ כְּרָמִים – אֵין בְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם.
La Guemara analyse la baraïta : concernant ce droit de percevoir une double portion de l'avant-bras, de la mâchoire et de l'estomac, quelles sont les circonstances ? S'ils étaient entrés en la possession de leur père, alors il est évident que le premier-né perçoit une double portion. Et s'ils n'étaient pas entrés en la possession de leur père, alors ces parties ne sont que des biens dus à leur père, et le premier-né ne prend pas de double portion des biens dus au défunt comme il le fait pour les biens que son père possédait.
הַאי הַזְּרוֹעַ וְהַלְּחָיַיִם וְהַקֵּיבָה – הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּאָתֵי לִידֵי אֲבוּהוֹן, פְּשִׁיטָא! וְאִי דְּלָא אָתֵי לִידֵי אֲבוּהוֹן, רָאוּי הוּא – וְאֵין הַבְּכוֹר נוֹטֵל בָּרָאוּי כִּבְמוּחְזָק!
La Guemara répond : ici, nous traitons d'associés de la prêtrise [makhirei kehuna], c'est-à-dire de personnes ayant une convention avec un Cohen précis pour lui remettre leurs dons sacerdotaux. Et il s'agissait d'un cas où l'animal fut abattu du vivant du père, et le tanna de cette baraïta est d'avis que les dons sacerdotaux qui n'avaient pas encore été séparés sont considérés comme s'ils l'avaient été. Par conséquent, même si les dons n'avaient pas encore été remis, ils étaient considérés en la possession du Cohen avant sa mort.
הָכָא בְּמַכִּירֵי כְהוּנָּה עָסְקִינַן, וּדְאִשְׁתְּחִיט בְּחַיֵּי דַּאֲבוּהוֹן; וְקָסָבַר: מַתָּנוֹת שֶׁלֹּא הוּרְמוּ, כְּמִי שֶׁהוּרְמוּ דָּמוּ.
La Guemara continue d'analyser la baraïta : pourquoi le premier-né prend-il une double portion des animaux sacrificiels du père ? N'est-il pas vrai qu'une fois que le père les a consacrés, ils appartiennent au Ciel et ne sont plus à lui ?
מוּקְדָּשִׁין – לָאו דִּידֵיהּ נִינְהוּ!
La Guemara répond : cela concerne le cas des offrandes de sainteté inférieure [kodashim kalim], comme les sacrifices de paix, et conformément à l'avis de Rabbi Yosei HaGelili, qui dit : ces animaux sacrificiels sont considérés comme la propriété de leurs propriétaires, et non comme propriété du Ciel. Car il est enseigné dans une baraïta qu'à propos de celui qui vole la propriété d'autrui et fait un faux serment niant l'avoir fait, s'engageant ainsi à apporter une offrande de culpabilité, le verset dit : « Et commet une perfidie envers l'Éternel, et ment à son prochain » (Vayikra 5, 21). Le verset sert à inclure les offrandes de sainteté inférieure, qui sont la propriété de leurs propriétaires — c'est la déclaration de Rabbi Yosei HaGelili. Par conséquent, le premier-né perçoit aussi une double portion de celles-ci.
בְּקָדָשִׁים קַלִּים, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי – דְּאָמַר: מָמוֹן בְּעָלִים הוּא. דְּתַנְיָא: ״וּמָעֲלָה מַעַל בַּה׳״ – לְרַבּוֹת קֳדָשִׁים קַלִּים, שֶׁהֵן מָמוֹן בְּעָלִים; דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי.
La baraïta dit : si leur père leur laissa une vache louée ou mise en gage entre les mains d'autrui, ou si elle paissait dans la prairie, et qu'elle mit bas — alors le premier-né prend une double portion du revenu locatif ou du veau. La Guemara demande : puisque dans le cas où la vache était louée ou mise en gage à d'autres, où les animaux ne sont pas en la possession de leur propriétaire, tu dis que le premier-né prend une double portion — dans le cas où elle paissait dans la prairie, faut-il encore que la baraïta le dise ?
הִנִּיחַ לָהֶן אֲבִיהֶן פָּרָה מוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת בְּיַד אֲחֵרִים, אוֹ שֶׁהָיְתָה רוֹעָה בָּאֲפָר; וְיָלְדָה – בְּכוֹר נוֹטֵל בָּהּ פִּי שְׁנַיִם. הַשְׁתָּא מוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת – דְּלָאו בִּרְשׁוּתָא דְּמָרַהּ דִּידְהוּ קָיְימָא, אָמְרַתְּ שָׁקֵיל; רוֹעָה בָּאֲפָר מִיבַּעְיָא?!
La Guemara répond que voici ce qu'enseigne la baraïta : elle enseigne qu'un cas où l'animal était loué ou mis en gage est semblable à un cas où il paissait dans la prairie — de même que lorsqu'il paissait dans la prairie, l'accroissement vint de lui-même et que les frères n'ont pas perdu d'argent pour son entretien,
הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דְּמוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת, דּוּמְיָא דְּרוֹעָה בָּאֲפָר; מָה רוֹעָה בָּאֲפָר – שְׁבָחָא דְּמִמֵּילָא קָא אָתֵי, וְלָא קָא חָסְרִי בַּהּ מְזוֹנָא;

Tossafot

היתה מוחכרת או מושכרת ביד אחרים בכור נוטל פי שנים. לקמן מוקי לה כרבי דלרבנן אין הבכור נוטל פי שנים בשבח ששבחו נכסים לאחר מיתת אביהן אע"ג דבכור ופשוט שהניח להן אביהן עבד או בהמה טמאה עובד לזה יום אחד ולזה שני ימים ה"נ אי אמר הבכור או תחלקו או אטול פי שנים בשבח הרשות בידו והא דלא נקט חכרוה ושכרוה היתומין משום דהשתא אשמעינן חידוש טפי דאע"ג שהיתה חכורה ושכורה בחיי האב לא חשבינן להפרה ראוי ויטול פי שנים:

הכא במכירי כהונה (ולויה) עסקינן. בכל דוכתא עביד מכירי כהונה מוחזק בפרק כל הגט (גיטין דף ל.) המלוה מעות את הכהן והלוי והיינו טעמא שזהו מתנה מועטת ואסור לחזור בו ואפי' בדברי' בעלמא ואע"פ שאם רצה יכול לחזור בו מכל מקום כל כמה דלא הדר הוי כמוחזק ודוקא דאשתחיט בחיי אבוהון הא לאו הכי לא כיון דמת מי יזכה:,וקסבר מתנות שלא הורמו כמי שהורמו דמו. תימה דבסמוך מוקי לה כרבי ובסוף פ"ב דקידושין (דף נח.) אית ליה דלאו כמי שהורמו דמי וי"ל דתנא דהכא לא סבר ליה כרבי אלא בהא דבכור שקיל פי שנים בשבח אי נמי דוקא במתנות דתרומת מעשר אית ליה לרבי דלאו כמי שהורמו דמי אבל מתנות דהכא דזרוע ולחיים שהן ניכרות אית ליה כמי שהורמו דמיין:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Bava Batra 123b
100%
בבא בתרא קכ״ג במַסֶּכֶת בָּבָא בַּתְרָא
גְּמָרָא ״וְאֶת בִּנְיָמִין אָחִיו בֶּן אִמּוֹ״?! אֲמַר: מַרְגָּלִית טוֹבָה הָיְתָה בְּיָדִי, וְאַתָּה מְבַקֵּשׁ לְאַבְּדָהּ מִמֶּנִּי; הָכִי אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: זוֹ יוֹכֶבֶד – שֶׁהוֹרָתָהּ בַּדֶּרֶךְ, וְלֵידָתָהּ בֵּין הַחוֹמוֹת; שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר יָלְדָה אוֹתָהּ לְלֵוִי בְּמִצְרָיִם״ – לֵידָתָהּ בְּמִצְרַיִם, וְאֵין הוֹרָתָהּ בְּמִצְרַיִם. בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי חֶלְבּוֹ מֵרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, כְּתִיב: ״וַיְהִי כַּאֲשֶׁר יָלְדָה רָחֵל אֶת יוֹסֵף וְגוֹ׳״ – מַאי שְׁנָא כִּי אִתְיְלִיד יוֹסֵף? אֲמַר לֵיהּ: רָאָה יַעֲקֹב אָבִינוּ שֶׁאֵין זַרְעוֹ שֶׁל עֵשָׂו נִמְסָר אֶלָּא בְּיַד זַרְעוֹ שֶׁל יוֹסֵף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה בֵית יַעֲקֹב אֵשׁ, וּבֵית יוֹסֵף לֶהָבָה, וּבֵית עֵשָׂו לְקַשׁ וְגוֹ׳״. אֵיתִיבֵיהּ: ״וַיַּכֵּם דָּוִד מֵהַנֶּשֶׁף וְעַד הָעֶרֶב לְמׇחֳרָתָם״! אֲמַר לֵיהּ: דְּאַקְרְיָךְ נְבִיאֵי לָא אַקְרְיָךְ כְּתוּבֵי; דִּכְתִיב: ״בְּלֶכְתּוֹ אֶל צִקְלַג, נָפְלוּ עָלָיו מִמְּנַשֶּׁה עַדְנָה וְיוֹזָבָד וִידִיעֲאֵל וּמִיכָאֵל וְיוֹזָבָד וֶאֱלִיהוּא וְצִלְּתָי – רָאשֵׁי הָאֲלָפִים אֲשֶׁר לִמְנַשֶּׁה״. מֵתִיב רַב יוֹסֵף: ״וּמֵהֶם מִן בְּנֵי שִׁמְעוֹן הָלְכוּ לְהַר שֵׂעִיר אֲנָשִׁים חֲמֵשׁ מֵאוֹת, וּפְלַטְיָה וּנְעַרְיָה וּרְפָיָה וְעֻזִּיאֵל בְּנֵי יִשְׁעִי בְּרֹאשָׁם, וַיַּכּוּ אֶת שְׁאֵרִית הַפְּלֵטָה לַעֲמָלֵק, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם עַד הַיּוֹם הַזֶּה״! אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא: יִשְׁעִי מִבְּנֵי מְנַשֶּׁה אָתֵי, דִּכְתִיב: ״וּבְנֵי מְנַשֶּׁה חֵפֶר וְיִשְׁעִי״. תָּנוּ רַבָּנַן: הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בַּזְּרוֹעַ וּבַלְּחָיַיִם וּבַקֵּיבָה, וּבְמוּקְדָּשִׁין, וּבְשֶׁבַח שֶׁשָּׁבְחוּ נְכָסִים לְאַחַר מִיתַת אֲבִיהֶן. כֵּיצַד? הִנִּיחַ לָהֶן אֲבִיהֶן פָּרָה מוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת בְּיַד אֲחֵרִים, אוֹ שֶׁהָיְתָה רוֹעָה בָּאֲפָר; וְיָלְדָה – בְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם. אֲבָל בָּנוּ בָּתִּים וְנָטְעוּ כְּרָמִים – אֵין בְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם. הַאי הַזְּרוֹעַ וְהַלְּחָיַיִם וְהַקֵּיבָה – הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּאָתֵי לִידֵי אֲבוּהוֹן, פְּשִׁיטָא! וְאִי דְּלָא אָתֵי לִידֵי אֲבוּהוֹן, רָאוּי הוּא – וְאֵין הַבְּכוֹר נוֹטֵל בָּרָאוּי כִּבְמוּחְזָק! הָכָא בְּמַכִּירֵי כְהוּנָּה עָסְקִינַן, וּדְאִשְׁתְּחִיט בְּחַיֵּי דַּאֲבוּהוֹן; וְקָסָבַר: מַתָּנוֹת שֶׁלֹּא הוּרְמוּ, כְּמִי שֶׁהוּרְמוּ דָּמוּ. מוּקְדָּשִׁין – לָאו דִּידֵיהּ נִינְהוּ! בְּקָדָשִׁים קַלִּים, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי – דְּאָמַר: מָמוֹן בְּעָלִים הוּא. דְּתַנְיָא: ״וּמָעֲלָה מַעַל בַּה׳״ – לְרַבּוֹת קֳדָשִׁים קַלִּים, שֶׁהֵן מָמוֹן בְּעָלִים; דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. הִנִּיחַ לָהֶן אֲבִיהֶן פָּרָה מוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת בְּיַד אֲחֵרִים, אוֹ שֶׁהָיְתָה רוֹעָה בָּאֲפָר; וְיָלְדָה – בְּכוֹר נוֹטֵל בָּהּ פִּי שְׁנַיִם. הַשְׁתָּא מוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת – דְּלָאו בִּרְשׁוּתָא דְּמָרַהּ דִּידְהוּ קָיְימָא, אָמְרַתְּ שָׁקֵיל; רוֹעָה בָּאֲפָר מִיבַּעְיָא?! הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דְּמוּחְכֶּרֶת וּמוּשְׂכֶּרֶת, דּוּמְיָא דְּרוֹעָה בָּאֲפָר; מָה רוֹעָה בָּאֲפָר – שְׁבָחָא דְּמִמֵּילָא קָא אָתֵי, וְלָא קָא חָסְרִי בַּהּ מְזוֹנָא;