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Traité Avodah Zarah

17b

Étude de Avodah Zarah 17b

Étude de la Guémara 17b

Guémara
Car l'inclination à pratiquer l'idolâtrie a été abattue [et la tentation de pécher de cette manière n'existe plus]. L'autre lui dit : allons par le chemin qui mène à l'entrée de la maison close [beit zonot] et maîtrisons notre inclination, afin de recevoir une récompense. Lorsqu'ils y arrivèrent, ils virent que les prostituées se retiraient devant eux — elles entrèrent dans l'établissement par respect pour les Sages.
דִּנְכִיס יִצְרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ אִידַּךְ: נֵיזִיל אַפִּיתְחָא דְּבֵי זוֹנוֹת וְנִכְפְּיֵיהּ לְיִצְרִין וּנְקַבֵּל אַגְרָא. כִּי מָטוּ הָתָם, חֲזוֹנְהוּ [לְזוֹנוֹת], אִיתְכְּנַעוּ מִקַּמַּיְיהוּ.
L'un dit à l'autre : d'où savais-tu cela, que les prostituées se retireraient devant nous par pudeur ? Il répondit : il est écrit : « La prudence [mezimma] veillera sur toi, la discernement te gardera » (Michlé 2, 11) — la Torah servira de sauvegarde contre la débauche.
אֲמַר לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? אֲמַר לֵיהּ: ״מְזִמָּה תִּשְׁמֹר עָלֶיךָ תְּבוּנָה תִנְצְרֶכָּה״.
Les Sages dirent à Rava : que signifie mezimma ? Si l'on dit qu'il s'agit de la Torah qui te gardera — car il est écrit en elle « zimma » (Vayikra 18, 17), que nous traduisons par « le conseil [atzat] des pécheurs », et le terme etza est aussi employé à propos de la Torah : « Merveilleux est Son conseil [etza], grande est Sa sagesse » (Yeshayahou 28, 29) — c'est difficile. La Guemara expose la difficulté : dans ce cas, le verset aurait dû dire zimma, et non mezimma. Plutôt, voici ce que dit le verset : des choses de débauche [midevar zimma], la prudence veillera sur toi ; la Torah te gardera — le terme « discernement » renvoie à la Torah.
אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: מַאי ״מְזִמָּה״? אִילֵימָא תּוֹרָה, דִּכְתִיב בַּהּ ״זִמָּה״ וּמְתַרְגְּמִינַן: עֵצַת חִטְאִין, וּכְתִיב: ״הִפְלִיא עֵצָה הִגְדִּיל תּוּשִׁיָּה״. אִי הָכִי, ״זִמָּה״ מִבְּעֵי לֵיהּ! הָכִי קָאָמַר: מִדְּבַר זִימָּה תִּשְׁמוֹר עָלֶיךָ, תּוֹרָה תִנְצְרֶכָּה.
§ La Guemara revient à la discussion des jugements des Sages par les autorités romaines. Les Sages enseignèrent : lorsque Rabbi Elazar ben Perata et Rabbi Hanina ben Teradyon furent arrêtés par les Romains pendant la persécution religieuse du peuple juif, Rabbi Elazar ben Perata dit à Rabbi Hanina ben Teradyon : heureux es-tu, car tu as été arrêté pour une seule accusation — l'enseignement public de la Torah ; malheur à moi, car j'ai été arrêté pour cinq accusations.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁנִּתְפְּסוּ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא וְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן, אָמַר לוֹ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן: אַשְׁרֶיךָ שֶׁנִּתְפַּסְתָּ עַל דָּבָר אֶחָד, אוֹי לִי שֶׁנִּתְפַּסְתִּי עַל חֲמִשָּׁה דְּבָרִים.
Rabbi Hanina ben Teradyon lui dit : heureux es-tu, car tu as été arrêté pour cinq accusations et tu seras sauvé ; malheur à moi, car j'ai été arrêté pour une seule accusation et je ne serai pas sauvé. Tu seras sauvé parce que tu t'es consacré à l'étude de la Torah et aux actes de bienfaisance [gemilout hassadim], tandis que je ne me suis consacré qu'à l'étude de la Torah seule.
אָמַר לוֹ רַבִּי חֲנִינָא: אַשְׁרֶיךָ שֶׁנִּתְפַּסְתָּ עַל חֲמִשָּׁה דְּבָרִים וְאַתָּה נִיצּוֹל, אוֹי לִי שֶׁנִּתְפַּסְתִּי עַל דָּבָר אֶחָד וְאֵינִי נִיצּוֹל, שֶׁאַתָּה עָסַקְתָּ בַּתּוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים, וַאֲנִי לֹא עָסַקְתִּי אֶלָּא בַּתּוֹרָה [בִּלְבָד].
La Guemara commente : et ceci est conforme à un enseignement de Rav Houna, qui dit : quiconque s'occupe de l'étude de la Torah seule est considéré comme quelqu'un qui n'a pas de D.ieu. Comme il est dit : « Or, pendant de longues années, Israël fut sans le vrai D.ieu, sans prêtre enseignant, et sans Torah » (II Divré haYamim 15, 3). Que signifie « sans le vrai D.ieu » ? Cela enseigne que quiconque s'engage dans l'étude de la Torah seule est considéré comme quelqu'un qui n'a pas de vrai D.ieu.
וְכִדְרַב הוּנָא, דְּאָמַר רַב הוּנָא: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה בִּלְבַד דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁאֵין לוֹ אֱלוֹהַּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיָמִים רַבִּים לְיִשְׂרָאֵל לְלֹא אֱלֹהֵי אֱמֶת וְגוֹ׳״. מַאי ״לְלֹא אֱלֹהֵי אֱמֶת״? שֶׁכׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה בִּלְבַד דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁאֵין לוֹ אֱלוֹהַּ.
La Guemara demande : et est-il vrai que Rabbi Hanina ben Teradyon ne s'est pas consacré aux actes de bienfaisance ? Mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta que Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : on ne doit pas verser son argent dans la bourse de charité [le'arnakei] à moins qu'un Sage de la Torah comme Rabbi Hanina ben Teradyon n'en soit nommé superviseur ? La Guemara répond : on lui faisait confiance pour distribuer la charité avec honnêteté et intégrité, mais il n'accomplissait pas lui-même d'actes de charité.
וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים לֹא עָסַק? וְהָתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: לֹא יִתֵּן אָדָם מְעוֹתָיו לְאַרְנָקִי שֶׁל צְדָקָה אֶלָּא אִם כֵּן מְמוּנֶּה עָלָיו תַּלְמִיד חָכָם כְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן! (הֵימְנוּהּ) [הֵימוֹנֵי] הוּא דַּהֲוָה מְהֵימַן, מֶיעְבַּד לָא עֲבַד.
La Guemara demande : mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta que Rabbi Hanina ben Teradyon dit à Rabbi Yossei ben Kisma : j'ai confondu mes propres pièces, dont j'avais besoin pour les festivités de Pourim, avec des pièces de charité, et je les ai toutes distribuées aux pauvres à mes frais. Comment peut-on dire qu'il n'a jamais accompli d'actes de charité ? La Guemara répond : il a bien accompli des actes de charité, mais il n'en a pas accompli autant qu'il aurait dû, compte tenu de sa richesse.
וְהָתַנְיָא, אָמַר לוֹ: מָעוֹת שֶׁל פּוּרִים נִתְחַלְּפוּ לִי בְּמָעוֹת שֶׁל צְדָקָה וְחִלַּקְתִּים לַעֲנִיִּים! מֶיעְבַּד עֲבַד, כִּדְבָעֵי לֵיהּ לָא עֲבַד.
La Guemara revient au récit du procès des Sages. Les Romains amenèrent Rabbi Elazar ben Perata pour son jugement et dirent : pourquoi as-tu enseigné la Torah, et pourquoi as-tu volé — car tels étaient les crimes dont il était accusé. Rabbi Elazar ben Perata leur dit : si l'on est un brigand armé [sayafa], on n'est pas un scribe [safra], et si l'on est un scribe, on n'est pas un brigand armé — c'est-à-dire que je suis accusé de deux crimes mutuellement exclusifs ; et du fait que cette accusation est fausse, on peut conclure que l'autre l'est aussi. Ils lui demandèrent : mais si tu n'enseignes pas la Torah, pourquoi t'appelle-t-on rabbi ? Il répondit : je suis le maître [rabban] des tisserands [tarsiyyim].
אַתְיוּהּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא, אֲמַרוּ: מַאי טַעְמָא תָּנֵית, וּמַאי טַעְמָא גָּנְבַתְּ? אֲמַר לְהוּ: אִי סַיָּיפָא לָא סָפְרָא, וְאִי סָפְרָא לָא סַיָּיפָא, וּמִדְּהָא לֵיתַהּ הָא נָמֵי לֵיתַהּ. וּמַאי טַעְמָא קָרוּ לָךְ ״רַבִּי״? רַבָּן שֶׁל תַּרְסִיִּים אֲנִי.
Pour vérifier s'il était réellement un tisserand expert, ils lui apportè deux pelotes de laine et dirent : laquelle est la chaîne [sh'tia] et laquelle est la trame [ereva] ? Un miracle se produisit : une guêpe femelle vint se poser sur la pelote de chaîne, et une guêpe mâle sur la pelote de trame. Rabbi Elazar ben Perata leur dit : celle-ci est la chaîne, et celle-là la trame. Il comprit que c'était un signe miraculeux : le mâle indiquait la trame, car la trame passe à travers la chaîne, tandis que la chaîne — fixée au métier et recevant la trame — était celle sur laquelle s'était posée la guêpe femelle, car la femelle de l'espèce reçoit le mâle.
אַיְיתוֹ לֵיהּ תְּרֵי קִיבּוּרֵי, אֲמַרוּ לֵיהּ: הֵי דְּשִׁתְיָא וְהֵי דְּעִרְבָּא? אִיתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא, (אָתְיָא) [אֲתַאי] זִיבּוּרִיתָא אִיתִּיב עַל דְּשִׁתְיָא, וַאֲתָאי זִיבּוּרָא וִיתֵיב עַל דְּעִרְבָּא. אֲמַר לְהוּ: הַאי דְּשִׁתְיָא וְהַאי דְּעִרְבָּא.
Les Romains lui dirent : et pourquoi n'es-tu pas venu à la maison d'Abidan ? C'était un lieu de rassemblement où l'on débattait de questions de sagesse et de foi. Rabbi Elazar ben Perata leur dit : j'étais vieux et je craignais d'être peut-être piétiné sous vos pieds, à cause de la foule immense. Les Romains dirent : et jusqu'à présent, combien de vieillards y ont-ils été piétinés, pour que tu t'inquiètes d'une telle possibilité ? La Guemara commente : un miracle se produisit, et ce jour-là, un vieillard fut piétiné.
אֲמַרוּ לֵיהּ: וּמַאי טַעְמָא לָא אָתֵית לְבֵי אֲבִידָן? אֲמַר לְהוּ: זָקֵן הָיִיתִי וּמִתְיָירֵא אֲנִי שֶׁמָּא תִּרְמְסוּנִי בְּרַגְלֵיכֶם. [אֲמַרוּ]: וְעַד הָאִידָּנָא כַּמָּה סָבֵי אִיתְרְמוּס? אִתְרְחִישׁ נִיסָּא, הַהוּא יוֹמָא אִירְמַס חַד סָבָא.
Ils demandèrent à Rabbi Elazar ben Perata : et pourquoi as-tu affranchi ton esclave ? Il répondit : cette affaire ne s'est jamais produite. L'un d'eux se leva pour témoigner contre lui, et Éliehou vint, déguisé en l'un des nobles romains, et lui dit : du fait que des miracles se sont produits pour Rabbi Elazar ben Perata dans tous les autres cas, un miracle se produira aussi dans celui-ci — et cet homme ne fait que manifester sa méchanceté, puisqu'il ne peut pas atteindre son but et ne fait que se montrer désespéré de nuire.
וּמַאי טַעְמָא קָא שָׁבְקַתְּ עַבְדָּךְ לְחֵירוּת? אֲמַר לְהוּ: לֹא הָיוּ דְבָרִים מֵעוֹלָם. קָם חַד [מִינַּיְיהוּ] לְאַסְהוֹדֵי בֵּיהּ, אֲתָא אֵלִיָּהוּ אִידְּמִי לֵיהּ כְּחַד מֵחַשִּׁובֵי דְּמַלְכוּתָא, אֲמַר לֵיהּ: מִדְּאִתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא בְּכוּלְּהוּ, בְּהָא נָמֵי אִתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא, וְהָהוּא גַּבְרָא בִּישׁוּתֵיהּ הוּא דְּקָא (אַחְוִי) [מַחְוֵי].
Avodah Zarah 17b
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עבודה זרה י״ז במַסֶּכֶת עֲבוֹדָה זָרָה