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Traité Bava Batra

119b

Étude de Bava Batra 119b

Étude de la Guémara 119b

Guémara
Ce mérite est obtenu par celui qui est méritant et la responsabilité par celui qui est responsable. En conséquence, les filles de Tselophhad méritaient que la partie de la Torah concernant un sujet positif soit écrite par leur intermédiaire, et le ramasseur de bois méritait qu'un passage concernant un sujet négatif soit écrit par son intermédiaire. Ceci conclut la citation du rabbin Shimon HaShikmoni par le rabbin Hideka.
שֶׁמְּגַלְגְּלִים זְכוּת עַל יְדֵי זַכַּאי, וְחוֹבָה עַל יְדֵי חַיָּיב.
La Guemara expose son objection: Et s’il vous vient à l’esprit de dire qu’Eretz Israël était déjà en possession du peuple juif avant même que la terre ne soit attribuée, de quoi Moïse n’était-il pas sûr en ce qui concerne le droit des filles de Zelophehad de percevoir une double part? après tout, la part du pays d’Hépher était en sa possession, et Tselophhad était le premier-né?
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל מוּחְזֶקֶת, מַאי קָא מִסְתַּפְּקָא לֵיהּ?
La Guemara répond: Cette question elle-même est ce dont Moïse était incertain, car il est écrit: « Et je vous le donnerai en héritage [morasha]: je suis l'Éternel » (Exode 6: 8). Moïse ne savait pas si le verset devait être compris: C'est pour vous un héritage [yerusha] de la part de vos pères, tel qu'il est considéré comme la possession de ceux qui ont quitté l'Égypte; ou peut-être que le verset indique une autre chose, que la génération de ceux qui ont quitté l'Égypte lègue [morishin] les portions à d'autres mais n'hérite pas [yoreshin] les portions eux-mêmes, car ils sont destinés à mourir dans le désert.
הִיא גּוּפַהּ קָא מִסְתַּפְּקָא לֵיהּ – דִּכְתִיב: ״וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה אֲנִי ה׳״ – יְרוּשָּׁה הִיא לָכֶם מֵאֲבוֹתֵיכֶם; אוֹ דִלְמָא, שֶׁמּוֹרִישִׁין וְאֵינָן יוֹרְשִׁין?
La Guemara continue: Et Dieu résolut la question pour lui: Le verset les enseigne tous les deux. C'est pour vous un héritage de la part de vos pères et il est considéré comme votre possession; et aussi la génération qui a quitté l'Egypte lègue mais n'hérite pas. Et c’est le sens de ce qui est écrit dans le chant que le peuple juif chanta après la fente de la mer Rouge: « Tu les amèneras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage » (Exode 15: 17). Il n’est pas dit: Vous nous ferez entrer, mais plutôt: « Vous les ferez entrer », ce qui enseigne que dans leur chant, le peuple juif prophétisait que sa génération n’entrerait jamais en Eretz Israël, mais il ne savait pas ce qu’il prophétisait.
וּפְשַׁטוּ לֵיהּ תַּרְוַיְיהוּ: יְרוּשָּׁה לָכֶם מֵאֲבוֹתֵיכֶם, וּמוֹרִישִׁין וְאֵינָן יוֹרְשִׁין. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ בְּהַר נַחֲלָתְךָ״ – ״תְּבִיאֵנוּ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״תְּבִיאֵמוֹ״; מְלַמֵּד שֶׁמִּתְנַבְּאִין, וְאֵינָן יוֹדְעִין מָה מִתְנַבְּאִין.
§ La Guemara poursuit sa discussion sur l'incident impliquant les filles de Zelophehad. Le verset déclare: « Et ils se tinrent devant Moïse, et devant le prêtre Éléazar, et devant les princes et toute l’assemblée » (Nombres 27: 2). La Guemara demande: Est-il possible que les filles de Tselophhad se soient tenues devant Moïse puis Éléazar pour poser leur question, et qu'elles ne leur aient rien répondu? et puis les filles se sont tenues devant les princes et toute la congrégation pour leur demander? Comment les princes ou la congrégation connaîtraient-ils une réponse si Moïse et Éléazar ne la connaissaient pas?
״וַתַּעֲמֹדְנָה לִפְנֵי מֹשֶׁה וְלִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְלִפְנֵי הַנְּשִׂיאִים וְכׇל הָעֵדָה״ – אֶפְשָׁר עָמְדוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה כּוּ׳ וְלֹא אָמְרוּ לָהֶן דָּבָר, וְעָמְדוּ לִפְנֵי הַנְּשִׂיאִים וְכׇל הָעֵדָה?!
La Guemara répond: Transposez plutôt le verset et interprétez-le: D'abord, les filles allèrent à la congrégation et finalement vinrent vers Moïse, c'est la déclaration du rabbin Yoshiya. Abba Hanan dit au nom de Rabbi Eliezer: Ceux énumérés dans le verset étaient tous assis dans la maison d'étude, et les filles de Zelophehad allèrent se tenir devant eux toutes à la fois. Ils n'ont pas été interrogés séparément; l’ordre du verset reflète plutôt leur stature.
אֶלָּא סָרֵס הַמִּקְרָא וְדׇרְשֵׁהוּ, דִּבְרֵי רַבִּי יֹאשִׁיָּה. אַבָּא חָנָן אָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ הָיוּ יוֹשְׁבִין, וְהָלְכוּ וְעָמְדוּ לָהֶן לִפְנֵי כּוּלָּן.
La Guemara précise: Sur quoi sont-ils en désaccord? Un sage, Abba Ḥanan, soutient qu'on peut honorer un élève en présence de l'enseignant, de telle sorte que le verset mentionnerait tous les autres même s'ils étaient en présence de Moïse; et un sage, le rabbin Yoshiya, estime qu'il est interdit de montrer de l'honneur à un élève en présence de l'enseignant, de sorte que seul Moïse aurait été mentionné s'ils étaient tous au même endroit.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: חוֹלְקִין כָּבוֹד לְתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב, וּמַר סָבַר: אֵין חוֹלְקִין.
La Guemara conclut: Et la halakha est qu'on peut montrer de l'honneur à un étudiant, et la halakha est qu'on ne peut pas montrer d'honneur. La Guemara demande: C'est difficile, car il y a une contradiction entre l'une des halakha et l'autre halakha. La Guemara répond: La contradiction entre l'une des halakha et l'autre halakha n'est pas difficile, car cette décision selon laquelle on peut faire preuve d'honneur a été énoncée lorsque son professeur lui-même accorde l'honneur à l'élève. Dans un tel cas, d’autres peuvent également montrer l’honneur à l’étudiant. Et cette décision selon laquelle on ne peut pas faire preuve d'honneur a été prononcée lorsque son professeur ne lui accorde pas d'honneur.
וְהִלְכְתָא: חוֹלְקִין, וְהִלְכְתָא: אֵין חוֹלְקִין. קַשְׁיָא הִלְכְתָא אַהִלְכְתָא! הִלְכְתָא אַהִלְכְתָא לָא קַשְׁיָא – הָא דִּפְלִיג לֵיהּ רַבֵּיהּ יְקָרָא, הָא דְּלָא פְּלִיג לֵיהּ רַבֵּיהּ יְקָרָא.
§ Les Sages ont enseigné: Les filles de Zelophehad sont sages, elles interprètent les versets et elles sont justes.
תָּנָא: בְּנוֹת צְלָפְחָד חַכְמָנִיּוֹת הֵן, דַּרְשָׁנִיּוֹת הֵן, צִדְקָנִיּוֹת הֵן.
La Guemara prouve ces affirmations. Leur sagesse peut être démontrée par le fait qu'ils ont parlé en fonction du moment, c'est-à-dire qu'ils ont présenté leur cause à un moment propice. Comme le dit Rabbi Chmouel bar Rav Yitzḥak: La tradition enseigne que Moïse, notre maître, était assis et interprétait dans la partie de la Torah sur les hommes dont les frères mariés étaient morts sans enfants, comme il est dit: « Si des frères habitent ensemble et que l'un d'eux meurt et n'a pas d'enfant, la femme du mort ne se mariera pas à l'étranger avec quelqu'un qui n'est pas de sa famille; le frère de son mari viendra vers elle et la prendra pour lui pour femme » (Deutéronome 25: 5). Les filles de Tselophhad dirent à Moïse: Si nous sommes chacun considérés comme des fils, donne-nous à chacun un héritage comme un fils; et sinon, notre mère devrait contracter un lévirat. Immédiatement après avoir entendu leur revendication, le verset rapporte: « Et Moïse présenta leur cause devant l'Éternel » (Nombres 27: 5).
חַכְמָנִיּוֹת הֵן – שֶׁלְּפִי שָׁעָה דִּבְּרוּ. דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: מְלַמֵּד שֶׁהָיָה מֹשֶׁה רַבֵּינוּ יוֹשֵׁב וְדוֹרֵשׁ בְּפָרָשַׁת יְבָמִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יֵשְׁבוּ אַחִים יַחְדָּו״. אָמְרוּ לוֹ: אִם כְּבֵן אָנוּ חֲשׁוּבִין – תְּנָה לָנוּ נַחֲלָה כְּבֵן; אִם לָאו – תִּתְיַבֵּם אִמֵּנוּ! מִיָּד – ״וַיַּקְרֵב מֹשֶׁה אֶת מִשְׁפָּטָן לִפְנֵי ה׳״.
Qu'ils soient interprètes de vers, cela ressort du fait qu'ils disaient: Si notre père avait eu un fils, nous n'aurions pas parlé; mais comme il n'a pas eu de fils, nous remplissons le rôle d'héritier. La Guemara demande: Mais n’est-il pas enseigné dans une baraïta: On dirait que s’il avait eu une fille, nous n’aurions pas parlé? Rabbi Yirmeya a dit: Supprimez ici de la baraïta le mot: Fille. Comme elles étaient elles-mêmes filles, cela ne pouvait pas être leur prétention. Abaye a dit que la baraïta n'a pas besoin d'être modifiée et doit être comprise comme suit: Même s'il y avait eu une fille d'un fils de Zelophehad, nous n'aurions pas parlé, car elle aurait été l'héritière.
דַּרְשָׁנִיּוֹת הֵן – שֶׁהָיוּ אוֹמְרוֹת: אִילּוּ הָיָה לוֹ בֵּן, לֹא דִּבַּרְנוּ. וְהָתַנְיָא: ״בַּת״! אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: סְמִי מִכָּאן ״בַּת״. אַבָּיֵי אָמַר: אֲפִילּוּ הָיָה בַּת לַבֵּן – לֹא דִּבַּרְנוּ.
Leur droiture peut être démontrée par le fait qu’ils ne se sont pas précipités pour se marier, mais ont plutôt attendu d’épouser celles qui leur convenaient. Rabbi Eliezer ben Yaakov enseigne: Même le plus jeune d’entre eux ne l’était pas à moins de quarante ans.
צִדְקָנִיּוֹת הֵן – שֶׁלֹּא נִישְּׂאוּ אֶלָּא לְהָגוּן לָהֶן. תָּנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב: אֲפִילּוּ קְטַנָּה שֶׁבָּהֶן לֹא נִשֵּׂאת פְּחוּתָה מֵאַרְבָּעִים שָׁנָה.
Bava Batra 119b
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בבא בתרא קי״ט במַסֶּכֶת בָּבָא בַּתְרָא
גְּמָרָא שֶׁמְּגַלְגְּלִים זְכוּת עַל יְדֵי זַכַּאי, וְחוֹבָה עַל יְדֵי חַיָּיב. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל מוּחְזֶקֶת, מַאי קָא מִסְתַּפְּקָא לֵיהּ? הִיא גּוּפַהּ קָא מִסְתַּפְּקָא לֵיהּ – דִּכְתִיב: ״וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה אֲנִי ה׳״ – יְרוּשָּׁה הִיא לָכֶם מֵאֲבוֹתֵיכֶם; אוֹ דִלְמָא, שֶׁמּוֹרִישִׁין וְאֵינָן יוֹרְשִׁין? וּפְשַׁטוּ לֵיהּ תַּרְוַיְיהוּ: יְרוּשָּׁה לָכֶם מֵאֲבוֹתֵיכֶם, וּמוֹרִישִׁין וְאֵינָן יוֹרְשִׁין. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ בְּהַר נַחֲלָתְךָ״ – ״תְּבִיאֵנוּ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״תְּבִיאֵמוֹ״; מְלַמֵּד שֶׁמִּתְנַבְּאִין, וְאֵינָן יוֹדְעִין מָה מִתְנַבְּאִין. ״וַתַּעֲמֹדְנָה לִפְנֵי מֹשֶׁה וְלִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְלִפְנֵי הַנְּשִׂיאִים וְכׇל הָעֵדָה״ – אֶפְשָׁר עָמְדוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה כּוּ׳ וְלֹא אָמְרוּ לָהֶן דָּבָר, וְעָמְדוּ לִפְנֵי הַנְּשִׂיאִים וְכׇל הָעֵדָה?! אֶלָּא סָרֵס הַמִּקְרָא וְדׇרְשֵׁהוּ, דִּבְרֵי רַבִּי יֹאשִׁיָּה. אַבָּא חָנָן אָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ הָיוּ יוֹשְׁבִין, וְהָלְכוּ וְעָמְדוּ לָהֶן לִפְנֵי כּוּלָּן. בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: חוֹלְקִין כָּבוֹד לְתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב, וּמַר סָבַר: אֵין חוֹלְקִין. וְהִלְכְתָא: חוֹלְקִין, וְהִלְכְתָא: אֵין חוֹלְקִין. קַשְׁיָא הִלְכְתָא אַהִלְכְתָא! הִלְכְתָא אַהִלְכְתָא לָא קַשְׁיָא – הָא דִּפְלִיג לֵיהּ רַבֵּיהּ יְקָרָא, הָא דְּלָא פְּלִיג לֵיהּ רַבֵּיהּ יְקָרָא. תָּנָא: בְּנוֹת צְלָפְחָד חַכְמָנִיּוֹת הֵן, דַּרְשָׁנִיּוֹת הֵן, צִדְקָנִיּוֹת הֵן. חַכְמָנִיּוֹת הֵן – שֶׁלְּפִי שָׁעָה דִּבְּרוּ. דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: מְלַמֵּד שֶׁהָיָה מֹשֶׁה רַבֵּינוּ יוֹשֵׁב וְדוֹרֵשׁ בְּפָרָשַׁת יְבָמִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יֵשְׁבוּ אַחִים יַחְדָּו״. אָמְרוּ לוֹ: אִם כְּבֵן אָנוּ חֲשׁוּבִין – תְּנָה לָנוּ נַחֲלָה כְּבֵן; אִם לָאו – תִּתְיַבֵּם אִמֵּנוּ! מִיָּד – ״וַיַּקְרֵב מֹשֶׁה אֶת מִשְׁפָּטָן לִפְנֵי ה׳״. דַּרְשָׁנִיּוֹת הֵן – שֶׁהָיוּ אוֹמְרוֹת: אִילּוּ הָיָה לוֹ בֵּן, לֹא דִּבַּרְנוּ. וְהָתַנְיָא: ״בַּת״! אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: סְמִי מִכָּאן ״בַּת״. אַבָּיֵי אָמַר: אֲפִילּוּ הָיָה בַּת לַבֵּן – לֹא דִּבַּרְנוּ. צִדְקָנִיּוֹת הֵן – שֶׁלֹּא נִישְּׂאוּ אֶלָּא לְהָגוּן לָהֶן. תָּנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב: אֲפִילּוּ קְטַנָּה שֶׁבָּהֶן לֹא נִשֵּׂאת פְּחוּתָה מֵאַרְבָּעִים שָׁנָה. אִינִי?! וְהָא אָמַר רַב חִסְדָּא: נִיסַּת פְּחוּתָה מִבַּת עֶשְׂרִים – יוֹלֶדֶת עַד שִׁשִּׁים, בַּת עֶשְׂרִים – יוֹלֶדֶת עַד אַרְבָּעִים, בַּת אַרְבָּעִים – שׁוּב אֵינָהּ יוֹלֶדֶת! אֶלָּא מִתּוֹךְ שֶׁצִּדְקָנִיּוֹת הֵן, נַעֲשָׂה לָהֶן נֵס – כְּיוֹכֶבֶד, דִּכְתִיב: ״וַיֵּלֶךְ אִישׁ מִבֵּית לֵוִי, וַיִּקַּח אֶת בַּת לֵוִי״ –