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Traité Bava Batra

110b

Étude de Bava Batra 110b

Étude de la Guémara 110b

Guémara
Qui hériterait alors ? Le chef de la ville hériterait-il ? Rav Pappa lui répondit : voici ce que je voulais dire : s'il y a un fils et une fille, celui-ci ne doit pas hériter de la totalité du patrimoine, et celle-ci non plus ne doit pas hériter de la totalité — mais ils doivent hériter en parts égales l'un avec l'autre.
מַאן כּוּ׳ לֵירוֹת? אַטּוּ בַּר קַשָּׁא דְּמָתָא לֵירוֹת?! הָכִי קָא אָמֵינָא: אִיכָּא בֵּן וּבַת – לָא הַאי לֵירוֹת כּוּלֵּיהּ וְלָא הַאי לֵירוֹת כּוּלֵּיהּ, אֶלָּא כִּי הֲדָדֵי לֵירְתוּ!
Abaye lui dit : mais le verset est-il nécessaire pour nous enseigner que, lorsqu'il n'a qu'un seul enfant, cet enfant hérite de l'ensemble de ses biens ? Si tu dis que le droit du fils et de la fille à l'héritage est égal, alors le verset : « Si un homme meurt et n'a pas de fils » (Bamidbar 27, 8), qui enseigne que lorsqu'il n'y a pas de fils sa fille hérite, serait superflu. Rav Pappa répondit : et peut-être ce verset nous enseigne-t-il ceci : qu'une fille est aussi apte à recevoir un héritage. La Guemara réplique : non, le verset n'a pas besoin de nous l'enseigner, puisque cette halakha se déduit du verset : « Et toute fille qui possède un héritage » (Bamidbar 36, 8), qui affirme clairement qu'une fille est apte à recevoir un héritage.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְאִצְטְרִיךְ קְרָא לְאַשְׁמוֹעִינַן הֵיכָא דְּלֵית לֵיהּ אֶלָּא חַד בְּרָא, לֵירְתִינְהוּ לְכוּלְּהוּ נִכְסֵי?! וְדִלְמָא הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דְּבַת נָמֵי בַּת יְרוּשָּׁה הִיא? הָהוּא מִ״וְּכׇל בַּת יֹרֶשֶׁת נַחֲלָה״ נָפְקָא.
Rav Aha bar Yaakov dit : la halakha selon laquelle un fils hérite du patrimoine de son père et précède une fille se déduit d'ici, dans le passage où les filles de Tselofhad demandent l'héritage de leur père en Eretz Yisrael. Elles dirent à Moshe : « Pourquoi le nom de notre père serait-il retranché de sa famille, parce qu'il n'a pas de fils ? » (Bamidbar 27, 4). Rabbi Aha ben Yaakov en déduit : la raison pour laquelle elles ont demandé l'héritage est qu'elles ont dit : il n'a pas de fils. On peut inférer : mais s'il avait un fils, le fils prendrait la priorité et les filles n'auraient pas demandé d'héritage.
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר, מֵהָכָא: ״לָמָּה יִגָּרַע שֵׁם אָבִינוּ מִתּוֹךְ מִשְׁפַּחְתּוֹ, כִּי אֵין לוֹ בֵּן״. טַעְמָא דְּאֵין לוֹ בֵּן, הָא יֵשׁ לוֹ בֵּן – בֵּן קוֹדֵם.
La Guemara soulève une difficulté : mais peut-être étaient-ce les filles de Tselofhad qui disaient cela — qu'elles avaient droit à l'héritage seulement parce que leur père n'avait pas de fils ? Elles pensaient que telle était la halakha selon la coutume de l'époque, mais après que D.ieu parla à Moshe, la Torah fut donnée et une halakha fut instituée selon laquelle le droit d'héritage d'une fille est égal à celui du fils. La Guemara accepte cette difficulté et conclut : il est clair que la source de cette halakha est celle que nous avons répondu initialement — c'est-à-dire comme Abaye l'a dérivé du verset : « Si un homme meurt et n'a pas de fils, vous ferez passer son héritage à sa fille » (Bamidbar 27, 8).
וְדִלְמָא בְּנוֹת צְלָפְחָד הוּא דְּקָאָמְרָן הָכִי; נִיתְּנָה תּוֹרָה – וְנִתְחַדְּשָׁה הֲלָכָה! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנִּין מֵעִיקָּרָא.
Ravina dit : la source de la halakha selon laquelle un fils précède une fille se trouve ici : « Celui qui lui est le plus proche [hakkarov elav] » (Bamidbar 27, 11), enseignant que plus on est proche [karov] du défunt, plus tôt on intervient dans l'ordre de succession — et un fils du défunt est considéré comme parent plus proche que la fille.
רָבִינָא אָמַר, מֵהָכָא: ״הַקָּרֹב אֵלָיו״; ״הַקָּרוֹב״ – קָרוֹב קוֹדֵם.
La Guemara demande : et qu'est-ce qui démontre que le fils est plus proche que la fille ? Que le fils se tient à la place de son père pour désigner une servante hébreu comme épouse pour lui-même, et concernant un champ ancestral. La Guemara rejette cela : ce n'est pas une preuve valide, car la désignation [yi'uda] ne peut pas démontrer que le fils est un parent plus proche — une fille n'est pas sujette à la désignation, car elle ne peut évidemment pas épouser la servante hébreu. Concernant le champ ancestral aussi, le tanna établit son avis que le fils est un parent plus proche que les autres à partir de cette même réfutation : y a-t-il un yiboum [mariage lévirat] sauf dans un cas où il n'y a pas de fils ? Et cela s'applique aussi lorsqu'il n'y a pas de fille. Il est clair que la source de cette halakha est celle que nous avons répondu initialement.
וּמַאי קוּרְבֵהּ דְּבֵן מִבַּת – שֶׁבֵּן קָם תַּחַת אָבִיו לִיעִדָה וְלִשְׂדֵה אֲחוּזָּה? יְעִדָה – בַּת לָאו בַּת יְעִדָה הִיא! שְׂדֵה אֲחוּזָּה נָמֵי – מֵהַאי פִּירְכָא גּוּפַהּ הוּא, דְּהָא קַיְימָא לֵיהּ לְתַנָּא, כְּלוּם יֵשׁ יִבּוּם – אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁאֵין בֵּן! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנִּין מֵעִיקָּרָא.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que la halakha selon laquelle un fils précède une fille se déduit d'ici, dans le passage traitant de l'héritage des esclaves : « Et vous pourrez en faire un héritage pour vos fils [livneikhem] après vous » (Vayikra 25, 46). On infère : « vos fils », et non vos filles. La Guemara demande : si tel est le cas, lorsque le verset dit : « Afin que vos jours se multiplient, et les jours de vos fils [beneikhem] » (Devarim 11, 21), faudrait-il aussi inférer : « vos fils », et non vos filles ? N'est-il pas évident que les filles méritent aussi la bénédiction de longévité ?
וְאִי בָּעֵית אֵימָא, מֵהָכָא: ״וְהִתְנַחַלְתֶּם אֹתָם לִבְנֵיכֶם אַחֲרֵיכֶם״; ״בְּנֵיכֶם״ – וְלֹא בְּנוֹתֵיכֶם. אֶלָּא מֵעַתָּה, ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם״, הָכִי נָמֵי ״בְּנֵיכֶם״ – וְלֹא בְּנוֹתֵיכֶם?
La Guemara répond : une bénédiction est différente. Dans un verset qui parle de bénédictions, le terme beneikhem doit être compris au sens large, comme « vos enfants ». Dans un verset qui parle d'une halakha, il doit être compris au sens restreint de « vos fils ».
בְּרָכָה שָׁאנֵי.
§ La michna enseigne : et les frères paternels héritent les uns des autres et transmettent les uns aux autres. D'où dérivons-nous cette halakha ? Rabba dit : on la déduit par analogie verbale entre le mot « frères », énoncé à propos de l'héritage, et le mot « frères » trouvé dans les versets concernant les fils de Yaakov. Lorsque les fils de Yaakov parlent à Yossef, ils disent : « Nous, tes serviteurs, sommes douze frères, fils d'un seul homme au pays de Canaan » (Bereshit 42, 13) ; et dans le passage sur l'héritage le verset dit : « S'il n'a pas de frères, vous donnerez son héritage aux frères de son père » (Bamidbar 27, 10). Comme là, dans le verset concernant les fils de Yaakov, le mot frères désigne des frères paternels et non des frères maternels — les douze ne partageant que le même père —, de même ici, où ce terme est employé pour l'héritage, le verset vise des frères paternels et non des frères maternels.
וְהָאַחִין מִן הָאָב נוֹחֲלִין וּמַנְחִילִין וְכוּ׳. מְנָלַן? אָמַר רַבָּה: אַתְיָא ״אַחְוָה״–״אַחְוָה״ מִבְּנֵי יַעֲקֹב; מַה לְהַלָּן, מִן הָאָב וְלֹא מִן הָאֵם; אַף כָּאן, מִן הָאָב וְלֹא מִן הָאֵם.
La Guemara demande : mais pourquoi ai-je besoin de cette preuve tirée du verset concernant les fils de Yaakov ? Il est écrit dans le passage sur l'héritage : « Alors vous donnerez son héritage à son parent le plus proche de sa famille, et il héritera » (Bamidbar 27, 11). Lorsque le terme « famille » est employé dans la Bible, la famille du père est appelée famille, tandis que la famille de la mère ne l'est pas — si bien que, pour toutes les questions d'héritage, ce sont les parents patrilinéaires qui sont pris en compte.
וּלְמָה לִי? ״מִמִּשְׁפַּחְתּוֹ וְיָרַשׁ אֹתָהּ״ כְּתִיב – מִשְׁפַּחַת אָב קְרוּיָה ״מִשְׁפָּחָה״, מִשְׁפַּחַת אֵם אֵינָהּ קְרוּיָה ״מִשְׁפָּחָה״!
La Guemara répond : oui, il en est bien ainsi que l'analogie verbale n'est pas nécessaire pour enseigner la halakha de l'héritage ; et lorsque l'explication de Rabba fut énoncée, c'était à propos du yiboum, enseignant que le yiboum ne s'accomplit que par un frère paternel et non par un frère maternel.
אִין הָכִי נָמֵי; וְכִי אִיתְּמַר דְּרַבָּה, לְעִנְיַן יִבּוּם אִיתְּמַר.
§ La michna enseigne : et un homme, à l'égard de sa mère, hérite de ses parents mais ne transmet pas à elle. La Guemara demande : d'où ces matières sont-elles dérivées ? La Guemara répond : comme les Sages l'ont enseigné :
וְהָאִישׁ אֶת אִמּוֹ וְכוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן:

Tossafot

ודלמא הא קמ"ל דבת נמי בת ירושה. דסד"א דלאו בת ירושה היא משום דמסבת נחלה דבנה ובעלה יורשין אותה:

ושדה אחוזה נמי מהאי פירכא הוא דקיימא לן. אוריב"ם דל"ג כלום יש יבום אלא במקום שאין בן דהלשון משמע שהוא מודה שהבת אינה קמה לשדה אחוזה מהאי טעמא כי ההיא דלעיל גבי אח דמסיק בהאי לישנא ופ"ה דחוק הוא מאד דמפרש דה"ק ושדה אחוזה נמי איכא למימר דקמה תחת אביה ומייתי סייעתא למילתיה דהך פירכא דכלום יש יבום כו' קיימא ליה לתנא שהבן קם תחת אביו לשדה אחוזה ולא האח וה"נ איכא למימר גבי בת דמה לו לתלות הטעם בפירכא שהיא גבי אח ולא היה לו לומר אלא בת נמי תיקום לשדה אחוזה ולכך נראה לו דלא גרסינן אלא הכי גרסינן ליה שדה אחוזה נמי מהאי פירכא הוא דקיימא ליה וה"פ והלא שדה אחוזה גופה מה שאין בבת כבן זהו מטעם שהבן קודם לנחלה מן הבת וכל כמה דלא קיימא לן שהבן קודם לנחלה מן הבת מעמדת הבת שדה לאביה כמו הבן דהכי אמר בפ' אין מקדישין (ערכין דף כה:) בעא מיניה רבה בר אבוה בת מהו שתעמיד שדה אחוזה לאביה כיון דלענין יבום כי הדדי נינהו מוקמינן או דלמא כיון דלענין נחלה בת במקום בן כי אחר דמיא לא מוקמינן ופשיט ליה דכי אחר דמיא מהך טעמא:

האיש את אמו מנא הני מילי כו'. אומר ריב"ם דבשאר ירושות של נשים כגון בתו או אחותו פשיטא ליה דיורשת אביה או אחיה כיון שאין הירושה נעקרת ממשפחת אב ופשיטא שהזכרים והנקבות שוין בין לירש בין להוריש דמה לי זכרים ומה לי נקבות דאטו נכסי נשים יהיו הפקר ודוקא בן בנכסי האם צריך למילף לפי שניסבת נחלה ממטה אביה ע"י הבן:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Bava Batra 110b
100%
בבא בתרא ק״י במַסֶּכֶת בָּבָא בַּתְרָא
גְּמָרָא מַאן כּוּ׳ לֵירוֹת? אַטּוּ בַּר קַשָּׁא דְּמָתָא לֵירוֹת?! הָכִי קָא אָמֵינָא: אִיכָּא בֵּן וּבַת – לָא הַאי לֵירוֹת כּוּלֵּיהּ וְלָא הַאי לֵירוֹת כּוּלֵּיהּ, אֶלָּא כִּי הֲדָדֵי לֵירְתוּ! אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְאִצְטְרִיךְ קְרָא לְאַשְׁמוֹעִינַן הֵיכָא דְּלֵית לֵיהּ אֶלָּא חַד בְּרָא, לֵירְתִינְהוּ לְכוּלְּהוּ נִכְסֵי?! וְדִלְמָא הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דְּבַת נָמֵי בַּת יְרוּשָּׁה הִיא? הָהוּא מִ״וְּכׇל בַּת יֹרֶשֶׁת נַחֲלָה״ נָפְקָא. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר, מֵהָכָא: ״לָמָּה יִגָּרַע שֵׁם אָבִינוּ מִתּוֹךְ מִשְׁפַּחְתּוֹ, כִּי אֵין לוֹ בֵּן״. טַעְמָא דְּאֵין לוֹ בֵּן, הָא יֵשׁ לוֹ בֵּן – בֵּן קוֹדֵם. וְדִלְמָא בְּנוֹת צְלָפְחָד הוּא דְּקָאָמְרָן הָכִי; נִיתְּנָה תּוֹרָה – וְנִתְחַדְּשָׁה הֲלָכָה! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנִּין מֵעִיקָּרָא. רָבִינָא אָמַר, מֵהָכָא: ״הַקָּרֹב אֵלָיו״; ״הַקָּרוֹב״ – קָרוֹב קוֹדֵם. וּמַאי קוּרְבֵהּ דְּבֵן מִבַּת – שֶׁבֵּן קָם תַּחַת אָבִיו לִיעִדָה וְלִשְׂדֵה אֲחוּזָּה? יְעִדָה – בַּת לָאו בַּת יְעִדָה הִיא! שְׂדֵה אֲחוּזָּה נָמֵי – מֵהַאי פִּירְכָא גּוּפַהּ הוּא, דְּהָא קַיְימָא לֵיהּ לְתַנָּא, כְּלוּם יֵשׁ יִבּוּם – אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁאֵין בֵּן! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנִּין מֵעִיקָּרָא. וְאִי בָּעֵית אֵימָא, מֵהָכָא: ״וְהִתְנַחַלְתֶּם אֹתָם לִבְנֵיכֶם אַחֲרֵיכֶם״; ״בְּנֵיכֶם״ – וְלֹא בְּנוֹתֵיכֶם. אֶלָּא מֵעַתָּה, ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם״, הָכִי נָמֵי ״בְּנֵיכֶם״ – וְלֹא בְּנוֹתֵיכֶם? בְּרָכָה שָׁאנֵי. וְהָאַחִין מִן הָאָב נוֹחֲלִין וּמַנְחִילִין וְכוּ׳. מְנָלַן? אָמַר רַבָּה: אַתְיָא ״אַחְוָה״–״אַחְוָה״ מִבְּנֵי יַעֲקֹב; מַה לְהַלָּן, מִן הָאָב וְלֹא מִן הָאֵם; אַף כָּאן, מִן הָאָב וְלֹא מִן הָאֵם. וּלְמָה לִי? ״מִמִּשְׁפַּחְתּוֹ וְיָרַשׁ אֹתָהּ״ כְּתִיב – מִשְׁפַּחַת אָב קְרוּיָה ״מִשְׁפָּחָה״, מִשְׁפַּחַת אֵם אֵינָהּ קְרוּיָה ״מִשְׁפָּחָה״! אִין הָכִי נָמֵי; וְכִי אִיתְּמַר דְּרַבָּה, לְעִנְיַן יִבּוּם אִיתְּמַר. וְהָאִישׁ אֶת אִמּוֹ וְכוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: