En revanche, s'il a d'abord donné quatre sela pour le paiement du premier vœu, puis un sela pour le paiement du second vœu, il a rempli son obligation pour le second vœu — car tout ce qu'il avait à ce stade était un sela. Mais il n'a pas rempli son obligation pour le premier vœu, car les cinq sela en sa possession étaient tous grevés du paiement du premier vœu, et il n'a donc pas rempli son obligation en n'en payant que quatre.
נָתַן אַרְבַּע לָרִאשׁוֹנָה וְאַחַת לַשְּׁנִיָּה — יְדֵי שְׁנִיָּה יָצָא, יְדֵי רִאשׁוֹנָה לֹא יָצָא, כּוּלְּהוּ מְשַׁעְבְּדָן לְרִאשׁוֹנָה.
Rav Adda bar Ahava soulève un dilemme : si l'on avait en sa possession cinq sela et que l'on a dit : « Il m'incombe de donner mon évaluation deux fois », de sorte que les deux obligations prennent effet simultanément, quelle est la halakha ? On pourrait dire que, puisqu'il a voué les deux vœux en même temps, ils prennent effet ensemble, et qu'il donne donc deux sela et demi pour ce vœu et deux sela et demi pour celui-là ; ou bien peut-être que les cinq sela conviennent tous à ce vœu et conviennent aussi tous à celui-là, et qu'il doit donc payer cinq sela pour chaque vœu ? La Guemara conclut : le dilemme reste non résolu [teïkou].
בָּעֵי רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: הָיוּ בְּיָדוֹ חָמֵשׁ סְלָעִים וְאָמַר ״שֵׁנִי עֶרְכִּי עָלַי״ בְּבַת אַחַת, מַהוּ? כֵּיוָן דִּבְבַת אַחַת נָדַר — כִּי הֲדָדֵי תָּפְסָן, יָהֵיב תַּרְתֵּי וּפַלְגָא לְהַאי וְתַרְתֵּי וּפַלְגָא לְהַאי, אוֹ דִלְמָא כּוּלְּהוּ חַזְיָא לְהַאי וְכוּלְּהוּ חַזְיָא לְהַאי? תֵּיקוּ.
§ La Michna enseigne à sa conclusion qu'il n'y a pas de paiement d'évaluations inférieur à un sela, ni de paiement supérieur à cinquante sela. La Guemara demande : pourquoi cette déclaration supplémentaire est-elle nécessaire, puisque cette halakha avait déjà été énoncée au début de la Michna ?
אֵין בַּעֲרָכִין פָּחוֹת מִסֶּלַע וְלֹא יָתֵר כּוּ׳. הָא תּוּ לְמָה לִי?
La Guemara répond : cette déclaration supplémentaire nous enseigne qu'il n'y a pas de paiement d'évaluations inférieur à un sela, mais — par inférence — il y a un paiement supérieur à un sela. De même, il n'y a pas de paiement d'évaluations supérieur à cinquante sela, mais il y a un paiement inférieur à cinquante sela. Et cette déclaration anonyme de la Michna est conforme à l'avis des Sages, qui maintiennent que si l'on ne peut pas payer le montant intégral de l'évaluation, on paie autant qu'on peut se permettre, même si c'est plus qu'un sela — plutôt que de ne payer qu'un sela, comme le dit Rabbi Meir.
הָא קָמַשְׁמַע לַן: פָּחוֹת מִסֶּלַע הוּא דְּלֵיכָּא, הָא יָתֵר עַל סֶלַע אִיכָּא; יָתֵר עַל חֲמִשִּׁים הוּא דְּלֵיכָּא, הָא פָּחוֹת מֵחֲמִשִּׁים אִיכָּא, וּסְתָמָא כְּרַבָּנַן.
Mishna 1
MICHNA : Si une femme a eu une perte de sang et ignore si c'était pendant ses jours de nidah [menstruation] ou pendant les onze jours qui la rendraient zava [femme à écoulement anormal], l'apaisement de son incertitude [petah] n'intervient pas en moins de sept jours purs, ni en plus de dix-sept jours purs, selon le nombre de jours où elle a eu des pertes.
מַתְנִי׳ אֵין ״פֶּתַח בְּטוֹעָה״ פָּחוֹת מִשִּׁבְעָה, וְלֹא יָתֵר עַל שִׁבְעָה עָשָׂר.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Les Sages ont développé le principe de la Michna, comme il est enseigné dans une baraïta : à propos d'une femme qui a eu une perte de sang et ignore si c'était pendant ses jours de nidah ou pendant les onze jours qui la rendraient zava, et qui dit : « J'ai vu un jour impur » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant un jour —, l'apaisement de son incertitude intervient après dix-sept jours purs, c'est-à-dire dix-sept jours sans aucune perte. Si sa perte initiale était le premier de ses jours de nidah, il lui reste six jours de menstruation suivis de onze jours de ziva ; si elle a une perte après ces dix-sept jours purs, elle est certainement revenue à ses jours de nidah. Si la perte initiale était sur un autre jour du cycle de sept jours suivis de onze, elle reviendrait à ses jours de nidah après moins de jours — mais l'apaisement définitif de son incertitude n'intervient qu'au bout de dix-sept jours.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: טוֹעָה שֶׁאָמְרָה ״יוֹם אֶחָד טָמֵא רָאִיתִי״, פִּתְחָהּ שִׁבְעָה עָשָׂר.
Si elle dit : « J'ai vu deux jours impurs » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant deux jours —, l'apaisement de son incertitude intervient après dix-sept jours purs. Si les deux jours étaient au début de son cycle menstruel, elle commencerait un nouveau cycle si sa prochaine perte survenait après seize jours purs. Pourtant, il est possible que le premier jour de sa perte ait été le dernier des onze jours de ziva et le second le premier de ses jours de nidah ; dans ce cas, elle ne reviendrait au début de son cycle menstruel qu'après les six jours de menstruation restants suivis de onze jours supplémentaires, soit dix-sept au total.
״שְׁנֵי יָמִים טָמֵא רָאִיתִי״ — פִּתְחָהּ שִׁבְעָה עָשָׂר.
Si elle dit : « J'ai vu trois jours impurs » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant trois jours —, l'apaisement de son incertitude intervient après dix-sept jours purs, car il est possible que les deux premiers jours de perte aient été les deux derniers des onze jours de ziva et le troisième jour le premier de ses jours de nidah.
״שְׁלֹשָׁה יָמִים טָמֵא רָאִיתִי״ — פִּתְחָהּ שִׁבְעָה עָשָׂר.
Si elle dit : « J'ai vu quatre jours impurs » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant quatre jours —, l'apaisement de son incertitude intervient après seize jours purs. Car l'intervalle le plus long possible entre ces jours de perte et le début de son prochain cycle menstruel surviendrait si les deux premiers jours de perte étaient à la fin de ses jours de ziva et les deux autres au début de ses jours de nidah : il lui faudrait alors cinq jours de menstruation restants et les onze jours de ziva, soit seize au total.
״אַרְבָּעָה יָמִים טָמֵא רָאִיתִי״ — פִּתְחָהּ שִׁשָּׁה עָשָׂר.
Si elle dit : « J'ai vu cinq jours impurs » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant cinq jours —, l'apaisement de son incertitude intervient après quinze jours purs, pour tenir compte de la possibilité que les deux premiers jours de perte aient été les deux derniers des onze jours de ziva et les trois autres sur ses jours de menstruation. Si elle dit : « J'ai vu six jours impurs » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant six jours —, l'apaisement de son incertitude intervient après quatorze jours purs, pour tenir compte de la possibilité que les deux premiers jours de perte aient été à la fin de ses jours de ziva et les quatre autres au début de ses jours de menstruation.
״חֲמִשָּׁה יָמִים טָמֵא רָאִיתִי״ — פִּתְחָהּ חֲמִשָּׁה עָשָׂר. ״שִׁשָּׁה יָמִים טָמֵא רָאִיתִי״ — פִּתְחָהּ אַרְבָּעָה עָשָׂר.
Si elle dit : « J'ai vu sept jours impurs » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant sept jours —, l'apaisement de son incertitude intervient après treize jours purs, pour tenir compte de la possibilité que les deux premiers jours de perte aient été les deux derniers des onze jours de ziva et les cinq autres au début de son cycle menstruel ; il lui resterait alors deux jours pour achever ses jours de menstruation, suivis des onze jours de ziva, avant de commencer un nouveau cycle menstruel.
״שִׁבְעָה יָמִים טָמֵא רָאִיתִי״ — פִּתְחָהּ שְׁלֹשָׁה עָשָׂר.
Si elle dit : « J'ai vu huit jours impurs » — c'est-à-dire j'ai eu une perte pendant huit jours —, l'apaisement de son incertitude intervient après douze jours purs, pour tenir compte de la possibilité que les deux premiers jours de perte aient été les deux derniers des onze jours de ziva et les six autres au début de son cycle menstruel.
״שְׁמוֹנָה יָמִים טָמֵא רָאִיתִי״ — פִּתְחָהּ שְׁנֵים עָשָׂר.