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Traité Avodah Zarah

11a

Étude de Avodah Zarah 11a

Étude de la Guémara 11a

Guémara
Le faisceau est séparé [nitéparde la havila — formule de transition entre deux sujets du traité].
נִתְפָּרְדָה חֲבִילָה.
§ La Guemara mentionne d'autres Romains qui se convertirent au judaïsme. Il est relaté : Onkelos bar Kelonimos se convertit au judaïsme. L'empereur romain envoya une troupe [gunda] de soldats romains à sa poursuite pour le saisir et l'amener devant l'empereur. Onkelos les attira vers lui en citant des versets qu'il leur expliqua, et ils se convertirent. L'empereur envoya alors une autre troupe de soldats romains à sa poursuite, en leur disant : ne lui dites rien, afin qu'il ne puisse pas vous convaincre par ses arguments. Les soldats suivirent cette consigne et emmenèrent Onkelos avec eux.
אוּנְקְלוֹס בַּר קְלוֹנִימוּס אִיגַּיַּיר, שַׁדַּר קֵיסָר גּוּנְדָּא דְּרוֹמָאֵי אַבָּתְרֵיהּ, מַשְׁכִינְהוּ בִּקְרָאֵי, אִיגַּיּוּר. הֲדַר שַׁדַּר גּוּנְדָּא דְּרוֹמָאֵי [אַחֲרִינָא] אַבָּתְרֵיהּ, אֲמַר לְהוּ: לָא תֵּימְרוּ לֵיהּ וְלָא מִידֵּי.
Alors qu'ils marchaient, Onkelos dit à la troupe de soldats : je vais vous dire une simple remarque : un petit officiel [nifyora] porte un flambeau devant un haut officiel [apifyora], le haut officiel porte un flambeau devant un duc [dukasa], le duc devant le gouverneur, et le gouverneur devant le souverain [koma]. Le souverain porte-t-il un flambeau devant le peuple ? Les soldats répondirent : non. Onkelos leur dit : Pourtant le Saint, béni soit-Il, porte un flambeau devant le peuple juif, comme il est écrit : « Et l'Éternel marchait devant eux le jour dans une colonne de nuée, pour leur montrer le chemin, et la nuit dans une colonne de feu, pour leur donner de la lumière » (Chemot 13, 21). Ils se convertirent tous.
כִּי הֲווֹ שָׁקְלִי וְאָזְלִי, אֲמַר לְהוּ אֵימָא לְכוּ מִילְּתָא בְּעָלְמָא: נִיפְיוֹרָא נָקֵט נוּרָא קַמֵּי אַפִּיפְיוֹרָא, אַפִּיפְיוֹרָא לְדוּכָּסָא, דּוּכָּסָא לְהֶגְמוֹנָא, הַגְמוֹנָא לְקוֹמָא, קוֹמָא מִי נָקֵט נוּרָא מִקַּמֵּי אִינָשֵׁי? אָמְרִי לֵיהּ: לָא. אֲמַר לְהוּ: הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נְקַט נוּרָא קַמֵּי יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״וַה׳ הֹלֵךְ לִפְנֵיהֶם יוֹמָם וְגוֹ׳״. אִיגַּיּוּר כּוּלְּהוּ.
L'empereur envoya alors une autre troupe de soldats à sa poursuite, en leur disant : ne conversez pas du tout avec lui. Les soldats suivirent cette consigne et emmenèrent Onkelos avec eux. Tandis qu'ils le saisissaient et marchaient, Onkelos vit une mezuza placée sur l'encadrement de la porte. Il posa sa main dessus et dit aux soldats : qu'est-ce que c'est ? Ils répondirent : dis-le nous toi-même.
הֲדַר שַׁדַּר גּוּנְדָּא אַחֲרִינָא אַבָּתְרֵיהּ, אֲמַר לְהוּ: לָא תִּשְׁתַּעוּ מִידֵּי בַּהֲדֵיהּ. כִּי נָקְטִי לֵיהּ וְאָזְלִי, חֲזָא מְזוּזְתָּא דְּמַנְּחָא אַפִּתְחָא, אוֹתֵיב יְדֵיהּ עֲלַהּ, וַאֲמַר לְהוּ: מַאי הַאי? אֲמַרוּ לֵיהּ: אֵימָא לַן אַתְּ.
Onkelos leur dit : c'est la coutume dans le monde : un roi de chair et de sang siège à l'intérieur de son palais, et ses serviteurs montent la garde pour le protéger de l'extérieur ; mais quant au Saint, béni soit-Il, Ses serviteurs — le peuple juif — sont assis à l'intérieur de leurs maisons et Il veille sur eux de l'extérieur. Comme il est dit : « L'Éternel gardera ta sortie et ton entrée, dès maintenant et à jamais » (Tehilim 121, 8). En entendant cela, ces soldats se convertirent eux aussi au judaïsme. Après cela, l'empereur n'envoya plus de soldats à sa poursuite.
אֲמַר לְהוּ: מִנְהָגוֹ שֶׁל עוֹלָם, מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם יוֹשֵׁב מִבִּפְנִים, וַעֲבָדָיו מְשַׁמְּרִים אוֹתוֹ מִבַּחוּץ, וְאִילּוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, עֲבָדָיו מִבִּפְנִים וְהוּא מְשַׁמְּרָן מִבַּחוּץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ יִשְׁמׇר צֵאתְךָ וּבוֹאֶךָ מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם״. אִיגַּיּוּר תּוּ לָא שַׁדַּר בָּתְרֵיהּ.
§ La Guemara revient à sa discussion sur Antoninus : lorsque la matriarche Rebecca était enceinte de Yaakov et Essav, « l'Éternel lui dit : Deux nations [goyim] sont dans ton sein » (Berechit 25, 23). Rav Yehouda dit que Rav dit : ne le lis pas comme goyim, « nations », mais comme geyim, « orgueilleux ». Ce verset s'est accompli en deux personnages éminents issus de Rebecca : Antoninus et Rabbi Yehouda haNassi, dont les tables, en raison de leur richesse, ne manquaient jamais de laitue, ni de concombres, ni de radis, ni en été ni en saison des pluies — bien que ces aliments ne poussent pas toute l'année. La raison pour laquelle ils veillaient à ce que ces produits soient toujours présents est que le Maître a dit : le radis facilite la digestion, la laitue remue les aliments, et les concombres dilatent les intestins.
״וַיֹּאמֶר ה׳ לָהּ, שְׁנֵי גוֹיִם בְּבִטְנֵךְ״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אַל תִּקְרֵי ״גּוֹיִם״ אֶלָּא ״גֵּיִים״, זֶה אַנְטוֹנִינוּס וְרַבִּי, שֶׁלֹּא פָּסְקוּ מֵעַל שׁוּלְחָנָם לֹא חֲזֶרֶת וְלֹא קִישּׁוּת וְלֹא צְנוֹן, לֹא בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים, דְּאָמַר מָר: צְנוֹן מְחַתֵּךְ אוֹכֶל, חֲזֶרֶת מְהַפֵּךְ מַאֲכָל, קִישּׁוּת מַרְחִיב מֵעַיִים.
La Guemara demande : mais n'est-il pas enseigné dans l'école de Rabbi Yishmael : pourquoi les appelle-t-on concombres [kishuin] ? Parce qu'ils sont aussi nuisibles [kashim] au corps de l'homme que des épées. La Guemara répond : ceci n'est pas difficile. Cette déclaration — qu'ils sont nuisibles — concerne les grands concombres, tandis que celle-là — expliquant pourquoi ils étaient toujours sur les tables de Rabbi Yehouda haNassi et d'Antoninus — concerne les petits.
וְהָא תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: לָמָּה נִקְרָא שְׁמָן קִישּׁוּאִין? מִפְּנֵי שֶׁקָּשִׁין לְגוּפוֹ שֶׁל אָדָם כַּחֲרָבוֹת! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרַבְרְבֵי, הָא בְּזוּטְרֵי.
§ La Michna enseigne que selon Rabbi Meir, l'anniversaire du roi et le jour de la mort du roi sont considérés comme des fêtes païennes, tandis que les Sages estiment que seule une mort accompagnée d'un brûlement public est considérée comme une fête comportant un culte idolâtre. La Guemara commente : par inférence, Rabbi Meir est d'avis qu'il n'y a pas de différence entre une mort accompagnée d'un brûlement public et une mort sans brûlement public — dans les deux cas, ils pratiquent l'idolâtrie à cette occasion. Il est évident que Rabbi Meir estime que le brûlement effectué à la mort du roi n'est pas une coutume idolâtre, car ce n'est pas la cause de l'interdiction. La Guemara poursuit : d'où l'on conclut par inférence que les Sages estiment que le brûlement à la mort du roi est une coutume idolâtre.
יוֹם הַלֵּידָה וְיוֹם הַמִּיתָה. מִכְּלָל דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר: לָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׂרֵיפָה, וְלָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁאֵין בָּהּ שְׂרֵיפָה — פָּלְחִי בַּהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה, אַלְמָא שְׂרֵיפָה לָאו חוּקָּה הִיא. מִכְּלָל דְּרַבָּנַן סָבְרִי: שְׂרֵיפָה חוּקָּה הִיא.
La Guemara soulève une difficulté : mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta : nous brûlons des objets à la mort des rois en signe de deuil, et ce n'est pas une des coutumes des Amoréens, mais une coutume juive ? Et si c'était une coutume idolâtre, comment pourrions-nous pratiquer ce brûlement public ? Mais n'est-il pas écrit : « Et vous ne suivrez pas leurs statuts » (Vayikra 18, 3) ?
וְהָא תַּנְיָא: שׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים, וְלֹא מִדַּרְכֵי הָאֱמוֹרִי, וְאִי חוּקָּה הִיא, אֲנַן הֵיכִי שָׂרְפִינַן? וְהָכְתִיב: ״וּבְחֻקֹּתֵיהֶם לֹא תֵּלֵכוּ״!
Plutôt, tous s'accordent sur le fait que le brûlement public en lui-même n'est pas une coutume idolâtre ; il est pratiqué en raison de la grande importance du roi décédé. Et ici, dans la Michna, ils divergent sur ce point : Rabbi Meir est d'avis qu'il n'y a pas de différence entre une mort accompagnée d'un brûlement public et une mort sans brûlement public — dans les deux cas, en pratique, ils pratiquent l'idolâtrie à cette occasion. Et les Sages estiment qu'une mort accompagnée d'un brûlement public est importante aux yeux des païens, et qu'ils pratiquent donc l'idolâtrie à cette occasion ; mais une mort sans brûlement public n'est pas importante pour eux, et ils ne pratiquent pas l'idolâtrie à cette occasion.
אֶלָּא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא שְׂרֵיפָה לָאו חוּקָּה הִיא, אֶלָּא חֲשִׁיבוּתָא הִיא, וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: רַבִּי מֵאִיר סָבַר — לָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׂרֵיפָה, וְלָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁאֵין בָּהּ שְׂרֵיפָה — פָּלְחִי בַּהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה, וְרַבָּנַן סָבְרִי — מִיתָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׂרֵיפָה חֲשִׁיבָא לְהוּ וּפָלְחִי בַּהּ, וְשֶׁאֵין בָּהּ שְׂרֵיפָה לָא חֲשִׁיבָא וְלָא פָּלְחִי בַּהּ.
Ayant mentionné cette baraïta, la Guemara revient en discuter le fond. La baraïta enseigne : on brûle des objets à la mort des rois en signe de deuil, et ceci n'est pas soumis à l'interdiction d'imiter les coutumes des Amoréens, car c'est une coutume juive. Comme il est dit que Jérémie prophétisa à Tsedekia, roi de Juda : « Tu mourras en paix ; et on fera pour toi des brûlements comme on en a fait pour tes pères, les anciens rois qui t'ont précédé » (Yirmiyahu 34, 5). Et de même qu'on brûle des objets à la mort des rois, on brûle des objets à la mort des chefs du Sanhédrin.
גּוּפָא: שׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים, וְאֵין בּוֹ מִשּׁוּם דַּרְכֵי הָאֱמוֹרִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּשָׁלוֹם תָּמוּת וּבְמִשְׂרְפוֹת אֲבוֹתֶיךָ הַמְּלָכִים וְגוֹ׳״, וּכְשֵׁם שֶׁשּׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים, כָּךְ שׂוֹרְפִין עַל הַנְּשִׂיאִים.
Et quels objets brûle-t-on à la mort des rois ? On brûle leurs lits et leurs ustensiles, afin que personne d'autre ne puisse s'en servir. Et il advint qu'à la mort de Rabban Gamliel l'Ancien, Onkelos le converti brûla pour lui sept mille dinars en monnaie tyrienne de grande valeur. La Guemara demande : mais n'as-tu pas dit en réponse à la question « que brûle-t-on à la mort des rois » que l'on brûle leurs lits et leurs ustensiles ? Pourquoi Onkelos a-t-il brûlé de l'argent ? La Guemara répond : dis plutôt qu'Onkelos a brûlé des objets évalués à sept mille dinars en monnaie tyrienne.
וּמָה הֵם שׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים? מִיטָּתָן וּכְלֵי תַּשְׁמִישָׁן, וּמַעֲשֶׂה שֶׁמֵּת רַבָּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן, וְשָׂרַף עָלָיו אוּנְקְלוֹס הַגֵּר שִׁבְעִים מָנֶה צוֹרִי. וְהָאָמְרַתְּ: מָה הֵן שׂוֹרְפִין עֲלֵיהֶם — מִיטָּתָן וּכְלֵי תַּשְׁמִישָׁן! אֵימָא: בְּשִׁבְעִים מָנֶה צוֹרִי.
Avodah Zarah 11a
100%
עבודה זרה י״א אמַסֶּכֶת עֲבוֹדָה זָרָה